Poutine-Biden, une relation personnelle équilibrée, mais sans illusions

Joe Biden a certes évoqué «une perspective sincère d'améliorer de manière significative les relations». Mais il a aussi assuré à plusieurs reprises qu'il n'avait nullement décidé de faire «confiance» à Vladimir Poutine
Joe Biden a certes évoqué «une perspective sincère d'améliorer de manière significative les relations». Mais il a aussi assuré à plusieurs reprises qu'il n'avait nullement décidé de faire «confiance» à Vladimir Poutine
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Publié le Jeudi 17 juin 2021

Poutine-Biden, une relation personnelle équilibrée, mais sans illusions

  • En 2001, le président américain de l'époque, George W. Bush, avait salué «un dirigeant remarquable», avant une nette dégradation
  • «Biden est quelqu'un qui veut des relations constructives, il ne considère pas Poutine comme un ami pour autant», explique Ian Bremmer

GENÈVE : Après les attaques à distance, le face-à-face apaisé: Joe Biden et Vladimir Poutine ont semblé mercredi à Genève vouloir établir une relation personnelle pragmatique pour sortir de l'impasse diplomatique entre les États-Unis et la Russie. Mais d'autres présidents américains ont dû déchanter par le passé.

"C'était une assez bonne première rencontre", estime Ian Bremmer, président de la société d'expertise Eurasia Group. "Je pense que les deux camps ont décidé de souffler un peu et de voir s'il est possible d'améliorer les relations", dit-il.

À Washington, de nombreux élus républicains avaient mis en garde le président démocrate contre un sommet qui, à défaut de déboucher sur des résultats concrets, risquait de faire le jeu du maître du Kremlin.

Joe Biden semblait surtout soucieux de se démarquer de son prédécesseur Donald Trump qui, à force de vouloir instaurer un lien amical avec son homologue russe, avait paru en position d'infériorité lors de leur conférence de presse commune de l'été 2018 à Helsinki. Ce qui lui avait valu les critiques virulentes de son propre camp conservateur.

À Genève, les deux hommes ne se sont donc pas présentés ensemble devant les journalistes, mais le drôle de dialogue par conférences de presse successives, ponctué de clins d'œil réciproques, a donné l'impression d'un échange beaucoup plus équilibré.

«Assez séduisant»

"C'était important de se rencontrer en personne", a plaidé Joe Biden.

Le dirigeant de 78 ans a souligné que la politique étrangère était pour lui "le prolongement logique des relations personnelles".

"Il a parlé de sa famille, de ce que lui disait sa maman (...), cela en dit beaucoup sur ses valeurs morales, c'est assez séduisant", a d'ailleurs glissé le Russe au sujet de l'Américain. La rencontre, qui a duré plus de trois heures, était "informelle", a reconnu ce dernier en s'en amusant presque.

Et des deux côtés, un même satisfecit sur des entretiens à la tonalité "positive" (Biden), "constructive" et sans "aucune animosité" (Poutine).

On est loin des piques des derniers mois, lorsque le nouveau président américain avait estimé, en réponse à un journaliste, que Vladimir Poutine était "un tueur", suscitant un début de crise diplomatique entre deux puissances rivales dont les relations étaient déjà au plus bas depuis la fin de la Guerre froide.

Avant et après le tête-à-tête en Suisse, Joe Biden a refusé de réitérer cette attaque frontale, préférant le qualifier de dirigeant "intelligent" mais "dur". Et l'intéressé a aussi voulu tourner la page mercredi, jugeant "satisfaisantes" les "explications" de son homologue américain.

Yuval Weber, chercheur au cercle de réflexion Wilson Center, estime que "cela aurait pu beaucoup moins bien se passer", "ils auraient pu échanger des noms d'oiseaux, se faire la leçon, avoir un dialogue de sourds".

Selon lui, le président américain, en disant que son interlocuteur est "un adversaire qui doit être reconnu à sa juste valeur, et que la Russie est une grande puissance", voulait "dire des choses dont Poutine peut ensuite se saisir pour redorer le statut de la Russie".

Cela va-t-il se traduire par une réelle embellie?

Les résultats concrets sont quasiment inexistants.

«Occasion manquée»

Joe Biden a certes évoqué "une perspective sincère d'améliorer de manière significative les relations". Mais il a aussi assuré à plusieurs reprises qu'il n'avait nullement décidé de faire "confiance" à Vladimir Poutine, et que seul l'avenir dirait si cette amélioration se concrétiserait.

L'expérience l'incite à la prudence. En 2001, le président américain de l'époque, George W. Bush, avait salué "un dirigeant remarquable", avant une nette dégradation. Et même Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président, avait tenté en vain un "reset", ou "redémarrage", des relations américano-russes.

L'actuel président se veut donc pragmatique et place la barre relativement bas.

"Biden est quelqu'un qui veut des relations constructives, il ne considère pas Poutine comme un ami pour autant", explique Ian Bremmer. "Il s'attend à ce que la Russie agisse dans ses propres intérêts, et comme les deux pays ont certains intérêts convergents, ils peuvent travailler ensemble" sur ces sujets.

Mais pour constater un vrai réchauffement, poursuit cet expert, "je veux voir une diminution drastique, dans les trois prochains mois, des attaques aux rançongiciels venues de Russie, et rien de l'échelle de celle qui a visé Colonial Pipeline", le groupe d'oléoducs paralysé en mai, provoquant des pénuries d'essence dans plusieurs grandes villes des États-Unis.

Le scepticisme est plus fort encore dans les rangs de l'opposition américaine, le sénateur républicain Jim Risch évoquant une "occasion manquée de rechercher une nouvelle approche qui s'attaque vraiment au comportement néfaste de la Russie".


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.