L'émissaire spécial américain pour le climat, John Kerry, loue l'Initiative verte saoudienne

L'émissaire spécial américain pour le climat, John Kerry (Photo, AN)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

L'émissaire spécial américain pour le climat, John Kerry, loue l'Initiative verte saoudienne

L'émissaire spécial américain pour le climat, John Kerry (Photo, AN)
  • John Kerry affirme que les initiatives climatiques proposées par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, sont «à la fois stimulantes et enthousiasmantes»
  • Le diplomate américain cherche à accroître l’action climatique à l'approche de la COP 26 à Glasgow, en novembre prochain

RIYAD: L'émissaire spécial américain pour le climat, John Kerry, a salué l'Initiative verte saoudienne, qu’il considère comme «une étape très importante», ajoutant qu’il s’agissait du «genre d'initiative dont nous avons besoin à l'échelle mondiale – planter des arbres, opter pour différentes solutions innovantes qui réduisent le niveau d'émissions de gaz à effet de serre, ou encore gérer les déchets de façon plus efficace». 

L'Initiative verte de l'Arabie saoudite, qui a pour objectif de lutter contre la dégradation de l'environnement et le changement climatique, combinée à l'Initiative verte du Moyen-Orient, a été annoncée par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, en avril. Cette démarche place le Royaume au cœur des efforts régionaux pour atteindre les objectifs internationaux en matière d’environnement. «Je pense que ces deux initiatives coordonnées sont extrêmement importantes», a déclaré Kerry, lors d'une interview exclusive avec Arab News à Riyad mercredi. 

L'ancien haut diplomate américain se trouvait à Abu Dhabi, en route pour Riyad, sa deuxième visite dans la capitale des Émirats arabes unis (EAU), où il avait déjà participé à une première conférence de dialogue régional sur le changement climatique en avril. Cette conférence était axée sur les préparatifs de la 26ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26), qui se tiendra en novembre prochain pour accélérer les efforts visant à atteindre les objectifs de l'Accord de Paris de 2015, et de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. 

Faisant référence aux participants, «onze pays producteurs, dont le Maroc, l'Irak, l'Égypte et d'autres», il a affirmé qu’ils «sont tous déterminés à aller dans cette direction. Il nous faut maintenant harmoniser la compréhension globale des objectifs, et des différentes normes écologiques, et préciser la définition même de ce qui est écologique». 

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Noor Nugali, rédactrice en chef adjointe d'Arab News, et l'envoyé spécial américain pour le climat, John Kerry. 

«Mais nous sommes capables de faire tout ça, et ma mission en tant qu'envoyé spécial consiste à ce que nous restions concentrés à l’approche de la COP de Glasgow, où le monde se réunira comme nous l'avons fait à Paris et renouvellera sa volonté d’agir», a-t-il expliqué. «Nous devons avoir l’ambition d’accomplir ce travail, et je pense que l'Initiative verte est une bonne démarche, qui va dans ce sens.» 

Depuis des mois, Kerry sillonne le monde, rencontre des chefs de gouvernement, des rois, des princes héritiers, des ministres et des hauts fonctionnaires, cherchant à accroître l'ambition verte à l'approche de la COP26, qui se tiendra à Glasgow, en Écosse, en novembre prochain. 

La dernière visite de Kerry au Moyen-Orient l'a conduit mardi à Riyad pour des entretiens avec des ministres, des responsables et des PDG saoudiens, entretiens durant lesquels il a évoqué la problématique du climat. 

Il a déclaré que sa rencontre avec le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz, avait rassemblé «l'ensemble du groupe de PDG qui dirigent des initiatives dans divers secteurs de l'économie, pour faire progresser la prise de conscience écologique». 

«Nous avons tenu une série de réunions couvrant un large éventail de sujets. Le prince Abdelaziz a réuni ses experts, et nous avons passé beaucoup de temps à examiner minutieusement tous les efforts de l’Arabie saoudite, les projets en cours et ceux qui concernent l’avenir», a-t-il ajouté. 

Kerry a précisé qu'il était «impressionné par la profondeur des analyses saoudiennes et l'engagement du pays, qui commence à s'attaquer sérieusement à ce défi». Il a reconnu qu’il s’agissait «d’un enjeu important et de plus en plus urgent», ajoutant que le président Biden était «également déterminé à aller de l'avant». 

«Nous pensons que l'Arabie saoudite pourrait être l'un des principaux agents du changement, parce que le pays dispose d’un potentiel extraordinaire avec l'hydrogène solaire et l'hydrogène vert», a précisé Kerry. 

Parmi les objectifs de l’Initiative verte saoudienne et de l’Initiative verte du Moyen-Orient figurent la réduction de 60 % des émissions de dioxyde de carbone dans la région, le recours aux énergies renouvelables pour produire 50 % de l'énergie du Royaume d'ici à 2030, et l’élimination de plus de 130 millions de tonnes d'émissions de carbone, grâce à la technologie des hydrocarbures propres. 

«Je pense que le concept proposé par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, est à la fois stimulant et enthousiasmant. Les réformes mises en œuvre pourront accélérer la transition pour tous, en fournissant un carburant alternatif», a déclaré Kerry, qui a rencontré le prince héritier mercredi, pour discuter des efforts internationaux de lutte contre le changement climatique, et des initiatives prises par l'Arabie saoudite dans ce domaine. 

«Nombreux sont ceux dans le monde qui s’intéressent à la solution de l'hydrogène, et j’en fais partie. Je pense qu’au cours de nos réunions est né un engagement pour travailler ensemble, et essayer d'accélérer ce processus. Je suis donc très optimiste.» 

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Noor Nugali, rédactrice en chef adjointe d'Arab News, et l'envoyé spécial américain pour le climat, John Kerry.

L'administration de Donald Trump s'est retirée de l'accord de Paris sur le climat, mais le président Biden a signé un décret pour que les États-Unis reviennent dans ce dernier, quelques heures après avoir prêté serment en janvier dernier. Les revirements politiques ont suscité des interrogations sur la cohérence future de la politique climatique américaine. 

Kerry a catégoriquement rejeté ces préoccupations. «Ce n’est pas le cas, et je vais vous dire pourquoi. La raison est que le secteur privé évolue de manière extraordinaire sur toute la planète, et que des milliards de dollars vont être investis dans cette transition», a-t-il assuré. 

«Six grandes banques des États-Unis ont débloqué environ 4,16 milliards de dollars (environ 3,45 milliards d’euros) pour des investissements climatiques au cours des dix prochaines années. Ceci sans même s'adresser aux banques de développement ou aux gestionnaires d'actifs. Grâce au travail d'un grand nombre de personnes dans le monde, qui aident à mettre sur pied une alliance globale, il existe de nombreuses autres institutions financières dans d'autres pays, qui sont totalement engagées dans le même objectif – ʺzéro émission netteʺ d'ici 2050, voire avant», a soutenu l'émissaire spécial américain pour le climat. 

 «Je pense qu'il existe tellement de technologies, d'innovations, avec un développement constant de nouveaux produits et de nouveaux carburants, que le marché va devenir une force tellement puissante, qu'aucun politicien dans aucun pays ne pourra remettre en cause. La transition créera des millions d'emplois pour nos citoyens, alors même que le monde passera à des sources d'énergie durables et renouvelables», a souligné Kerry, pointant que le calendrier politique ne pouvait être ajourné sur cette question cruciale. 

Le diplomate américain a confirmé que la même logique s'appliquait «en ce qui concerne le carbone, manifestement parce qu'un pays comme l'Arabie saoudite est un producteur qui en est profondément préoccupé». 

«Tant que les émissions diminuent au rythme dont nous avons besoin, tant que nous sommes capables de capturer ces émissions, et de les réutiliser d'une manière ou d'une autre, il y aura une combinaison de différentes approches et de différents carburants», a-t-il précisé à Arab News. 

«Je pense donc que l'avenir est vraiment très prometteur. Il s'agit de la plus grande transformation économique à laquelle nous sommes confrontés depuis la Révolution industrielle, et je crois qu'elle offre de nombreuses opportunités. Quiconque fera la découverte d’un stockage de batterie d’une ou deux semaines, ou quel que soit le pays, la personne, ou l’entreprise qui pourra aspirer le CO2 de l'atmosphère, le stocker ou l'utiliser, va gagner beaucoup d'argent, parce que le monde entier a besoin.» 

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Noor Nugali, rédactrice en chef adjointe d'Arab News, et l'envoyé spécial américain pour le climat, John Kerry. 

L'ONU a averti que les pays doivent redoubler d'efforts en faveur du climat, s'ils veulent atteindre l'objectif de l'Accord de Paris de limiter la hausse de la température mondiale de 2°C – idéalement 1,5°C – d'ici à la fin du siècle. La science du climat a appelé à une transformation qui doit commencer sans tarder et se traduire par des réductions d'émissions importantes avant même 2030. 

Cependant, les pays en développement veulent que les États riches tiennent leurs promesses, faites lors des négociations de Paris, et consacrent 100 milliards de dollars par an, soit environ 83,2 millions d’euros, en financement public et privé pour soutenir l'effort de transition énergétique. Kerry a assuré que des progrès avaient été réalisés sur cette question litigieuse. 

«Environ 81 milliards de dollars [67,3 milliards d’euros] sur un total de 100 milliards de dollars sont désormais disponibles. Il ne s'agit pas seulement de donner directement de l'argent, mais également de mettre des fonds à disposition, afin d’encourager certaines des banques de développement, ou amener d'autres personnes à la table des négociations, afin d’atteindre un certain montant.» 

«Nous devons y arriver. Il est vraiment très important que le monde développé verse les 100 milliards de dollars promis, et nous travaillons déjà en ce sens. J'en ai personnellement parlé au président Biden, et il en est bien conscient. Cela a été discuté lors du dernier G7 [sommet tenu ce week-end à Cornwall, au Royaume-Uni]. Au cours des quatre prochains mois, il est essentiel pour nous d’avancer sur cette question», a encore déclaré John Kerry.  

Il est convaincu que des fonds peuvent être trouvés pour les transitions énergétiques nécessaires par les gouvernements, qui ont changé leur politique monétaire et budgétaire de manière importante pour limiter le choc de la pandémie de la Covid-19 sur l'économie. 

«Une partie des fonds devra provenir des pays eux-mêmes, car nous avons besoin d'argent que nous appelons “concessionnel”: des sommes pour alimenter le budget public, en vue de financer des projets auxquels le secteur privé ne s’intéresse pas, parce qu’il n'a pas de retour sur investissement», a-t-il précisé. 

«Mais la grande majorité des fonds nécessaires viendra du secteur privé partout dans le monde, parce qu’il a de l'argent à investir, et parce que les différents secteurs de notre économie produisent des produits, comme les transports. Si vous avez un train, ou un train à grande vitesse, ou un transport public propre, ce sont des domaines où vous obtenez des revenus. Et si vous en avez, vous pouvez attirer des investissements», a poursuivi Kerry. 

«Il en va de même pour la consommation d'énergie. Les gens paieront pour l'énergie qu'ils utilisent pour leur climatisation, leur chauffage, leur éclairage, et c'est donc une source de revenus. Il est réellement possible d’investir et de gagner de l'argent, afin que le secteur privé trouve des opportunités économiques dans bon nombre des choix que nous devons faire, et c'est la raison pour laquelle les banques dont j'ai parlé ont mis 4,16 milliards de dollars sur la table. 

«Il y aura plus que cela, bien plus que cela, au niveau planétaire. Et c'est ce qui va guider cette initiative – la capacité des gens à rechercher des solutions, grâce aux technologies et à leur usage individuel, des produits que les gens utilisent et sont prêts à payer.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Moustapha Barghouti : la loi israélienne sur la peine de mort est un permis de tuer des Palestiniens

Des manifestants se rassemblent devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 31 mars 2026, lors d’une manifestation contre l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort contre les Palestiniens. (AFP)
Des manifestants se rassemblent devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 31 mars 2026, lors d’une manifestation contre l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort contre les Palestiniens. (AFP)
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  • La nouvelle loi israélienne sur la peine de mort pour les Palestiniens est perçue par Moustapha Barghouti comme un instrument légal autorisant des exécutions extrajudiciaires et approfondissant l’apartheid 
  • Barghouti appelle à la résilience palestinienne et à une pression internationale concrète, notamment sanctions et boycott, pour contrecarrer la politique israélienne 

PARIS : Au milieu du fracas de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, la question palestinienne semble occultée. Pourtant, sur le terrain, aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie, Israël poursuit son entreprise de destruction et de déshumanisation du peuple palestinien, affranchi de toute contrainte.

Profitant du tumulte mondial, le gouvernement israélien a adopté récemment une loi instaurant la peine de mort par pendaison pour des Palestiniens détenus dans ses prisons. Que signifie pratiquement cette loi pour les Palestiniens, et que cherche Israël par son instauration ?

Le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, Moustapha Barghouti, explique à Arab News en français que cette loi « marque un tournant d’une gravité historique ».

D’une voix calme, mais empreinte de conviction et de fermeté, le médecin et dirigeant politique palestinien ne mâche pas ses mots : « Cette loi n’est pas seulement un instrument juridique supplémentaire dans l’arsenal israélien, mais l’expression d’une dérive politique profonde qui autorise ouvertement l’élimination des Palestiniens. »

« Ce qui se passe n’est pas simplement l’adoption d’une loi », insiste-t-il. « Ce que nous voyons aujourd’hui est une dérive fasciste en Israël. »

À la tête de l’Initiative nationale palestinienne, qui n’a pas d’aile armée, Barghouti s’est imposé au fil du temps comme le porte-voix de la cause palestinienne, avec comme marque de fabrique une intonation de voix douce et incisive à la fois, souvent déstabilisante pour ses contradicteurs.

Barghouti attribue l’initiative de ce texte de loi au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite radicale, mais il souligne que « le problème dépasse largement un seul homme. »

Selon ce communiquant hors pair, doublé d’un homme politique d’une profonde connaissance des arcanes de la politique israélienne, la véritable alerte réside dans le soutien massif dont la loi a bénéficié au Parlement israélien.

« Près des deux tiers des députés de la Knesset ont voté en sa faveur, y compris certains représentants de l’opposition, comme Avigdor Lieberman », un consensus qui révèle, selon lui, « une transformation plus profonde de la société israélienne. »

« La loi n’est qu’un symptôme, car la dérive fasciste de la société israélienne est aujourd’hui très avancée », affirme-t-il.

Cette évolution se manifeste à travers plusieurs phénomènes simultanés : la guerre menée à Gaza, l’intensification de la colonisation en Cisjordanie et, désormais, l’adoption d’une législation qui viserait spécifiquement les prisonniers palestiniens.

Pour Barghouti, la portée réelle de la loi dépasse la question de la peine de mort elle-même, car dans les faits, elle institue « une justice fondamentalement discriminatoire ». « Cette loi approfondit le système d’apartheid », affirme-t-il.

Selon cette logique, un Palestinien accusé d’avoir tué un Israélien pourrait être condamné à mort, mais lorsqu’un Israélien tue un Palestinien, affirme Barghouti, « l’impunité est souvent la règle. »

Pour lui, la loi fonctionne comme « un permis de tuer des Palestiniens » et légitime également, selon lui, « les exécutions extrajudiciaires déjà observées sur le terrain. »

Barghouti estime qu’entre mille et deux mille Palestiniens à Gaza ont déjà été victimes d’exécutions extrajudiciaires, de même en Cisjordanie, où il évoque de nombreux cas de tirs mortels sans poursuites judiciaires, dont l’assassinat récent d’une famille civile dans la région de Tubas.

Interrogé sur les détenus concernés par la loi, Barghouti se montre catégorique : « Tous les prisonniers palestiniens sont menacés », affirme-t-il. Même ceux qui ont déjà été jugés pourraient voir leurs dossiers rouverts si « les autorités israéliennes décident de réexaminer certaines affaires. »

Environ 10 000 Palestiniens sont aujourd’hui détenus dans les prisons israéliennes, parmi lesquels 300 enfants et 75 femmes. Un grand nombre d’entre eux sont détenus sous le régime de la détention administrative, qui permet d’emprisonner une personne sans inculpation ni procès, pour des périodes renouvelables.

Les conditions de détention sont particulièrement dures : « Ils sont privés de soins, soumis à la faim, aux abus et à des conditions extrêmement difficiles », explique Barghouti.

Depuis le 7 octobre, affirme-t-il, 90 prisonniers palestiniens seraient morts en détention. Depuis 1967, le nombre total de détenus morts dans les prisons israéliennes atteindrait 322.

La situation dans la bande de Gaza reste, selon Mustafa Barghouti, catastrophique. Il affirme qu’Israël n’a jamais véritablement respecté le cessez-le-feu annoncé.

Depuis son entrée en vigueur, 720 Palestiniens auraient été tués et plus de 2 000 blessés, alors que les bombardements continuent quotidiennement, y compris au cœur de la ville de Gaza.

Mais l’aspect le plus dramatique, selon lui, concerne la situation humanitaire. L’accord de cessez-le-feu prévoyait l’entrée de 600 camions d’aide humanitaire par jour ; or, selon Barghouti, les livraisons restent très en deçà de ce chiffre, puisque certains jours, explique-t-il, à peine 56 camions ont été autorisés à entrer.

Plus grave encore, aucun matériel médical n’aurait été autorisé à entrer depuis le début du cessez-le-feu : « Des hôpitaux entiers risquent de cesser de fonctionner », avertit-il. Même les dentistes, dit-il, ont récemment lancé un appel pour signaler qu’ils ne disposaient plus de matériel de base pour traiter leurs patients.

En Cisjordanie, la situation n’est guère plus réjouissante. Barghouti décrit une situation d’escalade permanente : les raids militaires et les arrestations se poursuivent quotidiennement, et les attaques de colons armés se multiplient.

Barghouti assure que ces groupes agissent avec la protection de l’armée israélienne et affirme que 71 communautés palestiniennes ont déjà été expulsées de leurs terres.

Ces expulsions, souligne-t-il, s’inscrivent dans une stratégie visant à s’emparer progressivement de la Cisjordanie, dont « Israël contrôle désormais plus de 40 % ».

Face à cette situation, Mustafa Barghouti balaye du revers de la main un changement interne en Israël : « Cette société s’est tournée vers le fascisme », affirme-t-il.

Pour lui, deux facteurs seront déterminants pour l’avenir. Le premier est la résilience du peuple palestinien sur sa terre, car « le projet sioniste ne peut réussir que s’il parvient à expulser les Palestiniens de leur terre, comme en 1948. »

Le second facteur est la pression internationale. Barghouti estime que les déclarations et condamnations ne suffisent plus : « Israël ne se laissera pas dissuader par des discours. »

La seule solution, selon lui, serait l’imposition de sanctions internationales et d’un boycott global d’Israël.

Malgré la dureté du contexte, Barghouti affirme ne pas se sentir seul : « Ma relation n’est pas avec les gouvernements », conclut-il, « ma relation est avec les peuples, et je sais que les peuples comprennent ce qui se passe. »


Des débris tombent près d’installations énergétiques saoudiennes après l’interception de missiles balistiques

Tôt mardi matin, heure locale, le ministère n’avait pas précisé quelles installations énergétiques étaient en cours d’évaluation. (AFP/Archives)
Tôt mardi matin, heure locale, le ministère n’avait pas précisé quelles installations énergétiques étaient en cours d’évaluation. (AFP/Archives)
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  • L’Iran poursuit ses attaques contre les pays du Golfe alors que l’ultimatum du président américain Donald Trump approche
  • Les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne mardi matin, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte missile

RIYAD : L’évaluation des dégâts était toujours en cours tôt mardi, l’Arabie saoudite indiquant que des débris de missiles balistiques interceptés étaient tombés « à proximité » d’installations énergétiques.

« Le porte-parole du ministère de la Défense, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que sept missiles balistiques lancés en direction de la région orientale ont été interceptés et détruits, et que des débris sont tombés à proximité d’installations énergétiques », a rapporté l’agence de presse saoudienne.

Outre ces sept missiles, le ministère de la Défense du royaume a indiqué que trois autres missiles balistiques visant la province orientale avaient également été interceptés, dans un message publié sur les réseaux sociaux.

L’Iran tire des missiles et des drones contre le royaume et d’autres pays arabes du Golfe depuis que Israël et les États-Unis ont lancé des frappes militaires contre Téhéran le 28 février.

Téhéran a partiellement assoupli son blocage du détroit d’Ormuz pour certains trafics, mais ses actions dans cette voie maritime stratégique ont fait grimper les prix de l’énergie, avec des répercussions sur les économies mondiales.

Les pays du Golfe ont condamné les attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques vitales, tandis que de nombreux autres États ont critiqué les méthodes de Téhéran durant le conflit.

L’Iran a également visé Israël ainsi que des intérêts américains dans la région.

Le président américain Donald Trump a fixé un ultimatum à l’Iran pour accepter un accord, menaçant de « représailles sévères » en cas de non-respect de l’échéance fixée à mardi 20h (EDT).

« Nous avons un plan, et grâce à la puissance de notre armée, chaque pont en Iran pourrait être détruit d’ici demain minuit », a-t-il déclaré.

L’Iran a rejeté la pression américaine pour rouvrir rapidement le détroit, tout en affirmant vouloir une solution durable au conflit.

Attaques matinales

Des militants ont signalé de nouvelles frappes visant la capitale iranienne, Téhéran, tôt mardi matin.

Les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte face à une nouvelle salve de tirs iraniens.

Deux personnes ont été tuées dans la région kurde d’Irak après qu’un drone, que les autorités attribuent à l’Iran, a frappé une habitation.

Le drone a frappé une maison dans le village de Zargazawi, dans la province d’Erbil, tôt mardi, a déclaré la Direction de la lutte contre le terrorisme de la région kurde du nord dans un communiqué. Les autorités ont condamné cette attaque, la qualifiant de violation du droit international.

Cette frappe intervient alors que les forces iraniennes et des milices alliées ciblent plusieurs zones du Kurdistan irakien avec une vague de drones, roquettes et missiles. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.