Casa Fashion Show: une soirée aux mille et une stars

Une fois de plus, le Casa Fashion Show s’est offert un casting de choix, avec la présence de Slimane et Vitaa.
Une fois de plus, le Casa Fashion Show s’est offert un casting de choix, avec la présence de Slimane et Vitaa.
Short Url
Publié le Jeudi 24 juin 2021

Casa Fashion Show: une soirée aux mille et une stars

  • Le Fashion Show de Casablanca a fait son grand retour, ce week-end, après plus d’un an et demi d’absence, avec comme thème Les Mille et Une Nuits
  • Une fois de plus, le Casa Fashion Show s’est offert un casting de choix, avec la présence de Slimane et Vitaa

CASABLANCA: Tout comme de nombreux événements culturels, le Fashion Show de Casablanca a fait son grand retour, ce week-end, après plus d’un an et demi d’absence. Et c’est dans l’un des hôtels les plus prestigieux de la capitale économique marocaine que l’événement s’est tenu. Pour mieux respecter les mesures sanitaires, la soirée a eu lieu dans un espace beaucoup plus grand qu’à l’accoutumée. Un chapiteau décoré, pour l’occasion, aux couleurs orientales.

photo
«La mode occupe une grande place dans nos vies, on fait beaucoup de selfies (rires). On se partage nos photos. En fait, on a essayé de vraiment travailler l'image de VersuS ensemble, en connexion. On aime la mode quoi… », confie Vitaa. (Fournie).

Et pour cause, les organisateurs de cette seizième édition ont misé sur le thème des Mille et Une Nuits. Un voyage orchestré par Kenza Cheddadi, fondatrice du Casa Fashion Show, et Hakim Ghorab. Le directeur artistique de l’événement s’est occupé de la scénographie, des chorégraphies, des costumes, des mannequins, ou encore du choix de la musique.

L’Afrique a un incroyable talent!

Cette année encore, plusieurs marques de prêt-à-porter et une dizaine de créateurs ont répondu présents à ce show exceptionnel. Des stylistes marocains et étrangers qui ont dévoilé leurs dernières collections. Ainsi, pour sa première participation, la styliste casablancaise, Ghita Lahrichi, a proposé 13 looks tout en noir, sa couleur favorite. Des créations chics et festives, travaillées en brocart et en crêpe, agrémentées de couleurs métalliques pour marquer le contraste.

photo
Cette année encore, plusieurs marques de prêt-à-porter et une dizaine de créateurs ont répondu présents à ce show exceptionnel. (Fournie).

Dans un tout autre style, sa compatriote Lamia Lakhsassi a fait forte impression. Sa collection Ligne 13, véritable bijou de la mode africaine, est sortie du lot. Pourtant, c’est la première fois que la designer, grande habituée des caftans – elle évolue dans ce milieu depuis vingt-deux ans – révèle une ligne de prêt-à-porter. Des robes et ensembles inspirés de la culture marocaine, et de celle du continent africain en général. Une collection que la créatrice qualifie de «retour à notre identité, à nos origines». 

Parmi les invités de marque, Adama Paris, marraine de l’événement, n’est pas passée inaperçue. L’initiatrice de la Dakar Fashion Week et de la Black Fashion Week assistait  à son premier événement du genre depuis le début de la pandémie. «Je suis extrêmement contente de revoir les gens de pouvoir les toucher. Beaucoup considèrent d’habitude les défilés comme quelque chose de très superficiel, mais c'est culturel. Ce ne sont pas les politiciens qui sont nos ambassadeurs. Si demain vous demandez aux passants dans la rue les noms de deux ou trois personnes importantes, ils vous citeront une personne du monde culturel. Ce sont des gens qui vendent plus que ce qu'on peut acheter.» 

photo
À l’instar de Miss France 2021, Amandine Petit, qui a été séduite pour sa première au Maroc. «Ça me fait extrêmement plaisir d’être ici. C'est la première fois que je défile pour des créateurs, pour des maisons, surtout au Maroc», confie-t-elle. (Fournie).

L’entrepreneuse sénégalaise, n’est pas venue les mains vides. Celle qui baigne dans cet univers depuis dix-neuf ans a présenté une collection haut en couleur. Habillées par Adama Paris, les mannequins ont fièrement défilé sur le catwalk, accompagnées par le titre Avant toi, de Slimane et Vitaa. À l’instar de Miss France 2021, Amandine Petit, qui a été séduite pour sa première au Maroc. «Ça me fait extrêmement plaisir d’être ici. C'est la première fois que je défile pour des créateurs, pour des maisons, surtout au Maroc. C'est quand même sacrément chouette. On a été très bien coachées. Toutes les filles m'ont donné des petits conseils pour que tout se passe bien lors du défilé», confie-t-elle à Arab News en Français.

photo
Habillées par Adama Paris, les mannequins ont fièrement défilé sur le catwalk, accompagnées par le titre Avant toi, de Slimane et Vitaa. (Fournie).

Un casting étoilé  

Une fois de plus, le Casa Fashion Show s’est offert un casting de choix, avec la présence de Slimane et Vitaa. Le duo, qui a vendu le plus d’albums en France en 2020, a fait le spectacle sur le podium. Le rendez-vous, qui allie mode et musique, semblait être taillé sur mesure pour eux. «On aime tous les deux la mode, et nous essayons de l’associer à chaque prestation, donc c'est un plaisir d'être là, et de soutenir cet événement qui a lieu malgré la pandémie», explique avec ferveur le chanteur français.

«La mode occupe une grande place dans nos vies, on fait beaucoup de selfies (rires). On se partage nos photos. En fait, on a essayé de vraiment travailler l'image de VersuS ensemble, en connexion. On aime la mode quoi… », confie Vitaa.

photo
C’est la première fois que la designer Lamia Lahsassi grande habituée des caftans révèle une ligne de prêt-à-porter. (Fournie)

C’est d’ailleurs la deuxième fois que les artistes participent au Fashion Show de Casablanca, mais la première en duo. L’occasion pour eux d’interpréter les tubes de leur dernier album, et de se mettre sur leur trente-et-un. Une habitude pour Slimane et Vitaa qui, sur scène, dans leurs clips ou dans la vie de tous les jours, sont toujours à la pointe de la mode.  

«On a été tous les deux un peu complexés, et je crois que la mode, ça aide à se sentir mieux.  Je sais que depuis tout jeune, les vêtements, ça m'a permis de plus m'assumer, de m'exprimer, et de me sentir bien dans mes pompes. C'est pour ça que j'aime beaucoup la mode», affirme l’interprète de Nous deux.

Les deux amis, à la ville comme à la scène, qui enchaînent les allers-retours entre Paris et Marrakech, ont  été conquis par le thème de cette édition, et le monde oriental en général. 

«C'est magique, ça évoque le Maroc, le désert. Plein de choses qui sont ici tellement présentes, et qu'on aime. Je trouve que l'art marocain est magnifique. Je suis amoureuse du Maroc, je construis même ma maison ici. Les Mille et Une Nuits pour moi, ce sont les tissus, les parfums, les couleurs, et là, tout y est…», raconte Vitaa avec enthousiasme.

Carton plein, donc, pour le grand retour de cet évènement. Et ce n’est pas terminé! Les organisateurs sont d’ores et déjà sur le qui-vive pour préparer la prochaine édition, qui aura lieu en octobre prochain, avec en prime une surprise. Dès la rentrée, le Casa Fashion Show sera accompagné pour la première fois du Casa music show. Un showcase inédit avec comme invité d’honneur une star de la chanson, dont le nom n’a pas encore été dévoilé… Affaire à suivre!


Un nouveau chapitre culturel franco-saoudien : le cinéma s’invite à Villa Hegra

Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Short Url
  • Villa Hegra lance un programme international d’écriture de scénarios à AlUla, renforçant la coopération culturelle franco-saoudienne autour du cinéma
  • Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui ambitionne de faire d’AlUla un nouveau pôle régional de création cinématographique

Paris : À AlUla, oasis minérale nichée dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, le temps semble suspendu entre vestiges antiques et ambitions futuristes, et c’est ici que Villa Hegra, résidence d’artistes inaugurée en 2025, ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire en accueillant une nouvelle activité : le cinéma.

À l’occasion du Festival de Cannes 2026, la résidence annonce le lancement d’un programme international d’écriture de scénarios, en partenariat avec Film AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), une initiative qui marque l’entrée officielle du septième art dans l’ADN d’AlUla et, plus largement, dans la stratégie d’influence du royaume.

Depuis sa création, Villa Hegra s’est imposée comme un symbole du dialogue culturel entre la France et l’Arabie saoudite, dans des domaines tels que les arts visuels, la recherche et le spectacle vivant.

L’arrivée du cinéma constitue donc une extension presque naturelle, car, plus que tout autre art, le cinéma est un carrefour entre l’écriture, l’image, la musique, la mémoire et le regard sur le monde.

En lançant la résidence “The Art of Shaping Film Ideas”, Villa Hegra ne se contente pas d’ajouter une corde à son arc, mais se positionne comme un lieu où se fabriquent les récits de demain.

Le choix de s’appuyer sur des partenaires comme le Groupe Ouest et le programme (LIM) Less is More fait écho à l’expertise de ce groupe dans l’accompagnement des auteurs et traduit une ambition claire : privilégier la qualité des histoires avant même leur mise en production.

Ce qui frappe dans cette résidence, c’est aussi sa géographie, puisque le programme se déploie entre la Bretagne, au nord de la France, et AlUla, deux territoires que le cinéma tente de rapprocher.

Ce dialogue entre deux lieux marqués par des paysages rocheux puissants définit l’ambition du projet, qui est de faire se rencontrer des imaginaires, croiser des sensibilités et créer des ponts là où il n’y en avait pas.

Pour comprendre pleinement la portée de cette initiative, il faut la replacer dans le cadre plus large de la transformation que vit l’Arabie saoudite depuis quelques années, dans laquelle le cinéma s’impose comme l’un des piliers de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans le cadre de cette stratégie, la réouverture des salles de cinéma en 2018, après plus de trois décennies d’interdiction, a constitué un tournant qui a enclenché des investissements dans des studios de tournage, des festivals internationaux et la formation des talents.

Longtemps perçue comme un décor spectaculaire capable d’accueillir des tournages internationaux grâce à ses paysages uniques, AlUla se dote donc d’une nouvelle ambition : transformer ce décor en laboratoire.

Avec Villa Hegra, les studios de production et désormais cette résidence d’écriture, AlUla cherche à devenir un lieu où l’on pense le cinéma. En accompagnant les cinéastes dès la genèse de leurs projets, la résidence entend faire émerger des histoires capables de circuler, de toucher et de faire rêver.

Depuis l’accord intergouvernemental de 2018 ayant conduit à la création d’AFALULA, les collaborations se sont multipliées dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme. Le cinéma apparaît aujourd’hui comme un prolongement naturel de cette coopération.

Il offre un terrain d’échange où l’expertise française, notamment en matière d’écriture et de formation, rencontre les ambitions saoudiennes, qui ne pourront s’accomplir que sur le long terme, car la construction d’une identité cinématographique nécessite un temps de maturité.


Em Sherif Monte-Carlo, une escale libanaise incontournable sur la Côte d’Azur

 Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Short Url
  • Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle
  • Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août

MONACO: Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine, poursuit son hommage à la cuisine libanaise avec une carte enrichie de nouvelles créations et une expérience immersive mêlant saveurs, musique et art de vivre oriental.

Fondé en 2011 par Mireille Hayek, le groupe Em Sherif s’est imposé comme l’un des ambassadeurs de la gastronomie libanaise à travers le monde, avec des établissements à Beyrouth, Londres et Doha. Depuis l’ouverture monégasque en 2022, la table est dirigée par Yasmina Hayek, fille de la fondatrice et diplômée de l’Institut Paul Bocuse.

Sous sa direction, le restaurant continue de faire évoluer sa carte tout en préservant l’ADN culinaire de la maison : une cuisine généreuse, raffinée et profondément ancrée dans les traditions libanaises.

Parmi les nouveautés de cette saison figure « The Lobster », des brochettes de queue de homard bleu mariné accompagnées d’un condiment au fenouil, mais aussi « Le Lahmeh Black Angus », des brochettes de bœuf Black Angus relevées d’un chimichurri au zaatar. Le « Shawarma Lahmeh », un jarret d’agneau confit servi avec des artichauts et de la coriandre, revisite quant à lui un classique du Levant dans une version gastronomique.

La carte fait également la part belle aux mezzés, incontournables de la table libanaise. Houmous, moutabal d’aubergines grillées, Batata Harra épicées ou encore halloumi grillé aux tomates rôties composent une sélection pensée pour le partage et la convivialité.

Les desserts prolongent ce voyage culinaire avec le célèbre « Baklawa Em Sherif », croustillant et généreusement garni de pistaches, mais aussi le Meghli, pudding épicé à base de farine de riz et de fruits secs. Plus contemporain, le « Coconut Riz bi Halib » associe riz au lait à la noix de coco, mangue, fruit de la passion et sorbet à la cardamome.

Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle. Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août.

Le Chicha Lounge Bar complète cette immersion orientale avec une sélection de saveurs et de cocktails signatures, proposés avec ou sans alcool. Parmi eux, le « Beirut Mule », mêlant rhum, arak et agrumes, « Oasis on the Rock » à base de gin, thé vert, gingembre et verveine, ou encore le « Rose Royale », associant Champagne, Saint-Germain, citron vert et rose.

Cette saison, le restaurant entend également séduire les amateurs de sport : certains matchs de la FIFA World Cup 2026 seront retransmis dans l’espace lounge.


France: entre nécessité et impuissance, des auteurs libanais au défi de raconter la guerre

L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore.  "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore. "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
Short Url
  • "Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique"
  • En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années"

RENNES: Entre une vie quotidienne en apparence normale à Beyrouth et le bourdonnement des drones, des auteurs libanais, mis à l'honneur au festival français Etonnants voyageurs, racontent leur difficulté à écrire, tiraillés entre le besoin de témoigner et l'impuissance face à une guerre insaisissable.

"Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique de décisions déjà prises".

En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années", tempère l'autrice à l'AFP.

Comme elle, d'autres auteurs peinent à mettre en récit l'"imprévisible" conflit qui oppose aujourd'hui Israël au Hezbollah libanais.

Si l'illustratrice Michèle Standjofski revendique une démarche  consistant à " raconter ce que l'on voit et ce que l'on vit " dans sa BD "Et toi, comment ça va ?", qui met en dessin ses correspondances avec le dessinateur Charles Berberian, l'écrivain Charif Majdalani cherche à en saisir les banalités du quotidien  que l'actualité ignore.

"Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier.

"Car de cette guerre-là, poursuit-il, personne n'en sait absolument rien, ni ce qui se trame, ni ce qu'il y a dessous, ni ce qu'il y a derrière..., on n'en sait rien, ce n'est donc pas la peine de gloser sans arrêt".

Prendre du recul 

Ecrire ou dessiner devient également une manière de prendre du recul face à une réalité écrasante. Michèle Standjofski voit dans le dessin un processus lent et apaisant, qui permet à la fois d'exprimer la colère et de retrouver une forme de calme.

"C'est ce qui manque malheureusement aujourd'hui quand on parle de ce qui se passe dans cette région du monde", déplore-t-elle.

" Pour l'instant, ce n'est pas possible de poser des mots" sur ce qui se passe , estime Hala Moughanie, qui dit observer et "absorber " la situation - "mais je sais que cela va m'amener à écrire".

Au Liban, cette difficulté à dire s'inscrit aussi dans une histoire plus longue . "On n'est pratiquement jamais sortis de la guerre ", rappelle Michèle Standjofski, évoquant la succession de conflits et de crises qui ont jalonné l'histoire du pays et nourrissent un sentiment permanent d'instabilité.

Face à cette complexité, les auteurs interrogés par l'AFP revendiquent avant tout une posture modeste. "Si vous avez compris quelque chose au Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué ", résume Mme Standjofski, consciente des limites de toute tentative de synthèse.

Une difficulté d'autant plus grande que la guerre se mêle au quotidien  puisque dans la capitale Beyrouth, raconte Charif Majdalani, si la vie est "actuellement tout à fait normale", l'auteur explique être sous le bourdonnement permanent de drones au-dessus des têtes.

Dans ce contexte, et sans prétendre dire la vérité d'un pays fragmenté, Michèle Standjofski s'attache à témoigner " à [sa] petite hauteur ", avec son regard et sa sensibilité, ce qu'il se passe dans son pays.

Une approche que partage Hala Moughanie, qui cherche à englober " autant que possible toutes les nuances " d'un Liban éclaté, composé d'une multitude de réalités sociales et de communautés, sans le réduire à un récit unique.