Méditerranée orientale: l'UE menace Ankara de nouvelles sanctions

Les tensions entre Ankara et Athènes, qui se disputent certaines zones maritimes en Méditerranée orientale, riches en hydrocarbures, sont montées d'un cran cette semaine. (Louisa GOULIAMAKI/AFP)
Les tensions entre Ankara et Athènes, qui se disputent certaines zones maritimes en Méditerranée orientale, riches en hydrocarbures, sont montées d'un cran cette semaine. (Louisa GOULIAMAKI/AFP)
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Publié le Vendredi 28 août 2020

Méditerranée orientale: l'UE menace Ankara de nouvelles sanctions

  • M. Borrell a déclaré que cela pouvait par exemple être une interdiction d'utilisation des ports de l'UE ou une saisie éventuelle de navires impliqués dans les forages
  • « Le recours de l'UE à la menace de sanctions n'aide pas à résoudre le problème », a dit le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères

BERLIN: Le représentant de l'UE pour la diplomatie Josep Borrell a menacé vendredi Ankara de nouvelles sanctions, s'il n'y a pas de progrès dans le dialogue avec Athènes sur la crise en Méditerranée orientale.

« En l'absence de progrès de la part de la Turquie, nous pourrions établir une liste de nouvelles mesures restrictives » qui serait discutée au sommet de l'UE le 24 septembre, a dit M. Borrell, à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats membres à Berlin.

Une menace accueillie froidement par Ankara: « Le recours de l'UE à la menace de sanctions n'aide pas à résoudre le problème », a dit le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, ajoutant que cela poussait au contraire son pays à être plus déterminé que jamais.

Les tensions entre Ankara et Athènes, qui se disputent certaines zones maritimes en Méditerranée orientale, riches en hydrocarbures, sont montées d'un cran cette semaine, avec des manoeuvres militaires rivales, incluant d'un côté des navires de guerre turcs et américains, et de l'autre des bâtiments grecs, chypriotes, français et italiens.

« Nous voulons donner une sérieuse chance au dialogue et j'apprécie énormément l'effort déployé par l'Allemagne --qui assure la présidence semestrielle de l'UE, ndlr-- pour trouver des solutions », a dit M. Borrell.

Mais étant donnée leur « frustration grandissante » face à l'attitude d'Ankara, les 27 ministres de l'UE se sont entendus pour sanctionner de nouvelles personnalités --dont les noms ont été suggérés par Chypre-- pour leur rôle dans les forages exploratoires turques dans les eaux revendiquées par l'île. Actuellement, seules deux personnes sont frappées de sanctions.

Questionné sur les « mesures restrictives » contre la Turquie qui pourraient être discutées au sommet de l'UE le 24 septembre, M. Borrell a déclaré que cela pouvait par exemple être une interdiction d'utilisation des ports de l'UE ou une saisie éventuelle de navires impliqués dans les forages.

Des sanctions visant des secteurs entiers de l'économie turque pourraient également être envisagées, a-t-il dit, mais il a indiqué qu'elles seraient décidées seulement dans le cas où celles ciblant les forages s'avéraient inefficaces.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères grec Nikos Dendias a déclaré aux médias grecs: « Je pense que la partie grecque a obtenu ce qu'elle pouvait, c'est-à-dire des sanctions possibles si la Turquie ne choisit pas la désescalade et ne revient pas au dialogue ».

« J'espère que la Turquie va revenir à la raison, cesser les provocations, les actions arbitraires et arrêter de violer le droit international », a-t-il ajouté.


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

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BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com