Syrie: les Kurdes veulent des centres de réhabilitation pour les "enfants" de l'EI

Un jeune homme pousse une charrette avec des enfants assis à l'intérieur du camp kurde d'al-Hol, qui abrite des proches de combattants présumés du groupe État islamique (EI), dans le gouvernorat de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 23 juin 2021. (Delil Souleiman /AFP)
Un jeune homme pousse une charrette avec des enfants assis à l'intérieur du camp kurde d'al-Hol, qui abrite des proches de combattants présumés du groupe État islamique (EI), dans le gouvernorat de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 23 juin 2021. (Delil Souleiman /AFP)
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Publié le Vendredi 02 juillet 2021

Syrie: les Kurdes veulent des centres de réhabilitation pour les "enfants" de l'EI

Un jeune homme pousse une charrette avec des enfants assis à l'intérieur du camp kurde d'al-Hol, qui abrite des proches de combattants présumés du groupe État islamique (EI), dans le gouvernorat de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 23 juin 2021. (Delil Souleiman /AFP)
  • Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait tiré mercredi la sonnette d'alarme sur l'emprisonnement de centaines d'enfants, principalement des garçons, certains âgés d'à peine 12 ans", dans des prisons pour adultes
  • Le camp d'Al-Hol est devenu une véritable cité de tentes accueillant près de 62.000 personnes, dont environ 10.000 femmes et enfants étrangers

BEYROUTH, Liban : Les Kurdes de Syrie ont transféré une trentaine d'adolescents du camp d'Al-Hol pour les installer dans un centre de réhabilitation à destination des enfants de jihadistes, a indiqué un responsable local vendredi, réclamant une aide internationale pour créer une quinzaine d'institutions similaires.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait tiré mercredi la sonnette d'alarme sur l'emprisonnement "de centaines d'enfants, principalement des garçons, certains âgés d'à peine 12 ans", dans des "prisons pour adultes, des endroits où ils n'ont pas leur place".

Après avoir mené plusieurs offensives contre le groupe État islamique (EI), les autorités semi-autonomes kurdes dans le nord-est de la Syrie gèrent maintenant la présence dans leurs prisons de milliers de combattants et de milliers de femmes et d'enfants dans les camps.

Reconnaissant la détention de mineurs, Abdelkarim Omar, responsable des Affaires étrangères de l'administration kurde, a toutefois précisé qu'ils étaient retenus dans des quartiers séparés des adultes, mettant l'accent sur l'importance de créer des centres de réhabilitation.

"La place des enfants n'est ni en prison ni dans des camps", a-t-il indiqué à l'AFP.

"Entre 30 et 35 enfants de plus de 12 ans ont été sortis d'Al-Hol, nous préparons un centre de réhabilitation à Hassaké (nord-est), il sera prêt dans les jours à venir", a-t-il ajouté.

Le camp d'Al-Hol est devenu une véritable cité de tentes accueillant près de 62.000 personnes, dont environ 10.000 femmes et enfants étrangers dans une annexe grillagée, selon l'ONU, qui a mis en garde contre "des cas de radicalisation".

A Al-Hol, "les garçons en particulier vivent dans une peur et une méfiance constante. Une fois un certain âge atteint, beaucoup sont séparés de leur famille et transférés vers des centres de détention pour adultes", a déclaré dans un compte-rendu Fabrizio Carboni, directeur régional Moyen-Orient au CICR.

"Les enfants détenus devraient soit être réunis avec leur famille dans les camps, soit être rapatriés", a-t-il ajouté.

Un premier centre de réhabilitation a été fondé il y a quelques années et accueille actuellement environ 120 enfants, selon M. Omar, qui vante les résultats obtenus.

Le responsable plaide pour "la création de 15 ou 16 centres afin de sortir les enfants des prisons, en attendant de leur trouver une solution car la communauté internationale ne prend pas ses responsabilités".

"Aidez-nous au moins à sortir ces enfants de cet environnement radical, car les garder dans cette atmosphère entraînera l'apparition d'une nouvelle génération de terroristes", a-t-il averti.

 


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com