La dépréciation record de la monnaie libanaise provoque des heurts dans les grandes villes

Au centre ville de Beyrouth, les manifestants ont tenté de bloquer les routes à grand renforts de pneus brûlés. (Photo, AFP)
Au centre ville de Beyrouth, les manifestants ont tenté de bloquer les routes à grand renforts de pneus brûlés. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

La dépréciation record de la monnaie libanaise provoque des heurts dans les grandes villes

  • La monnaie nationale a atteint un plus bas inédit de 18000 LL pour un dollar au marché noir, alors que le taux officiel est de 1507 LL pour un dollar
  • Des manifestants en colère ont attaqué des agences de la Banque centrale et se sont rassemblés devant des domiciles de plusieurs responsables politiques

BEYROUTH : Des manifestants en colère au Liban ont tenté de prendre d'assaut samedi soir des agences de la Banque centrale dans deux grandes villes du pays, a rapporté l'agence nationale d'information ANI après une nouvelle dépréciation record de la monnaie nationale sur le marché noir.

Samedi après-midi, deux changeurs interrogés par l'AFP ont indiqué que le dollar s'échangeait à 17500 livres libanaises sur le marché noir, un troisième citant lui le chiffre de 17300 livres. Sur les réseaux sociaux, certains utilisateurs ont évoqué le seuil des 18000 livres.

A Tripoli (nord), des dizaines de manifestants ont défilé pour dénoncer la dépréciation et "les conditions de vie difficiles", selon ANI.

Des manifestants ont pu "arracher le portail en fer d'une agence de la Banque du Liban et pénétrer dans la cour extérieure", mais "l'armée les a empêchés" d'atteindre le bâtiment, selon la même source.

Ils ont aussi mis le feu au portail du Sérail, le siège du gouvernorat du Nord, selon une correspondante de l'AFP, tandis que des contestataires se sont rassemblés devant les domiciles de deux députés et ont tenté en vain de forcer le passage, malgré la présence de gardes.

"Quand les manifestants sont arrivés devant le domicile du député Mohamed Kabbara, des coups de feu ont été entendus, provoquant une bousculade, l'armée est intervenue pour (...) éloigner les protestataires", selon l'agence ANI.

A Saïda (sud), des manifestants ont également tenté de prendre d'assaut une agence de la Banque du Liban avant d'être repoussés par les forces de l'ordre, selon ANI.

Depuis le début de la crise à l'automne 2019, l'une des pires dans le monde depuis 1850 selon la Banque mondiale, la livre libanaise s'est effondrée face au billet vert.

Il y a à peine dix jours, elle avait atteint un plus bas historique, frôlant les 15.500 livres pour un dollar. Le taux officiel, observé depuis plus de deux décennies, est lui toujours fixé à 1.507 livres pour un dollar.

La crise s'accompagne actuellement d'une pénurie de carburant qui provoque des files interminables devant les stations essence.

Le pays connaît une explosion du chômage et de l'inflation, qui ont accéléré une paupérisation à grande échelle, la moitié de la population vivant désormais sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU.

Alors que le pays commémore le 4 août le premier anniversaire de l'explosion au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts, un nouveau gouvernement attendu depuis des mois n'a toujours pas été formé.


L'Arabie saoudite condamne l'attaque de drone près de la centrale nucléaire d'Abou Dhabi

 Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
Le ministère des affaires étrangères de l'Arabie saoudite a déclaré que l'attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales. (SPA)
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  • Ministère des Affaires étrangères : L'attentat menace la sécurité et la stabilité régionales
  • Le Koweït, le Bahreïn et le chef de la Ligue arabe expriment également leur condamnation

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné une attaque de drone qui a visé un générateur d'électricité aux Émirats arabes unis, situé à l'extérieur du périmètre de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d'Al-Dhafra, à Abou Dhabi.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que cette attaque menaçait la sécurité et la stabilité régionales, et a exprimé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et son soutien à toutes les mesures visant à préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur intégrité territoriale, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Les ministères des affaires étrangères du Koweït et de Bahreïn, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont également condamné l'attentat.

Le Koweït a déclaré que le fait de viser des installations nucléaires pacifiques constituait une violation flagrante du droit international et représentait un risque pour les civils, l'environnement et la sécurité.

Bahreïn a réaffirmé sa solidarité avec les Émirats arabes unis et a félicité les forces de défense aérienne d'Abou Dhabi pour leur réponse à la menace.

M. Aboul Gheit a exprimé son soulagement après les déclarations de l'Autorité fédérale de régulation nucléaire des Émirats arabes unis selon lesquelles l'incendie provoqué par l'attaque avait été circonscrit.

L'autorité "a confirmé que l'incendie n'a pas affecté la sécurité de la centrale ou l'état de préparation de ses systèmes essentiels, et que toutes les unités fonctionnent normalement".

Les Émirats arabes unis n'ont pas précisé qui avait lancé le drone ni son territoire d'origine.

L'attaque s'est produite pendant un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, alors que près de 40 pays préparent des efforts pour rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis fin février, ce qui a perturbé les marchés du pétrole et du gaz.


Le ministère de la défense saoudien annonce l'interception de trois drones en provenance de l'espace aérien irakien

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré que le Royaume prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité. (SPA)
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  • Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité
  • M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien

RIYAD: L'Arabie saoudite a déclaré dimanche avoir intercepté trois drones qui avaient pénétré sur son territoire depuis l'espace aérien irakien.

Le porte-parole du ministère de la Défense du Royaume, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu'il prendrait les mesures opérationnelles nécessaires pour répondre à toute tentative de violation de sa souveraineté et de sa sécurité.

M. Al-Maliki a ajouté qu'il prendrait également des mesures pour assurer la sécurité des citoyens et des résidents sur le territoire saoudien.

Bien que les hostilités dans le cadre du conflit iranien aient été largement réduites depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en avril, des drones ont été lancés depuis l'Irak en direction des pays du Golfe.


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.