Poutine promet aux Russes des milliards de roubles à l'approche des élections

À l'approche du scrutin, les autorités ont multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs, en particulier les organisations d'Alexeï Navalny. (Photo, AFP)
À l'approche du scrutin, les autorités ont multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs, en particulier les organisations d'Alexeï Navalny. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 20 juin 2021

Poutine promet aux Russes des milliards de roubles à l'approche des élections

  • Selon l'institut public de sondages Vtsiom, la cote de popularité de Poutine tourne autour de 30%, soit dix points de moins qu'avant les législatives de 2016
  • Les partisans de Navalny espèrent toujours promouvoir un «vote intelligent», appelant à voter pour n'importe quel parti pouvant battre Russie Unie

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a multiplié samedi les promesses d'aides financières pour améliorer le quotidien des Russes avant les législatives de septembre, précédées d'une répression féroce contre l'opposition et le mouvement d'Alexeï Navalny. 

Le maître du Kremlin s'est exprimé pendant près d'une heure devant plusieurs centaines de hauts responsables réunis à Moscou lors du congrès du parti au pouvoir, Russie Unie.

"Le programme du parti du leader doit être le programme du peuple", a lancé Vladimir Poutine, alors que Russie Unie est impopulaire sur fond de stagnation économique, de lassitude des électeurs et d'affaires de corruption. 

Dans un discours entrecoupé d'applaudissements, le président russe a proposé d'investir plusieurs dizaines de milliards de roubles dans l'amélioration des transports publics, des routes et des infrastructures, la rénovation des écoles ou encore le nettoyage des rivières.

"Une famille prospère et solide, avec des enfants, est le futur de la Russie", a-t-il encore déclaré, fidèle à sa défense des "valeurs familiales" et à son objectif de lutte contre le déclin démographique de la Russie.  

Alors que la Russie est confrontée à une résurgence de l'épidémie de Covid-19, portée par le variant Delta et une campagne de vaccination laborieuse, M. Poutine a également demandé le lancement d'un programme d'au moins 100 milliards de roubles (1,1 milliard d'euros) pour renforcer "le système de convalescence médicale". 

"Je le répète: il faut mieux se faire vacciner que de tomber malade", a-t-il souligné, de très nombreux Russes se méfiant des vaccins.

Navalny neutralisé

Ces annonces interviennent alors que Russie Unie, qui contrôle la majorité de la Chambre basse du Parlement, a vu son soutien populaire déraper ces dernières années.

Selon l'institut public de sondages Vtsiom, sa cote de popularité tourne autour de 30%, soit dix points de moins qu'avant les législatives de 2016. Vladimir Poutine profite lui de 60 à 65% d'opinions favorables.

Les trois partis de l'opposition parlementaire, généralement dociles et soutenant les initiatives du Kremlin (les communistes, le parti ultranationaliste LDPR et la formation Russie Juste) réuniraient environ 30% des suffrages, d'après Vtsiom. 

À l'approche du scrutin, les autorités ont multiplié les attaques contre leurs vrais détracteurs, en particulier les organisations d'Alexeï Navalny, qui ont été déclarées "extrémistes" et interdites le 9 juin. Ses membres ont en outre été bannis des législatives.

M. Navalny, incarcéré en janvier, purge lui une peine de deux ans et demi de prison dont il a écopé peu après avoir survécu à un empoisonnement en août 2020 qu'il attribue au Kremlin. 

Le principal opposant à M. Poutine s'est fait un nom avec ses enquêtes retentissantes sur la corruption des élites russes, visant en particulier les élus de Russie Unie. 

«Tous en prison»

Par crainte de poursuites, plusieurs alliés de Navalny ont dû quitter le pays ces derniers mois tandis que la répression a aussi touché aussi d'autres opposants qui prévoyaient de se présenter aux élections et des médias indépendants.

Lors des législatives, le parti Russie Unie pourra compter sur son implantation à tous les échelons du pouvoir. L'opposition l'accuse ainsi à chaque élection de forcer les fonctionnaires à voter pour lui. 

Le scrutin doit se tenir du 17 au 19 septembre, officiellement pour assurer une sécurité optimale face à la Covid. Mais des critiques du Kremlin y voient un moyen de faciliter la triche, l'observation du vote et des urnes pendant trois jours et deux nuits étant très difficile. 

Lors du congrès de samedi, Vladimir Poutine a demandé que le scrutin exprime "la vraie volonté du peuple", tandis que le dirigeant officiel de Russie Unie, Dmitri Medvedev, a prôné un combat électoral "franc" pour une "victoire honnête".

"Un combat franc et une victoire honnête, allo? Vous avez mis tous les opposants en prison", a réagi sur Twitter Georgi Albourov, un proche d'Alexeï Navalny.

Les partisans de M. Navalny espèrent toujours promouvoir un "vote intelligent", appelant à voter pour n'importe quel parti pouvant battre Russie Unie. Une tactique qui a déjà remporté un certain succès lors d'élections locales mais qui pourrait être mise à mal par la liquidation du mouvement de l'opposant.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.