Ce que représente l'amélioration du classement mondial de l'Arabie saoudite en matière de résilience du travail

Une photo prise le 17 août 2017 montre un employé saoudien utilisant un ordinateur portable pour préparer un diaporama dans son bureau de Riyad (Fichier Photos/AFP)
Une photo prise le 17 août 2017 montre un employé saoudien utilisant un ordinateur portable pour préparer un diaporama dans son bureau de Riyad (Fichier Photos/AFP)
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Publié le Mardi 22 juin 2021

Ce que représente l'amélioration du classement mondial de l'Arabie saoudite en matière de résilience du travail

Une photo prise le 17 août 2017 montre un employé saoudien utilisant un ordinateur portable pour préparer un diaporama dans son bureau de Riyad (Fichier Photos/AFP)
  • Le Royaume a progressé de 13 places en 2021 dans l’index Global Labor Resilience (GLRI), grâce à «la numérisation, l'éducation et la flexibilité du marché du travail»
  • Le rapport GLRI 2021 exhorte les gouvernements à investir dans les secteurs créateurs d'emplois pour servir les intérêts de la population croissante des jeunes

DUBAÏ: La sécurité de l'emploi a été une source majeure d'inquiétude tout au long de la pandémie de Covid-19. Les mesures de confinement ont réduit les revenus des entreprises, contraignant un grand nombre d’entre elles à diminuer les heures de travail, ou à licencier du personnel. 

Dans les pays possédant une économie diversifiée, de fortes infrastructures numériques, et un système de sécurité sociale généreux, les dommages ont pu être atténués. Pour d'autres, la crise a révélé un sérieux manque de résilience du marché du travail. 

Le Global Labor Resilience Index (GLRI) 2021, conçu par le cabinet de conseil en politiques et stratégies publiques Whiteshield Partners, en collaboration avec la Saïd Business School de l'université d’Oxford, et l'Institute for the Future of Work, a dressé un état des lieux des pays les mieux placés pour faire face aux perturbations du marché du travail, voire transformer les défis en opportunités. 

L'indice classe 145 pays et économies en fonction de la résistance de leurs marchés du travail à divers chocs. S'appuyant sur 102 indicateurs provenant d'un large éventail de sources internationales, le GLRI prend en considération aussi bien des facteurs structurels à long terme – tels que la démographie, le niveau de développement économique et de stabilité macroéconomique, les capacités nationales, la vulnérabilité commerciale et les inégalités – que des facteurs conjoncturels de plus court terme, qui influent sur la résilience d'un pays en fonction de sa capacité d'absorption, d'adaptation, de transformation, et de sa capacité institutionnelle. 

L'étude, qui a révélé une amélioration radicale du classement général de l'Arabie saoudite, a été publiée en mars, environ un an après l’émergence de la pandémie de coronavirus.  

«Le GLRI est l’indicateur le plus complet qui permette aux décideurs politiques d'évaluer la préparation du marché du travail face aux chocs à court terme, tels que la Covid-19, et aux contraintes sur le long terme, comme les perturbations technologiques et les transitions vertes», affirme à Arab News Tom Flynn, cadre supérieur à Whiteshield Partners. 

«Les décideurs peuvent utiliser le GLRI pour appliquer les politiques que les leaders de la résilience utilisent pour mieux conserver et développer les bons emplois», explique-t-il. «À titre d’exemple, la Covid-19 a provoqué des ravages sur les marchés du travail et les emplois dans le monde, alors que les acteurs les plus performants du GLRI, comme les Pays-Bas – dont le taux de chômage se situe actuellement à environ 3% – s'en sont sortis relativement mieux que d'autres.» 

Les marchés du travail résilients sont plus importants que jamais, dans le cadre des efforts visant à préserver la stabilité et le niveau de vie, dans le contexte d'une pandémie mondiale qui a provoqué l'une des plus grandes crises de l'emploi depuis la Grande Dépression. 

Selon le GLRI, la Suisse reste le pays dont le marché du travail est le plus résistant au monde, suivi de l'Allemagne et des Pays-Bas. Cette année, un nouveau dispositif a été utilisé pour mesurer la résilience à toutes sortes de chocs, de sorte que les États-Unis (classés 14e) et le Royaume-Uni (12e) ne figurent plus dans les dix premiers. Dans l'indice 2020, ils se classaient respectivement troisième et neuvième. En revanche, l'Allemagne a gagné cinq places pour se hisser au deuxième rang. 

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l'indice révèle qu'un certain nombre de pays, dont le Royaume, ont fait des progrès pour améliorer la résilience de leurs marchés du travail, progressant dans les classements au cours des cinq dernières années. Cependant, pendant la pandémie, un grand nombre d'entre eux n'ont pas réussi à conserver ces avantages. 

Les Émirats arabes unis restent le pays du Golfe le mieux classé, bien qu'ils soient passés de la 21e à la 35e place cette année. Leur position relativement élevée reflète les efforts du gouvernement pour accroître la diversification économique, et le soutien à l'innovation. 

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Une employée saoudienne vérifie la marchandise dans un hypermarché, récemment lancé par LuLu et géré par une équipe de femmes, dans la ville portuaire saoudienne de Djeddah, le 21 février 2021 (Photo d’Archives/AFP) 

Oman, qui se classe 75e, a amélioré sa position de 19 places dans l’index depuis 2016. Il a été classé 53e en 2020, et a donc perdu 22 places l'année dernière. 

L'Arabie saoudite, qui occupe la 62ᵉ place du classement cette année, a réussi à inverser cette tendance. Non seulement le Royaume a progressé de 27 places au classement depuis 2016, mais il a également réussi à améliorer sa position de 13 places en 2021, malgré les défis créés par la pandémie. 

«Le fait d’être la première économie du monde arabe, et de maintenir une stabilité économique a posé les bases de cette amélioration», affirme Flynn, en évoquant le succès du Royaume. «L'Arabie saoudite a également décidé d'investir dans la numérisation et l'éducation, et a adopté des réformes politiques bénéfiques, telles que l'amélioration de la flexibilité du marché du travail.» 

Cependant, de nombreux autres pays de la région ne sont pas assez résilients, confrontés aux défis du chômage des jeunes, et victimes de l’impréparation de leurs marchés du travail aux emplois numériques et verts. En conséquence, ils doivent étudier les programmes d'emploi pour les jeunes, les opportunités de croissance verte, et les politiques propices à l'entrepreneuriat et à l'innovation. 

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Des employés de la compagnie pétrolière Aramco travaillant dans l'usine de traitement du pétrole de Khurais, en Arabie saoudite (Fichier Photos/AFP) 

«Le GLRI fournit aux décideurs politiques du Moyen-Orient un plan pour développer des emplois durables, un défi critique pour la région, qui possède des marchés du travail et des économies relativement fragiles», précise à Arab News Fadi Farra, cofondateur et partenaire de Whiteshield Partners. 

«L’une des leçons tirées cette année est que les leaders de la résilience ont souvent développé de solides marchés du travail en concentrant leurs efforts sur l'amélioration de bases ou de politiques économiques spécifiques visant à stimuler la résilience, plutôt que de tenter une réforme à grande échelle.» 

Dans le cas de l'Arabie saoudite, le GLRI indique qu'il y a matière à amélioration en matière de politique. Le Royaume se classe ainsi 76ᵉ sur le pilier cyclique, qui évalue le cycle de réponse politique d'un pays face à des crises. 

«Attirer et développer les compétences, améliorer l'environnement général des affaires, comme l'insolvabilité des entreprises et l'accès au crédit, pourrait aider l'Arabie saoudite à stimuler la croissance des PME et des start-up innovantes, et fournir de nouvelles sources d'emplois dans le secteur privé», soutient Farra. 

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La Saoudienne Rodina Maamoun, qui employait 19 jeunes femmes remplaçant presque entièrement les hommes, vend des bijoux dans un magasin de détail du centre commercial Hayat à Riyad, le 19 février 2020 (Fichier Photos/AFP) 

Pour Flynn, la numérisation, l'économie verte et une population croissante de jeunes continueront de mettre le Royaume et ses voisins régionaux au défi de fournir davantage d'emplois de meilleure qualité, orientés vers les secteurs de l’avenir.    

«La crise de la Covid-19 a montré à quel point la dépendance à quelques secteurs et ressources naturelles pour la croissance économique rendait les marchés du travail du Moyen-Orient, en particulier dans le Golfe, vulnérables aux chocs. Les jeunes et les travailleurs peu qualifiés ont été particulièrement touchés», souligne Flynn. «Le Moyen-Orient, et en particulier l'Arabie saoudite, ont connu une nette amélioration dans la résilience du marché du travail, mais il existe un potentiel pour la renforcer encore davantage.» 

Il soutient que les gouvernements doivent d’abord adopter des politiques qui favorisent les économies numériques et vertes, ainsi que les secteurs traditionnellement créateurs d'emplois, tels que la logistique et l’industrie manufacturière. 

«De solides programmes de développement des compétences et d'apprentissage peuvent aider à préparer les travailleurs jeunes et expérimentés à ces nouveaux emplois», précise-t-il. 

«Par ailleurs, les leaders de la résilience tels que l'Allemagne et les Pays-Bas ont montré que des institutions fortes, capables de mettre en place des politiques de création d'emplois, et de réagir rapidement en cas de crise se sont avérées plus cruciales que jamais», ajoute-t-il.  

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Des personnes marchant sur la plate-forme du réseau ferroviaire à grande vitesse Haramain. L'Arabie saoudite accroît ses dépenses dans les infrastructures, et étend ses réseaux ferroviaires, cherchant à diversifier son économie dépendante du pétrole (Fichier Photos/AFP) 

Le GLRI définit un marché du travail résilient comme un marché générant une demande durable pour un large éventail de professions, destinée à une grande partie de la main-d'œuvre, qui fournit un travail de qualité, et peut résister aux perturbations. Alors que les gouvernements peuvent anticiper la question du changement climatique et des perturbations technologiques, ils ne peuvent pas prévoir avec précision les chocs économiques, sociaux ou sanitaires, susceptibles de devenir plus fréquents. 

Les vulnérabilités de la main-d'œuvre mondiale liées à l'intégration, en particulier en ce qui concerne les jeunes, les femmes et les travailleurs occasionnels, ont été exacerbées par la pandémie. Les femmes et les jeunes ont été les plus durement touchés par les pertes d'emplois. Dans le même temps, de nombreux travailleurs non réguliers, ou de la gig economy («économie à la demande») se sont retrouvés sans couverture sociale. 

En se concentrant sur le long terme, le GLRI conseille aux gouvernements d'investir davantage dans le renforcement de la résilience du marché du travail, en priorisant la numérisation, en améliorant l'intégration liée à l'emploi, et en donnant la priorité à la durabilité environnementale. 

«Il est toujours important d'avoir un bon indice de résilience, à tout moment, car les marchés du travail changent tout le temps. Cet indicateur nous indique dans quelle direction vont les marchés du travail, et dans quelle mesure ils sont capables d'absorber les chocs et de créer de nouveaux emplois», explique Sir Christopher A. Pissarides, lauréat du prix Nobel d'économie, président du conseil consultatif du GLRI, et directeur de Whiteshield Partners. 

«Cette année est particulièrement importante car, comme nous le savons tous, nous avons vécu un nouveau choc majeur complètement inattendu. Il est très important d'en savoir plus sur les marchés du travail et leur résistance aux nouveaux chocs, tels que celui de la Covid-19.» 

Twitter: @CalineMalek 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Vision Golfe 2026 confirme son rôle de moteur du partenariat économique entre la France et le CCG

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
  • Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions
  • L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité

PARIS:  L’édition 2025 de Vision Golfe a confirmé son statut de principale plateforme de coopération économique entre la France et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunissant à Paris plus de 1 200 participants, parmi lesquels des ministres, de hauts responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises de premier plan venus de France et de l’ensemble de la région du Golfe.

Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions, dans un contexte marqué par la diversification économique des pays du Golfe et la recherche de nouveaux partenariats stratégiques.

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France.

La forte présence de responsables du Golfe a également marqué cette édition. Parmi eux figuraient Son Excellence l’ingénieur Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, Son Excellence Mohammed Abdulrahman Al Hawi, sous-secrétaire au ministère de l’Investissement des Émirats arabes unis, ainsi que Son Excellence Khalid Ebrahim Humaidan, gouverneur de la Banque centrale de Bahreïn. Leur participation a illustré la volonté commune de franchir une nouvelle étape dans la coopération économique entre la France et les pays du CCG.

Tout au long de la journée, les échanges ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques appelés à façonner l’économie de demain, notamment l’énergie, l’intelligence artificielle, l’industrie, la santé, la sécurité alimentaire et l’investissement. Plus de 3 500 rencontres d’affaires (B2B) ont été organisées, offrant aux entreprises françaises et du Golfe l’opportunité d’explorer de nouvelles perspectives de collaboration.

Au-delà des discussions, le forum a débouché sur des résultats concrets avec la signature de plusieurs protocoles d’accord stratégiques. Parmi les annonces marquantes figure un partenariat dans le domaine des technologies quantiques entre Quandela et Mekdam Holding Group, illustrant l’intérêt croissant du Golfe pour les technologies de pointe.

Dans le secteur de la sécurité alimentaire, un autre accord a été conclu entre SEMMARIS, gestionnaire du Marché International de Rungis, et Abu Dhabi Food Hub. Cette coopération vise à renforcer les échanges de savoir-faire et à soutenir le développement de chaînes d’approvisionnement alimentaires plus résilientes et innovantes.

Ces accords témoignent du rôle croissant de Vision Golfe en tant que catalyseur de partenariats concrets entre la France et les pays du Golfe. Alors que les économies de la région poursuivent leur transformation dans le cadre de stratégies ambitieuses telles que la Vision 2030 saoudienne ou les plans de diversification économique des Émirats arabes unis et de Bahreïn, le forum apparaît plus que jamais comme un espace privilégié pour construire des collaborations durables, fondées sur l’innovation, l’investissement et la confiance mutuelle.


Troisième édition du « French-Saudi youth business club »: un dialogue portée par l’innovation la culture et la jeunesse

Rahma Alazhrani et Caroline Petroque- Gomer s’exprimant ensemble lors de la rencontre. (Photo Arlette Khouri)
Rahma Alazhrani et Caroline Petroque- Gomer s’exprimant ensemble lors de la rencontre. (Photo Arlette Khouri)
  • Dans le prolongement de l’événement « Vision Golfe », cette rencontre a rassemblé entrepreneurs, institutions et jeunes talents autour d’une ambition commune : construire des partenariats durables tournés vers l’avenir
  • Au cœur des échanges, la transformation profonde engagée par l’Arabie saoudite dans le cadre de la Vision 2030 a occupé une place centrale, comme l’a souligné Axel Baroux, directeur régional de Business France pour le Moyen-Orient

PARIS: La troisième édition du « French-Saudi Business Youth », qui s’est tenue à Paris à l’Institut du monde arabe, a confirmé la vitalité du dialogue entre la France et l’Arabie saoudite.

Dans le prolongement de l’événement « Vision Golfe », cette rencontre a rassemblé entrepreneurs, institutions et jeunes talents autour d’une ambition commune : construire des partenariats durables tournés vers l’avenir.

Au cœur des échanges, la transformation profonde engagée par l’Arabie saoudite dans le cadre de la Vision 2030 a occupé une place centrale, comme l’a souligné Axel Baroux, directeur régional de Business France pour le Moyen-Orient.

« Ce dialogue ne cesse de se renforcer et de se structurer autour de stratégies ambitieuses », a-t-il souligné, en insistant sur le fait que le Royaume connaît « une transformation économique majeure, portée par des projets gigantesques, un développement culturel affirmé et des investissements massifs dans de nombreux secteurs ».

Dans ce contexte, les entreprises françaises disposent d’une opportunité stratégique. Business France joue un rôle clé en facilitant leur implantation, en identifiant les bons partenaires locaux et en accompagnant leur développement sur le long terme.

Les secteurs concernés sont nombreux : infrastructures, énergie, technologies, environnement, mais aussi industries culturelles.

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Le fondateur et président du « French Saudi Hoth Business Club » prononçant un mot d’ouverture. (Photo Arlette Khouri)

La dimension culturelle a également été largement mise en avant. Plusieurs interventions ont rappelé que l’architecture constitue souvent « la première impression qu’un visiteur perçoit d’un pays ».

Elle ne se limite pas à la construction de bâtiments, mais reflète une identité, une histoire et une vision. En Arabie saoudite, les nouveaux projets intègrent cette dimension en cherchant à préserver l’authenticité culturelle tout en accompagnant la modernisation.

Cette approche se traduit par une volonté de créer des espaces où « culture et hospitalité » occupent une place centrale.

Les projets sont conçus pour offrir une expérience globale, mêlant patrimoine, innovation et qualité d’accueil, dans le but de construire des environnements qui ne soient pas seulement fonctionnels, mais également porteurs de sens et d’émotion.

La coopération franco-saoudienne s’inscrit pleinement dans cette logique, et l’expertise française, notamment dans les domaines de l’architecture, du design et de la culture, est perçue comme une source d’inspiration et un partenaire naturel pour accompagner ces transformations.

Par ailleurs, les témoignages d’entrepreneuses engagées dans la cybersécurité ont apporté un éclairage concret sur les conditions de réussite de cette coopération.

Elles ont rappelé que « la cybersécurité repose avant tout sur la confiance : confiance dans les données, dans les outils et dans les partenaires ».

Construire cette confiance suppose de prendre le temps de comprendre les contextes culturels et les modes de fonctionnement de chacun, car « avant de faire du business, il faut comprendre qui nous sommes et avec qui nous travaillons », ont-elles souligné.

Trois idées fortes se dégagent de cette rencontre : la complémentarité des profils, la nécessité de comprendre les contextes et l’importance de la résilience.

Dans un environnement en mutation rapide, tous les projets n’avancent pas au même rythme, mais la persévérance reste essentielle.

Enfin, la jeunesse apparaît comme un moteur fondamental de cette dynamique. Au-delà de l’âge, elle incarne un état d’esprit fait de curiosité, d’ouverture et de capacité d’adaptation. Elle est appelée à jouer un rôle clé dans la construction de passerelles entre les deux pays.


De la sécurité hydrique à l’IA, Vision Golfe trace la prochaine étape de la coopération France-GCC

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  • Vision Golfe 2026 a mis en lumière l’attention croissante portée par la France et les pays du Golfe à la résilience, à la souveraineté et à la compétitivité, par des discussions consacrées surtout à la sécurité hydrique et à l’intelligence artificielle
  • Au-delà des débats stratégiques, les nombreuses rencontres B2B et B2G ont souligné la volonté du forum de favoriser des partenariats concrets, des investissements et une coopération économique durable

PARIS: La résilience stratégique s’est imposée comme le thème central de la première journée de Vision Golfe 2026, qui a réuni à Paris des décideurs politiques français et du Golfe, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Placée sous le thème « De la coopération à la transformation », cette édition du forum a mis en avant une ambition commune : dépasser les relations économiques traditionnelles pour construire des partenariats plus profonds, capables de soutenir la compétitivité à long terme, une croissance durable et la souveraineté économique.

Le forum s’est ouvert avec les interventions de Louis Margueritte, directeur général de Business France, des ministres français Roland Lescure et Nicolas Forissier, ainsi que les allocutions de Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales chargé des affaires minières, et de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français. Tous ont souligné l’importance stratégique croissante de la coopération entre la France et les pays du Golfe dans des domaines allant de l’investissement et du développement industriel à la souveraineté économique et à la croissance de long terme.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, les ruptures technologiques et les pressions croissantes sur les ressources critiques, les discussions ont porté tout au long de la journée sur les moyens de renforcer la résilience grâce à la coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, des infrastructures et du capital humain. 

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Roland Lescure, ministre français de l’Économie. (Photo fournie)

Compétitivité économique et autonomie stratégique

Un thème récurrent a émergé au fil des échanges : le lien croissant entre compétitivité économique et autonomie stratégique.

Qu’il s’agisse des ressources critiques, des infrastructures numériques, des capacités industrielles ou des chaînes d’approvisionnement, les intervenants ont souligné que la résilience économique dépend de plus en plus de la capacité à réduire les vulnérabilités tout en préservant des partenariats internationaux solides.

La notion de souveraineté dépasse désormais les seules considérations de sécurité pour englober l’accès aux technologies, aux talents, aux financements et à des écosystèmes industriels résilients. 

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Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)

Cette vision élargie de la résilience a constitué le fil conducteur de plusieurs discussions de la journée.

Lors du panel intitulé « Sécurité hydrique, décarbonation et souveraineté : des stratégies intégrées pour une gestion circulaire des ressources », la question de l’eau s’est imposée comme un enjeu central des stratégies économiques.

Les échanges ont montré que la sécurité hydrique n’est plus perçue uniquement comme un défi environnemental ou infrastructurel, mais comme un pilier stratégique du développement économique, de la croissance industrielle, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique.

Le panel réunissait Abdullah Bin Tuwaym, directeur des transactions à la Saudi Water Partnership Company (SHARAKAT), Mohammed Al-Zuabi, directeur général de Marafiq, Luis de Lope, directeur général de SAUR International, et Iheb Triki, cofondateur et directeur général de Kumulus Water.

Les discussions ont porté sur l’évolution des partenariats public-privé, le financement des infrastructures durables, le rôle des technologies numériques dans la gestion des services publics et l’importance croissante de l’économie circulaire dans la gestion des ressources.

Les intervenants ont souligné que les pays du GCC ont fait de la sécurité hydrique une priorité stratégique nationale grâce à des investissements dans le dessalement, le traitement des eaux usées et les infrastructures de services publics avancées. L’attention se porte désormais davantage sur l’efficacité, la réutilisation de l’eau, les technologies décentralisées et le renforcement de la coopération public-privé afin de consolider la souveraineté des ressources à long terme.

Complémentarité des atouts de la France et du Golfe

Ces échanges ont illustré une prise de conscience plus large parmi les acteurs français et du Golfe : la sécurité des ressources est devenue une composante essentielle de la résilience économique.

Si l’eau symbolise le défi de la rareté, l’intelligence artificielle a été présentée comme l’une des plus grandes opportunités de croissance pour les années à venir.

Le panel « IA et technologies émergentes : construire un leadership franco-golfique dans la course mondiale à l’innovation » a examiné la manière dont les deux régions peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique mondial de plus en plus compétitif.

Les intervenants ont insisté sur le fait que l’IA n’est plus seulement une question d’innovation. Elle est devenue un facteur stratégique influençant la productivité, la compétitivité industrielle, les services publics et les capacités technologiques nationales.

Les discussions ont mis en évidence la complémentarité des atouts des deux régions. La France apporte des institutions de recherche de premier plan, un savoir-faire industriel et des écosystèmes d’innovation reconnus, tandis que les pays du Golfe disposent de stratégies nationales ambitieuses, d’importantes capacités d’investissement et d’une forte capacité de déploiement à grande échelle.

Selon les participants, un renforcement de la coopération permettrait d’accélérer l’innovation, d’attirer les talents et de consolider la souveraineté technologique à un moment où la compétition mondiale pour les technologies avancées s’intensifie.

La question de la résilience a également occupé une place importante lors du panel « Corridors stratégiques : renforcer la connectivité et la résilience dans la logistique mondiale », animé par Ali Itani, responsable d’Arab News France et Japon.

Réunissant Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président de la République française pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), Charles-Emmanuel de Beauregard (QNB), Alexandre Joseph (Bahri) et Poul Hestbaek (Folk Maritime Services Company), cette discussion a mis en lumière l’importance croissante des réseaux de transport et de logistique.

Les perturbations récentes du commerce mondial ont révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, poussant gouvernements et entreprises à repenser les flux de marchandises, d’énergie et de ressources stratégiques entre les régions.

Les intervenants ont souligné que les corridors de transport, les routes maritimes et les plateformes logistiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques au service de la sécurité économique et de la compétitivité.

Selon eux, le renforcement de la connectivité entre l’Europe et le Golfe sera essentiel pour soutenir les échanges commerciaux, les investissements et le développement industriel à venir.

Si les discussions ont largement porté sur les technologies, les infrastructures et les ressources, les intervenants ont rappelé à plusieurs reprises que la transformation de long terme repose avant tout sur le capital humain.

Les systèmes éducatifs, le développement des compétences et la formation professionnelle doivent évoluer pour répondre aux besoins d’économies en mutation rapide.

Les participants ont souligné l’importance de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents tout en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences.

Alors que la France et les pays du Golfe poursuivent d’ambitieuses stratégies de diversification économique, le capital humain apparaît comme un levier essentiel de compétitivité et d’innovation. 

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Des responsables politiques français et du Golfe, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs réunis à Paris à l’occasion de Vision Golfe 2026 pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. (Photo fournie)

Parallèlement aux sessions de conférence, une série de rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et institutions publiques (B2G) s’est tenue tout au long de la journée, renforçant la dimension concrète et opérationnelle du forum.

Si les discussions ont couvert des sujets aussi variés que la gestion de l’eau, l’intelligence artificielle, la logistique ou encore l’éducation, un même constat s’est imposé lors de cette première journée de Vision Golfe 2026 : la compétitivité économique de demain reposera sur des partenariats plus étroits dans les secteurs stratégiques.

À mesure que le forum se poursuit, l’attention devrait progressivement se déplacer de l’identification des priorités communes vers la mise en œuvre de projets, d’investissements et de collaborations capables de transformer ces ambitions en réalisations concrètes pour la France comme pour les pays du Golfe.