L'armée française réfléchit à sa robotisation

Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron découvrant l'espèce d'une "arme de capture de drones" dans un camp militaire près de Reims. Si la technologie des drones est très connue du grand public, d'autres applications de la robotique se font plus discrètes pour cause de secret défense. (Photo, Archives/AFP)
Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron découvrant l'espèce d'une "arme de capture de drones" dans un camp militaire près de Reims. Si la technologie des drones est très connue du grand public, d'autres applications de la robotique se font plus discrètes pour cause de secret défense. (Photo, Archives/AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

L'armée française réfléchit à sa robotisation

  • « L'émergence de la robotique dans le domaine militaire est comparable à l'arrivée de la poudre à canon ou à l'arme nucléaire, c'est une véritable rupture »
  • Drones kamikazes employés au Haut-Karabagh ou robots mules testés au Sahel par les militaires français, les robots sont déjà présents et « le phénomène s'accentuera »

VERSAILLES : Pas de robots tueurs, mais des systèmes automatisés et dotés d'autonomie délestant le soldat de certaines tâches: l'armée de Terre française se prépare elle aussi à cette « rupture » de l'Histoire de la guerre en créant une première unité robotique expérimentale.

Comme la Russie, le Royaume-Uni ou encore les États-Unis qui réfléchissent à l'emploi de systèmes dotés d'autonomie, le projet français Vulcain, annoncé jeudi à Versailles-Satory près de Paris par son chef d'état-major, le général Thierry Burkhard, vise à « penser l’intégration des robots et de l’intelligence artificielle dans l’espace de bataille » à l'horizon 2040.

Pour cela, une section robotique expérimentale sera installée cet été au centre d'entraînement aux actions en zone urbaine (Cenzub) situé dans l'Aisne, dans le nord du pays. Elle sera chargée d'expérimenter les robots et d'en évaluer les gains par rapport aux actions humaines.

Les première unités pilotes peuvent être envisagées à partir de 2025 et les unités opérationnelles cinq ans plus tard, détaille le projet.

« En 2040, l’armée de Terre sera robotisée comme elle pressentait qu’elle allait devenir blindée à l’issue de la Première Guerre mondiale » et qui, par « dogmatisme », n'a pas su utiliser en 1940 les « chars performants » dont elle disposait, selon le texte de son discours.

Il faut donc dès maintenant lancer la réflexion.

« L'émergence de la robotique dans le domaine militaire est comparable à l'arrivée de la poudre à canon ou à l'arme nucléaire, c'est une véritable rupture », selon le numéro deux de l'armée de Terre, le général Hervé Gomart.

Drones kamikazes employés lors du récent conflit au Haut-Karabagh ou prototypes de robots mules transportant des charges à la place du fantassin testés au Sahel par les militaires français, les robots sont déjà présents et « le phénomène s'accentuera », rappelle-t-il.

« Pas tomber dans la techno-dépendance »

Actuellement, l'« état de l'art » présenté jeudi par des industriels au camp de Satory permet à une mule d'accompagner des fantassins grâce à ses lidars (laser de télédétection). En cas d'opposition avec l'ennemi, un autre robot à roue équipé d'un bouclier se déploie pour protéger les fantassins et un troisième, chenillé et équipé d'un canon de 20mm, pour éliminer la menace.

Les développements de l'intelligence artificielle vont considérablement renforcer l'autonomie de ces engins.

Un homme pourra fixer comme mission une reconnaissance sur une zone précise et un système automatisé lui proposera quels types de robot, volant ou roulant, envoyer et selon quelles modalités, explique Christophe Grand de l'Onera, l'office de recherches aérospatiales.

« La difficulté est de savoir jusqu'où on va arriver, mais on sera rapidement confronté à l'acceptabilité de ces systèmes » auprès des militaires dont la sécurité dépendra de ces robots, estime-t-il.

« Chaque robot sera commandé », a insisté le général Burkhard. Un récent rapport du comité d'éthique du ministère des Armées a confirmé que « la France ne développerait et n'emploierait pas de systèmes d’armes létaux pleinement autonomes », des systèmes appelés par leur acronyme « SALA ».

En France, « l'homme prendra toujours la décision de tir, mais on doit réfléchir à ce qu'on pourrait opposer à d'éventuels SALA », prévient Joël Morillon, membre d'un groupe de travail robotique au sein du groupement des industries de défense terrestres.

Les robots vont faire partie intégrante de l'armée de demain, mais il ne s'agit pas non plus de tomber dans une « techno-dépendance », a mis en garde le général Burkhard: les liaisons radio utilisées pour communiquer entre robots et avec l'homme seront une cible privilégiée de brouillage par l'ennemi.

 


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".