Biden reçoit le président afghan en plein retrait américain

La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, D-Calif., organise une réunion de direction bipartite avec le président afghan Ashraf Ghani (g) au Capitole, à Washington, DC, le 25 juin 2021. (Jim Watson / AFP)
La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, D-Calif., organise une réunion de direction bipartite avec le président afghan Ashraf Ghani (g) au Capitole, à Washington, DC, le 25 juin 2021. (Jim Watson / AFP)
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Publié le Vendredi 25 juin 2021

Biden reçoit le président afghan en plein retrait américain

La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, D-Calif., organise une réunion de direction bipartite avec le président afghan Ashraf Ghani (g) au Capitole, à Washington, DC, le 25 juin 2021. (Jim Watson / AFP)
  • Que deviendront les milliers d'Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines comme interprètes?
  • "Nous n'abandonnerons pas ceux qui nous ont aidé", a assuré jeudi Joe Biden

WASHINGTON : Le président américain Joe Biden reçoit vendredi son homologue afghan Ashraf Ghani pour évoquer l'avenir de l'Afghanistan au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d'immense incertitude.

Objectif affiché de la Maison Blanche: travailler étroitement avec le gouvernement de Kaboul pour s'assurer que l'Afghanistan "ne redevienne jamais un refuge pour des groupes terroristes qui représentent une menace pour le territoire américain".

Mais les questions sont nombreuses et vertigineuses: les talibans s'empareront-ils de Kaboul après le départ des derniers soldats occidentaux? Comment la sécurité des diplomates occidentaux - et de l'aéroport de la capitale - sera-t-elle assurée? Que deviendront les milliers d'Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines comme interprètes?

Depuis Paris, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a reconnu que les offensives des insurgés contre les forces de sécurité afghanes se multipliaient de manière inquiétante.

"Mais le statu quo n'aurait pas aidé, le statu quo n'était pas une option", a-t-il martelé, défendant la décision controversée du président démocrate.

Les deux dirigeants doivent se retrouver dans l'après-midi dans le Bureau ovale pour évoquer ces dossiers épineux. Fait notable: aucune conférence de presse n'est prévue à l'issue de la rencontre.

Joe Biden a décidé en avril de retirer les 2.500 militaires américains encore présents en Afghanistan. Il a fixé comme date-butoir le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats ayant conduit Washington à renverser le régime des talibans qui abritaient les jihadistes d'Al-Qaïda.

Washington martèle sa volonté de continuer à "soutenir le peuple afghan".

Jeudi, la Maison Blanche a annoncé l'envoi de trois millions de doses de vaccin Johnson & Johnson pour aider le pays à faire face à la pandémie de Covid-19.

Mais nombre d'élus et d'experts redoutent que les insurgés ne reprennent le contrôle du pays et imposent un régime fondamentaliste proche de celui qu'ils avaient mis en place entre 1996 et 2001.

De surcroit, Ashraf Ghani apparaît de plus en plus isolé et impuissant. "Il n'écoute plus que trois ou quatre personnes, dont son chef de cabinet, son conseiller à la sécurité nationale et bien sûr son épouse", assure, sous couvert d'anonymat, un diplomate occidental à Kaboul, décrivant un homme qui "se méfie de tout le monde".

"Ghani n'a pas beaucoup de légitimité dans son pays" et a plus que jamais besoin de "reconnaissance internationale", résume Andrew Watkins, de l'International Crisis Group.

S'il espère toujours convaincre les talibans d'accepter un rôle dans un gouvernement intérimaire d'union nationale, les insurgés, encouragés par leurs succès militaires, semblent peu enclins à négocier.

Le retrait américain a été jusqu'ici mené tambour battant, alimentant les spéculations sur son achèvement dès juillet, bien avant la date-butoir du 11 septembre.

- Evacuation vers Guam? -

Le sort des quelque 18.000 Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines, qui redoutent des représailles si les talibans reviennent au pouvoir à Kaboul, fait l'objet d'une attention particulière à Washington.

"Nous n'abandonnerons pas ceux qui nous ont aidé", a assuré jeudi Joe Biden.

Ces Afghans espèrent décrocher un visa d'immigration vers les Etats-Unis, mais les procédures sont lourdes et longues.

La Maison Blanche a indiqué qu'elle envisageait d'évacuer certains d'entre eux avant le retrait complet des troupes afin qu'ils soient en sécurité pendant la période d'examen de leur demande de visa.

Mais nombre de détails restent à régler: ni le nombre de personnes concernées ni leur destination n'ont à ce stade été précisés.

L'île de Guam, dans le Pacifique, fait partie des hypothèses évoquées ces dernières semaines par des élus et des organisations de défense des droits humains.

Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, négociateur en chef du gouvernement dans les pourparlers avec les talibans, sont arrivés jeudi à Washington et ont rencontré des membres du Congrès.

Le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell a déploré, après cette rencontre, la décision de Joe Biden, espérant que le retrait des troupes américaines soit retardé.

"Les talibans, enhardis par notre retraite, vont revenir sur des années de progrès, en particulier pour les droits des femmes afghanes", a-t-il déploré, redoutant les conséquences "tragiques" de la possible chute de Kaboul peu après le départ des derniers soldats américains.

 


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.

 

 


Trump se moque du couple Macron lors d'un déjeuner

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  • "Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire"
  • Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup

WASHINGTON: Donald Trump s'en est pris mercredi à Emmanuel et Brigitte Macron lors d'un déjeuner, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l'Otan à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre contre l'Iran.

"Macron, que sa femme traite extrêmement mal,… il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire", a déclaré le président américain dans une vidéo postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche qui en a ensuite fermé l'accès.

Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale, tournée en mai 2025 en Indonésie, montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage de son mari dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup.

Ces images avaient été largement exploitées sur les réseaux sociaux par des comptes hostiles au président français. Emmanuel Macron avait démenti toute "scène de ménage" et affirmé que cette petite chamaillerie n'était qu'un "moment de complicité".

La classe politique française s'est indignée jeudi matin de cette nouvelle déclaration irrespectueuse de Donald Trump.

"Franchement, c'est pas au niveau (...) On est en train de parler de l'avenir du monde, en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur les théâtres d'opérations et on a un président (américain) qui rigole, qui se moque des autres", a réagi la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet sur franceinfo.

"Vous connaissez l'ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable", a réagi le coordinateur de la France insoumise (gauche radicale), Manuel Bompard, sur BFMTV.

M. Trump a aussi affirmé avoir demandé au chef de l'État français un soutien militaire dans le Golfe: "J'ai dit: +Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d'aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d'élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques+".

Puis, imitant son homologue avec un accent français: "+Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée+".