Le gouvernement libanais lève progressivement les subventions, la livre poursuit sa dépréciation

Des véhicules font la file devant une station-service sur l'autoroute Beyrouth-Sidon, au sud de la capitale libanaise, le 24 juin 2021, à cause de graves pénuries de carburant. (Photo, AFP / Joseph Eid)
Des véhicules font la file devant une station-service sur l'autoroute Beyrouth-Sidon, au sud de la capitale libanaise, le 24 juin 2021, à cause de graves pénuries de carburant. (Photo, AFP / Joseph Eid)
Un technicien vérifie un tableau électrique reliant des maisons à des générateurs d'électricité dans une banlieue de Beyrouth, le 23 juin 2021. (Photo, AFP / Joseph Eid)
Un technicien vérifie un tableau électrique reliant des maisons à des générateurs d'électricité dans une banlieue de Beyrouth, le 23 juin 2021. (Photo, AFP / Joseph Eid)
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Publié le Samedi 26 juin 2021

Le gouvernement libanais lève progressivement les subventions, la livre poursuit sa dépréciation

  • Le Vatican rassemble les communautés chrétiennes du Liban pour former une vision commune
  • Les alliés du Hezbollah appellent leurs partisans à être «disciplinés sur les réseaux sociaux»

BEYROUTH :  Le Premier ministre libanais par intérim, Hassane Diab, a approuvé vendredi une proposition visant à financer les importations de carburant à un taux de 3 900 LL pour 1 $, au lieu du taux précédent de 1 500 LL, dans un contexte d'aggravation des pénuries d'essence.

La décision est susceptible d'augmenter considérablement le prix de l'essence, mais devrait atténuer temporairement la pénurie dans le pays.

Le prix d'une bonbonne de gaz devrait passer de 44 000 LL à plus de 60 000 LL.

Bassam Tlais, chef du Syndicat des transports terrestres, a averti : «Nous sommes sur le cratère d’un volcan de carburant. Ce qui est en train de se passer, c'est une levée progressive des subventions (qui) affectera négativement les conducteurs et le secteur des transports».

Le bureau des médias de Diab a déclaré : «Nous sommes aux portes de la saison estivale, qui augure d’une augmentation du flux des devises fortes vers le Liban avec l'arrivée d'expatriés et de touristes, ainsi que les résultats positifs qui en découlent».

Il a également annoncé dans un communiqué que Diab «a donné son approbation exceptionnelle de la proposition du ministre des Finances d'autoriser le financement de l'importation du carburant sur la base du taux de change du dollar de 3 900 LL au lieu de 1 500 LL, en s’appuyant sur l'article 91 de la loi monétaire et du crédit».

Le bureau du Premier ministre a signalé que la signature de la demande d'emprunt de la Banque du Liban (BdL) était nécessaire dans le but de couvrir la subvention du carburant.

Il a ajouté que cela « accompagnera l'approbation de la carte de financement dans les commissions parlementaires mixtes en vue de son lancement définitif lors d'une session parlementaire publique la semaine prochaine … pour garantir l’approvisionnement en carburant aux citoyens au cours des trois prochains mois».

Le taux de change du dollar, quant à lui, a franchi pour la première fois le seuil des 16000 LL pour un dollar sur le marché noir, s'échangeant entre 16300 et 16350 LL pour un 1 $ vendredi.

Dans le même jour, le maire de Borj Al-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, a exprimé son inquiétude face à l'incapacité des citoyens à assurer leur subsistance.

Atef Mansour a lancé un appel de détresse car «les circonstances ont dépassé la capacité humainement acceptable».

Mansour a déclaré à Arab News que «la situation est désastreuse et misérable dans tout le pays».

«Quand je parle au nom de ma région dans la banlieue sud de Beyrouth, je reflète sans aucun doute la vraie réalité du Liban».

Le maire a ajouté : «Aujourd'hui, une personne qui a besoin faire une opération chirurgicale est venue me demander 750 000 LL parce que le médecin a refusé de l’opérer sans recevoir ses honoraires à l'avance, malgré que le fait que le patient a une assurance maladie».

Il a précisé que les gens «manquent de médicaments et sont humiliés dans les stations-service. Les fonctionnaires sont entièrement absents sous un régime corrompu».

«La municipalité, qui alimente son fonds financier par les impôts sur les transactions financières et les permis de construction, est incapable de trouver des solutions. Les impôts sur les transactions financières ont chuté de 10 % après que les gens ont cessé de payer des impôts parce que leur priorité est d’acheter les produits alimentaires à leurs familles, et les opérations de construction ont aussi cessé».

Il a avoué que la municipalité a licencié plusieurs fonctionnaires parce que «nous ne pouvons plus payer leurs salaires».

Les commentaires du maire sont intervenus après que le Vatican a annoncé qu'une réunion sera organisée par le pape François avec des représentants des 10 confessions chrétiennes du Liban le 1er juillet.

Le ministre des Affaires étrangères du Vatican, l'archevêque Paul Gallagher, a déclaré vendredi lors d'une conférence de presse que «le Vatican à lui seul ne peut pas aider le Liban, et que toute la communauté internationale doit soutenir ce pays».

«Par la réunion du 1er juillet, nous voulons former une vision commune avec les chefs des différentes communautés afin que nous ayons une perception claire et que nous avancions au besoin».

Les mouvements de protestation qui sont revenus dans les rues se sont propagés ces deux derniers jours à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth et dans des villages et villes de la Bekaa et du sud du pays, considérés comme des bastions du Hezbollah.

Au milieu d'une aggravation de la crise politique et économique, le mouvement Amal et le Hezbollah ont appelé leurs partisans sur les réseaux sociaux «à adopter les plus hauts niveaux de discipline».

Ils ont également été invités à faire preuve «d'un esprit de fraternité, à rejeter la discrimination et à ne pas s'engager dans des arguments pouvant conduire à la division dans la même maison».

Des tentatives pour résoudre les différends internes entre les alliés du Hezbollah se sont manifestées vendredi à la suite d'un accord entre les responsables des médias sociaux du groupe et le Mouvement patriotique libre.

Ils ont souligné la nécessité d'une «relation étroite entre les deux parties».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne

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  • Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat)
  • Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza

GAZA: Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir ciblé les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et trois journalistes ont été tués, indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza.

"C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort d'Abdoul", écrit l'Agence France-Presse dans un communiqué, notant que "ses collègues se souviennent d'un homme généreux, doté d'un engagement journalistique profond".

L'AFP "exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort", notant que "trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l'accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible."

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, huit autres Palestiniens y ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.

"Crime de guerre" 

Sur la frappe ayant tué le collaborateur de l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir identifié "plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

Les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", a ajouté l'armée, précisant que les circonstances faisaient l'objet d'un "examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été visé.

"Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire", a noté un autre témoin, Mahmoud Azzam, interrogé par l'AFP près du lieu de la frappe, où des hommes en chasuble siglée du logo du Comité égyptien de secours fouillaient la carcasse d'une voiture calcinée.

"Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été pris pour cible lors d'une mission humanitaire", a dit Mohammed Mansour, porte-parole de cette organisation à Gaza-ville. Précisant que "tous les véhicules" du Comité portent son logo, il a dénoncé une frappe israélienne "criminelle".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l'agence avait été publié lundi.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées, des dizaines de personnes sont venues saluer leur mémoire.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, dénonçant une "politique systématique et délibérée" d'Israël pour "cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

"Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre", a déclaré dans un communiqué Martin Roux, responsable du desk Crises de l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

 "Dangers immenses" 

"Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d'être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours", a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre".

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé de tirs quotidiens, tandis que la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon RSF, "près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ciblés ou tués dans l'exercice de leur travail."

L'armée israélienne affirme elle que nombre de professionnels de la presse qu'elle reconnaît avoir éliminé étaient des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.


L’Arabie saoudite, la Turquie et six autres pays rejoignent le « Conseil de la paix » de Trump

Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
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  • Les huit pays ont réaffirmé dans leur déclaration commune leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à appuyer la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire

DAVOS : Un groupe de pays arabes et islamiques a annoncé mercredi qu’il rejoignait le nouveau « Conseil de la paix » proposé par le président américain Donald Trump, une initiative destinée à stabiliser et reconstruire la bande de Gaza.

Dans une déclaration commune, les ministères des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Indonésie, du Pakistan, du Qatar et des Émirats arabes unis ont indiqué avoir accueilli favorablement l’invitation de Trump à participer à ce conseil pour la paix à Gaza.

Les huit pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à soutenir la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire, dans le cadre d’un plan plus large visant à mettre fin au conflit à Gaza.

La mission du Conseil vise à « consolider un cessez-le-feu permanent, soutenir la reconstruction de Gaza et promouvoir une paix juste et durable fondée sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État, conformément au droit international, ouvrant ainsi la voie à la sécurité et à la stabilité pour tous les pays et peuples de la région », précise le communiqué.

S’exprimant mercredi en marge du Forum économique mondial à Davos, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré que la région évoluait dans la bonne direction.

« Je pense que ce qui se passe est remarquable », a-t-il confié à Arab News. « Tout le monde, je crois, travaille ensemble en faveur de la paix. Tous ont adhéré aux idées du président Trump concernant le “Conseil de la paix”, et je suis très optimiste. »

M. Witkoff a également déclaré que Téhéran devait venir s’asseoir à la table des négociations. « Cela doit arriver. C’est essentiel. Si l’Iran avance, alors la région avance aussi, et nous devons clarifier cela », a-t-il affirmé.

Depuis le déclenchement des manifestations antigouvernementales, Trump a exhorté à plusieurs reprises les dirigeants iraniens à mettre fin à la répression violente des manifestants, promettant des « mesures très fortes » si des exécutions avaient lieu. Il a également appelé les Iraniens à poursuivre les manifestations et à « prendre le contrôle des institutions ».

Mardi, les organisateurs du Forum de Davos ont annoncé que l’invitation adressée au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait été retirée, invoquant « la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines ».

M. Araghchi a condamné cette décision, accusant le Forum de faire preuve de « doubles standards flagrants ».

Pendant ce temps, les dirigeants européens présents à Davos semblaient plus sceptiques quant à une éventuelle participation au Conseil de la paix pour Gaza, plusieurs d’entre eux réfléchissant à décliner l’invitation.

D’autres annonces concernant la participation sont attendues jeudi, à l’issue d’une nouvelle phase de tractations diplomatiques à Davos, alors que les capitales évaluent l’impact potentiel du Conseil sur les efforts existants menés sous l’égide de l’ONU.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".