Santé et innovation: Macron annonce un plan de plusieurs milliards d'euros

650 millions seront consacrés à la santé numérique (1,5 milliard de fonds privés) et 750 millions pour les maladies émergentes et infectieuses, a précisé l'Élysée. (Photo, AFP)
650 millions seront consacrés à la santé numérique (1,5 milliard de fonds privés) et 750 millions pour les maladies émergentes et infectieuses, a précisé l'Élysée. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 30 juin 2021

Santé et innovation: Macron annonce un plan de plusieurs milliards d'euros

  • L'État veut réinvestir massivement, principalement dans trois domaines: 800 millions d'euros seront notamment consacrés aux biothérapies
  • L'État va par ailleurs financer plusieurs dizaines de millions pour permettre à de futurs talents de créer leur laboratoire de recherche en France

PARIS: Des investissements massifs, une simplification et un décloisonnement entre les acteurs publics et privés de la recherche: Emmanuel Macron a dévoilé mardi un plan pour dynamiser la recherche et l'innovation dans la santé, après l'échec français à découvrir rapidement un vaccin anti-Covid.

La pandémie est passée par là, mettant en lumière la dépendance française à l'étranger dans le secteur des médicaments, mais aussi le retard dans certaines technologies, comme celle de l'ARN messager.

"Coté recherche, je ne peux pas faire un immense cocorico", a admis le président de la République en présentant la stratégie Innovation Santé 2030.

"Nous avons sous-investi clairement durant les 15-20 années qui viennent de s'écouler" a-t-il encore regretté.

Le Président veut donc, à travers ce plan qui s'appuie sur l'analyse effectuée par les experts mandatés par le Conseil stratégique des industries de santé, refaire de la France une nation innovante en santé.

Et pour cela, l'État va ainsi investir 4 milliards d'euros de fonds publics. Auxquels devraient s'ajouter "au moins autant du privé", selon le chef de l'État.

L'État veut réinvestir massivement, principalement dans trois domaines, avec notamment: 800 millions d'euros seront notamment consacrés aux biothérapies (complétés par deux milliards de fonds privés), ces thérapies innovantes dont fait partie l'ARN messager, le moteur des vaccins stars de Pfizer et de Moderna contre la Covid.

650 millions seront consacrés à la santé numérique (1,5 milliard de fonds privés) et 750 millions pour les maladies émergentes et infectieuses, a précisé l'Élysée.

Dans ces quatre milliards de fonds publics figurent aussi 400 millions d'euros pour les programmes prioritaires de recherche. Mais aussi 600 millions pour créer des "clusters", autrement dits des sites intégrant recherche, soins, acteurs privés et valorisation industrielle des découvertes. 

Clusters

L'un d'entre eux, centré sur le cancer, sera lié à l'Institut Gustave Roussy (IGR), en collaboration avec Polytechnique, Saclay, Sanofi et l'Inserm, dans le Fort de la Redoute, d'anciens bâtiments du ministère de l'Intérieur, a précisé le directeur général de l'IGR, le professeur Jean-Charles Soria. 

L'État va par ailleurs financer plusieurs dizaines de millions pour permettre à de futurs talents de créer leur laboratoire de recherche en France, avec trois à cinq millions chacun.

Pour les PME et les start-ups de la santé, deux milliards d'euros seront mobilisés à travers la banque publique d'investissement BpiFrance.

Enfin 1,5 milliard d'euros viendront soutenir des projets européens d'industrialisation.

Autre objectif: simplifier les démarches. 

Le chef de l'État souhaite un accès des produits innovants beaucoup plus rapide au marché, avec la multiplication de "fast track", qui permettent d’autoriser plus rapidement un traitement quand son bénéfice humain est important, comme le font les États-Unis.

Enfin, une agence d'innovation en santé va prochainement voir le jour pour permettre la synergie des acteurs autour d’une structure unique.

Ce plan a été bien accueilli par les représentants des industries de santé, qui réclament régulièrement des mesures d'incitation à l'innovation.

"Les mesures annoncées (...) nous donneront les moyens de restaurer la compétitivité et l'attractivité de la France", a ainsi souligné Frédéric Collet, le président de la fédération française du médicament Leem. 

De son côté, l'association de technologies médicales Medtech in France a salué des mesures "concrètes pour les entreprises et les investisseurs du secteur".


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.