Recrutements: à la pêche aux candidats sur TikTok, Instagram et autres Snapchat

L'entreprise d'intérim Proman est allée de son côté jusqu'à lancer une campagne sur... l'application de rencontres Tinder. Son directeur général Roland Gomez dit avoir ainsi récolté "2 000 candidatures supplémentaires" pour de la logistique. (Photo, AFP)
L'entreprise d'intérim Proman est allée de son côté jusqu'à lancer une campagne sur... l'application de rencontres Tinder. Son directeur général Roland Gomez dit avoir ainsi récolté "2 000 candidatures supplémentaires" pour de la logistique. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

Recrutements: à la pêche aux candidats sur TikTok, Instagram et autres Snapchat

  • Franck Magnan, co-fondateur de Bonanza, qui peut cibler les candidats en fonction par exemple de leurs centres d'intérêt, fait état d'une activité multipliée par 3 entre 2019 et 2020
  • A la SNCF, Catherine Woronoff-Argaud, directrice du recrutement, explique que l'audience plutôt jeune du réseau correspond à la cible de l'entreprise

PARIS: "On recrute, tu viens?": sur fond de musique techno et de petits pas de danse, des employeurs traquent les candidats sur TikTok, Instagram, Snapchat et autres réseaux sociaux, convaincus que ce n'est pas "gadget", même si l'impact en termes d'embauches reste pour l'heure "marginal".

Alors que la crise sanitaire a accru l'usage du web, en particulier des jeunes (+24% en 2020 chez les 15-24 ans, selon Médiamétrie), ces réseaux permettent notamment aux entreprises de dépoussiérer leur image et toucher de nouveaux profils, parfois éloignés des canaux traditionnels.

Début juin, c'est Pôle emploi qui a lancé avec TikTok un partenariat #MissionEmploi. Dans une petite pastille vidéo, Bouchra, conseillère de l'opérateur public, jean moulant et nez percé, fournit par exemple des "tips" pour optimiser son CV.

Sur les réseaux depuis 2012 (Facebook, LinkedIn, YouTube... avec plus d'un million d'abonnés au total), Pôle emploi s'est dit qu'il lui manquait une présence sur ce canal utilisé par environ "la moitié des 15-24 ans", explique Misoo Yoon, directrice générale adjointe chargée de l'offre de services. 

Réalisées en interne, les vidéos ont récolté "plus d'un million de vues", l’opérateur estimant avoir évité l'écueil d’être "à côté de la plaque".

Les employeurs s'intéressent aussi de plus en plus à la plateforme... jusqu'à la police nationale tout récemment. 

A la SNCF, Catherine Woronoff-Argaud, directrice du recrutement, explique que l'audience plutôt jeune du réseau correspond à la cible de l'entreprise, puisque "deux tiers" des personnes recrutées chaque année ont moins de 30 ans. 

«Tchou-tchou!»

Ne voulant pas arriver avec ses "gros sabots", la SNCF a eu recours à des influenceurs. Via des petites vidéo "assez décalées", sept métiers ont été présentés comme celui de conducteur de train, Sébastien expliquant entre deux "tchou-tchou!", son métier consistant, dit-il, à... "conduire des trains".

La campagne a atteint 1,5 million de vues. En terme de recrutements, "pour l'instant c'est encore marginal, mais on se dit qu'il faut continuer parce que ça bouge assez vite", dit la responsable.

"Quand on veut promouvoir ses opportunités d'emploi, ses métiers", les réseaux sont "incontournables" pour certaines populations pas forcément familières avec les sites d'emploi, constate aussi Dominique Raze, directrice de la marque employeur chez Carrefour. 

"Ce n'est pas gadget" et la part des recrutements provenant des réseaux n'est "pas si microscopique", assure-t-elle. En 2020, une campagne de recrutements d'alternants et stagiaires a récolté en deux semaines 12,2 millions de vues sur Snapchat. Sur les différents réseaux, 13 500 CV ont été reçus sur trois mois (+50% par rapport à l'année précédente).

Même constat que "ça marche" chez Orano (anciennement Areva), sous réserve, explique Marianne Aran-Bernard, responsable des réseaux sociaux, d'avoir "un ton pour accrocher". La crise sanitaire a constitué "un point de bascule", accélérant le phénomène et "on est maintenant sur cette lancée", indique le groupe.

Chez Système U, une campagne a aussi été lancée l'été dernier sur différents réseaux dont TikTok, avec l'aide d'une agence spécialisée, Bonanza, pour trouver des apprentis bouchers. In fine, "une soixantaine de candidatures" ont abouti pour ce "métier qui n'attire pas forcément les jeunes", indique Tatiana Mercatante, responsable RH magasins.

Franck Magnan, co-fondateur de Bonanza, qui peut cibler les candidats en fonction par exemple de leurs centres d'intérêt, fait état d'une activité multipliée par 3 entre 2019 et 2020. "Les entreprises ont besoin de se mettre en avant là où les gens passent le plus de temps. Et les réseaux sociaux, depuis la Covid, tout le monde est dessus à 200%", dit-il.

L'entreprise d'intérim Proman est allée de son côté jusqu'à lancer une campagne sur... l'application de rencontres Tinder. Son directeur général Roland Gomez dit avoir ainsi récolté "2 000 candidatures supplémentaires" pour de la logistique.

La tendance sera-t-elle durable? A la SNCF Catherine Woronoff-Argaud estime qu'il faut "être agile" car ces réseaux font l'objet de "mouvements perpétuels". Et de glisser dans un sourire que si les jeunes ne vont "plus sur TikTok parce qu'ils en ont marre de voir les entreprises, on ira les chercher ailleurs"...


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.