Israël/diplomatie: Lapid veut mettre fin aux relations «hostiles» avec ses alliés

Le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid. (Photo, AFP)
Le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 14 juin 2021

Israël/diplomatie: Lapid veut mettre fin aux relations «hostiles» avec ses alliés

  • Le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid s'est engagé lundi à améliorer le dialogue avec le parti démocrate américain et des pays européens
  • Benjamin Netanyahu a entretenu des relations houleuses avec le président américain Barack Obama, mais plus que cordiales avec son successeur, le républicain Donald Trump

JERUSALEM: Le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid s'est engagé lundi à améliorer le dialogue avec le parti démocrate américain et des pays européens, qualifiant respectivement ces relations de « dangereuses » et d' « hostiles » sous Benjamin Netanyahu.

Au pouvoir en Israël du printemps 2009 à dimanche, Benjamin Netanyahu a entretenu des relations houleuses avec le président américain Barack Obama, mais plus que cordiales avec son successeur, le républicain Donald Trump, qualifié à maintes reprises de « meilleur ami » que l'Etat hébreu ait jamais eu à la Maison Blanche.

« La gestion de la relation avec le parti démocrate aux Etats-Unis a été insouciante et dangereuse (...), le gouvernement (Netanyahu) a fait un pari terrible, téméraire et dangereux en se focalisant exclusivement sur le parti républicain pour ainsi abandonner l'approche bipartisane d'Israël », a déclaré M. Lapid, lors d'une cérémonie à Jérusalem marquant son entrée en fonction aux Affaires étrangères.

M. Lapid a jugé « important » le soutien des « évangélistes chrétiens » mais « plus important(e) » la bonne entente entre les différents courants du judaïsme (réformiste, conservateur, orthodoxe).

Il succède à Gabi Ashkenazi, ancien chef de l'armée israélienne nommé chef de la diplomatie au printemps 2020 lors d'un accord de partage de pouvoir entre le camp Netanyahu et des partis d'opposition. 

M. Askhenazi a fait de « son mieux pour améliorer les choses mais était dans le mauvais gouvernement », a estimé M. Lapid.

Dès dimanche soir, il s'est entretenu avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. M. Lapid a aussi dit avoir « échangé des messages » avec son « ami », le président français Emmanuel Macron.

« Nos relations avec les pays de l'Union européenne ne sont pas assez bonnes, nos relations avec trop de gouvernements ont été négligées et sont devenues hostiles. Crier que tout le monde est antisémite n'est pas une politique ou un programme de travail, même si parfois cela semble juste », a affirmé le nouveau ministre.

Benjamin Netanyahu avait notamment qualifié d' « antisémite » la décision de la Cour pénale internationale d'ouvrir une enquête pour de possibles crimes de guerre dans les Territoires palestiniens et avait fustigé des pays européens pour favoriser un dialogue -et non une campagne de pression maximale- avec l'Iran. 

« Nous devons nous préparer rapidement à un retour à l'accord sur le nucléaire iranien », a prévenu M. Lapid, ajoutant toutefois « qu'Israël fera tout en son pouvoir pour empêcher l'Iran d'obtenir la bombe nucléaire ».


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.