Biden reçoit le président afghan pour évoquer le retrait américain

Le président américain Joe Biden reçoit vendredi son homologue afghan Ashraf Ghani pour évoquer l'avenir de l'Afghanistan au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d'immense incertitude. Win McNamee/Getty Images/AFP
Le président américain Joe Biden reçoit vendredi son homologue afghan Ashraf Ghani pour évoquer l'avenir de l'Afghanistan au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d'immense incertitude. Win McNamee/Getty Images/AFP
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Publié le Vendredi 25 juin 2021

Biden reçoit le président afghan pour évoquer le retrait américain

  • Les questions sont nombreuses et vertigineuses: les talibans s'empareront-ils de Kaboul après le départ des derniers soldats occidentaux?
  • Les deux dirigeants doivent se retrouver dans l'après-midi dans le Bureau ovale pour évoquer ces dossiers épineux.

WASHINGTON: Le président américain Joe Biden reçoit vendredi son homologue afghan Ashraf Ghani pour évoquer l'avenir de l'Afghanistan au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d'immense incertitude.

Objectif affiché de la Maison Blanche: travailler étroitement avec le gouvernement de Kaboul pour s'assurer que l'Afghanistan "ne redevienne jamais un refuge pour des groupes terroristes qui représentent une menace pour le territoire américain".

Mais les questions sont nombreuses et vertigineuses: les talibans s'empareront-ils de Kaboul après le départ des derniers soldats occidentaux? Comment la sécurité des diplomates occidentaux - et de l'aéroport de la capitale - sera-t-elle assurée? Que deviendront les milliers d'Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines comme interprètes?

Les deux dirigeants doivent se retrouver dans l'après-midi dans le Bureau ovale pour évoquer ces dossiers épineux. Fait notable: aucune conférence de presse n'est prévue à l'issue de la rencontre. 

Joe Biden a décidé en avril de retirer les 2.500 militaires américains encore présents en Afghanistan. 

Il a fixé comme date-butoir le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats ayant conduit Washington à renverser le régime des talibans qui abritaient les jihadistes d'Al-Qaïda.

Washington martèle sa volonté de continuer à "soutenir le peuple afghan".

Jeudi, la Maison Blanche a annoncé l'envoi de trois millions de doses de vaccin Johnson & Johnson pour aider le pays à faire face à la pandémie de Covid-19.

Mais nombre d'élus et d'experts redoutent que les insurgés ne reprennent le contrôle du pays et imposent un régime fondamentaliste proche de celui qu'ils avaient mis en place entre 1996 et 2001.

De surcroit, Ashraf Ghani apparaît de plus en plus isolé. "Il n'écoute plus que trois ou quatre personnes, dont son chef de cabinet, son conseiller à la sécurité nationale et bien sûr son épouse", assure, sous couvert d'anonymat, un diplomate occidental à Kaboul, décrivant un homme qui "se méfie de tout le monde".

"Ghani n'a pas beaucoup de légitimité dans son pays" et a plus que jamais besoin de "reconnaissance internationale", résume Andrew Watkins, de l'International Crisis Group.

S'il espère toujours convaincre les talibans d'accepter un rôle dans un gouvernement intérimaire d'union nationale, les insurgés, encouragés par leurs succès militaires, semblent peu enclins à négocier.

Le retrait américain a été jusqu'ici mené tambour battant, alimentant les spéculations sur son achèvement dès juillet, bien avant la date-butoir du 11 septembre.

Evacuation vers Guam?

Le sort des quelque 18.000 Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines, qui redoutent des représailles si les talibans reviennent au pouvoir à Kaboul, fait l'objet d'une attention particulière à Washington.

"Nous n'abandonnerons pas ceux qui nous ont aidé", a assuré jeudi Joe Biden.

Ces Afghans espèrent décrocher un visa d'immigration vers les Etats-Unis, mais les procédures sont lourdes et longues. 

La Maison Blanche a indiqué qu'elle envisageait d'évacuer certains d'entre eux avant le retrait complet des troupes afin qu'ils soient en sécurité pendant la période d'examen de leur demande de visa.

Mais nombre de détails restent à régler: ni le nombre de personnes concernées ni leur destination n'ont à ce stade été précisés.

L'île de Guam, dans le Pacifique, fait partie des hypothèses évoquées ces dernières semaines par des élus et des organisations de défense des droits humains.

Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, négociateur en chef du gouvernement dans les pourparlers avec les talibans, sont arrivés jeudi à Washington et ont rencontré des membres du Congrès.

Le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell a déploré, après cette rencontre, la décision de Joe Biden, espérant que le retrait des troupes américaines soit retardé.

"Les talibans, enhardis par notre retraite, vont revenir sur des années de progrès, en particulier pour les droits des femmes afghanes", a-t-il déploré, redoutant les conséquences "tragiques" de la possible chute de Kaboul peu après le départ des derniers soldats américains.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.