En Irak, plus de 50 degrés et pas un watt d'électricité

Partout à travers le pays, les commerçants ont installé des tuyaux, robinets et autres pommeaux improvisés pour que les passants puissent se doucher sur le trottoir. (Photo, AFP)
Partout à travers le pays, les commerçants ont installé des tuyaux, robinets et autres pommeaux improvisés pour que les passants puissent se doucher sur le trottoir. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 03 juillet 2021

En Irak, plus de 50 degrés et pas un watt d'électricité

  • Le scénario catastrophe de cette année est le résultat de dizaines d'actions qui ont déclenché des réactions en chaîne
  • Qui est responsable de tout ça, s'interrogent des Irakiens qui ont vu en près de 20 ans la moitié des pétrodollars du pays disparaître dans les poches de politiciens et d'hommes d'affaires véreux

BAGDAD : En Irak, l'été est toujours chaud. Mais cette année, avec 52 degrés à l'ombre, le pays est plongé dans le noir. Pas un seul watt d'électricité n'arrive dans les maisons où réfrigérateurs, climatiseurs et autres ventilateurs ne servent plus à rien.

Quand il avait encore du courant, Ali Karrar est allé jusqu'à allonger quelques minutes son nourrisson au frigo dans sa ville d'al-Hilla, au sud de Bagdad. A Diwaniyah, plus au sud, Rahi Abdelhussein n'arrête pas d'amener des sacs de glaçons pour hydrater ses enfants.

Partout à travers le pays, les commerçants ont installé des tuyaux, robinets et autres pommeaux improvisés pour que les passants puissent se doucher sur le trottoir avant de reprendre leurs achats... tout secs quelques minutes plus tard.

Le pire, comme à chaque fois, c'est à Bassora, la seule ville côtière du pays, où le ressenti des grandes chaleurs -- plus de 50 degrés -- est multiplié par l'humidité. La moiteur et l'inconfort sont tels que le gouvernorat a décrété quatre jours fériés cette semaine pour éviter aux habitants de sortir et aux pots d'échappement de faire grimper la température.

"On fait dormir les enfants par terre pour chercher un peu de fraîcheur et nous, les adultes, on ne ferme pas l'oeil de la nuit", raconte Mechaal Hachem, docker et père de trois enfants à Bassora.

«La faute à l'autre»

Le scénario catastrophe de cette année est le résultat de dizaines d'actions qui ont déclenché des réactions en chaîne. Résultat, au beau milieu de la nuit de jeudi à vendredi, plus aucun watt ne circulait dans les lignes électriques du pays.

Qui est responsable de tout ça, s'interrogent nombre des 40 millions d'Irakiens qui ont vu en près de 20 ans la moitié des pétrodollars du pays disparaître dans les poches de politiciens et d'hommes d'affaires véreux.

"Le ministère de l'Electricité dit 'c'est la faute du ministère du Pétrole', le Pétrole dit 'c'est la faute des Finances', les Finances disent 'c'est la faute de l'Iran', l'Iran dit 'c'est la faute du gouvernement irakien', le gouvernement dit 'c'est la faute du peuple', le peuple dit 'c'est la faute des politiques' et les politiques disent 'il faut faire avec'", résume, ironique, le chercheur Sajad Jiyad sur Twitter.

Le ministère de l'Electricité n'a jamais rénové ses circuits où se perdent 40% de son énergie, tandis que le ministère du Pétrole peine à lancer ses projets pour transformer le gaz naturel actuellement brûlé dans les torchères et alimenter ainsi les centrales électriques.

L'Iran, à qui l'Irak doit six milliards de dollars d'impayés de gaz et d'électricité, a décidé mardi de couper le robinet. Bagdad répond ne pas pouvoir payer ses dettes du fait des sanctions américaines contre l'Iran et de ses propres soucis financiers, alors que le Covid-19 a un temps fait plonger les cours du pétrole, son unique source de devises. 

Et surtout, plaide le gouvernement, très peu de foyers paient leurs factures alors que tout le monde fait des branchements sauvages.

A qui profite le crime?

Dans le sud du pays, quatre provinces ont été privées de courant dès mardi, du fait notamment, explique le ministère de l'Electricité, d'attaques non élucidées contre des lignes à haute tension. 

Les autorités qualifient les responsables de "terroristes" mais impossible de savoir qui se cache derrière ces sabotages. "Quelqu'un essaye de déstabiliser la rue et de créer le chaos", affirmait récemment à la télévision le porte-parole du ministère de l'Electricité, Ahmed Moussa.

Des manifestations ont déjà eu lieu dans les provinces de Missane, Wassit -- où cinq manifestants et sept policiers ont été blessés dans des heurts aux portes de la centrale électrique provinciale -- et ailleurs dans le Sud.

Le gouvernement le sait, aucun ministre de l'Electricité n'a survécu à la saison estivale depuis 18 ans. Chaque été, mais habituellement plus tard dans l'année, des manifestations ont lieu à travers l'Irak, et ce ministre-là est le premier fusible qui saute.

Cette fois-ci, le ministre Majid Hantoch, soutenu par le turbulent leader chiite Moqtada Sadr, a pris les devants: il a présenté sa démission lundi, la veille de la coupure iranienne.

De quoi donner les coudées franches à la rhétorique antigouvernement du mouvement sadriste qui s'annonce déjà grand vainqueur des législatives prévues en octobre.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.