Procès Bygmalion: la campagne qui s'emballe «c'est une fable», s'emporte Sarkozy

Dans le dossier Bygmalion, «l'enquête n'a pas établi» selon l'accusation que Nicolas Sarkozy aurait pu «ordonner», «participer», voir même être informé du système. (Photo, AFP)
Dans le dossier Bygmalion, «l'enquête n'a pas établi» selon l'accusation que Nicolas Sarkozy aurait pu «ordonner», «participer», voir même être informé du système. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 15 juin 2021

Procès Bygmalion: la campagne qui s'emballe «c'est une fable», s'emporte Sarkozy

  • «J'ai fait 40 ans de politique, c'est ma vie, les campagnes, je connais», répond Nicolas Sarkozy
  • Sarkozy comparaît pour «financement illégal de campagne» uniquement, et encourt un an d'emprisonnement et 3 750 euros d'amende

PARIS: « Elle est où la campagne qui s'emballe? Elle est où la campagne en or massif? »... Devant le tribunal où il comparaît pour les dépenses excessives de sa campagne 2012, Nicolas Sarkozy s'est défendu avec véhémence de tout excès, assurant que cette campagne n'avait pas coûté plus cher que celle de 2007.  

En début d'après-midi, il est entré dans la salle d'audience, l'air grave, vêtu d'un costume et d'un masque noirs, d'une chemise blanche.  

Depuis l'ouverture du procès le 20 mai, il n'avait assisté à aucune audience et se faisait représenter par son avocat Me Thierry Herzog.   

« Ce qui intéresse le tribunal, c'est comment la campagne a été organisée », commence la présidente Caroline Viguier. « Qui, comment, quoi ? »    

« J'ai fait 40 ans de politique, c'est ma vie, les campagnes, je connais », répond M. Sarkozy. « Je n'ai jamais vu une campagne, petite ou grande, qui n'accélère pas ». « Ma campagne 2012 ressemble comme une sœur à ma campagne 2007 ».  

« Il n'y a pas eu d'emballement », martèle-t-il, « c'est une fable ». La campagne était « dynamique », mais « nous faisions les mêmes villes, les mêmes salles que les autres candidats ».   

Après 10 minutes d'audience, le masque a glissé sous le nez, au fil de ses démonstrations emballées. Il les ponctue de grands gestes, se tournant tour à tour vers le tribunal et les représentants du parquet, ou prenant à témoin ses co-prévenus.  

Plusieurs fois, la présidente l'arrête. Il baisse d'un ton, « pardon Mme la présidente », avant de reprendre de plus belle, s'exprimant comme lors d'un meeting.  

Contrairement à ses 13 co-prévenus qui l'écoutent, impassibles - anciens cadres de Bygmalion et de l'UMP, directeur de campagne, experts comptables -, M. Sarkozy n'est pas jugé pour le système de double facturation imaginé pour masquer l'explosion des dépenses autorisées pendant sa campagne.  

Il comparaît pour « financement illégal de campagne » uniquement, et encourt un an d'emprisonnement et 3 750 euros d'amende.  

Sur l'organisation de la quarantaine de meetings, il n'a donné « aucune » consigne, dit-il. Si, deux, se reprend-t-il. « Une bonne sono, je ne voulais pas me casser la voix, je ne suis pas Patrick Bruel. Et qu'à la télé, je n'ai pas l'air blafard ».    

Tout de même, dit la présidente, le « grandiose » meeting de Villepinte par exemple - coût estimé à 6 millions d'euros -, avait usé de vidéos à « 360 degrés », d'une « scénographie exceptionnelle », « d'une scène sur mesure », voire « d'une musique spécialement créée pour l'événement ».  

« Villepinte c'est un hangar, il y a une scène sur mesure sinon il n'y a pas de scène », balaie-t-il. Et la musique, « c'est un ami de Carla qui l'a faite, gratuitement ».   

« Ca passait »   

La présidente veut savoir si on l'a tenu informé de l'évolution des dépenses.  

« Je suis président de la République », répète M. Sarkozy à l'envie. Sois-je suis l'Elysée à faire mon travail de président, soit je suis sur les routes », pour les meetings.  

« Je n'ai pas de temps à consacrer à un point comptable. A partir du moment où ça fonctionne, et que tout le monde me disait que ça passait, je n'avais aucune raison de m'en préoccuper ».  

L'accusation estime que M. Sarkozy a laissé filer les dépenses, malgré plusieurs alertes claires sur les risques de dépassement, et ainsi « incontestablement » bénéficié de la fraude, qui lui a permis de disposer de « moyens bien supérieurs » à ce qu'autorisait la loi: au moins 42,8 millions au total, soit près du double du plafond légal à l'époque.  

Pendant le procès, trois anciens cadres de Bygmalion ont décrit comment l'UMP (devenue Les Républicains) leur avait demandé de mettre en place le système de fausses factures. Au parti, seul Jérôme Lavrilleux a reconnu l'existence de la fraude.  

Mais Nicolas Sarkozy ne croit pas à cette thèse. « Cette campagne n'a pas coûté ce qu'on dit », soutient-il.  

« Il y a eu des fausses factures et des conventions fictives, c'est avéré », avance encore M. Sarkozy. Mais « l'argent n'a pas été dans ma campagne, sinon ça se serait vu. On aurait dit: ‘Sarkozy est devenu fou, il donne du caviar au public de ses meetings’ », crie-t-il à nouveau.  

Repris par la présidente, il s'excuse encore. « Je suis devant un tribunal et je défends mon honneur avec passion. C'est pas un show, je sais ».  


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).