Nasser Kamel: «Je rêve d'un Erasmus méditerranéen»

Le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, Nasser Kamel, à Madrid le 25 mai 2021.
Le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, Nasser Kamel, à Madrid le 25 mai 2021.
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Nasser Kamel: «Je rêve d'un Erasmus méditerranéen»

  • Seulement 1,5% des entreprises dans notre espace Mena sont capables de faire du e-commerce
  • Pour un Erasmus méditerranéen, il faut des fonds et de la mobilité, du Sud vers le Nord, pour nos jeunes étudiants. Il est également nécessaire d’accroître une internationalisation des diplômes

NICE: Organisation intergouvernementale, lancée en 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy, l’Union pour la Méditerranée réunit 42 pays, dont les 27 membres de l’Union européenne (UE). Depuis sa création, l’UPM s’est donnée pour objectif de favoriser la coopération régionale. Vingt-cinq ans après la Déclaration de Barcelone, si de nombreux projets ont pu voir le jour, le bilan d’intégration reste mitigé, les disparités se creusent entre les pays du Nord et du Sud, et le manque de coopération Sud-Sud est criant. C’est ce qui ressort du premier rapport d’étape sur l’intégration régionale dans l’UPM. Arab News en Français a rencontré son secrétaire général, Nasser Kamel. Ancien ambassadeur d’Égypte à Paris, puis à Londres, il nous livre sa lecture de ce rapport, mais aussi ses recommandations pour une intégration régionale réussie.

Après plusieurs années à se chercher, à s’organiser, l’UPM est parvenue à se doter d’une feuille de route. L’institution semble s’être remise sur les rails, mais elle peine encore à se faire connaître du grand public. En quoi se distingue-t-elle des autres outils de coopération Nord-Sud? 

Nous faisons partie d’un écosystème, nous travaillons ensemble, que ce soit en faveur du climat, de l’environnement, des énergies renouvelables, de l’économie bleue, de l’éducation,  de la recherche scientifique, ou encore de l’emploi. Nous avons d’ailleurs été les premiers à étudier les défis et les problématiques de la zone, à proposer des pistes aux décideurs politiques et à agir pour faire avancer la cause de l’intégration régionale.

L’UPM se distingue aussi par son mode de travail. Nous sommes une organisation internationale, ce qui nous donne le pouvoir de réunir 42 pays à la même table, et à tous les niveaux, qu’il s’agisse de ministres, de membres de la société civile, d’acteurs de terrain. Nous sommes pleinement ouverts à collaborer avec tous les partenaires, comme ceux du Dialogue 5+5 , via le Sommet des deux rives, Forum de la Méditerranée… Il y a donc une très grande complémentarité des outils existants.

Une complémentarité mais aussi une grande disparité. C’est ce qui ressort de votre rapport sur l’intégration régionale des pays de la zone, réalisé avec l’OCDE. Une conclusion qui n’est pas vraiment une surprise… Pourquoi, dès lors, avoir réalisé cette étude?

Ce rapport a été commandé par nos décideurs politiques, nos ministres des Affaires étrangères il y a trois ans. Son but était de réaliser un état des lieux de l’intégration régionale au sens large, et sur la disparité et les manques. Il a permis de présenter des recommandations aux décideurs. Mais à ma grande surprise, le rapport pointe les progrès réalisés. La région a en effet pu diversifier sa production. Elle n’exporte plus seulement des matières premières. Elle joue maintenant un rôle plus important dans la chaîne de production à l’échelle régionale. Le Maroc en constitue un exemple, avec son industrie automobile, acteur important sur le marché au sud et au nord du pays. D’autres États comme l’Égypte ont également pu diversifier leur base de production. Mais la réalité est là. Oui, 75% des échanges dans la zone euro-méditerranéenne se font entre les pays de l’UE, 15% entre la zone Europe et les pays du Sud…et 5% seulement entre les pays du Sud de la Méditerranée. C’est un véritable problème.

Pour produire ce rapport, nous avons choisi cinq critères bien déterminés: le commerce, les infrastructures, les finances, la mobilité, la coopération scientifique. Pour chacun de ces indicateurs, nous avons réalisé des études approfondies, pays par pays, sous-région par sous-région, et nous avons fait des recommandations très concrètes avec l’OCDE, à destination des décideurs politiques. Ce rapport n’est pas destiné à rester dans les tiroirs. Il fait partie d’une série de rapports, et sera mis à jour tous les deux ans.

Parmi les thèmes principaux abordés: la transformation digitale. La crise sanitaire a révélé l’importance du numérique. Quelles sont vos recommandations pour permettre à certains pays de rattraper leur retard?

Il y a des chiffres vraiment choquants. Seulement 1,5% des entreprises dans notre espace Mena sont capables de faire du e-commerce. Quand on voit que 8% à peine des PME ont une présence digitale, il reste énormément à faire. Dans ce sens, la transformation digitale est une priorité de l’UPM pour les trois à cinq prochaines années. Elle devient une priorité nationale pour la majorité de nos pays, et c’est une véritable source de satisfaction, mais il y a encore beaucoup à faire à propos de cette quatrième Révolution industrielle. Il faut miser sur l’éducation et la formation et nous avons mis en place des programmes. Au Maroc, par exemple, nous aidons des jeunes femmes en leur apprenant à commercialiser leurs produits de beauté à travers des plates-formes digitales, et donc à les commercialiser en Europe et au-delà.

En parlant justement d’éducation et de formation, peut-on rêver d’un Erasmus méditerranéen?

Je rêve tout autant que vous d'un Erasmus méditerranéen ! Nous avons déjà un programme, mais qui a nettement moins de moyens que le programme Erasmus de l’UE. On a vu comment Erasmus a changé la nature même de la jeunesse européenne. Il n’y a pas un jeune Européen qui n’a pas passé un an ou plus dans un autre pays de l’UE, ce qui a renforcé l’identité européenne de chacun d’eux. Nous avons un programme dans la région mais qui reste très limité. Pour avoir un Erasmus avec un certain impact, il faut des fonds. Il faut aussi de la mobilité, surtout du Sud vers le Nord, pour nos jeunes étudiants. Enfin, il est nécessaire d’accroître (et nous y travaillons) une internationalisation des diplômes, une reconnaissance des enseignements entre les pays. Il faudrait que les enseignants-chercheurs et professeurs puissent circuler librement dans la région. C’est désirable, mais nous n’en sommes pas encore là.

La pandémie de Covid-19 est aussi une occasion de repenser la manière de travailler ensemble, en particulier en ce qui concerne le défi environnemental, particulièrement en Méditerranée. Comment peut-on, selon vous, limiter les effets du changement climatique sur les pays du pourtour méditerranéen?

Nous avons été les premiers à sonner l’alarme par rapport à la spécificité de la région, doublement plus en danger que le reste du monde. Nous sommes la 22e région du monde (la première étant l’Antarctique) à être touchée. Dix villes de Méditerranée sont en danger à cause du réchauffement climatique, dans une zone où 70% de la population va vivre dans des grandes villes, pour la plupart côtières, ce n’est donc pas un débat intellectuel, mais une question existentielle. C’est le message que nous passons à la jeunesse de la région, aux décideurs politiques. Il y aura une rencontre ministérielle sur l’action climatique en Égypte les 4 et 5 octobre prochain. J’espère que l’on adoptera une vision commune et ambitieuse que l’on pourra présenter, ensemble, au sommet de la Terre, ou à la Cop 26, à Glasgow, l’objectif étant de présenter un front uni autour de ce défi planétaire. 

L’eau constitue l’un des grands défis du XXIᵉ siècle. Le pourtour méditerranéen est une des zones les plus pauvres en eau dans le monde. Son accès y est très inégalement réparti, et pourtant il n’y a pas véritablement de stratégie commune liée à l’eau. On parle surtout de projets au cas par cas. L’un de ces projets phares prévoit d’ailleurs la mise en place d’une installation de dessalement des eaux à Gaza. Où en est ce projet aujourd’hui?  

Ce projet a pris du retard, mais deux dernières années on a pu résoudre les trois principaux obstacles: tout d’abord celui de la mobilisation des fonds. Ils sont sécurisés auprès de tous les pays membres de l’UE, des pays du Golfe, de la Banque de développement islamique. Le deuxième défi était de garantir l’approvisionnement en énergie, problème qui a été résolu. Enfin, il fallait des garanties de certains pays voisins pour faciliter la construction de ce projet, et nous les avons obtenues. L’appel d’offre est lancé, et dans quelques mois, les contrats initiaux seront accordés. Le travail va donc commencer. Sur ce projet spécifique, nous sommes arrivés au stade de mise en œuvre.

Cela dit, nous travaillons sur la problématique de l’eau à l’échelle régionale. Le plus important à mon avis est la gestion de cette ressource, déjà très limitée dans notre région et qui, selon les prévisions, diminuera encore de 20 à 25% au cours des prochaines années, à cause de l’impact du changement climatique. Nous travaillons sur plusieurs axes. Nous regardons d’abord comment mieux gérer cette ressource: actuellement, il y a beaucoup de pertes en raison d’une mauvaise gestion notamment dans la conduite de nos activités agricoles. Toutefois, nous avons avancé. Nous avons pu instaurer auprès des responsables du secteur de la région des bonnes conduites à adopter en matière de gestion de cette ressource précieuse. 

Par ailleurs, nous nous sommes penchés sur la finance: comment encourager le privé à investir davantage dans ce secteur, à créer des partenariats entre le public et privé? Il reste énormément à faire, mais je crois qu’il existe quand même une vision commune. Ce n’est pas vraiment un secteur où l’on parle de coopération entre États mais plus d’une gestion pays par pays.

Les ambitions de l’UPM ne sont-elles pas freinées par les différents conflits politiques? Par exemple le conflit israélo-palestinien?

Certains secteurs sont impactés par le contexte géopolitique existant dans une sous-région ou une autre. Mais hormis la problématique du dessalement d’eau, donc du projet très spécifique de Gaza, nous n’avons pas constaté un impact important sur notre capacité à travailler. Gaza n’est pas un exemple valable pour l’ensemble de la région. Mais il est vrai qu’on ne peut nier que les conflits ont un impact sur beaucoup de choses. De plus en plus de pays membres, lors des rencontres sur des thématiques comme la préservation de l’environnement ou l’autonomisation des femmes, parviennent à laisser de côté les problématiques géopolitiques. Ils partagent tous le désir d’avancer sur ces thématiques. Des thématiques qui ne divisent pas, mais qui au contraire réunissent.

Cela ne paraît pas toujours être le cas. Certains conflits ralentissent le développement de projets. Celui du Sahara, par exemple, empoisonne les relations entre le Maroc et l’Algérie, et entrave la mise en œuvre d’une véritable Union du Maghreb arabe, de projets et donc du renforcement du processus régional d’intégration. N’est-ce pas problématique lorsqu’on sait que le Maghreb est l’une des régions les moins intégrées d’Afrique et du monde? 

Je ne suis pas aussi pessimiste que certains concernant une intégration régionale au Maghreb plus renforcée. Certes, les différends entre les pays de la région ont un impact et cela continuera d’en avoir sur certaines questions. Mais on voit que ces pays, lors de rencontres par exemple autour de l’agriculture, du climat sont coopératifs, ils s’engagent, participent à des projets, et ont généralement une attitude positive. Toutefois, je suis d’accord avec vous, sans ces problématiques, on aurait avancé beaucoup plus rapidement.

En 2019, vous avez rencontré le secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe. Il s’agissait de la première visite officielle de l’UMA à l’UPM…

Toutes les initiatives sous-régionales font partie du projet. Si les sous-régions s’intègrent mieux, la région entière s’intégrera mieux. J’avais assuré au secrétaire général M. Baccouche notre disponibilité à mettre tous nos moyens au service à l’Union du Maghreb arabe. Cela fait partie de mon ADN d’appuyer toute initiative sous-régionale, pour parvenir à réaliser nos objectifs communs de bâtir une région en paix, en sécurité et prospère. 


Israël dit avoir lancé des «opérations terrestres limitées» contre le Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone"
  • L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban.

"Ces derniers jours, des soldats israéliens de la 91e division ont commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban, visant à renforcer la zone de défense avancée" en territoire libanais, le long de la frontière entre le nord d'Israël et le sud du Liban, a déclaré l'armée dans un communiqué.

"Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone, afin de (...) créer une couche supplémentaire de sécurité pour les habitants du nord d'Israël", ajoute le communiqué.

L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes".

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en riposte des frappes aériennes massives sur le Liban, qui ont déjà fait 850 morts, tout en menant des incursions dans les zones frontalières du sud du Liban, assurant vouloir ainsi protéger les populations du nord d'Israël.

Lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024, 60.000 habitants du nord d'Israël avaient été déplacés par les combats. Le gouvernement israélien a promis cette fois d'éviter de tels déplacements de population.


L'envoyé iranien en Arabie saoudite affirme que les «ennemis» de Téhéran sont responsables des attaques dans le Golfe

 L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
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  • Alireza Enayati déclare que l'Iran souhaite une "révision sérieuse" des liens avec les pays arabes du Golfe, et nie tout rôle dans les attaques pétrolières saoudiennes
  • Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables

LONDRES: L'ambassadeur iranien en Arabie saoudite a posté un message sur X dimanche, affirmant que les Etats-Unis et Israël lançaient des attaques sur des cibles illégitimes dans les pays voisins, rejetant la responsabilité sur Téhéran.

Alireza Enayati a partagé un avis attribué au commandement militaire iranien, qui a déclaré que "l'ennemi" utilisait des drones "déguisés en Shahed (un drone de fabrication iranienne) sous le nom de drone Lucas".

Le message nie que l'Iran soit responsable des attaques contre les États voisins du Golfe, ajoutant que Téhéran ne vise les intérêts des États-Unis et d'Israël dans la région qu'en représailles d'attaques contre son territoire.

"La République islamique d'Iran n'attaque que les cibles, les centres et les intérêts des États-Unis et de l'entité sioniste, et assumera la responsabilité de tout lieu qu'elle vise en publiant une déclaration officielle", ajoute le message.

Les autorités régionales affirment que des milliers de missiles et de drones iraniens ont été lancés en direction du Golfe depuis le début du conflit, fin février, et que nombre d'entre eux visaient des installations militaires américaines, mais aussi des aéroports, des ports, des infrastructures énergétiques et des zones civiles dans les pays du Golfe.

Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables.

Un commentateur a écrit que les remarques de l'ambassadeur semblaient contredire les déclarations des dirigeants militaires iraniens.

Un autre a suggéré que même les attaques visant les installations militaires américaines dans la région mettraient en danger les pays du Golfe et que les missiles ou les drones lancés vers ces sites pourraient mettre en danger les villes voisines et les infrastructures civiles.

Un troisième a dénoncé ce qu'il a décrit comme des messages contradictoires de la part des responsables iraniens, tout en se demandant si une femme et un enfant tués respectivement à Bahreïn et au Koweït avaient été des cibles américaines.

Mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté un projet de résolution condamnant les attaques de l'Iran contre les pays du Golfe et la Jordanie et exigeant que Téhéran mette immédiatement fin aux hostilités.

Treize des quinze membres du Conseil ont voté en faveur de la résolution, qui était parrainée par le Conseil de coopération du Golfe et coparrainée par 135 autres États membres des Nations unies, ce qui témoigne d'un large soutien international en faveur de cette mesure.

S'adressant à Reuters dimanche, M. Enayati a déclaré que les relations entre l'Iran et les États arabes du Golfe devront être "sérieusement réexaminées" à la lumière de la guerre, afin de limiter le pouvoir des acteurs extérieurs et de permettre à la région de devenir prospère.

Il a réaffirmé que l'Iran n'était pas responsable des attaques contre les installations pétrolières saoudiennes de Ras Tanura et de Shaybah.

À la question de savoir s'il craignait que la guerre ne nuise aux relations, il a répondu : "C'est une question légitime : "C'est une question pertinente, et la réponse est peut-être simple. Nous sommes voisins et nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre ; nous aurons besoin d'un examen sérieux".

Il poursuit : "Ce dont la région a été témoin au cours des cinq dernières décennies est le résultat d'une approche d'exclusion (au sein de la région) et d'une dépendance excessive à l'égard des puissances extérieures.

Il a également appelé à un renforcement des liens entre les six membres du CCG, ainsi qu'avec l'Irak et l'Iran.

M. Enayati a déclaré qu'il était personnellement en contact permanent avec des responsables saoudiens et que les relations "progressaient naturellement" dans de nombreux domaines. Il a souligné la coopération saoudienne concernant le départ des Iraniens qui se trouvaient dans le Royaume pour un pèlerinage religieux et l'assistance médicale apportée à d'autres.

Il a ajouté que Téhéran était en contact avec Riyad au sujet de la position publiquement exprimée par l'Arabie saoudite, selon laquelle ses ressources terrestres, maritimes et aériennes ne seraient pas utilisées pour attaquer l'Iran.

Son message aux États du Golfe est que la guerre "nous a été imposée, à nous et à la région".

Pour résoudre le conflit, les États-Unis et Israël doivent cesser leurs attaques et les pays de la région ne doivent pas être impliqués, tandis que des garanties internationales doivent être obtenues pour éviter qu'elles ne se reproduisent, a-t-il déclaré.

"Ce n'est qu'alors que nous pourrons nous concentrer sur la construction d'une région prospère", a-t-il ajouté.

* Avec Reuters


L'Iran multiplie ses frappes de drones sur l'Arabie saoudite 

 Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi.  (X : @modgovksa)
Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi. (X : @modgovksa)
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  • Le ministère de la défense déclare que 63 drones ont été abattus dans la province de l'Est et à Riyad jusqu'à présent
  • Les autorités des Émirats arabes unis ont suspendu l'exploitation de l'aéroport international de Dubaï à la suite d'une attaque de drone

RIYAD: L'Iran a repris sa campagne nocturne de drones contre l'Arabie saoudite lundi, lançant des vagues de frappes totalisant environ 63 drones hostiles jusqu'à présent, a déclaré le ministère de la Défense.

Le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a annoncé les attaques dans une série de messages sur X à partir de 2 h 22, heure locale, précisant que tous les drones - visant la province orientale et Riyad - avaient été interceptés et détruits.

Les frappes ont eu lieu quelques heures après que l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a cherché à détourner la responsabilité de Téhéran, en diffusant un avis attribué au commandement militaire iranien affirmant que "l'ennemi" déployait des drones déguisés en drones Shahed de fabrication iranienne sous le nom de "drone Lucas".

Ce nouveau barrage a porté à plus de 230 le nombre de drones interceptés dans le Royaume. Un décompte des postes du ministère de la défense a également montré que plus de 30 missiles avaient été abattus.

Les frappes iraniennes ont suivi un schéma d'attaques nocturnes entrecoupées d'accalmies diurnes.

Les États voisins du Golfe ont fait état d'un bilan plus lourd : Bahreïn a déclaré avoir intercepté à lui seul 125 missiles et 203 drones, les attaques ayant fait deux morts dans ce pays et 24 autres dans la région.

Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 294 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 600 drones, faisant six morts.

Le bureau des médias de Dubaï a déclaré lundi que les équipes de la défense civile avaient réussi à circonscrire un incendie résultant de l'impact d'un drone sur l'un des réservoirs de carburant à proximité de l'aéroport international de Dubaï.  Les opérations à l'aéroport ont été temporairement suspendues.