L'ONU exige de la Centrafrique «des mesures» pour garantir la sécurité des Casques bleus

Des casques bleus marocains de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) patrouillent à Bangassou le 3 février 2021. (Photo, AFP)
Des casques bleus marocains de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) patrouillent à Bangassou le 3 février 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 08 juin 2021

L'ONU exige de la Centrafrique «des mesures» pour garantir la sécurité des Casques bleus

  • Selon un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, «la Minusca a été la cible d'entraves et d'attaques médiatiques sur le terrain»
  • Cette déclaration souligne la nécessité d'une coordination entre les Casques bleus et les forces présentes sur le terrain

NATIONS UNIS: Le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé lundi à la Centrafrique et "à toutes les forces présentes" dans ce pays de "prendre toutes les mesures appropriées pour renforcer la sécurité" de sa mission de paix Minusca, sur fond de tensions croissantes entre Paris et Bangui.

Dans cette déclaration approuvée à l'unanimité lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité initiée par la France et ses membres africains (Kenya, Niger et Tunisie), la plus haute instance onusienne souligne la nécessité d'une coordination entre les Casques bleus et les forces présentes sur le terrain.

Le Conseil n'identifie pas ces forces dans sa déclaration mais semble viser de manière implicite le contingent de plus d'un millier de militaires russes qualifiés d'"instructeurs" par Moscou, et plusieurs centaines de mercenaires du groupe privé russe Wagner déployés en Centrafrique.

Il ne détaille pas non plus ce qui a provoqué sur le terrain cette réunion soudaine du Conseil de sécurité, se bornant à rappeler que "des attaques contre des Casques bleus des Nations Unies peuvent constituer des crimes de guerre".

Selon un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, "la Minusca a été la cible d'entraves et d'attaques médiatiques sur le terrain".

Fin mai, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, qui s'est rendu la semaine dernière en Centrafrique, avait évoqué lors d'une rencontre avec des médias des "incidents" survenus récemment entre des Casques bleus et d'autres forces sur le terrain, sans en préciser la nature. 

Lors de sa réunion, le Conseil de sécurité a bénéficié d'un exposé du chef de la mission de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, mais rien n'a filtré de son propos.

Embargo sur les armes

Au cours de leur rencontre, "les membres du Conseil de sécurité ont fermement condamné les violations des droits humains et les abus et violations du droit international humanitaire en République centrafricaine, et souligné la nécessité de traduire en justice leurs auteurs", indique leur déclaration rédigée par Paris. 

"Ils ont appelé toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave", ajoute-t-elle.

Ex-puissance coloniale, la France a annoncé lundi avoir gelé son aide budgétaire à la Centrafrique et suspendu sa coopération militaire avec ce pays, accusé d'être "complice" d'une "campagne de désinformation massive" antifrançaise téléguidée par les Russes.

Chargée du dossier centrafricain à l'ONU, la France est soumise depuis l'an dernier à une très forte pression en Centrafrique, mais venant aussi d'autres pays, pour une levée de l'embargo sur les armes imposé à Bangui depuis 2013 et qui arrive à échéance le 31 juillet.

Dans une lettre récente au Conseil de sécurité, publiée lundi par l'ONU, l'Angola, le Congo-Brazzaville et la Centrafrique lui ont à nouveau réclamé une réunion spéciale, avec la participation des présidents angolais et congolais, pour obtenir une levée de cet embargo. Une précédente demande en février était restée lettre morte.

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres du monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka. Dans ce pays où l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire, les groupes armés s'affrontent pour le contrôle des ressources (diamants, or, bétail...).


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.

 

 


Washington examine une proposition iranienne sur le détroit d'Ormuz

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée. (AFP)
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  • Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte
  • Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient"

WASHINGTON: La Maison Blanche étudie une nouvelle proposition de l'Iran pour débloquer le détroit d'Ormuz, quasiment paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Téhéran jugeant de son côté mardi que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de dicter leur politique à d'autres pays.

Le blocage d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce du pétrole et du gaz naturel liquéfié, a fragilisé l'économie mondiale et sa réouverture est un enjeu majeur pour un règlement durable du conflit, déclenché par des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

A Washington, le président américain a conduit lundi une réunion avec ses principaux conseillers en matière de sécurité, lors de laquelle une nouvelle proposition iranienne sur le détroit a été discutée.

Selon CNN, citant des personnes au fait du dossier, Donald Trump a laissé entendre au cours de cette rencontre qu'il était peu probable qu'il l'accepte.

Même si, selon son secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'offre "est meilleure que ce que nous pensions qu'ils nous proposeraient".

"Exigences illégales et irrationnelles" 

Selon un article du site américain Axios - relayé par l'agence officielle iranienne Irna - l'Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis "ne sont plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes", a affirmé le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, appelant Washington à renoncer à ses "exigences illégales et irrationnelles".

Le Parlement iranien prépare parallèlement une loi prévoyant de placer le détroit sous l'autorité des forces armées. Selon ce texte, les navires israéliens auraient l'interdiction d'y passer et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.

"Nous ne pouvons pas tolérer que les Iraniens tentent d'instaurer un système dans lequel ils décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut leur payer pour l'utiliser", a répliqué Marco Rubio sur Fox News.

Il a par ailleurs insisté sur le volet nucléaire: "nous devons faire en sorte que tout accord conclu les empêche définitivement d'avoir à tout moment l'arme nucléaire à leur portée", a-t-il dit. Téhéran nie nourrir cette ambition et défend son droit au nucléaire civil.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, un méthanier, chargé à plein en GNL, a pu franchir le détroit d'Ormuz courant avril, et se trouvait lundi au large de l'Inde, selon les données du cabinet spécialisé Kpler.

"Conflit gelé"? 

Alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines, les négociations piétinent sur un arrêt durable des hostilités. Face à cette impasse diplomatique, le Qatar a mis en garde mardi contre un "conflit gelé" dans le Golfe.

Après l'annulation par les Etats-Unis d'un deuxième round de négociations au Pakistan, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré lundi à Saint-Pétersbourg son allié Vladimir Poutine.

Moscou, un des principaux soutiens de Téhéran, fera "tout" pour que "la paix puisse être obtenue le plus rapidement possible", a assuré le président russe.

M. Araghchi a aussi démenti tout affaiblissement de l'Iran malgré les nombreuses frappes qui ont visé le pays durant les premières semaines de la guerre et le blocus maritime imposé par Washington à ses ports.

La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.

Le bombardement au premier jour de la guerre de l'école de Minab, dans le sud de l'Iran, un des drames les plus spectaculaires du conflit, a été ramené à 155 morts (dont 120 enfants) contre au moins 175 précédemment, selon un bilan révisé diffusé mardi par la télévision d'Etat iranienne.

Sur le front libanais, l'armée israélienne - qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Des frappes israéliennes dans cette région ont fait quatre morts et 51 blessés lundi, selon le ministère libanais de la Santé. Cela porte à au moins 40 le nombre de personnes tuées au Liban depuis le début de la trêve théoriquement en vigueur sur ce front depuis le 17 avril, d'après un décompte de l'AFP à partir des chiffres du ministère de la Santé.


La stabilité dans le Golfe passe par des « garanties crédibles» de sécurité pour l'Iran

L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit Israël-Iran, au siège de l’ONU à New York, le 20 juin 2025. (Photo d’archives AFP)
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  • L’ambassadeur iranien à l’ONU affirme que la stabilité du Golfe dépend de garanties crédibles empêchant toute nouvelle attaque contre l’Iran et du respect de sa souveraineté
  • De nombreux pays critiquent l’Iran pour son contrôle du détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran accuse les États-Unis de blocus naval et d’actions assimilées à de la piraterie

NATIONS UNIES: Le retour de la sécurité et de la stabilité dans le Golfe passe par des "garanties crédibles" pour l'Iran contre toute nouvelle attaque américano‑israélienne, a déclaré lundi l'ambassadeur iranien aux Nations unies.

"Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans toute la région ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l'Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l'Iran", a déclaré Amir Saeid Iravani lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée par Bahreïn.

Lors de la réunion à New York, des dizaines de pays ont condamné l'Iran pour son contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations d'hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde.

S'adressant ensuite à la presse, M. Iravani a regretté que les critiques aient visé exclusivement l'Iran, sans mentionner le blocus naval décrété par Washington.

"Les États-Unis agissent comme des pirates et des terroristes, ciblant les navires commerciaux par la coercition et l'intimidation, terrorisant les équipages, se saisissant illégalement des navires et prenant des membres d'équipage en otage", a-t-il déclaré. "Pourtant, parmi ceux qui ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de la navigation internationale, personne lors de la réunion d'aujourd'hui n'a osé évoquer ni condamner ces actes terroristes."