Spotify lance un concurrent à Clubhouse

Greenroom, nom de l'application dédiée, a été bâti grâce à l'acquisition, fin mars, du spécialiste des salons audio Betty Labs. (Photo, AFP)
Greenroom, nom de l'application dédiée, a été bâti grâce à l'acquisition, fin mars, du spécialiste des salons audio Betty Labs. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 17 juin 2021

Spotify lance un concurrent à Clubhouse

  • Tout utilisateur de Greenroom peut désormais rejoindre un salon de discussion mais aussi créer son propre forum de discussion ouvert au public
  • Spotify a aussi prévu un système de modération des discussions, dont il n'a pas précisé le fonctionnement

NEW YORK : Spotify a lancé mercredi une plateforme de discussion audio en ligne aux caractéristiques similaires à celles de Clubhouse, référence sur ce marché en croissance que le groupe suédois entend investir.

Greenroom, nom de l'application dédiée, a été bâti grâce à l'acquisition, fin mars, du spécialiste des salons audio Betty Labs.

Ce dernier est à l'origine, notamment, de la plateforme Locker Room, qui organise des échanges audio en direct sur des sujets liés au sport et a servi d'ossature à Greenroom.

Tout utilisateur de Greenroom peut désormais rejoindre un salon de discussion mais aussi créer son propre forum de discussion ouvert au public.

Les créateurs de contenu audio peuvent aussi enregistrer tout ou partie d'une conversation et l'ajouter à un programme pré-enregistré.

Spotify a aussi prévu un système de modération des discussions, dont il n'a pas précisé le fonctionnement.

Dans la foulée des podcasts, le "live audio", qui englobe conférences en direct, émissions, ou conversations entre internautes, s'est envolé depuis un an environ, tiré par l'application Clubhouse.

Depuis décembre, cette dernière a été téléchargée plus de 18 millions de fois, selon le site spécialisé AppMagic.

Des incertitudes demeurent sur la rentabilité du modèle et la capacité pour ces plateformes de monétiser leurs contenus.

D'autres acteurs de la technologie se positionnent également sur ce créneau, comme Twitter qui a lancé Spaces en décembre dernier, ou Facebook, qui a tenu le premier salon de sa fonctionnalité Live Audio Rooms mardi avec son PDG Mark Zuckerberg.

Le secteur doit aussi composer avec Discord, présent dans le "live audio" depuis 2015 et qui compte plus de 140 millions d'utilisateurs avec un positionnement légèrement différent, initialement tournée vers les amateurs de jeux vidéo.

Spotify a l'avantage d'être déjà identifié comme une plateforme audio, à travers la musique et plus récemment les podcasts, ce qui en fait une destination naturelle pour beaucoup d'internautes.


Robots: et si l'usine s'adaptait toute seule à la demande ?

Des robots à l’œuvre dans une usine d’assemblage de voitures, le 22 octobre à Munich (Photo, AFP).
Des robots à l’œuvre dans une usine d’assemblage de voitures, le 22 octobre à Munich (Photo, AFP).
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  • L'usine 5.0, pariant sur un mélange de robotique et d'intelligence artificielle, fait figure de Graal de la réindustrialisation européenne post-Covid
  • Le plan France 2030 consacre un budget pour aider à la production de robots et à la structuration de projets locaux autour de sites industriels.

PARIS: Et si demain une usine était capable d'arrêter seule sa production et de la réorienter en fonction des demandes du marché? L'usine 5.0, pariant sur un mélange de robotique et d'intelligence artificielle, fait figure de Graal de la réindustrialisation européenne post-Covid. 

Emmanuel Macron se rend lundi dans l'entreprise Sileane à Saint-Etienne, spécialisée en robotique, vision et intelligence artificielle, pour promouvoir les initiatives du récent plan d'investissements France 2030 dans ce domaine, indique-t-on au cabinet de la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher.

En avril 2019, les députés Bruno Bonnell et de Catherine Simon s'inquiétaient dans un rapport ("Robotique et systèmes intelligents") d'un retard français dans la robotisation des processus industriels, source de perte de compétitivité dans des secteurs-clés.

L'enjeu est énorme. Car à elle-seule, la Chine, usine du monde, représente un tiers de la demande mondiale en terme de robots industriels, selon la banque d'affaires Bryan Garnier spécialisée dans les technologies.

La France, qui souhaite relocaliser une partie de son industrie, est en 7e position mondiale pour le nombre de robots, derrière la Chine, le Japon, les Etats-Unis, la Corée du Sud, l'Allemagne et l'Italie, selon la Fédération Internationale de la robotique (IFR) basée à Francfort en Allemagne.

Et avec des machines âgées en moyenne de 17 ans dans les PME industrielles françaises, Bercy se désole de voir qu'une partie des 8.000 projets de modernisation qui ont pu voir le jour grâce au guichet "industrie du futur" du plan de relance en 2020, n'aient pas bénéficié à des constructeurs français.

«Robotique adaptative»

Raison pour laquelle le plan France 2030 consacre un budget pour aider à la production de robots et à la structuration de projets locaux autour de sites industriels.

L'usine Sileane prise en modèle par Emmanuel Macron lundi pratique la "robotique adaptative", c'est-à-dire l'intelligence artificielle. 

Agée d'une vingtaine d'années et employant une centaine de personnes, elle produit notamment des robots qui conditionnent des poches de perfusion pour le domaine médical, ou qui gèrent les déchets dans le domaine nucléaire. Ils sont conçus pour gérer des situations imprévisibles, capables, si les choses ne se passent pas comme prévu, de s'ajuster et d'évoluer.

"Nous avons besoin d'usines plus flexibles, capables de se reconfigurer pour faire face à des brutales variations de la demande", explique Thierry Weil, conseiller au groupe de réflexion "La fabrique de l'industrie" et animateur de la chaire "Futurs de l'industrie et du travail" à Mines Paris, PSL.

En clair, des "usines intelligentes" avec des chaînes d'assemblage qui "croisent intelligence artificielle, robotique et objets connectés", ajoute Stéphane Pezeril, directeur Innovation et recherche d'Ausy, cabinet de conseil du groupe Randstad, dans le livre blanc de l'industrie pour 2030 publié par Randstad.

"On a vu pendant la crise du Covid des constructeurs ou des équipementiers automobiles fabriquer des respirateurs. Il savent assembler des pièces de métal et de plastique, de l'électronique et des ventilateurs, mais ils faut pouvoir reconfigurer rapidement des machines polyvalentes comme les robots et réarranger les lignes de production" dit-il.

Reste la lourde et délicate question de l'emploi. Est-ce que cette automatisation industrielle risque de "détruire" demain tous les emplois industriels humains? Un rapport du Sénat "demain les robots" s'en inquiétait en décembre 2019.  

La réponse n'est pas facile. Dans un premier temps, l'aide à la modernisation industrielle va au moins permettre une augmentation de 30% des formations en alternance, dont une partie dans la robotique.

L'entreprise Technics Développement Robotique, située à Lallaing dans les Hauts-de-France (20 salariés) et spécialisée dans la robotisation des PME, a notamment bénéficié d'une aide exceptionnelle pour recruter quatre personnes dont trois apprentis en alternance issus de formations professionnelles en robotique ou en ingénierie d'automatisation et d'informatique grâce au dispositif "un jeune, une solution".


Face au défi de l'inflation, la BCE reste zen

Christine Lagarde, présidente de la BCE (Photo, AFP).
Christine Lagarde, présidente de la BCE (Photo, AFP).
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  • La présidente de l'institution, Christine Lagarde, martèle qu'il faut éviter de «surréagir» à la poussée des prix en zone euro, surtout au moment où la reprise post-Covid reste fragile
  • Les marchés européens jugent probable une hausse des taux directeurs au troisième trimestre de 2022, un véritable tournant après une décennie de baisse continue

FRANCFORT: Les yeux rivés sur l'envolée de la courbe d'inflation, la Banque centrale européenne devrait conserver jeudi son cap expansif, jouant la prudence et l'attentisme quand d'autres grands argentiers annoncent la normalisation progressive de la politique monétaire.

La présidente de l'institution, Christine Lagarde, martèle qu'il faut éviter de "surréagir" à la poussée des prix en zone euro, surtout au moment où la reprise post-Covid reste fragile et bridée par la crise mondiale des chaînes logistiques.

Les marchés seront néanmoins à l'affût, jeudi, après la réunion du Conseil des gouverneurs, de tout indice sur la façon dont la banque compte gérer la sortie des énormes programmes de soutien accordés depuis le début de la pandémie.

Les marchés européens jugent probable une hausse des taux directeurs au troisième trimestre de 2022, un véritable tournant après une décennie de baisse continue dans un contexte d'inflation atone.

Mais la BCE s'est jusqu'ici gardée de dévoiler son calendrier malgré l'accélération des hausses de prix.

Le taux d'inflation, tiré par la flambée des coûts de l'énergie, a bondi en septembre à 3,4% sur un an, du jamais vu depuis 13 ans et bien au-dessus de l'objectif symétrique de 2% visé par la BCE sur le moyen terme.

Il devrait atteindre plus de 4% d'ici la fin de l'année, selon les experts.

Equilibrisme

Les banques centrales sont toutefois prises en étau entre retour de l'inflation et menaces sur la croissance.

L'activité a perdu en élan face à la persistance des pénuries de matériaux. En témoigne la baisse en octobre et pour le troisième mois consécutif des indices PMI du secteur privé en zone euro.

Au mieux, le PIB de la zone euro "ne devrait croître que légèrement au quatrième trimestre", prévoit Ralph Solveen, économiste chez Commerzbank. 

Ce cocktail réveille le spectre de la stagflation, combinaison de hausse de prix et de croissance atone, spirale funeste des années 1970.

Cette situation complique le travail des banques centrales : si elles resserrent prématurément leur politique accommodante, elles risquent de paralyser la reprise. Si elles attendent trop longtemps, elles auront plus de mal à dompter l'inflation.

Dans cet exercice d'équilibriste, la BCE semble moins pressée d'agir que ses homologues des pays développés.

Fin septembre, la banque centrale de Norvège a été la première du G10 à relever ses taux, suivie début octobre par la Banque de Réserve de Nouvelle-Zélande.

La Fed américaine prépare depuis plusieurs mois le terrain pour une annonce de réduction de ses achats d'actifs début novembre. Mais elle n'agira pas tout de suite sur ses taux bas.

Le calendrier s'accélère aussi à la Banque d'Angleterre, son gouverneur Andrew Bailey affirmant que l'institution pourrait "devoir agir" pour maîtriser l'inflation. Les investisseurs tablent sur un resserrement monétaire de la BoE avant la fin de l'année.

Avenir des achats de dettes

"Par contraste, la BCE semble plutôt zen", note Bruno Cavalier, économiste chez Oddo.

Avant de planifier une hausse des taux, la BCE voudra voir sa prévision d'inflation se situer pour 2022 et 2023 dans les clous de son objectif de 2%, ce qui n'est pas le scénario du moment. 

Ses responsables ne cessent d'insister sur le caractère transitoire de l'inflation, tout en reconnaissant qu'elle pourrait se prolonger si elle s'accompagnait d'une hausse des salaires. Un risque de spirale à laquelle la banque reste attentive.

Accompagner la sortie de la crise sanitaire implique aussi, pour l'institution de Francfort, de débattre de la fin de son programme d'achats massifs de dettes (PEPP) mis en place lors de la pandémie.

L'enveloppe de 1.850 milliards d'euros, qui a permis de financer le "Quoi qu'il en coûte" des Etats durant l'épidémie de Covid, doit expirer fin mars 2022.

Or, tout reste à discuter sur l'après "PEEP", avec le souci d'amortir un potentiel choc sur des marchés désormais habitués à des injections massives de liquidités.

Pour assurer une transition en douceur, la BCE a plusieurs options, allant de la mise en place d'un nouveau programme de rachats de dette au réaménagement de son dispositif d'assouplissement quantitatif (QE), grâce auquel elle rachète depuis 2015 des titres sur les marchés.

Cette discussion délicate est attendue pour la réunion du 16 décembre. 


Les négociations entre le Liban et le FMI pourraient commencer en novembre

Le ministre libanais de l’Économie, Amin Salam, lors d’une entrevue avec Reuters – Beyrouth, Liban, le 22 octobre 2021. (Reuters)
Le ministre libanais de l’Économie, Amin Salam, lors d’une entrevue avec Reuters – Beyrouth, Liban, le 22 octobre 2021. (Reuters)
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  • Le ministre de l’Économie ne s’attend pas à ce que les fonds soient accordés avant les élections, en mars
  • Bou Habib a évoqué le conflit des frontières maritimes entre le Liban et Israël

BEYROUTH: Le ministre libanais des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a déclaré dimanche que les négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) pourraient commencer probablement en novembre, d’après la chaîne de télévision Al-Jadeed.

Quant au ministre de l’Économie, Amin Salam, il a dit vendredi, lors d’une entrevue avec Reuters, que le nouveau gouvernement s'oriente vers des négociations approfondies en vue d’obtenir un accord avec le FMI avant la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. Cependant, il ne s’attend pas à ce que les fonds soient accordés avant les élections qui auront lieu en mars.

Bou Habib a également évoqué le conflit des frontières maritimes entre le Liban et Israël et a révélé à Al-Jadeed qu’il croyait «qu’un accord pourrait être conclu.»

Le différend entre le Liban et Israël porte sur la délimitation de leurs eaux territoriales. Des négociations entre les deux ennemis permettraient au Liban d’avoir accès à de précieuses réserves de gaz, au cœur de la pire crise économique qu’il ait jamais connue.

Les deux pays tiennent des pourparlers médiés par les États-Unis à un rythme irrégulier depuis octobre pour tenter de résoudre le problème.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com