Liban: la marine intercepte 11 migrants

Le Liban, qui se situe à quelque 160 kilomètres des côtes de Chypre, accueille plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays.(Image d'illustration/AFP)
Le Liban, qui se situe à quelque 160 kilomètres des côtes de Chypre, accueille plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays.(Image d'illustration/AFP)
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Publié le Dimanche 13 juin 2021

Liban: la marine intercepte 11 migrants

  • Les départs de ce genre se sont multipliés ces derniers mois, souvent à destination de l'île de Chypre, de nombreux migrants n'hésitant pas à entreprendre la coûteuse mais périlleuse traversée en mer pour fuir un Liban
  • Début mai, l'armée libanaise avait empêché une tentative similaire en interceptant près de Tripoli une embarcation transportant 60 personnes, dont 59 Syriens

BEYROUTH : L'armée libanaise a annoncé dimanche avoir empêché une nouvelle traversée clandestine en Méditerranée en interceptant une embarcation transportant 11 personnes, majoritairement des Syriens.

Les départs de ce genre se sont multipliés ces derniers mois, souvent à destination de l'île de Chypre, de nombreux migrants n'hésitant pas à entreprendre la coûteuse mais périlleuse traversée en mer pour fuir un Liban en plein effondrement économique.

Dimanche, une unité de la marine libanaise a intercepté "une embarcation repérée à 5,5 miles nautiques au large de la côte de Tripoli", grande ville du nord du Liban, a indiqué l'armée dans un communiqué.

A bord du navire se trouvaient "10 personnes de nationalité syrienne et un Libanais", précise l'armée.

Début mai, l'armée libanaise avait empêché une tentative similaire en interceptant près de Tripoli une embarcation transportant 60 personnes, dont 59 Syriens.

Le Liban, qui se situe à quelque 160 kilomètres des côtes de Chypre, accueille plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays.

Fin mai, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a tiré la sonnette d'alarme sur la "vulnérabilité" exacerbée de milliers de travailleurs immigrés au Liban, pointant du doigt un chômage massif et l'insécurité alimentaire.


À Beyrouth, chaque maison, chaque commerce, chaque rue raconte désormais une histoire triste

Dans toute la ville, des panneaux publicitaires lumineux passent inlassablement sur leurs écrans, depuis quelques jours, le nom et les portraits des victimes. (Photo fournie)
Dans toute la ville, des panneaux publicitaires lumineux passent inlassablement sur leurs écrans, depuis quelques jours, le nom et les portraits des victimes. (Photo fournie)
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  • «Il y a un an, nous avons subi un assassinat collectif. Nous nous en sommes sortis par miracle. Et je crains que ce crime ne reste impuni»
  • De nombreux Beyrouthins ont réalisé hier qu’une partie de leur vie dans cette ville, autrefois l’une des plus vibrantes du monde, est bel et bien finie

BEYROUTH: Un an. Il aura fallu un an aux Libanais, aux Beyrouthins surtout, pour se recueillir devant les décombres de leur ville. Et hier, de tous les quartiers détruits, de nombreuses villes et localités libanaises ils ont convergé vers le port de Beyrouth, comme on fait un pèlerinage. Mieux, comme on va à un enterrement.

Femmes, hommes, enfants, personnes du troisième âge, tous étaient dans la rue.

À Achrafieh, un quartier de Beyrouth qui constitue le tiers de la superficie de la ville et abrite autant de ses habitants, et où chaque maison a été touchée par l’explosion du 4 août 2020, se préparait depuis quelques jours.

Des portraits neufs des victimes ont été accrochés devant leurs maisons, alors que des banderoles géantes qui traitent l’État libanais de meurtrier, annoncent la fin des dirigeants, ou encore affichent le décompte des victimes dans les immeubles lourdement touchés, couvrent des pans entiers des bâtiments toujours saccagés. Ici il y a eu sept morts, là trois, là quatre.

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Des banderoles géantes qui traitent l’État libanais de meurtrier, annoncent la fin des dirigeants, ou encore affichent le décompte des victimes dans les immeubles lourdement touchés, couvrent des pans entiers des bâtiments toujours saccagés. (Photo fournie)

À Beyrouth, chaque maison, chaque commerce, et chaque rue raconte désormais une triste histoire.

Dans toute la ville, des panneaux publicitaires lumineux passent inlassablement sur leurs écrans, depuis quelques jours, le nom et les portraits des victimes.

À Beyrouth la tristesse infinie se mêle à une immense colère; la ville est toujours saccagée, et malgré une certaine reconstruction déjà entamée, dans leur for intérieur, les habitants du Liban et de sa capitale sont conscients que justice ne sera pas faite. 

Et c’est bien cette colère, cette haine du régime en place qui grandit de jour en jour, qui a motivé une centaine de milliers de personnes à se rassembler devant le port, ainsi dans les rues des quartiers les plus touchés.

Certains partis politiques, comme les Forces Libanaises, ont jugé bon de permettre à leurs supporters de brandir leur drapeau. Les habitants des quartiers sinistrés les ont toutefois invités à les substituer par les drapeaux du Liban pour participer à l’évènement.

«J’ai vécu cinquante ans, entre guerre civile, trêves et explosions. Cinquante ans! Je suis las, vraiment las. Il y a des partis qui veulent accaparer l’événement, et c’est écœurant», soupire Michel qui est monté sur le toit de son immeuble, soufflé par l’explosion, pour observer la foule et les silos détruits du port.

Des banderoles géantes qui traitent l’État libanais de meurtrier, annoncent la fin des dirigeants, ou encore affichent le décompte des victimes dans les immeubles lourdement touchés, couvrent des pans entiers des bâtiments toujours saccagé
Des banderoles géantes qui traitent l’État libanais de meurtrier, annoncent la fin des dirigeants, ou encore affichent le décompte des victimes dans les immeubles lourdement touchés, couvrent des pans entiers des bâtiments toujours saccagés. (Photo fournie)

Michel, qui habite à cinquante mètres à vol d’oiseau du port, avait alors survécu par miracle. Le 4 août 2020, il est sorti de chez lui, avec son épouse, vingt minutes avant que tout ne bascule. Sa maison a encore besoin de travaux de restaurations, mais il y habite quand même.

«Ils étaient tous au courant de la présence de l’ammonium au port de Beyrouth. Tous. Je vis à cent mètres à vol d’oiseau du port, à Mar Mikhael. Ma maison a été entièrement soufflée, le bureau de mon mari, à Gemmayzé aussi», souligne de son côté Sylvia, debout sur un trottoir avec son époux et ses amis, à quelques mètres de chez elle.

Dans les rues de Mar Mikhael, quartier gentrifié qui abrite encore des centaines de personnes âgées, les habitants, même fatigués par la vieillesse ou cloués sur des chaises roulantes, ont tenu à être dans la rue.

«Il y a un an, nous avons subi un assassinat collectif. Nous nous en sommes sortis par miracle. Mais je crains que ce crime ne reste impuni», explique Laure, qui au moment de l’explosion prenait son café, assise au balcon. «Il y a eu onze morts, rien que dans ma rue », soupire-t-elle. 

Pour des milliers de Beyrouthins, hier était une journée qui servait à parler ouvertement de leur traumatisme collectif et de leur incommensurable tristesse.

Hayat, a perdu son fils Chadi, dans l’explosion. Il avait 38 ans, et était sourd-muet. Son corps, encore chaud, avait été retrouvé sous les décombres d’un immeuble, 24 heures après l’explosion. Un an plus tard, elle ne peut toujours pas raconter l’histoire sans sangloter. «Avant de se rendre au port, les voisins vont se rassembler pour lui rendre hommage devant l’immeuble où il a péri. Je n’ai pas la force d’y aller. Je ne sens même pas mes jambes. Ça quelques jours que je suis très fatiguée», dit-elle.

Le soleil commence à se coucher sur Beyrouth, et le ciel est rose orangé, flamboyant. Comme quasiment tous les jours de l’année, la ville offre le plus beau des crépuscules. Devant les restaurants, les bars, les hôpitaux et les immeubles où des personnes ont péri, des bougies sont allumées. Les ruelles de la capitale libanaises sont vides. Même si leurs yeux se sont habitués depuis un an déjà à vivre parmi les sacs de débris, les bris de verre, les immeubles éventrés et les murs recouverts de bâches, de nombreux Beyrouthins ont réalisé hier qu’une partie de leur vie dans cette ville, autrefois l’une des plus vibrantes du monde, est bel et bien finie.

Ils avaient tout simplement envie de d’étreindre Beyrouth sans plus la lâcher.  


Le ministre saoudien des Affaires étrangères: le pouvoir du Hezbollah est la principale cause de la crise au Liban

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, participant à une conférence internationale sur le Liban, le 4 août 2021. (Photo, SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, participant à une conférence internationale sur le Liban, le 4 août 2021. (Photo, SPA)
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  • Le prince Faisal a réaffirmé la solidarité continue du Royaume avec le peuple libanais en temps de crise
  • Le ministre a déclaré que toute aide fournie au Liban par le Royaume dépendait de la mise en œuvre de réformes sérieuses

RIYAD: L'insistance du Hezbollah à imposer son hégémonie à l'État libanais est la principale cause des problèmes du Liban, a déclaré mercredi le ministre saoudien des Affaires étrangères.

S'exprimant lors d'une conférence internationale sur le Liban, marquant le premier anniversaire de l'explosion au port de Beyrouth, le prince Faisal ben Farhane a exhorté les politiciens libanais à faire face au comportement du Hezbollah en vue de concrétiser la volonté du peuple libanais de lutter contre la corruption et de mettre en œuvre les réformes nécessaires dans ce pays frappé par la crise.       

Le prince Faisal a ajouté que toute aide fournie au Liban par le Royaume dépendait de la mise en œuvre de réformes sérieuses, tout en garantissant que l'argent parvienne à ses bénéficiaires et qu'il ne soit pas détourné par des responsables corrompus.

«Nous sommes préoccupés par le fait que les enquêtes sur l'explosion du port de Beyrouth n'ont pas encore donné de résultats tangibles», a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Il a salué les efforts de la France et de la communauté internationale pour soutenir le Liban et son peuple, soulignant la nécessité que ces efforts soient accompagnés de véritables réformes pour surmonter les crises économiques et politiques qui ravagent le pays.

Le prince Faisal a réaffirmé la solidarité continue du Royaume avec le peuple libanais en temps de crises et de défis, et a souligné l'engagement de l'Arabie saoudite à contribuer à la reconstruction et au développement du Liban.

«Le Royaume a été l'un des premiers pays à répondre à la demande d'aide humanitaire pour le Liban après l'horrible explosion qui s'est produite il y a exactement un an au port de Beyrouth, à travers le Centre d'aide humanitaire et de secours du roi Salman (KSRelief).»


KSRelief continue aujourd’hui encore à mettre en œuvre ses programmes à Beyrouth», a affirmé le prince Faisal.

La conférence des donateurs pour lever une aide d'urgence à l'économie paralysée du Liban a permis de recueillir mercredi 370 millions de dollars (1 dollars = 0,84 euro), a annoncé le bureau du président français, Emmanuel Macron.

 

Ce texte est la traduction d’un article pari sur Arabnews.com


Oman confirme que le pétrolier Asphalt Princess a été détourné en mer d'Oman

Le pétrolier Asphalt Princess pour le transport d’asphalte et de bitume, et battant pavillon panaméen, naviguant sous un ancien nom. (pxfuel/HaloJim)
Le pétrolier Asphalt Princess pour le transport d’asphalte et de bitume, et battant pavillon panaméen, naviguant sous un ancien nom. (pxfuel/HaloJim)
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  • Des sources de sécurité britanniques ont déclaré qu'elles «opéraient sur la base de l'hypothèse que l'armée iranienne ou des groupes la représentant étaient montés à bord du navire»
  • Le prince Faisal ben Farhane: «L'Iran continue de s'enhardir partout dans la région»

DJEDDAH/FUJAÏRAH: Oman a fourni mercredi la première confirmation officielle sur le fait que le pétrolier Asphalt Princess a été sujet à un détournement dans la mer d'Oman, après que l'agence britannique du commerce maritime a annoncé que l'incident était clos.

Le Centre de sécurité maritime d'Oman a déclaré sur Twitter qu'il avait reçu des informations sur le fait que l'Asphalt Princess, battant pavillon panaméen, faisait l'objet d’un «détournement dans les eaux internationales du golfe d'Oman» et que la marine du sultanat avait déployé plusieurs navires pour aider à sécuriser les eaux internationales.

La marine britannique a déclaré que les attaquants qui étaient montés à bord d'un navire au large des côtes des Émirats arabes unis (EAU) dans le golfe d'Oman ont quitté le navire en question, sans plus de précisions.

La note de mercredi est intervenue après que le groupe de sécurité maritime United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) de l'armée britannique a mis en garde contre un «détournement potentiel» en cours, dans des circonstances peu claires la nuit précédente.

L’agence a signalé que «l'incident (était) clos», sans fournir plus de détails.

Le pétrolier Asphalt Princess, pour le transport de l’asphalte et du bitume, et battant pavillon panaméen, aurait été saisi à 60 000 marins au large de Fujaïrah, sur la côte est des EAU, dans une zone maritime menant au détroit d'Ormuz.

Des sources de sécurité britanniques ont déclaré qu'elles «opéraient sur la base de l'hypothèse que l'armée iranienne ou des groupes la représentant étaient montés à bord du navire».

Le groupe UKMTO de l'armée britannique avait initialement averti mardi les navires qu'«un incident était actuellement en cours» au large des côtes de FujaÏrah. Quelques heures plus tard, elle déclarait que l'incident était un «détournement potentiel».

Mardi après-midi, au moins cinq navires se trouvant entre les Émirats arabes unis et l'Iran ont modifié leur statut de suivi automatique pour se déclarer «Pas sous commandement», un statut qui indique généralement qu'un navire est incapable de manœuvrer en raison de circonstances exceptionnelles.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que les informations qui font état d'incidents de sécurité concernant plusieurs navires près de la côte des EAU étaient «suspectes», et a mis en garde contre toute tentative visant à créer une «atmosphère mensongère» contre l'Iran.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a affirmé mardi que l'Iran agissait de manière négative au Moyen-Orient, mettant en danger la navigation, armant la milice houthie au Yémen et contribuant à l'impasse politique au Liban.

«L'Iran continue de s'enhardir partout dans la région», a-t-il poursuivi. Il est extrêmement actif dans la région et de manière négative.»

Les tensions se sont accrues dans le Golfe depuis une attaque la semaine dernière par des drones iraniens chargés d'explosifs contre le MT Mercer Street au large d'Oman, au cours de laquelle le capitaine roumain du pétrolier et un agent de sécurité britannique ont été tués.

Le navire est géré par une société israélienne. Israël, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont déclaré qu'il y aurait une «réponse commune» à l'attaque.

Au cours des deux dernières années, les eaux au large de Fujairah ont été le théâtre d’une série d’explosions et de détournements. La marine américaine a accusé l’Iran d’avoir mené une série d’attaques de mines magnétiques qui ont endommagé des pétroliers.

Toujours en 2019, l'Iran a saisi le 19 juillet le Stena Impero battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz, alors qu'il se dirigeait vers Dubaï depuis le port iranien de Bandar Abbas. L’attaque a eu lieu après que les autorités de Gibraltar, territoire britannique d'outre-mer, ont saisi un superpétrolier iranien transportant 130 millions de dollars (1 dollar = 0,84 euro) de pétrole brut, soupçonné d'enfreindre les sanctions de l'Union européenne en transportant du pétrole vers la Syrie. Les deux navires ont ensuite été libérés.

En juillet de l'année dernière, un pétrolier recherché par les États-Unis pour avoir contourné les sanctions contre l'Iran a été détourné au large des côtes des Émirats arabes unis. Le navire et son équipage se sont retrouvés en Iran.

 

– avec Reuters

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com