La justice internationale confirme la condamnation à perpétuité de Ratko Mladic

L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic fait un geste depuis le box des accusés lors de l'audition du verdict final en appel contre sa condamnation pour génocide sur le massacre de Srebrenica de 1995, le 8 juin 2021 face au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), à La Haye.(AFP)
L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic fait un geste depuis le box des accusés lors de l'audition du verdict final en appel contre sa condamnation pour génocide sur le massacre de Srebrenica de 1995, le 8 juin 2021 face au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), à La Haye.(AFP)
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Publié le Mardi 08 juin 2021

La justice internationale confirme la condamnation à perpétuité de Ratko Mladic

  • A la majorité, les magistrats ont rejeté en intégralité l'appel de l'ex-général, reconnu coupable notamment de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, le pire en Europe depuis la Seconde guerre mondiale
  • «C'est un jour historique, non seulement pour nous les mères, mais aussi pour l'ensemble des Balkans, de l'Europe et du monde », a déclaré Munira Subasic, présidente de l'une des associations des «mères de Srebrenica »

LA HAYE: La justice internationale a confirmé mardi la condamnation à perpétuité, désormais définitive, de l'ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995.

A la majorité, les magistrats ont rejeté en intégralité l'appel de l'ex-général, reconnu coupable notamment de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, le pire en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

Autrefois soldat massif et surnommé le "Boucher des Balkans", Ratko Mladic, aujourd'hui âgé de près de 80 ans, a très brièvement fermé les yeux et secoué la tête à l'écoute du verdict du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), basé à La Haye.

La condamnation, dont l'ancien chef militaire ne peut plus faire appel, a notamment été saluée par l'ONU et par le président américain Joe Biden.

"La chambre d'appel confirme la peine de réclusion à perpétuité prononcée contre M. Mladic", a déclaré Prisca Nyambe, juge présidente du MTPI, qui a pris le relais du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), fermé en 2017.

Ratko Mladic restera en détention à La Haye en attendant la finalisation des modalités de son transfert vers l'État où il purgera sa peine, ont ordonné les juges, sans préciser lequel.

Les magistrats ont par ailleurs rejeté l'appel de l'accusation, qui souhaitait que l'ex-général soit également condamné pour génocide dans plusieurs autres municipalités.

- "Jour historique" -

Les proches de certains des 8 000 hommes et garçons musulmans tués par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en 1995 avaient fait le déplacement à La Haye.

"C'est un jour historique, non seulement pour nous les mères, mais aussi pour l'ensemble des Balkans, de l'Europe et du monde", a déclaré à l'AFP Munira Subasic, présidente de l'une des associations des "mères de Srebrenica".

Ratko Mladic "est un monstre qui ne s'est pas repenti de ce qu'il a fait, même après 26 ans", a-t-elle poursuivi devant le MTPI, en amont du verdict.

"Partout où leur armée est venue, partout où ils ont mis les pieds, ils ont commis un génocide", a-t-elle ajouté.

Ratko Mladic est l'un des principaux dirigeants jugés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie, outre l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, condamné à la prison à vie en 2019, et l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, mort dans sa cellule à La Haye d'une crise cardiaque en 2006, avant l'achèvement de son procès.

La guerre en Bosnie (1992-1995) a fait quelque 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Près de Srebrenica, au Centre mémorial du génocide, un écran géant diffusait mardi les témoignages de survivants et de familles, tout près des stèles blanches parfaitement alignées où reposent les corps de plus de 6.600 victimes identifiées.

"Au lieu de me réjouir avec mes petits-enfants, je suis venue pleurer ici", a déclaré Munevera Kabeljic, 69 ans, près des tombes de son mari et de ses fils, tués à l'âge de 17 et 20 ans.

"Ce qui fait le plus mal, c'est qu'ils nient le génocide", a-t-elle ajouté. "Ils disent que cela ne s'est pas produit, mais ces pierres tombales le prouvent".

- "Rendre des comptes" -

"Ce jugement historique montre que ceux qui commettent des crimes horribles en seront bien tenus responsables", s'est félicité le président américain.

Le verdict "souligne la détermination de la justice internationale à faire rendre des comptes quel que soit le temps qu'il faut - et dans le cas de Mladic, c'était presque trois décennies après ses crimes abominables", a déclaré dans un communiqué la Haute-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Michelle Bachelet.

Arrêté en 2011 après 16 ans de cavale, Ratko Mladic est aujourd'hui un vieil homme qui souffre de problèmes de santé, selon ses avocats. 

L'âge exact de l'ex-général fait débat, lui affirmant être né le 12 mars 1943 alors que le MTPI retient le 12 mars 1942.

Des images de l'époque le montrent en train de distribuer à Srebrenica des bonbons à des enfants, embarqués ensuite dans des bus avec les femmes, tandis que les hommes et adolescents de la ville étaient conduits dans une forêt et exécutés.

Mladic a également été reconnu coupable d'avoir orchestré une campagne plus large de "nettoyage ethnique" pour chasser les Musulmans des zones clés de Bosnie pour créer une Grande Serbie en ex-Yougoslavie, déchirée après la chute du communisme.

Selon ses avocats, il n'y a pas de lien entre l'ancien général et les tueries commises à Srebrenica et les charges de génocide qui lui ont valu une peine de détention à vie sont dénuées de fondement.

En août 2020, lors du procès en appel, Ratko Mladic a déclaré que le tribunal était un "rejeton des puissances occidentales" et affirmé être toujours "une cible de l'alliance de l'Otan".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.