Musique et festivals: un pass sanitaire à dédiaboliser

Les gens s'assoient à des tables en gardant une distance sociale pendant le festival français de musique d'été « Fête de la musique » sur le parvis de l'Institut du Monde Arabe à Paris le 21 juin. (Photo, AFP)
Les gens s'assoient à des tables en gardant une distance sociale pendant le festival français de musique d'été « Fête de la musique » sur le parvis de l'Institut du Monde Arabe à Paris le 21 juin. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 28 juin 2021

Musique et festivals: un pass sanitaire à dédiaboliser

  • La question s'est invitée à la deuxième édition des Etats généraux des festivals lundi à Bourges
  • « Il faut rappeler que le pass sanitaire n'est pas une contrainte mais une opportunité, et que le pass sanitaire n'est pas un passeport vaccinal », a insisté la ministre de la Culture Roselyne Bachelot

BOURGES: Surprise, des gros festivals comme les Francofolies et les Vieilles Charrues n'ont pas encore fait le plein alors que les concerts debout arrivent : la faute à un pass sanitaire, vu comme une contrainte, à vulgariser et dédramatiser auprès des festivaliers.

La question s'est invitée à la deuxième édition des Etats généraux des festivals lundi à Bourges. Philippe Chapelon, délégué général du Snes (Syndicat national des entrepreneurs de spectacles) a même demandé si la suppression du pass sanitaire, frein à la billetterie des gros festivals (au-dessus de 1 000 spectateurs), n'était pas envisageable.  

"Certains font comme si les jours heureux étaient revenus, mais la pandémie est encore là, la suppression du pass sanitaire ne peut être envisagée dans l'immédiat, ce serait irresponsable", a répondu la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, présente à Bourges.

"Il faut rappeler que le pass sanitaire n'est pas une contrainte mais une opportunité, et que le pass sanitaire n'est pas un passeport vaccinal", a encore insisté la ministre.  

Pour rappel, le pass sanitaire s'obtient sur présentation d'un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48h, ou d'un justificatif indiquant que l'on a été vacciné (deux doses, ou une seule dose pour le Johnson et Johnson ou les personnes ayant eu le Covid).

« Ne vous abstenez pas »

"Sans le pass sanitaire, il y aurait eu plus de restrictions. Là, avec le pass sanitaire, les festivals sont sécurisés, il faut y aller, ne vous abstenez pas, ni en politique ni dans les festivals", a insisté Mme Bachelot avec un sourire.

Les bonnes nouvelles sont pourtant là: à partir du 30 juin, les concerts debout reviennent avec des jauges de 75% en intérieur et 100% à l'extérieur. Mais les billetteries "sont atones", comme l'a souligné à Bourges Jean-Philippe Thiellay, président du Centre national de la musique (CNM), instance qui chapeaute la filière. 

Seuls 50% des billets ont trouvé preneurs pour les Vieilles Charrues, festival en Bretagne reconfiguré cette année avec dix soirées (8-18 juillet) à 5.000 personnes. 

Aux Francos, "sur toutes les salles fermées c'est complet, pour les artistes reportés de 2020 à 2021 sur la grande scène c'est complet, mais sur les trois soirées à recomposer par rapport à 2020, on est à 60% de billets vendus. Ce n'est pas ridicule mais je ne pensais pas qu'on vendrait moins qu'imaginé", constate pour l'AFP Gérard Pont, patron du festival, présent à Bourges.

« Pass salutaire »

"Il y a une campagne de communication à faire, moi je l'appelle le pass salutaire. Alors que tout le monde réclamait le retour des festivals, jamais je n'aurais imaginé que ce pass sanitaire soit un frein, surtout que maintenant on peut être debout, tous les éléments sont là pour la fête", ajoute le boss des Francos (10-14 juillet à La Rochelle).

Même discours chez Jérôme Tréhorel, directeur des Vieilles Charrues, présent à Bourges. "Il y a un problème de confusion et de compréhension autour du pass sanitaire. On  dit contrainte mais c'est un outil qui permet de revivre des concerts comme avant, debout", expose-t-il à l'AFP. 

"Il y a un travail de communication à faire, la culture des tests est plus naturelle en zone urbaine qu'en zone rurale, il faut expliquer que les tests, c'est gratuit, c'est rapide", développe le responsable de ce festival dans la campagne finistérienne à Carhaix. 

"Ce qui est complexe, c'est que les parcs d'attractions n'ont pas besoin de pass sanitaire", glisse encore Gérard Pont. Interrogée aussi sur ce point par Philippe Chapelon (pas présent à Bourges, mais qui est intervenu à distance), Mme Bachelot a rétorqué: "On ne peut pas comparer le public circulant dans un parc d'attractions avec celui d'un festival de metal, massé à 5 000 dans une fosse pendant des concerts de 2 à 3 heures".


Budget: le gouvernement ne va pas «annoncer de mesures» mardi mais «un cap»

 Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
  • "On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz
  • Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités"

PARIS: Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Où en sommes-nous sur la croissance" et sur "l'inflation" du fait de la guerre au Moyen-Orient?, sera la question sur laquelle reviendra le gouvernement, a détaillé David Amiel sur RTL.

"On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités".

Sur ce sujet, David Amiel a indiqué que "les aides qui ont été apportées aux entreprises et aux ménages" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d'euros.

"C'est 50 fois moins que ce qui avait été fait" par le gouvernement "en 2022-2023" après le début de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix de l'énergie, a-t-il rappelé. Il s'est réjoui d'un "changement de doctrine" sur les dépenses publiques.

Le gouvernement avait alors décidé de largement diminuer les taxes sur l'électricité et le gaz pour contenir l'envolée des prix, ce qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Etat.

"Heureusement, le gouvernement n'a pas (...) écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards et des milliards d'euros", a-t-il affirmé.

Car "il n'y a pas eu de cagnotte" fiscale, a poursuivi le ministre des Comptes publics, qui a mis en avant le fait que les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant pris le pas sur la hausse des prix.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait toujours sur 0,9% de croissance pour 2026.

La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%. Ces prévisions, publiées en juin, ne prenaient pas en compte l'évolution actuelle autour du conflit au Moyen-Orient.

 


La «lutte acharnée» se poursuit contre un incendie dans le sud, 4.600 hectares brûlés

Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
  • Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs
  • "Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes

ILLE-SUR-TET: Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités.

Le feu "a parcouru à cette heure 4.600 hectares (...) Notre priorité de la journée est évidemment de reprendre cette lutte acharnée pour contenir sa propagation sur sa tête et sur ses flancs", a indiqué lors d'un point presse Pierre Regnault de la Mothe, le préfet du département des Pyrénées-Orientales, frontalier de l'Espagne.

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs.

"Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes.

Cet incendie, qui s'est propagé au massif des Aspres, aride et difficile d'accès, a par ailleurs blessé cinq personnes, dont deux sapeurs-pompiers. Le préfet a également fait état d'un bilan provisoire de "50 bâtiments impactés (...) à des degrés divers".

Face à une "situation très difficile", le représentant de l'Etat a annoncé dimanche soir que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aurait bien lieu lundi, mais "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France. Ce qui n'empêche pas que l'étape puisse avoir lieu", a-t-il dit lundi matin.

Les pompiers français luttent également contre de multiples feux ailleurs dans le sud du pays.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'être, comme 15 autres départements français lundi, en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Même si la plupart des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.

 


Trois jours avant le jugement, un dernier banquet à Liévin pour Le Pen et Bardella

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
  • Marine Le Pen et Jordan Bardella organiseront à Liévin un événement pour montrer leur unité avant la décision de la cour d’appel de Paris sur son inéligibilité
  • Une possible condamnation pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter, renforçant l’hypothèse d’un rôle accru de Bardella pour 2027

PARIS: A trois jours de la décision de la cour d'appel de Paris, qui déterminera qui des deux sera candidat à la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella participeront samedi soir à un "banquet champêtre" à Liévin, en plein coeur du fief électoral de la patronne du Rassemblement national.

Ensemble, devant leurs militants, les deux chefs du RN afficheront leur unité, à moins de 72 heures du couperet judiciaire tant attendu, par le parti à la flamme comme par ses adversaires.

Si elle se voit confirmer une peine d'inéligibilité de plus de deux ans, Marine Le Pen ne pourra pas concourir une quatrième fois à l'Elysée. Elle estime aussi que si les juges lui imposent un bracelet électronique, il ne lui sera "pas possible" de faire campagne. En fonction de la sentence, elle annoncera sa décision mardi soir, probablement dans un journal télévisé.

Comme elle, tout le parti est dans l'expectative depuis la fin du procès en février. "On n'a plus les cartes, donc elle comme moi on patiente", confie en privé son dauphin, Jordan Bardella, appelé à "reprendre le flambeau" si la "candidate naturelle" était empêchée.

Ces dernières semaines, leurs prises de positions parfois dissonantes ont fait ressurgir des doutes sur la solidité du ticket qu'ils entendent présenter aux électeurs. Ce "banquet champêtre" à Liévin tombe donc à point nommé pour resserrer les rangs.

Loin d'être une tradition, l'événement a été monté par le nouveau maire RN de cet ex-bastion socialiste, Dany Paiva, avec l'appui du député Bruno Bilde, membre du premier cercle de Marine le Pen -elle-même élue de la circonscription voisine d'Hénin-Beaumont.

- "On reste soudés" -

Samedi soir à Liévin, ils seront 1.200 militants à se presser autour des deux leaders. L'ambiance sera résolument amicale et champêtre. Un podium sera installé pour de brèves prises de parole, 10 minutes pour Jordan Bardella puis 10 minutes pour Marine Le Pen, avant un bain de foule.

"Pas de discours" à proprement parler, ni de "thèmes prédéterminés" selon un conseiller de Marine Le Pen. Mais une expression conjointe qui "montrera que tout va bien, et que quel que soit le résultat du 7 juillet on reste soudés", glisse un proche de la patronne et de Jordan Bardella.

Celle qui se vante d'avoir "la peau dure" viendra refaire le plein de soutiens auprès de ses électeurs du Pas-de-Calais, avant d'affronter l'épreuve fatidique.

"La politique, c'est de l'amour. Si vous n'aimez pas les gens, il faut faire autre chose", mais "quand l'amour vous porte, on prend les coups les uns après les autres et on se crée une carapace", dit-elle après quatre décennies d'une carrière jalonnée d'une vingtaine de scrutins (dont deux finales présidentielles perdues face à Emmanuel Macron).

Entourés de nombreux cadres locaux du mouvement d'extrême droite, les deux favoris des sondages enverront aussi un signal à leurs adversaires à l'affût de la moindre faille. A commencer par le mieux placé, Edouard Philippe, que Marine Le Pen espère affronter au second tour, et qui tiendra son premier grand meeting dimanche à Paris.