Plus optimiste que le gouvernement, l'Insee prévoit une croissance de 6% en 2021

Après la récession historique de 8% enregistrée en 2020, la reprise de l'économie s'est fait attendre en début d'année à cause de la persistance de l'épidémie, mais la levée des restrictions sanitaires mi-mai et le développement de la vaccination remettent l'économie «en surface», souligne l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. (Photo, AFP)
Après la récession historique de 8% enregistrée en 2020, la reprise de l'économie s'est fait attendre en début d'année à cause de la persistance de l'épidémie, mais la levée des restrictions sanitaires mi-mai et le développement de la vaccination remettent l'économie «en surface», souligne l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

Plus optimiste que le gouvernement, l'Insee prévoit une croissance de 6% en 2021

  • Après la récession historique de 8% enregistrée en 2020, la reprise de l'économie s'est fait attendre en début d'année à cause de la persistance de l'épidémie
  • Les prévisions font l'hypothèse que même en cas de résurgence de l'épidémie, la vaccination pourrait empêcher l'application de restrictions contraignantes pour l'activité

PARIS : Le rebond de l'économie française pourrait atteindre 6% en 2021, a estimé jeudi l'Insee, une prévision plus optimiste que celle du gouvernement et qui signifierait que l'activité retrouverait "à peu près" son niveau d'avant crise dès la fin de l'année.

Après la récession historique de 8% enregistrée en 2020, la reprise de l'économie s'est fait attendre en début d'année à cause de la persistance de l'épidémie, mais la levée des restrictions sanitaires mi-mai et le développement de la vaccination remettent l'économie "en surface", souligne l'Institut national de la statistique dans sa dernière note de conjoncture.

Le gouvernement table lui sur une croissance de 5% et sur un retour de l'activité au niveau d'avant crise au premier trimestre 2022, même si le ministre de l’Économie Bruno Le Maire vante régulièrement la reprise "très forte" de l'économie.

La Banque de France, elle, prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 5,75% cette année.

Selon l'Insee, la France retrouvera son niveau d'avant crise à peu près en même temps que l'Allemagne, et avant le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne.

Mais cela "ne veut pas dire que l'économie serait la copie conforme" de ce qu'elle était avant la crise, a prévenu Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse.

"Il y aura des recompositions sectorielles", explique-t-il, avec l'hébergement, la restauration et l'industrie aéronautique qui resteront en retard.

Ces prévisions font l'hypothèse que même en cas de résurgence de l'épidémie d'ici la fin de l'année, le déploiement de la vaccination pourrait empêcher l'application de restrictions trop contraignantes pour l'activité.

Pour les ménages et les entreprises, les dernières enquêtes montrent qu'à ce stade "l'espoir dans la vaccination passe devant l'inquiétude des variants", note Julien Pouget.

Dans ce contexte, l'emploi salarié devrait lui aussi connaître un rebond "assez vif", en progression de plus de 300 000 emplois, proche du repli enregistré en 2020, prévoit l'Insee.

Mais avec le retour sur le marché du travail des personnes qui s'en étaient écartées avec la crise, le taux de chômage resterait finalement quasiment stable à 8,2% fin 2021, après 8,1% en début d'année.

Dans le détail, après un "long hiver", marqué par les restrictions sanitaires et une économie toujours en récession au premier trimestre (-0,1%), le printemps apparait plus "contrasté", avec un mois d'avril encore confiné, puis une levée progressive des restrictions qui se traduit par une "vive reprise" depuis la fin mai.

Le PIB devrait ainsi avoir progressé de 0,7% au deuxième trimestre. La croissance s'accélèrerait nettement au troisième (+3,4%), avant de revenir à +0,7% au quatrième.

La consommation des ménages (+5,2% sur l'année) serait son principal moteur, ce qui se traduirait aussi par un retour du taux d'épargne à un niveau proche de celui d'avant crise, un peu au dessus de 15% à la fin de l'année.

L'investissement des entreprises (+9,5%), qui a moins souffert dans cette crise que lors des précédentes, rebondirait lui aussi.

A l'inverse, les exportations resteraient pénalisées et le commerce extérieur pèserait légèrement négativement sur la croissance.

Dans ce contexte, le pouvoir d'achat des ménages devrait croître de 1,8% cette année, après avoir été préservé en 2020 par les mesures de soutien, et ce malgré une inflation moyenne de 1,5% sur l'année, tirée par l'augmentation des prix des matières premières.

Mais l'Insee prévient que l'économie française n'aura pas rattrapé fin 2021 tout le "terrain perdu" par rapport à la trajectoire qui aurait été la sienne en l'absence de crise.

Il évalue la perte à environ 1,5 point de PIB à fin 2022, concentrée sur les secteurs les plus durement touchés par la crise.

C'est cet écart qui inquiète à Bercy, où Bruno Le Maire défend la nécessité de nouveaux investissements pour éviter un "déclassement" de la France et de l'Europe vis-à-vis de la Chine ou même des Etats-Unis.


Sri Lanka: inflation record à 14%, la crise alimentaire s'aggrave

Un marchand sri-lankais fait frire des crevettes dans un magasin de fortune à Colombo le 30 septembre 2008. (Photo, AFP)
Un marchand sri-lankais fait frire des crevettes dans un magasin de fortune à Colombo le 30 septembre 2008. (Photo, AFP)
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  • Les agences de notation internationales ont abaissé la note du Sri Lanka par crainte d'un défaut de paiement de sa dette extérieure de 35 milliards de dollars
  • Le gouvernement a insisté sur le fait qu'il pouvait faire face à ses obligations

COLOMBO : La hausse des prix à la consommation sur un an au Sri Lanka a atteint en décembre un record de 14%, taux record dépassant le précédent de 11% enregistré un mois plus tôt.

Au début de la semaine, des ministres de premier plan ont averti le Parlement de l'aggravation de la crise alimentaire, avec des récoltes de riz qui devraient être en forte baisse en mars, après l'interdiction d'importer des produits agrochimiques l'année dernière, qui a conduit les agriculteurs à abandonner plus de 30% de leurs terre.

L’économie de l’île, très dépendante du tourisme, a été frappée par la pandémie, le gouvernement imposant de vastes restrictions à l'importation pour éviter une crise des devises, ce qui a déclenché une pénurie de biens essentiels.

Le Service du recensement et de la statistique a déclaré que l'inflation d'une année à l’autre en décembre était la plus élevée depuis la création de l'Indice national des prix à la consommation (INCF) en 2015.

La hausse des prix alimentaires a également atteint un niveau record, à 21,5%, contre 16,9% en novembre et 7,5% il y a un an. L’utilisation d'engrais organiques et de pesticides inférieurs aux normes a fortement réduit le rendement des cultures de légumes et de fruits.

Après d'intenses protestations des agriculteurs, le gouvernement a levé l'interdiction d'importer des produits agrochimiques en octobre, mais les banques sont encore à court de dollars pour financer les importations.

Depuis des mois, les supermarchés rationnent le lait en poudre, le sucre, les lentilles et d'autres produits de première nécessité et le mois dernier, un haut fonctionnaire a mis en garde contre de nouvelles restrictions pour nourrir les plus démunis.

Malgré cela, le secrétaire du ministère de l'Agriculture Udith Jayasinghe, a été limogé quelques heures après avoir réclamé un système de rationnement officiel pour que les mères, les personnes âgées et les malades puissent être nourris dans les mois à venir.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Gotabaya Rajapaksa en 2019, le pays a vu chuter ses réserves de change, qui sont passées de 7,5 milliards de dollars à 3,1 milliards de dollars à la fin décembre, montant qui ne permet de financer qu'a peine deux mois d’importations.

Les agences de notation internationales ont abaissé la note du Sri Lanka par crainte d'un défaut de paiement de sa dette extérieure de 35 milliards de dollars. Le gouvernement a insisté sur le fait qu'il pouvait faire face à ses obligations.


Vent de panique à Wall Street: simple correction ou déprime prolongée ?

Michael Shearin, analyste de la surveillance chez Intercontinental Exchange Regulation travaille sur le parquet de la Bourse de New York à la cloche de clôture le 14 janvier 2022 à New York. (Photo, AFP)
Michael Shearin, analyste de la surveillance chez Intercontinental Exchange Regulation travaille sur le parquet de la Bourse de New York à la cloche de clôture le 14 janvier 2022 à New York. (Photo, AFP)
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  • L'indice élargi S&P 500, plus représentatif du marché américain dans son ensemble, a lui cédé 8,3% depuis son dernier sommet, au début de l'année
  • Le président Joe Biden, déjà à un creux de popularité à cause de l'économie, doit faire face à l'automne à des élections législatives de mi-mandat difficiles

WASHINGTON : Un petit vent de panique a soufflé sur Wall Street cette semaine après la vive chute du Nasdaq, les investisseurs se demandant si le marché va s'en tenir à une correction ou si on aborde une déprime prolongée, risquée pour l'économie et l'administration Biden.

Depuis son dernier record mi-novembre, l'indice Nasdaq, à forte dominante technologique, a lâché plus de 15%, ce qui l'ancre nettement en zone de correction, avec son pire mois depuis octobre 2008, en pleine crise financière.

L'indice élargi S&P 500, plus représentatif du marché américain dans son ensemble, a lui cédé 8,3% depuis son dernier sommet, au début de l'année.

La spectaculaire chute de l'action Netflix (-21,79% vendredi), pourtant une des coqueluches de Wall Street ayant atteint presque 700 dollars en novembre pour tomber autour de 400 dollars, faisait froid dans le dos et commençait à inquiéter les petits porteurs et leur plan d'épargne retraite (401k) investi en bourse.

"Votre 401(k) est probablement de 40% inférieur à ce qu'il était il y a trois mois. J'ai 65 ans et je n'ai pas le temps de me refaire. Merci Joe Biden", se plaignait un internaute.

"Les gens sont en train de perdre beaucoup sur leur 401(k). C'est le portefeuille qui décide des élections alors attendez-vous à ce que les démocrates soient complètement défaits", ajoutait un autre.

Le président Joe Biden, déjà à un creux de popularité à cause de l'économie, doit faire face à l'automne à des élections législatives de mi-mandat difficiles.

C'est la perspective d'une hausse des taux d'intérêt par la Banque centrale américaine (Fed), pour juguler une inflation au plus haut depuis une génération, qui fait trembler Wall Street.

On s'attend à ce que les taux, maintenus à zéro ou presque depuis le début de la pandémie, remontent d'un point de pourcentage environ cette année. Beaucoup pensent aussi que la Fed a manqué le virage de l'inflation et qu'elle pourrait opérer un tour de vis plus sévère.

Du taureau à l'ours

Mais la question est de savoir à quel point une correction peut se transformer en "bear market" ou "marché de l'ours", c'est-à-dire en baisse prolongée, par opposition à un "marché de taureau" ou "bull market", au contraire optimiste.

"Il est vrai que le marché agit sans rime ni raison, sauf pour le Nasdaq", a reconnu Peter Cardillo, analyste pour Spartan Capital, évoquant le vent de panique. Mais il pense que la saison des résultats d'entreprises, plutôt positifs, va changer la dynamique.

Pour Gregori Volokhine, gestionnaire de portefeuille chez Meeschaert Financial Services, "on est encore loin du +bear market+ mais si on commence à anticiper un ralentissement de l'économie avec la hausse des taux, alors on continuera à vendre ce qui pourrait nous faire passer d'une simple correction à un +bear market+".

L'économie américaine est censée encore croître vigoureusement en 2022 se remettant de l'impact de la pandémie, mais les prévisionnistes ont déjà élagué leurs projections.

Un marché boursier qui cale, pourrait-il encore affecter la croissance ? "Cela pourrait ralentir la reprise mais pas nous jeter en récession", assure à l'AFP Sam Stovall de CFRA.

"Nous venons de réduire notre prévision de croissance du PIB de 4,6% en 2022 à 4,2% mais cela a plus à voir avec la durée de l'inflation et avec les attentes selon lesquelles la Fed va relever les taux chaque trimestre cette année", ajoute l'expert.

Pour d'autres, la correction, si elle ne se prolonge pas trop, est une mesure saine dans un marché parfois surévalué.

Un indicateur clé de la valorisation des actions, le ratio P/E qui compare le prix d'une action au résultat financier par action de l'entreprise, se situe actuellement à 21,2 pour les sociétés du S&P 500. Cela revient à dire qu'on paye plus de 21 fois le montant du bénéfice par action de la société pour être actionnaire.

Selon les calculs de Sam Stovall, les statistiques historiques montrent que ce ratio pourrait descendre au mieux à 19,7 dans un environnement de taux à 10 ans entre 1,75% et 2,25%. "Cela correspond à une chute de 15% du S&P 500, on est donc au milieu d'une correction", indique l'expert.

"Et l'histoire nous dit qu'on pourrait descendre du double, à -30%" si le fameux ratio descend à 16,2, sa moyenne historique dans un environnement de taux similaire.

Mais l'histoire apporte un autre réconfort: "Wall Street est une opportuniste", affirme Sam Stovall. "Après une correction, les investisseurs reviennent en force et en moyenne, il ne faut pas plus de 4 mois pour revenir à l'équilibre", ajoute-t-il.


Hermès attaque un artiste américain qui vend des NFT représentant des sacs Birkin

Un employé détient un sac Hermes Birkin en crocodile de 129 000 USD pour la presse lors d'une ouverture privée du nouveau magasin Hermes à Wall Street, à New York, le 21 juin 2007. (Photo, AFP)
Un employé détient un sac Hermes Birkin en crocodile de 129 000 USD pour la presse lors d'une ouverture privée du nouveau magasin Hermes à Wall Street, à New York, le 21 juin 2007. (Photo, AFP)
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  • Face au succès de vente de ce premier NFT, Mason Rothschild a créé une centaine de «MetaBirkins» qu'il a mis en vente en cryptomonnaie
  • Les sacs Birkin, produits phares du sellier-maroquinier inspirés par la chanteuse et actrice anglaise, sont vendus en boutique plusieurs milliers d'euros.

PARIS : Le groupe de luxe Hermès a mis un pied dans le monde du metavers mais pas en tant que créateur: il a engagé des poursuites judiciaires à New York contre un artiste qui a créé des NFT représentant des sacs en fourrure fortement inspirés du célèbre sac de la marque, le Birkin.

Mason Rothschild a d'abord créé, avec l'artiste Eric Ramirez, un "Non-Fungible Token" (NFT), un "objet numérique" dont la propriété est traçable, qu'ils ont appelé "Baby Birkin", déjà inspiré du sac vedette de Hermès.

Face au succès de vente de ce premier NFT, Mason Rothschild a créé une centaine de "MetaBirkins" qu'il a mis en vente en cryptomonnaie pour l'équivalent de quelques milliers d'euros.

Dans la plainte civile déposée au tribunal fédéral de Manhattan (New York), que l'AFP a consultée, Hermès accuse Mason Rothschild d'être un "spéculateur numérique qui cherche à s'enrichir rapidement en s'appropriant la marque MetaBirkin" pour la vente de NFT. "La marque MetaBirkin s’approprie tout simplement le nom célèbre de la marque Hermès, le Birkin, en ajoutant le préfixe méta", est-il ajouté.

L'artiste a "ouvertement reconnu qu'il avait choisi de vendre ses NFT au nom de Metabirkins parce qu'un sac à main Birkin est un bien précieux dans le monde réel", argumente notamment le groupe de luxe.

Les sacs Birkin, produits phares du sellier-maroquinier inspirés par la chanteuse et actrice anglaise, sont vendus en boutique plusieurs milliers d'euros.

Le nom de Metabirkins, "lui a apporté un succès financier en quelques semaines. Il ne fait aucun doute que ce succès découle d'une utilisation confuse de la marque de Hermès", argumente aussi le sellier-maroquinier.

"Les affirmations de Hermès sont sans fondement", a répondu l'artiste sur les réseaux sociaux. "Je ne crée ni ne vends des faux sacs Birkin. J'ai fait des oeuvres d'art qui dépeignent des sacs Birkin imaginaires couverts de fourrure", ajoute-t-il se référant à Andy Warhol et ses célèbres toiles représentant des boites de soupe Campbell.

"Le fait que je vends de l'art en utilisant des NFT ne change pas le fait qu'il s'agit d'art", ajoute-il avant d'expliquer avoir voulu discuter avec la marque de luxe. "J'espère que Hermès comprend que je ne serai pas intimidé", termine-t-il.

Contacté par l'AFP, Hermès a déclaré ne pas commenter les affaires judiciaires en cours.