Le parti de Poutine se réunit en pleine campagne de répression contre l'opposition

Les autorités ont, à l'approche de la campagne électorale, multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs. (Photo, AFP)
Les autorités ont, à l'approche de la campagne électorale, multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 19 juin 2021

Le parti de Poutine se réunit en pleine campagne de répression contre l'opposition

  • Lors du congrès, le parti doit annoncer les lignes directrices de son programme et la liste de ses candidats, après le tenue de primaires internes au printemps
  • Ces dernières années, Russie Unie, qui contrôle la majorité de la Chambre basse du Parlement, a vu sa popularité déraper sur fond de stagnation économique, de lassitude des électeurs et d'affaires de corruption

MOSCOU : Le parti Russie Unie de Vladimir Poutine tient samedi son congrès en vue des élections législatives de septembre, dont la principale force d'opposition, celle d'Alexeï Navalny, a été exclue après des mois de répression.

Le maître du Kremlin s'exprimera en personne lors de l'évènement aux côtés de Dmitri Medvedev, chef officiel du parti et ancien président russe.

Malgré une flambée des cas de Covid-19 dans la capitale, le parti a maintenu le congrès mais a divisé par trois le nombre de représentants attendus, environ 500, qui devront disposer d'un test négatif et pourront se faire vacciner sur place.

Navalny neutralisé

Lors du congrès, le parti doit annoncer les lignes directrices de son programme et la liste de ses candidats, après le tenue de primaires internes au printemps.

Ces dernières années, Russie Unie, qui contrôle la majorité de la Chambre basse du Parlement, a vu sa popularité déraper sur fond de stagnation économique, de lassitude des électeurs et d'affaires de corruption. 

Selon l'institut public de sondages Vtsiom, sa cote de popularité tourne autour de 30%, soit 10% de moins qu'avant les législatives de 2016. La chambre des députés, où le parti est ultra-majoritaire, à tout juste 34% d'opinions favorables contre 60-65% pour Vladimir Poutine.

Le pouvoir se dit néanmoins serein. "C'est une bonne base de soutien que nous pourrons encore augmenter lors de la campagne", a assuré début juin Dmitri Medvedev.

Les trois partis de l'opposition parlementaire, généralement dociles et soutenant les initiatives du Kremlin (les communistes, le parti ultranationaliste LDPR et la formation Russie Juste) réuniraient environ 30% des suffrages, d'après Vtsiom. 

Les autorités ont, à l'approche de la campagne électorale, multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs, en particulier les organisations d'Alexeï Navalny, qui ont été déclarées "extrémistes" et interdites le 9 juin. Ses membres ont en outre été bannis des législatives.

M. Navalny, incarcéré en janvier, purge lui une peine de deux ans et demi de prison dont il a écopé peu après avoir survécu à un empoisonnement en août 2020 qu'il attribue au Kremlin. 

Le principal opposant à M. Poutine s'est fait un nom avec ses enquêtes retentissantes sur la corruption des élites russes, visant en particulier les élus de Russie Unie. 

Les partisans de M. Navalny comptent encore pouvoir promouvoir un "vote intelligent", appelant à voter pour n'importe quel parti pouvant battre Russie Unie. 

Cette tactique a déjà remporté un certain succès lors d'élections locales. Mais elle pourrait être mise à mal par la liquidation de l'important réseau de bureaux régionaux de l'opposant.

Arrestations, exils

Par crainte de poursuites, plusieurs alliés de Navalny ont dû quitter le pays ces derniers mois tandis que la répression touche aussi d'autres opposants et des médias indépendants.

Récemment, la police a arrêté Dmitri Goudkov, qui a finalement fui en Ukraine et renoncé aux législatives. L'ancien responsable du mouvement Open Russia, Andreï Pivovarov a été arrêté, tout comme un élu local de Saint-Pétersbourg, Maxime Reznik.

Les trois hommes ont en commun d'avoir annoncé vouloir se présenter aux élections de septembre. 

Lors du vote, le parti Russie Unie pourra en outre compter sur son implantation à tous les échelons du pouvoir. L'opposition l'accuse ainsi à chaque élection de forcer les fonctionnaires à voter pour lui. 

Le scrutin doit se tenir du 17 au 19 septembre, officiellement pour assurer une sécurité optimale face au Covid. Mais des critiques du Kremlin y voient un moyen de faciliter la triche, l'observation du vote et des urnes pendant trois jours et deux nuits étant très difficile. 

A l'été 2020, un référendum constitutionnel ayant autorisé Vladimir Poutine à rester au pouvoir jusqu'en 2036 s'était déjà déroulé sur une semaine. Des urnes de fortune avaient alors été installées en extérieur, sur des bancs publics ou dans des cours d'immeubles.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.