Euro: France-Allemagne, un sommet d'entrée pour atteindre l'Everest

L'attaquant français Kylian Mbappe s'entretient avec l'attaquant français Karim Benzema lors d'une séance d'entraînement MD-1 à l'Allianz Arena de Munich le 14 juin 2021. (Photo, AFP)
L'attaquant français Kylian Mbappe s'entretient avec l'attaquant français Karim Benzema lors d'une séance d'entraînement MD-1 à l'Allianz Arena de Munich le 14 juin 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 15 juin 2021

Euro: France-Allemagne, un sommet d'entrée pour atteindre l'Everest

  • Ce choc de titans oppose les champions du monde 2018 et leurs prédécesseurs de 2014
  • Côté français, entre 2 000 à 2 500 supporters sont attendus mardi à l'Allianz-Arena

MUNICH : Les Bleus et leur attaque de feu débutent l'Euro d'emblée par un sommet, mardi (21h00) à Munich devant 14.000 spectateurs et une équipe d'Allemagne revancharde, également dans le peloton des favoris comptant détrôner le Portugal, dernier épouvantail du très relevé groupe F.

Dans d'autres circonstances, l'entrée en lice du champion d'Europe en titre portugais, mardi à 18h00 contre la Hongrie, de surcroît dans un stade comble à Budapest, aurait attiré la lumière. Mais la rencontre sera vite éclipsée par l'alléchant France-Allemagne.

Ce choc de titans oppose les champions du monde 2018 et leurs prédécesseurs de 2014, éjectés dès le premier tour du dernier Mondial mais semble-t-il requinqués par le retour des anciens Thomas Müller et Mats Hummels et par une préparation réussie.

Le gardien Manuel Neuer refuse d'ailleurs de croire qu'une victoire allemande serait une surprise: « Nous arrivons la tête haute, et nous ne nous voyons pas comme des outsiders, nous voulons absolument gagner ce match à Munich, chez nous ».

Fans « gonflés à bloc » 

Côté français, entre 2 000 à 2 500 supporters sont attendus mardi à l'Allianz-Arena. Parmi eux figure un important contingent issu du groupe « Les Irrésistibles français », arrivé dans la matinée après un voyage nocturne en car depuis le Stade de France.

« Maintenant, c'est parti, l'ambiance est au rendez-vous, on va mettre le feu en Allemagne et revenir avec la victoire ! », a promis Corentin auprès de l'AFP. « On est "chaud patate", motivés, gonflés à bloc pour ce soir », a également lancé Julien, un autre fan.

Avant le coup d'envoi, les Bleus ont prévu de s'agenouiller en signe de protestation contre le racisme notamment, une initiative qui a fait grincer des dents du côté de la droite et de l'extrême-droite en France.

Côté foot, France-Allemagne ranime toujours les souvenirs douloureux de Séville-82 et Guadalajara-86, mais les Français ont su renverser la vapeur depuis le quart du Mondial-2014 gagné 1-0 par la Mannschaft: deux matches nuls et trois victoires tricolores ont suivi, dont celle en demi-finale de l'Euro-2016 (2-0).

Antoine Griezmann, héros tricolore ce jour-là avec un doublé, sera opérationnel après avoir soigné ces derniers jours un mollet douloureux. Le trio d'attaque qu'il forme avec Kylian Mbappé et Karim Benzema, touché à une cuisse la semaine passée mais également remis sur pied, porte les espoirs français.

De quoi susciter beaucoup d'attente avant ce sommet franco-allemand, qui sera aussi celui des retrouvailles, entre les Français du Bayern Munich - Benjamin Pavard et Lucas Hernandez en tête - et leurs coéquipiers allemands en club, que ce soit Neuer, Serge Gnabry, Joshua Kimmich ou encore Thomas Müller, rappelé par Löw après une longue mise à l'écart.

Stade plein à Budapest

Le défenseur allemand Antonio Rüdiger a fait monter la température en appelant ses équipiers à jouer "sale, pas toujours gentil, gentil", quitte à « envoyer un message... et tôt » dans le match.

« Dans les matches de très haut niveau, évidemment, c'est la technique qui fait la différence, mais il y a toujours un engagement total des deux équipes », a esquivé Didier Deschamps qui, en cas de victoire finale le 11 juillet à Londres, deviendrait le premier à avoir fait le doublé Mondial-Euro comme joueur puis comme sélectionneur.

Les Français doivent terminer dans les deux premiers du groupe F pour être certains d'accéder aux huitièmes de finale. La troisième place peut aussi être qualificative, en fonction de leurs performances.

Les sésames seront quoi qu'il arrive disputés dans ce « groupe de la mort » où figure également le Portugal de Cristiano Ronaldo, champion d'Europe en titre.

La défense de son trône débute par un déplacement en Hongrie, sans le défenseur Joao Cancelo positif au Covid-19 et face à des Magyars portés par leur public. 

Avec ses 68 000 places, la Puskas Arena de Budapest est la seule enceinte de l'Euro, organisé dans 11 stades à travers 11 pays, à ne pas appliquer de jauge de spectateurs en ces temps de crise sanitaire.

Il s'agira du premier match international avec 100% de public en Europe depuis mars 2020, rencontres de clubs et sélections confondues, a confirmé l'UEFA.

Enfin, depuis l'hôpital de Copenhague, où il est toujours hospitalisé, Christian Eriksen a envoyé son premier message public depuis son malaise cardiaque en plein match samedi contre la Finlande.

« Je dois encore faire des examens à l'hôpital mais je me sens bien », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux sous une photo de lui souriant, le pouce en l'air.

 


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
Short Url
  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.


Grégoire gagne Paris haut la main, défaite cuisante pour Dati

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Short Url
  • Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche
  • L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.

"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire".

"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la "prise" de Paris par la gauche en 2001.

"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

"Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati 

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant "Paris reste à gauche !".

"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. "On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal", confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment" que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former "le vœu que Paris réussisse" et "demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques". L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements 

"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour "faire battre la gauche".

"Paris est une ville définitivement de gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel "s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo".

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.

 


Macron condamne les attaques iraniennes contre l'Arabie saoudite lors d'un appel avec le prince héritier

 Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Short Url
  • Le président français réaffirme le soutien de Paris aux mesures prises par Riyad pour "sauvegarder sa souveraineté"
  • Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne (SPA).

Lors de l'appel, Macron a exprimé la solidarité de la France avec l'Arabie saoudite, condamnant fermement les attaques iraniennes répétées visant le Royaume.

Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale.

Cet appel est intervenu alors que les tensions régionales continuent de s'intensifier. Un jour plus tôt, M. Macron avait appelé toutes les parties au conflit à imposer un moratoire sur les frappes visant les installations énergétiques et d'autres infrastructures civiles.

Il a également exhorté l'Iran à permettre la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, mettant en garde sur le média social X contre le "risque d'une escalade incontrôlable".

La France a vivement critiqué l'Iran ces derniers jours. Lors d'une visite en Israël vendredi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que toute résolution durable du conflit au Moyen-Orient devait être étayée par un règlement politique, ce qui suppose que Téhéran change radicalement de cap.

"Quelle que soit l'issue des opérations militaires en cours, elle doit être complétée par une solution politique qui produise des résultats durables", a déclaré M. Barrot aux journalistes à Tel-Aviv, ajoutant que "le régime iranien doit être prêt à faire des concessions majeures - à changer radicalement de position".

M. Barrot s'est également fait l'écho des appels européens en faveur d'un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, à la suite d'un bombardement israélien sur le principal champ gazier iranien qui a entraîné une hausse des prix de l'énergie.