Le jihadiste français Oumar Diaby détenu par un groupe rival en Syrie

Un jeune combattant d'un groupe djihadiste à Alep, dans le nord de la Syrie. (Guillaume BRIQUET/AFP)
Un jeune combattant d'un groupe djihadiste à Alep, dans le nord de la Syrie. (Guillaume BRIQUET/AFP)
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Publié le Lundi 31 août 2020

Le jihadiste français Oumar Diaby détenu par un groupe rival en Syrie

  • Le groupe Firqatul Ghuraba indique que « Omar Omsen, ainsi que trois autres frères, ont été arrêtés après avoir répondu à la convocation d'un tribunal » du groupe Hayat Tahrir al-Sham
  • S'il n'est pas directement soupçonné d'avoir organisé des attentats, Omar Omsen avait approuvé l'attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris, dont le procès s'ouvre à Paris mercredi.

PARIS: Le jihadiste français Oumar Diaby, alias Omar Omsen, soupçonné d'avoir convaincu de nombreux Français de rejoindre la Syrie, a été arrêté dans ce pays par un groupe lié à Al-Qaïda, a appris l'AFP lundi de sources concordantes.

Dans un communiqué authentifié lundi par plusieurs experts du jihadisme contactés par l'AFP, le groupe Firqatul Ghuraba indique que « Omar Omsen, ainsi que trois autres frères, ont été arrêtés après avoir répondu à la convocation d'un tribunal » du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS).

Le communiqué précise ne pas avoir d'explications claires quant aux motifs de cette arrestation. 

L'expert Aymenn Jawad Tamimi a confirmé l'authenticité du document, ajoutant avoir obtenu directement de HTS l'information sur l'arrestation des quatre hommes. A Paris, une source proche du dossier a pour sa part indiqué qu'Omsen avait bien été arrêté par le HTS, ajoutant que son sort exact restait incertain.

Ancien délinquant franco-sénégalais devenu prêcheur notamment via internet, Diaby travaillait en 2012 dans un snack hallal à Nice (sud-est de la France) avant de rejoindre la Syrie en 2013 où il a pris la tête d'une brigade jihadiste composée de jeunes Français, pour la plupart originaires comme lui de la région niçoise. 

Auteur de vidéos de propagande, il s'était auto-proclamé imam. En septembre 2016, les Etats-Unis l'avaient qualifié de « terroriste international ». Donné pour mort, il était réapparu dans un tournage diffusé par France 2 en 2016.

S'il n'est pas directement soupçonné d'avoir organisé des attentats, Omar Omsen avait approuvé l'attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris, dont le procès s'ouvre à Paris mercredi. « Ceux qui ont insulté le prophète ont été exécutés. Il fallait faire ce que les frères Kouachi ont fait. J'aurais voulu être choisi pour faire cela », avait-il déclaré à France 2. 

« Aujourd'hui, on estime que près de 70 personnes appartiennent à sa brigade, localisée au nord-ouest de la Syrie, à la frontière avec la Turquie », estime Jean-Charles Brisard, directeur du Centre d'analyse du terrorisme (CAT), cité lundi dans le quotidien Nice-Matin.

« C'est quelqu'un dont la longévité repose sur des équilibres fragiles avec des alliances de circonstances qu'il noue avec des groupes », ajoute-t-il. « Il se maintient d'une façon assez précaire, ces alliances faisant qu'il est arrêté de temps en temps au gré de dissensions internes ». 

En l’occurrence, le communiqué annonçant son arrestation, annoncé dès dimanche par le journaliste de France 24 et expert du jihadisme Wassim Nasr, évoque un différent avec le Parti islamique du Turkestan (PIT), un groupe jihadiste rival dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine.


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

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BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com