L'humanité à l'aube de retombées climatiques cataclysmiques

«Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre». (Photo, AFP)
«Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre». (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 23 juin 2021

L'humanité à l'aube de retombées climatiques cataclysmiques

  • Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l'humanité qui en dépend vont s'accélérer
  • Le rapport d'évaluation complet de 4 000 pages, bien plus alarmiste que le précédent de 2014, a pour vocation d'éclairer les décisions politiques

PARIS: Pénurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'espèces... La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt, alerte un projet de rapport des experts climat de l'ONU.

Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l'humanité qui en dépend vont s'accélérer, assure le Giec, et devenir douloureusement palpables bien avant 2050.

"La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes", note le résumé technique de 137 pages. "L'humanité ne le peut pas".

Le projet de rapport rédigé par des centaines de scientifiques rattachés au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), qui fait autorité en la matière, oscille entre un ton apocalyptique et l'espoir offert aux hommes de changer leur destin par des mesures immédiates et drastiques.

Le rapport d'évaluation complet de 4 000 pages, bien plus alarmiste que le précédent de 2014, a pour vocation d'éclairer les décisions politiques. 

Même si ses principales conclusions ne changeront pas, il ne sera officiellement publié qu'en février 2022, après son approbation par consensus par les 195 États membres. 

Trop tard cependant pour les cruciales réunions internationales sur le climat et la biodiversité prévues fin 2021, notent certains scientifiques.

Parmi ses conclusions les plus importantes, figure un abaissement du seuil au-delà duquel le réchauffement peut être considéré comme acceptable.

En signant l'accord de Paris en 2015, le monde s'est engagé à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible +1,5°C.

Désormais, le Giec estime que dépasser +1,5°C pourrait déjà entraîner "progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles".

Et selon l'Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de +1,5°C sur une année soit dépassé dès 2025 est déjà de 40%.

«Nos enfants et petits-enfants»

"Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre", martèle le Giec, alors que la prise de conscience sur la crise climatique n'a jamais été aussi étendue.

Le climat a déjà changé. Alors que la hausse des températures moyennes depuis le milieu du XIXe siècle atteint 1,1°C, les effets sont déjà graves et seront de plus en plus violents, même si les émissions de CO2 sont freinées. 

Et les êtres vivants – humains ou non – les moins à blâmer pour ces émissions sont, ironiquement, ceux qui en souffriront le plus.

Pour certains animaux et variétés de plantes, il est peut-être même déjà trop tard: "Même à +1,5°C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s'adapter", souligne le rapport, citant les récifs coralliens dont un demi-milliard de personnes dépendent.

Parmi les espèces en sursis figurent les animaux de l'Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne. Sur place, des modes de vie ancestraux, de peuples vivant en lien étroit avec la glace pourraient aussi disparaître.

Pas prêts

Agriculture, élevage, pêche, aquaculture.... "Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s'accroissent", observe aussi le rapport, pointant les aléas climatiques comme "principal moteur".

Or l'humanité n'est à ce stade pas armée pour faire face à la dégradation certaine de la situation. "Les niveaux actuels d'adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques", prévient le Giec.

Même en limitant la hausse à 2°C, jusqu'à 80 millions de personnes supplémentaires auront faim d'ici à 2050 et 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême d'ici dix ans.

En 2050, des centaines de millions d'habitants de villes côtières seront menacés par des vagues-submersion plus fréquentes, provoquées par hausse du niveau de la mer, qui entrainera à son tour des migrations importantes. 

A +1,5°C, dans les villes, 350 millions d'habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d'eau, 400 millions à + 2°C. Et avec ce demi degré supplémentaire, 420 millions de personnes de plus seront menacées par des canicules extrêmes.

"Les coûts d'adaptation pour l'Afrique devraient augmenter de dizaines de milliards de dollars par an au delà de +2°C", prédit le rapport. Encore faut-il trouver cet argent.

Le texte souligne d'autre part le danger des effets en cascade. Certaines régions (est du Brésil, Asie du Sud-Est, Chine centrale) et presque toutes les zones côtières pourraient être frappées par trois ou quatre catastrophes météo simultanées, voire plus: canicule, sécheresse, cyclone, incendies, inondation, maladies transportées par les moustiques...

Et il faut de surcroît prendre en compte les effets amplificateurs d'autres activités humaines néfastes pour la planète, note le rapport: destruction des habitats, surexploitation des ressources, pollution, propagation des maladies...

"Le monde fait face à des défis entremêlés complexes", commente ainsi Nicholas Stern, spécialiste de l'économie du climat, pas impliqué dans ce rapport. "A moins de les affronter en même temps, nous n'allons en relever aucun", estime-t-il.

Des choix radicaux

Sans oublier les incertitudes autour des "points de bascule", éléments clés dont la modification substantielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement violent et irrémédiable.

Au-delà de +2°C, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest (qui contiennent assez d'eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 mètres) pourraient par exemple entraîner un point de non-retour, selon de récents travaux.

C'est pour cela que "chaque fraction d'un degré compte", insiste le Giec, alors qu'un autre point de rupture pourrait voir l'Amazonie – un des poumons de la planète avec les océans – transformée en savane.

Face à ces problèmes systémiques, aucun remède miracle unique. En revanche, une seule action peut avoir des effets positifs en cascade.

Par exemple, la conservation et la restauration des mangroves et des forêts sous-marines de kelp, qualifiées de puits de "carbone bleu", accroissent le stockage du carbone, mais protègent aussi contre les submersions, tout en fournissant un habitat à de nombreuses espèces et de la nourriture aux populations côtières.

En dépit de ses conclusions alarmantes, le rapport offre ainsi une note d'espoir. L'humanité peut encore orienter sa destinée vers un avenir meilleur en prenant aujourd'hui des mesures fortes pour freiner l'emballement de la deuxième moitié du siècle.

"Nous avons besoin d'une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement", plaide le rapport.

"Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation".


L'homme fort du Burkina rend hommage à l'armée sur le lieu d'une attaque djihadiste

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que président de la transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022 (Photo, AFP).
Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Burkina Faso, arrive à sa cérémonie d'investiture en tant que président de la transition, à Ouagadougou, le 2 mars 2022 (Photo, AFP).
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  • Cinq militaires ont été tués et 10 autres blessés au cours des combats
  • Il a réitéré son appel aux combattants qui le désirent à déposer les armes et dialoguer avec le pouvoir

OUAGADOUGOU: Le président de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, s'est rendu dimanche sur le lieu d'une attaque de djihadistes présumés contre des militaires dans le nord du pays, au cours de laquelle cinq d'entre eux ont été tués.

Samedi, le détachement militaire de Bourzanga, localité de la province du Bam située dans la région du Centre-Nord, "a vigoureusement riposté à une attaque de sa base" par des "terroristes venus en très grand nombre et lourdement équipés", selon l'armée.

Cinq militaires ont été tués et 10 autres blessés au cours des combats, selon l'état-major, qui a fait également état de 35 "terroristes abattus".

L'armée burkinabè a reçu le soutien aérien de la force française Barkhane, selon les armées française et burkinabè. 

"Nous sommes venus ce matin (dimanche) après l'attaque qui a eu lieu hier pour témoigner, au nom du gouvernement et de l'ensemble du pays, la satisfaction et la reconnaissance envers l'ensemble du personnel de défense", a déclaré dimanche le lieutenant-colonel Damiba sur les lieux de l'attaque après une tournée dans l'ouest du pays, selon des images fournies par la présidence. 

"Au-delà de la victoire d'aujourd'hui, il faudra toujours garder en chacun de vous de l'engagement et de la détermination", a-t-il ajouté en s'adressant aux soldats présents, soulignant qu'il y a "une dynamique de reprise des actions violentes contre l'ensemble des forces qui séjournent dans les zones opérationnelles".

Selon lui, "ce qui s'est passé hier à Bourzanga montre que l'ennemi n'est nullement supérieur à nous. L'ennemi a certainement des ressources humaines, matérielles, des appuis, mais ils ne peuvent pas être supérieur à un pays qui se met ensemble", a-t-il dit.

Il a réitéré son appel aux combattants qui le désirent à déposer les armes et dialoguer avec le pouvoir.

Le lieutenant Assoumani Beogo, chef du détachement militaire attaqué à Bourzanga, a jugé "très réconfortant de voir le président ici pour nous encourager".

Le Burkina Faso, en particulier le Nord et l'Est, est la cible d'attaques djihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés.

M. Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré, accusé d'être inefficace face à la violence djihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité".

Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, M. Damiba fait depuis face à une recrudescence d'attaques de djihadistes présumés qui ont fait près de 200 morts, civils et militaires.


Australie: le travailliste Anthony Albanese investi Premier ministre

Le chef du parti travailliste australien Anthony Albanese s'exprime lors d'une rencontre avec la candidate travailliste de Reid, Sally Sitou et ses partisans après avoir remporté les élections générales à la bibliothèque et au pavillon de Marrickville à Sydney, le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
Le chef du parti travailliste australien Anthony Albanese s'exprime lors d'une rencontre avec la candidate travailliste de Reid, Sally Sitou et ses partisans après avoir remporté les élections générales à la bibliothèque et au pavillon de Marrickville à Sydney, le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • Anthony Albanese a promis de transformer l'Australie en «superpuissance» des énergies renouvelables
  • Le nouveau Premier ministre, âgé de 59 ans, a prêté serment lors d'une brève cérémonie

CANBERRA: Le travailliste Anthony Albanese a prêté serment lundi pour être le nouveau Premier ministre de l'Australie, quelques heures avant d'embarquer pour le Japon où il participera à un sommet international.

L'ex-chef de l'opposition de centre-gauche, qui affirme que Canberra est prêt à s'engager dans la lutte contre le changement climatique, participera à un sommet du Quad (Etats-Unis, Inde, Japon, Australie) mardi à Tokyo.

Le nouveau Premier ministre, âgé de 59 ans, a prêté serment lors d'une brève cérémonie.

Parmi les autres membres de son équipe qui ont pris leurs fonctions figurent la ministre des Affaires étrangères Penny Wong, qui rejoindra M. Albanese au sommet du Quad, le ministre du Budget Jim Chalmers et celle des Finances Katy Gallagher.

Anthony Albanese veut profiter de son premier déplacement officiel à l'étranger pour "faire savoir au monde qu'il y a un changement de gouvernement".

"Il y aura quelques changements dans la politique, en particulier en ce qui concerne le changement climatique et notre engagement envers le monde sur ces questions", avait-il ajouté dimanche dans son discours de victoire.

M. Albanese a aussi promis de transformer l'Australie en "superpuissance" des énergies renouvelables.

Mais il est jusqu'à présent resté sourd aux appels pour en finir avec le charbon, qui reste un des moteurs de l'économie du pays et compte de nombreux partisans chez les travaillistes.

Au cours du mandat de son prédécesseur Scott Morrison, l'Australie a connu des catastrophes aux proportions bibliques: incendies, inondations record et pandémie de Covid-19. 


Ukraine: Toutes les forces russes lancées sur le Donbass, Duda ovationné à Kiev sur l'UE

Le président polonais Andrzej Duda donne une conférence de presse à la suite de sa rencontre avec son homologue ukrainien à Kiev le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
Le président polonais Andrzej Duda donne une conférence de presse à la suite de sa rencontre avec son homologue ukrainien à Kiev le 22 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • Les autorités pro-russes ont promis de faire de Marioupol une station balnéaire
  • Sans surprise, la loi martiale et la mobilisation générale en Ukraine ont été prolongées

KIEV: Le président polonais Andrzej Duda a apporté dimanche à Kiev un soutien farouche à la candidature de l'Ukraine à l'Union européenne, s'opposant frontalement au scepticisme de Paris et Berlin, au moment où la Russie a lancé toutes ses forces dans la bataille du Donbass dans l'est du pays.

Premier chef d'Etat à parler devant le Parlement ukrainien depuis l'invasion russe le 24 février, le président polonais, dont le discours a été interrompu par plusieurs ovations debout, a promis qu'il ne relâcherait pas ses efforts "tant que l'Ukraine n'est pas membre de l'Union européenne". 

"Il faut respecter" les peuples qui "versent leur sang" pour appartenir à l'Europe, a-t-il ajouté, soutenant son homologue ukrainien à la veille d'un discours très attendu de Volodymyr Zelensky aux élites politiques et économiques mondiales réunies à Davos.

"L'adoption d'une décision sur le statut de candidat de l'Ukraine à l'UE au Conseil de l'Europe, le 24 juin, est d'une extrême importance, avant tout psychologique et politique", a encore déclaré M. Duda, regrettant que "des voix se soient élevées récemment en Europe pour demander que l'Ukraine accepte certaines demandes de Poutine", le maître du Kremlin.

Non au «business as usual»

"Après Boutcha, Borodianka, Marioupol, il ne peut plus y avoir de +business as usual+ avec la Russie", a-t-il lancé, faisant référence à deux localités proches de Kiev où ont été découverts des centaines de cadavres de civils après leur occupation par les Russes, et à la grande ville portuaire du sud-est écrasée sous les bombardements au prix d'au moins 20.000 morts selon l'Ukraine. 

Le président polonais visait son homologue français Emmanuel Macron, qui a proposé début mai d'intégrer Kiev dans une "Communauté politique européenne", et a appelé à éviter "l'humiliation" de la Russie dans la sortie de ce conflit. Ainsi que le chancelier allemand Olaf Scholz qui a dit jeudi son opposition à l'octroi à l'Ukraine d'un "raccourci" dans l'adhésion à l'UE.

Le ministre français délégué aux Affaires européennes, Clément Beaune, a encore défendu ces positions dimanche, soulignant que l'adhésion de l'Ukraine à l'UE prendrait "sans doute 15 ou 20 ans". En revanche, la communauté politique européenne proposée par Paris "peut offrir un projet politique et concret à des pays qui (...) veulent se rapprocher de nous", a assuré le ministre.

Exprimant l'amertume de Kiev à l'égard de ces positions, le président Volodymyr Zelensky a martelé samedi qu'il n'y avait "pas d'alternative" à la candidature de son pays à l'UE, et qu'un "compromis" serait une compromission de l'Europe avec la Russie.

Son chef de la diplomatie, Dmytro Kouleba, avait dénoncé jeudi un "traitement de seconde zone" de la part de "certaines capitales" européennes.

«Tout est concentré ici»

Sur le terrain, trois mois après le début de son invasion et après avoir échoué à prendre Kiev et Kharkiv au nord, la Russie a redéployé ses forces, qui concentrent leurs efforts sur l'est de l'Ukraine, déjà en partie aux mains de séparatistes prorusses depuis 2014 et où les combats et bombardements sont intenses.

"Toutes les forces russes sont concentrées dans les région de Lougansk et de Donetsk" dans le Donbass, a écrit dimanche Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région de Lougansk, sur Telegram.

Ce sont y compris les unités qui se sont retirées de la région de Kharkiv au nord, celles qui assuraient le siège de Marioupol au sud-est, les milices des républiques séparatistes de Donetsk et Lougansk, les redoutées forces tchétchènes, et des troupes mobilisées en renfort depuis la Sibérie et l'Extrême-Orient russe, à des milliers de kilomètres de là, a-t-il énuméré. 

En matière d'armements aussi, "tout est concentré ici", a-t-il ajouté y compris les fameux complexes antiaériens et antimissiles S-300 et S-400, équivalent des Patriot américains.

A Severodonetsk, ville de la région de Lougansk encore sous contrôle de Kiev, "ils utilisent la tactique de terre brûlée, ils détruisent délibérément la ville" avec des bombardements aériens, des lance-roquettes multiples, des mortiers ou des chars qui tirent sur les immeubles, a-t-il ajouté. 

Selon un point presse de l'armée ukrainienne sur Facebook, au moins sept civils ont été tués et huit blessés dans des bombardements dans la région de Donetsk, où 45 localités ont été touchées.

"Le bilan pour la région de Lougansk est en cours de clarification", selon la même source.

L'état-major ukrainien avait déjà relevé dans son point matinal dimanche que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire", et en avait même "augmenté l'intensité".

Selon la présidence ukrainienne, des bombardements russes avaient visé les villes de Mykolaïv, Kharkiv et Zaporijjia dans la nuit de samedi à dimanche.

Sans surprise, la loi martiale et la mobilisation générale en Ukraine ont été prolongées dimanche de trois mois, jusqu'au 23 août.

Discours à Davos 

Le président ukrainien prépare par ailleurs son intervention en visioconférence devant le Forum économique de Davos en Suisse, qui commence lundi après deux ans d'interruption à cause du Covid-19. 

M. Zelensky sera lundi le premier chef d'Etat à faire un discours. Nombre de responsables politiques ukrainiens feront le voyage en personne. En revanche, les Russes ont été exclus.

Il devrait profiter de cette nouvelle tribune pour exhorter le monde à fournir davantage d'aides, tant financières que militaires. Le président ukrainien pourrait également renouveler la demande de Kiev pour adhérer à l'UE. 

A la veille de ce rendez-vous majeur, la Russie a assuré dimanche être prête à reprendre des pourparlers de paix avec l'Ukraine, assurant que leur suspension était due à Kiev.

"Nous sommes prêts à continuer le dialogue", a affirmé Vladimir Medinski, conseiller du Kremlin chargé des négociations avec Kiev, dans un entretien avec la télévision bélarusse.

Des contacts avaient été noués en mars au Bélarus après que les forces russes avaient échoué à prendre rapidement la capitale ukrainienne comme prévu, puis s'étaient poursuivis en Turquie, sans succès, avant que la Russie n'y coupe court en lançant sa nouvelle offensive sur le Donbass.

Paysage apocalyptique à Marioupol 

Loin des batailles diplomatiques, la ville martyre de Marioupol (sud-est), récemment conquise par les militaires russes et leurs alliés séparatistes, offrait un paysage apocalyptique avec des carcasses d'immeubles calcinés dans de nombreux quartiers.  

Trois mois de combats ont mis en fuite des centaines de milliers d'habitants et fait un nombre inconnu, mais sans doute énorme, de morts dans cette cité portuaire qui comptait plus d'un demi-million d'habitants avant la bataille. 

Des journalistes de l'AFP ont constaté l'ampleur des dégâts il y a quatre jours lors d'un voyage de presse organisé par le ministère russe de la Défense. 

On n'entend plus les incessantes canonnades des semaines précédentes, car sur le site sidérurgique d'Azovstal, les derniers soldats ukrainiens se rendent. L'armée russe n'a cependant pas permis aux médias d'approcher l'immense aciérie, devenue le symbole de la farouche résistance ukrainienne.

Les autorités pro-russes ont promis de faire de Marioupol une station balnéaire.

Un projet difficile à imaginer dans cet enchevêtrement de tôles et de débris, de barres d'immeubles éventrées par les missiles et les obus.