Technologies: Washington prêt à investir des milliards, Pékin voit rouge

Photo montage des présidents chinois et américain,  Xi Jinping et Joe Biden. (AFP)
Photo montage des présidents chinois et américain, Xi Jinping et Joe Biden. (AFP)
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Publié le Mercredi 09 juin 2021

Technologies: Washington prêt à investir des milliards, Pékin voit rouge

  • Dans un rare moment d'union entre démocrates et républicains, le Sénat américain a adopté mardi un projet de loi prévoyant des investissements ambitieux dans la science et les technologies
  • Le plan destine plus de 170 milliards de dollars à la recherche et au développement et vise notamment à encourager les entreprises à produire aux Etats-Unis des semi-conducteurs, aujourd'hui essentiellement fabriqués en Asie

PEKIN : Pékin a accusé mercredi Washington d'exagérer une soi-disant "menace chinoise" après l'adoption au Sénat américain d'un texte qualifié "d'historique" pour contrer la Chine sur la question de l'innovation technologique.

Dans un rare moment d'union entre démocrates et républicains, le Sénat américain a adopté mardi un projet de loi prévoyant des investissements ambitieux dans la science et les technologies. 

Le plan destine plus de 170 milliards de dollars à la recherche et au développement et vise notamment à encourager les entreprises à produire aux Etats-Unis des semi-conducteurs, aujourd'hui essentiellement fabriqués en Asie. 

Une pénurie mondiale frappe de nombreux secteurs clés, de l'automobile aux communications, illustrant l'enjeu stratégique de cette production. 

Le texte, qualifié "d'historique", a été approuvé par 68 voix contre 32 au Sénat. Il doit désormais être adopté définitivement, à une date qui n'a pas encore été fixée, par la Chambre des représentants, avant d'être promulgué par Joe Biden. 

Pékin a fustigé l'initiative.

Ce "projet de loi révèle l'égocentrisme paranoïaque et l'orgueil" des Etats-Unis, a dénoncé la commission des Affaires étrangères du Parlement chinois, citée par l'agence de presse Chine nouvelle. Et la commission d'accuser Washington d'exagérer une soi-disant "menace chinoise".

"Gagner la course" 

Le président démocrate a salué l'adoption du texte, affirmant dans un communiqué que les Etats-Unis étaient engagés "dans une compétition pour gagner le XXIe siècle".

"Au moment où d'autres pays continuent à investir dans leurs propres activités de recherche et de développement, nous ne pouvons pas prendre du retard. L'Amérique doit conserver sa position de nation la plus innovante et productive au monde", a ajouté Joe Biden. 

La Chine, en guerre économique avec les Etats-Unis depuis l'ère Trump, est l'un des rares sujets sur lesquels le président démocrate s'est inscrit dans la continuité de son prédécesseur républicain. Et qui fait largement consensus au Congrès. 

"Le Sénat a fait un pas en avant bipartite essentiel pour faire les investissements dont nous avons besoin pour perpétuer l'héritage de l'Amérique en tant que leader mondial de l'innovation. Ce financement ne consiste pas seulement à remédier à la pénurie actuelle de semi-conducteurs, il s'agit d'investissements à long terme", a salué la secrétaire au Commerce Gina Raimondo. 

"Si nous ne faisons rien, nos jours de superpuissance dominante pourraient s'achever", avait mis en garde le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, juste avant le vote. 

"Celui qui gagnera la course aux technologies du futur", comme l'intelligence artificielle, l'informatique quantique, "sera le leader économique mondial". Et cette nation "façonnera le monde à son image", avait-il poursuivi, un avertissement visant directement le dirigeant chinois Xi Jinping.

"Voulons-nous que cette image soit démocratique? Ou voulons-nous une image autoritaire, comme celle que le président Xi aimerait imposer au monde?" 

"Concurrence déloyale" 

Le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a déploré que ce plan laisse des mesures "de côté" mais a finalement voté en sa faveur. 

"Depuis les chaînes d'approvisionnement cruciales jusqu'à la propriété intellectuelle en passant par le contre-espionnage, il s'attaque à des sujets clés qui aideront à définir nos bases stratégiques pour des décennies", a-t-il déclaré. 

Ce projet d'investissements "offre l'opportunité aux Etats-Unis de porter un coup, de répondre à la concurrence déloyale que nous voyons de la part du Parti communiste chinois" (PCC), a renchéri le républicain Roger Wicker, numéro deux de la commission du Commerce où a été négocié le texte. 

Pékin est accusé régulièrement par Washington d'espionnage industriel et de menaces à la sécurité nationale.

Concrètement, le plan prévoit 52 milliards de dollars sur cinq ans pour encourager la fabrication de puces et de semi-conducteurs aux Etats-Unis. Dans sa présentation, les parlementaires avaient souligné que le PCC investissait "considérablement avec plus de 150 milliards", dans ces technologies. 

Le plan américain destine en outre 120 milliards de dollars à une agence gouvernementale, la National Science Foundation, pour qu'elle encourage la recherche dans différents domaines jugés clés, comme l'intelligence artificielle.

Elle comporte également une enveloppe de 1,5 milliard de dollars pour le développement de la 5G, l'un des principaux sujets de tension entre la Chine et les Etats-Unis.


Efforts de reconstruction au Moyen-Orient pour alimenter la demande d’électricité croissante

La production d’électricité dans la région devrait être accélérée, selon Majid al-Monif.
La production d’électricité dans la région devrait être accélérée, selon Majid al-Monif.
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  • Le président de l’Association saoudienne pour l’économie d’énergie note que la production d’électricité dans la région devrait être augmentée
  • Il soutient que le Royaume ferait en sorte que les sources solaires et éoliennes représentent la moitié de la capacité totale de production d’électricité d’ici à 2030

RIYAD: La demande d’électricité devrait augmenter de façon spectaculaire au Moyen-Orient, alors que d’importants travaux de reconstruction ont lieu dans la région, selon Majid al-Monif, président de l’Association saoudienne pour l’économie d’énergie.

Dans un entretien accordé au Meed, M. Al-Monif déclare que l’expansion des activités industrielles pourrait également renforcer le besoin de produire plus d’électricité.

«Il y aura une demande croissante d’électricité dans de nombreux pays, notamment en Irak, en Syrie et en Libye, où d’importants efforts de reconstruction devraient avoir lieu, ainsi que l’expansion des activités industrielles dans d’autres juridictions», affirme M. Al-Monif.

Le président de l’Association saoudienne pour l’économie d’énergie note par ailleurs que la production d’électricité dans la région devrait être augmentée. De plus, l’électricité devrait être utilisée de manière efficace.

M. Al-Monif, qui est également président du Comité consultatif international du Centre d’études et de recherches sur le pétrole du roi Abdallah, basé à Riyad, ajoute que l’Arabie saoudite est sur la voie d’un avenir durable, au moment où le Royaume augmente sa capacité de production d’énergie renouvelable.

Il soutient que le Royaume fera en sorte que les sources solaires et éoliennes représentent la moitié de la capacité totale de production d’électricité d’ici à 2030.

«Nous nous engageons à atteindre zéro émission nette de carbone d’ici à 2060. Nous augmenterons considérablement notre capacité d’énergie renouvelable pour atteindre cet objectif. Nous exploiterons également les technologies de capture de carbone pour soutenir et augmenter la capacité de nos centrales électriques au pétrole ou au gaz», ajoute-t-il.

Selon M. Al-Monif, les tensions géopolitiques comme le conflit en cours en Ukraine et la pandémie de Covid-19 ont contribué à retarder la transition énergétique.

Il a en outre souligné que les efforts de transition énergétique ne représentaient aucune menace pour les fournisseurs et les exportateurs d’énergie conventionnelle de la région.

«Ce sont de nouveaux ajouts à la panoplie énergétique. […] Nous avons besoin de davantage d’énergies renouvelables, d’hydrogène et de nucléaire. Nous avons besoin de plus de pétrole et de gaz», poursuit M. Al-Monif.

Plus tôt dans le mois de janvier, lors du Forum économique mondial (WEF) de Davos, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a fait savoir que le monde assistait à la plus grande crise énergétique jamais enregistrée dans l’histoire, en particulier après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Selon M. Birol, les préoccupations actuelles ont donné un grand coup de pouce au développement de l’énergie propre. Il a ajouté que les problèmes de sécurité étaient à l’origine des progrès qu’enregistre le secteur des énergies renouvelables.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’avion furtif du Pentagone défie les lois de la physique: L'X Plane sans gouvernail, ni ailerons

L’X-plane utilise un système de contrôle des flux aériens pour se diriger, au lieu des traditionnelles gouvernes de vol (Photo, Aurora Flight).
L’X-plane utilise un système de contrôle des flux aériens pour se diriger, au lieu des traditionnelles gouvernes de vol (Photo, Aurora Flight).
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  • Le Pentagone annonce des progrès notables dans la construction d’un avion furtif sans gouvernail ni ailerons
  • Selon les modélisations des chercheurs, cet X-Plane devrait ressembler à la pointe d’une flèche

PARIS: Le monde de l’aviation pourrait connaitre une nouvelle révolution copernicienne. Le Pentagone annonce des progrès notables dans la construction d’un avion furtif sans gouvernail ni ailerons. Ce projet fait partie du programme Crane de la Darpa, l'agence de recherche et de développement de l'armée américaine, et est mené par Aurora Flight Sciences, une filiale de Boeing. Pour l’heure, il s’agit d’un avion expérimental dont l’objectif est de réduire au possible le frottement de l'air, particulièrement sur la carlingue de l’engin volant. Ainsi, selon les modélisations des chercheurs, cet X-Plane devrait ressembler à la pointe d’une flèche au profil allongé.

Crane en forme de flèche

L’aéronef utilise un système de contrôle des flux aériens pour se diriger, au lieu des traditionnelles gouvernes de vol caractéristiques de l’aviation civile et militaire telle qu’elle s’est développé tout au long du XXᵉ siècle. Présentant l’avantage de réduire les frottements, ce nouveau système pourrait remplacer les gouvernes arrière, telles que les ailerons et les volets, en utilisant des rafales d'air comprimé pour diriger l'avion. En réduisant considérablement la traînée de l'avion, ces aéronefs seraient, en conséquence, plus difficilement repérables. Cet atout donnerait à ces engins un avantage certain dans la conception d'avions militaires furtifs.

X-Planes

Les X-planes (parfois appelés avions-X) sont des engins volants expérimentaux développés par les États-Unis. Hélicoptères ou fusées, appareils autonomes ou pouvant accueillir des pilotes, ces appareils sont le plus souvent développés dans le plus grand des secrets. Le premier d'entre eux, le X-1, fut lancé le 19 janvier 1946 dans le cadre de recherches sur le vol supersonique. Il s'agissait du premier engin volant à avoir franchi le mur du son en vol horizontal. Le projet X-Plane sans gouvernail ni ailerons est dans la continuité de ces recherches expérimentales dans le domaine de l’aviation militaire.

Horizon 2025

Le projet est codirigé par Aurora Flight Sciences, et est financé par la Darpa. Si l’avancement des travaux de recherches ne sont pas encore totalement aboutis, les premières étapes du projet ont été si encourageantes que le contrat a été prolongé au-delà de la date butoir initiale de décembre 2022. 

Les prochaines étapes incluront la conception détaillée de l'appareil et la mise au point de son logiciel de vol, suivies des tests en vol prévus à partir de 2025.

La Darpa n’a pas été exhaustive dans les explications concernant le système de gestion des flux. Les premiers comptes rendus sur les travaux de recherche ne précisent pas encore si le système de propulsion génère lui-même l'air comprimé nécessaire à son fonctionnement ou s'il a besoin d'une source auxiliaire. Cependant, Aurora et ses partenaires croient fermement en cette nouvelle technologie et espèrent qu'elle pourra être utilisée, dans un premier temps, pour un usage militaire. 

 


Devoir de vigilance: En «désaccord» avec des ONG, BNP Paribas répond

Oxfam, Les Amis de la Terre et Notre Affaire à Tous accusent BNP Paribas d'être «le premier financeur européen et le cinquième mondial du développement des énergies fossiles» (Photo, AFP).
Oxfam, Les Amis de la Terre et Notre Affaire à Tous accusent BNP Paribas d'être «le premier financeur européen et le cinquième mondial du développement des énergies fossiles» (Photo, AFP).
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  • La banque avait jusqu'à jeudi pour apporter une réponse aux ONG avant que ces dernières ne décident de lancer ou non une assignation
  • Trois ONG ont mis en demeure fin octobre le géant bancaire français, lui demandant notamment de cesser de financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers

PARIS: BNP Paribas a fait part de son "désaccord" avec des ONG qui ont mis en demeure la banque française de cesser de financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers, dans un courrier que l'AFP a consulté jeudi.

"Nous comprenons parfaitement le caractère politique de votre action et respectons pleinement tant les associations que vous représentez que leur combat en faveur du climat", écrit Antoine Sire, directeur de l'engagement d'entreprise au comité exécutif du groupe, dans une lettre datée du 24 janvier.

La banque avait jusqu'à jeudi pour apporter une réponse aux ONG avant que ces dernières ne décident de lancer ou non une assignation.

Les entreprises "ne peuvent pas se substituer au législateur", estime BNP Paribas qui se dit "en profond désaccord" avec leur interprétation de la législation sur le devoir de vigilance.

"Les injonctions qui nous sont faites (...) ne sont pas destinées au respect de la loi sur le devoir de vigilance, elles vont nettement au-delà", estime le responsable.

"Nous sommes convaincus que notre plan de vigilance non seulement répond aux exigences légales, mais va même au-delà sur chacun des aspects que votre lettre évoque", insiste la banque.

Trois ONG ont mis en demeure fin octobre le géant bancaire français, lui demandant notamment de cesser de financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers.

Oxfam, Les Amis de la Terre et Notre Affaire à Tous accusent BNP Paribas d'être "le premier financeur européen et le cinquième mondial du développement des énergies fossiles, avec 55 milliards de dollars (environ 50 milliards d'euros, NDLR) de financements accordés entre 2016 et 2021" à de nouveaux projets d'extraction.

Depuis 2017, la loi française sur "le devoir de vigilance" impose aux grandes entreprises de prendre des mesures effectives pour prévenir les atteintes aux droits humains et à l'environnement sur l'ensemble de leur chaîne d'activité.

Selon la loi, les entreprises mises en demeure disposent de trois mois pour se mettre en conformité et éventuellement dialoguer avec les ONG, avant que ces dernières puissent lancer une éventuelle assignation.

Réponse d'ici «quelques semaines»

Interrogée par l'AFP jeudi, l'ONG Oxfam a affirmé qu'elle allait prendre le temps d'étudier la lettre de BNP Paribas avant de décider, d'ici "quelques semaines", d'une éventuelle assignation de la banque en justice.

"Toutes les options sont sur la table", a affirmé le responsable de plaidoyer finance et climat de l'ONG, Alexandre Poidatz, jugeant d'ores et déjà "insuffisants" des engagements climatiques annoncés par la banque plus tôt dans la semaine.

Financeur historique du secteur industriel, la banque française a annoncé mardi de nouveaux engagements climatiques en voulant diviser par cinq ses financements au secteur de l'extraction et de la production de pétrole.

BNP Paribas AM, filiale de gestion d'actifs, a par ailleurs été mise en cause jeudi dans l'émission de télévision Cash Investigation pour avoir intégré à des fonds d'investissements dits "verts" et destinés aux épargnants, des entreprises telles que Coca-Cola, gros émetteur de plastique, ainsi que l'énergéticien TotalEnergies.

En réaction à cette enquête, l'entreprise a reconnu que les indicateurs plastiques n'étaient pas suffisamment intégrés, et précisé que le fonds incriminé pour avoir TotalEnergies en son sein n'existait plus.

Dans le courrier adressé aux ONG plus tôt jeudi, Antoine Sire a par ailleurs affirmé que "BNP Paribas accélère la réallocation de ses financements vers une économie bas carbone, en affinant constamment ses engagements, politiques et moyens dédiés à leur mise en œuvre".

Le groupe relève ne pas avoir financé directement de nouveaux projets pétroliers depuis 2016. Toutefois, son soutien à des entreprises continuant à développer de nouveaux champs est en partie comptabilisé comme de l'exploration et de la production.

En réponse à la demande des ONG d'arrêter complètement le financement de toute entreprise qui développe de nouveaux projets fossiles, BNP Paribas estime que cela "équivaudrait à cesser immédiatement toute forme de financement aux entreprises du secteur, notamment celles qui jouent un rôle-clé dans les approvisionnements énergétiques de l'Europe".