Le changement climatique a dopé la vague de chaleur de l'Ouest américain et canadien

Les gens font la queue pour entrer au Smithsonian's Natural History Museum alors que la région de DC connaît une vague de chaleur Le changement climatique rend les températures record de plus en plus fréquentes (AFP)
Les gens font la queue pour entrer au Smithsonian's Natural History Museum alors que la région de DC connaît une vague de chaleur Le changement climatique rend les températures record de plus en plus fréquentes (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 01 juillet 2021

Le changement climatique a dopé la vague de chaleur de l'Ouest américain et canadien

  • Le Canada a enregistré mardi un record de température jamais égalé dans le pays
  • «Sur le long terme, la seule façon d'empêcher les choses de s'aggraver, est de réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial»

WASHINGTON : Certes, l'Ouest des Etats-Unis et du Canada auraient probablement connu ces derniers jours une vague de chaleur même sans le changement climatique. Mais à cause de lui, l'ampleur et la sévérité des températures subies ont sans aucun doute été décuplées, selon de nombreux experts.

Les Etats américains de Washington et de l'Oregon, ainsi que la Colombie-Britannique au Canada, ont étouffé cette semaine sous des températures record ayant provoqué des dizaines de morts subites.

"Il s'agit de l'une des vagues de chaleur les plus extrêmes que nous ayons vue sur Terre depuis de nombreuses années, en termes de variation par rapport aux conditions habituelles", a déclaré à l'AFP Daniel Swain, spécialiste du climat à l'université UCLA, en parlant d'un phénomène dont la "magnitude et la persistance" sont "sincèrement choquantes".

"C'est très rare de battre des records absolus de plus d'un degré. Ici, les records ont été pulvérisés", ajoute-t-il.

Le Canada a enregistré mardi un record de température jamais égalé dans le pays. Dans l'Oregon, des températures plus élevées que la maximale à Las Vegas, au milieu du désert, ont été relevées. Le tout dans une région au climat normalement tempéré à cette époque de l'année.

Le phénomène en jeu est appelé "dôme de chaleur". L'air chaud est emprisonné par de fortes pressions, et en étant repoussé vers le sol, se réchauffe encore. "Un peu comme une pompe à vélo", explique Philip Mote, professeur en sciences atmosphériques à l'Université d'Etat de l'Oregon. "Si vous compressez de l'air dans un pneu de vélo, ça le réchauffe".

Ce modèle empêche en outre la formation de nuages, laissant la voie libre aux radiations du Soleil.

En soi, un tel dôme n'est pas inédit. "Le schéma est similaire à la façon dont nous avons nos vagues de chaleur", dit à l'AFP Karin Bumbaco, climatologue à l'université de Washington. "Mais il était bien plus puissant que d'habitude."

«Stéroïdes » climatiques

Alors, quelle en est la cause?

"Comme pour tous les événements météorologiques, on ne peut pas dire que cela ait été directement causé par le réchauffement climatique", explique à l'AFP Zeke Hausfather, climatologue au Breakthrough Institute. "Un monde sans changement climatique aurait tout de même connu une vague de chaleur dans le Nord-Ouest Pacifique. Mais elle n'aurait pas été aussi extrême."

Le chercheur utilise une image parlante: "Le climat agit comme des stéroïdes sur la météo." Un sportif qui en prend aura toujours des bons et des mauvais jours, "mais en moyenne, ses performances seront en hausse". De même, le réchauffement climatique "rend plus probables ce genre d'événements extrêmes."

Ce que l'on appelle des "études d'attribution" seront menées pour déterminer les causes exactes. Mais "on peut dire qu'il y a au moins certaines composantes du réchauffement climatique qui contribuent à cet événement", selon Karin Bumbaco.

D'une part, les températures sont plus élevées de façon générale: cette région s'est réchauffée d'environ 3 degrés Fahrenheit en 100 ans, il est donc normal que des records soient peu à peu battus.

D'autre part, "il est très possible que le changement climatique ait accru cette vague de chaleur encore davantage", selon Daniel Swain.

Via par exemple la sécheresse qui sévit dans la région depuis des semaines. L'énergie des rayons du Soleil n'étant plus dépensée pour évaporer l'eau, elle l'est alors pour réchauffer l'atmosphère. Or, "nous savons que le changement climatique, au moins dans certaines portions du continent nord-américain, accroît la sécheresse", dit le scientifique.

"La réponse à la question de savoir si cela se serait produit à cette échelle sans le changement climatique est clairement non", tranche-t-il

S'adapter

Difficile de prédire à quelle fréquence de telles vagues de chaleur pourraient se reproduire.

"Cet événement particulier était tellement extrême qu'il restera inhabituel", estime Daniel Swain. "Mais il est passé du domaine de l'impossible à quelque chose que l'on pourrait bien voir de nouveau."

"La mauvaise nouvelle (...) c'est que nous sommes coincés avec le réchauffement que nous avons déjà", résume Zeke Hausfather. "Nous devons donc nous préparer à ce que ce type d'événements soit plus fréquent, quoi qu'il arrive." 

Les experts insistent sur la nécessité de s'adapter à moyen terme: en équipant les populations de climatiseurs (même si ceux-ci libèrent des émissions nocives sur le long terme), en repensant la structure des immeubles pour qu'ils évacuent la chaleur plutôt que de la retenir, en plantant de la végétation.

Mais tous sont unanimes: "Sur le long terme, la seule façon d'empêcher les choses de s'aggraver, est de réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial", conclut Philip Mote.

 

 


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"