Le président bélarusse annonce le démantèlement de «cellules terroristes» liées à l'Occident

Fort du soutien de Russie, Loukachenko a déjà accusé l'Occident à plusieurs reprises de vouloir «déstabiliser» son pays afin d'en changer le régime. (Photo, AFP)
Fort du soutien de Russie, Loukachenko a déjà accusé l'Occident à plusieurs reprises de vouloir «déstabiliser» son pays afin d'en changer le régime. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 03 juillet 2021

Le président bélarusse annonce le démantèlement de «cellules terroristes» liées à l'Occident

  • Les tensions entre Minsk et les Européens n'ont fait que s'accentuer depuis la répression d'un mouvement de contestation post-électoral historique en 2020
  • Le Bélarus est situé aux portes de l'Union européenne, avec des frontières communes avec la Pologne et la Lituanie notamment

MOSCOU : Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a annoncé vendredi le démantèlement au Bélarus de "cellules terroristes dormantes" liées selon lui à l'Occident, en les accusant d'avoir voulu préparer un coup d'Etat.

"Aujourd'hui, nous avons terminé une vaste opération antiterroriste", a lancé M. Loukachenko, cité par son service de presse, lors d'une cérémonie à l'occasion des 30 ans de l'indépendance de cette ex-république soviétique.

"Des cellules terroristes dormantes ont été démantelées aujourd'hui, les soi-disant unités de l'autodéfense", a-t-il affirmé.

"L'objectif de ces cellules" liées selon le président bélarusse à l'Allemagne, à l'Ukraine, aux Etats-Unis, à la Pologne et à la Lituanie, était de "renverser le régime par la violence", a assuré M. Loukachenko, 66 ans dont près de 27 ans au pouvoir au Bélarus.

Selon lui, les activités de cellules étaient coordonnées via un canal sur la messagerie Telegram, baptisé "Régiments de l'autodéfense du Bélarus" qui comptait 2 500 abonnés et appartenait à un "citoyen allemand".

Ces forces ont essayé récemment de faire exploser un centre de communication naval russe situé dans la ville bélarusse de Vileïka, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Minsk, a assuré M. Loukachenko, en précisant en avoir parlé au téléphone cette semaine avec son homologue russe Vladimir Poutine.

"Tous les participants à cet acte terroriste (...) ont été retrouvés au cours de 48 heures et arrêtés", a-t-il déclaré.

Il a également affirmé qu'"un nombre énorme d'armes affluait vers le Bélarus depuis l'Ukraine", en annonçant avoir ordonné aux garde-frontières bélarusses de "fermer définitivement la frontière avec l'Ukraine".

Le président bélarusse a par ailleurs affirmé que les services spéciaux du pays avaient déjoué dans la nuit de jeudi à vendredi une tentative d'assassinat d'un journaliste et présentateur d'une chaîne de télévision publique, Grigori Azarenok, connu pour ses propos en soutien du régime. 

"On voulait l'emmener dans une forêt et lui couper la langue", a assuré M. Loukachenko.

Fort du soutien de Russie, M. Loukachenko a déjà accusé l'Occident à plusieurs reprises de vouloir "déstabiliser" son pays afin d'en changer le régime.

Ces déclarations vendredi interviennent alors que le Bélarus a annoncé lundi la suspension de sa participation au Partenariat oriental de l'UE et le rappel de son ambassadeur à Bruxelles en représailles aux sanctions européennes décidées du fait de la répression politique dans le pays.

Les tensions entre Minsk et les Européens n'ont fait que s'accentuer depuis la répression d'un mouvement de contestation post-électoral historique en 2020, qui s'est poursuivie avec l'interception en mai d'un avion de ligne et l'arrestation d'un opposant à bord.

Le Bélarus est situé aux portes de l'Union européenne, avec des frontières communes avec la Pologne et la Lituanie notamment.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.