L'Irak libère un commandant d'une milice pro-Iran accusé d'assassinat

Les forces de mobilisation populaire ou "Al Hachd al Chaabi" entourent la Zone verte solidement fortifiée, où se trouve le bureau du Premier ministre à Bagdad. Les tensions sont montées mercredi dans la capitale irakienne, après l'arrestation d'un commandant de milice pour cause de terrorisme. (Photo, AP)
Les forces de mobilisation populaire ou "Al Hachd al Chaabi" entourent la Zone verte solidement fortifiée, où se trouve le bureau du Premier ministre à Bagdad. Les tensions sont montées mercredi dans la capitale irakienne, après l'arrestation d'un commandant de milice pour cause de terrorisme. (Photo, AP)
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Publié le Jeudi 10 juin 2021

L'Irak libère un commandant d'une milice pro-Iran accusé d'assassinat

  • Cinq roquettes ont visé une base abritant des Américains et un drone piégé s'est écrasé sur l'aéroport de Bagdad où sont stationnés des soldats US
  • Le général iranien Esmaïl Ghaani, nouveau chef de la force Al-Qods, arrive dans la capitale irakienne pour rencontrer des chefs de milices et des dirigeants politiques

BAGDAD: Les autorités irakiennes ont relâché mercredi un commandant pro-Iran, dont l'arrestation avait provoqué une démonstration de force contre les autorités, de nouveau défiées en soirée par une attaque au drone piégé, signature des pro-Iran au Moyen-Orient.

A une heure d'intervalle, cinq roquettes ont visé une base abritant des Américains au nord de Bagdad et un drone piégé s'est écrasé sur l'aéroport de Bagdad où sont stationnés des soldats américains, ont rapporté des responsables des services de sécurité.

C'est la quatrième fois en moins de deux mois que des engins volants chargés d'explosifs sont utilisés en Irak contre des intérêts américains, sur le modèle des attaques menées par les rebelles yéménites houthis, pro-Iran, contre l'Arabie saoudite.  

Pour les experts, le recours à cette technique est le signe d'une escalade en Irak où les Américains ont déployé des batteries de défense aériennes qui interceptent souvent les roquettes, mais ne sont pas parvenues mercredi soir à intercepter le drone hostile.

Plus tôt dans la journée, les pro-Iran se sont félicité d'avoir enregistré "une victoire de plus" dans leur bras de fer avec un gouvernement qu'ils accusent d'être trop proche des Etats-Unis, grand ennemi de Téhéran.

La libération de Qassem Mahmoud Musleh est intervenue alors que le général iranien Esmaïl Ghaani, nouveau chef de la force Al-Qods, arrivait à Bagdad pour rencontrer des chefs de milices et des dirigeants politiques, ont déclaré deux responsables politiques chiites.

Les responsables ont affirmé que la réunion visait à aborder les tensions persistantes entre le gouvernement et certains groupes de milices liés à l'Iran, après l'arrestation de Musleh.

Ils ont parlé sous couvert d'anonymat, n'étant pas autorisés à s’adresser aux médias.

Les partisans de Musleh l'ont accueilli avec des accolades et des embrassades sur le pont central de Jadriya à Bagdad après sa libération, prenant des photos et des vidéos avec lui pour célébrer l’évènement. Deux responsables irakiens ont déclaré que Musleh avait été libéré à 8 heures du matin, et qu'il était retourné à Kerbala, sa ville natale, où ses partisans l'avaient également accueilli.

Musleh est à la tête des Forces de mobilisation populaire (FMP), Al Hachd al-Chaabi en arabe, dans la province d'Anbar. Il a été arrêté le 27 mai pour terrorisme, à la suite d'une enquête judiciaire. Sa libération a été ordonnée par un juge d'instruction au sein des FMP, à qui son dossier avait été transmis, ont indiqué deux responsables irakiens. Ils ont déclaré que la libération était motivée par une insuffisance de preuves. Ils se sont exprimés sous couvert d'anonymat, conformément à la réglementation.

Les Hachd al-Chaabi sont un groupe composé d'un ensemble de milices formées pour combattre le groupe État islamique en 2014. Parmi les membres les plus puissants du groupe figurent des milices chiites soutenues par l'Iran. Leur influence croissante en Irak inquiète les responsables occidentaux, en particulier les Américains, et représente un défi permanent pour le gouvernement irakien.

L'arrestation de Musleh a suscité des tensions et des craintes de violences lorsque, peu de temps après, des forces affiliées aux FMP ont encerclé le quartier général du Premier ministre Moustafa al-Kadhimi à l'intérieur de la Zone verte solidement fortifiée, siège du gouvernement irakien.

Les forces de sécurité irakiennes et les Services d'élite de lutte contre le terrorisme ont été déployés pour protéger le gouvernement et les missions diplomatiques. Des factions des FMP s'étaient également rassemblées autour des portails de la Zone verte.

Il s'agit du dernier incident mettant en évidence le défi constant d'Al-Kadhimi, consistant à imposer l’État de droit aux milices. Ces groupes sont soupçonnés de cibler les manifestants antigouvernementaux et les militants ouvertement critiques, ainsi que la présence américaine en Irak. Les charges portées contre Musleh l’accusaient de corruption et de complicité dans les assassinats de militants irakiens à Kerbala.

Les événements qui ont suivi l'arrestation de Musleh ont suscité des critiques sur l'incapacité du gouvernement à imposer l'ordre, et à traduire les suspects en justice. La détention physique de Musleh est particulièrement préoccupante, certains considérant tout transfert aux FMP comme une concession d'Al-Kadhimi.

Les FMP ont également subi la réprobation de responsables irakiens et occidentaux pour avoir attisé les tensions.

Après la détention de Musleh, Al-Kadhimi a tenu une réunion avec les principaux dirigeants chiites pour apaiser les tensions. Sur la base des résultats de la réunion, Musleh a été placé en détention par les FMP.

Une commission d'enquête composée de responsables des ministères de la Défense et de l'Intérieur, de la Sécurité nationale et des FMP a été constituée pour examiner son cas. Musleh était sous la garde du commandement des opérations conjointes pendant cette période. Ce commandement supervise un ensemble de forces de sécurité irakiennes.

Lundi, son dossier a été transmis à un juge d'instruction des FMP, qui a ordonné sa libération.

L'arrivée de Ghaani à Bagdad a coïncidé avec la libération de Musleh. Des responsables ont déclaré que le sujet des tensions persistantes a été abordé lors de ces réunions, sans donner plus de précisions.

Les tentatives d'arrestation d'individus affiliés aux milices par le passé se sont déroulées de la même manière, avec des pressions provenant de groupes de milices et des concessions de la part du gouvernement.

Un raid mené par le Service antiterroriste l'été dernier contre les Kataeb Hezbollah, soutenus par l'Iran, a conduit à plus d'une dizaine d'arrestations. Tous ont finalement été libérés après des pressions et des menaces de violence contre le gouvernement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël mène des frappes au nord du Litani sur fond d’escalade des tensions avec le Hezbollah

De la fumée s'élève après que des avions de combat israéliens ont pris pour cible les hauteurs de Rihan, dans le district de Jezzine, au sud du Liban, le 2 janvier 2026. (AFP)
De la fumée s'élève après que des avions de combat israéliens ont pris pour cible les hauteurs de Rihan, dans le district de Jezzine, au sud du Liban, le 2 janvier 2026. (AFP)
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  • Des raids menés au lendemain de signaux envoyés par Tel-Aviv évoquant une possible reprise des frappes, accusant le Liban de « ne pas aller assez vite »
  • Le président américain Donald Trump affirme que le Hezbollah « doit être complètement désarmé »

​​​​​​BEYROUTH : Des frappes aériennes israéliennes ont visé vendredi plusieurs zones situées au nord du fleuve Litani, un jour après qu’Israël a indiqué qu’il pourrait reprendre ses attaques contre le Hezbollah, affirmant que l’armée libanaise « n’avançait pas assez rapidement » et que le groupe soutenu par l’Iran « reconstruisait son système militaire ».

Les raids ont touché plusieurs sites dans la région d’Iqlim Al-Tuffah, les hauteurs de Jabal Al-Rihane, ainsi que les localités de Mlikh et Aaramta dans le district de Jezzine, de même que la zone de Qal’at Meiss entre Ansar et Al-Zrariyah. Des frappes sur la zone de Tabna, à la périphérie d’Al-Baisariyah dans le district de Saïda–Zahrani, ont coupé la route reliant les villages voisins.

D’autres frappes ont visé la vallée entre Kafroue et Aazze dans le district de Nabatieh, les environs de Aïn Al-Tineh et Jabal Machghara dans la Békaa occidentale, tandis que des avions de guerre israéliens survolaient à basse altitude le sud du pays, atteignant l’espace aérien de Baalbek, du nord de la Békaa et des villages environnants.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a affirmé que les forces israéliennes avaient ciblé un « camp d’entraînement » de la force Radwan du Hezbollah, prétendument utilisé pour former ses membres « afin de planifier et d’exécuter des complots terroristes contre les forces militaires et les citoyens de l’État d’Israël ». Selon lui, « les éléments terroristes suivaient des entraînements au tir et des formations à l’utilisation de divers moyens de combat ».

Adraee a ajouté que l’armée israélienne avait frappé des « bâtiments et installations militaires servant au stockage d’armes » appartenant au Hezbollah, laissant entendre que les attaques pourraient se poursuivre.

L’écrivain politique Ali Al-Amin a déclaré à Arab News : « Les zones ciblées par les frappes israéliennes vendredi avaient déjà été visées à plusieurs reprises, mais il s’agit de vallées et d’espaces fermés appartenant au parti, s’étendant du sud à la Békaa occidentale, et tout le monde sait qu’elles abritent des bases et des centres d’armement. »

Il a ajouté que le Hezbollah « traverse actuellement un moment de faiblesse sans précédent. L’Iran, de son côté, fait face à une nouvelle impasse, confronté à des protestations internes à un moment de repli extérieur, ce qui signifie que, que le Hezbollah remette ou non ses armes, il se trouve dans une situation d’exposition marquée, dans un contexte de déséquilibre majeur ».

La fin de l’année 2025 constitue la date limite à laquelle le Liban s’est engagé à assurer le monopole de l’État sur les armes au sud du fleuve Litani. Le 8 janvier, lors de sa première session de l’année, le Conseil des ministres devrait entendre le rapport de l’armée libanaise annonçant l’achèvement de sa mission, en amont de la deuxième phase couvrant la zone sud jusqu’au fleuve Awali. Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que le pays restait engagé à respecter ce calendrier.

Une source politique officielle a confirmé à Arab News : « Le commandant de l’armée présentera son rapport et l’institution militaire poursuivra sa mission. Il n’y aura aucun report. »

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré dans un communiqué : « Le désarmement du Hezbollah est un projet américano-israélien visant le Liban, sa souveraineté et son indépendance, même s’il est présenté sous la bannière du monopole étatique des armes. »

Il a ajouté que réclamer le contrôle des armes dans un contexte de « poursuite des attaques israéliennes signifie que vous n’agissez pas dans l’intérêt du Liban, mais dans celui d’Israël ».

Jeudi, à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump a déclaré que le Hezbollah « se comportait mal » et « devait être complètement désarmé », ajoutant que « le gouvernement libanais est quelque peu désavantagé » face au groupe.

Interrogé sur la question de savoir si Israël devait frapper le Hezbollah au Liban en raison du refus du groupe de se désarmer, Trump a répondu : « Nous verrons cela. »

Des sirènes ont retenti vendredi matin à Baram, en Galilée occidentale en Israël, et un missile a été lancé en direction d’une cible en Haute-Galilée, explosant au nord près des localités libanaises de Maroun Al-Ras et Yaroun. La radio de l’armée israélienne a indiqué plus tard qu’il s’agissait d’une fausse alerte et que le « suspect était un vol d’oiseaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
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  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.