Frankly speaking: «Il y aura un raz -de- marée de demandes de voyages» une fois la pandémie terminée

Le président de la compagnie aérienne Emirates, Tim Clark lors d'une interview sur Frankly Speaking (Capture d'écran)
Le président de la compagnie aérienne Emirates, Tim Clark lors d'une interview sur Frankly Speaking (Capture d'écran)
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

Frankly speaking: «Il y aura un raz -de- marée de demandes de voyages» une fois la pandémie terminée

Le président de la compagnie aérienne Emirates, Tim Clark lors d'une interview sur Frankly Speaking (Capture d'écran)
  • Le directeur d'Emirates prévoit un rebond total d'ici l'été 2022, considérant le modèle commercial de la compagnie aérienne efficace à «perpétuité»
  • Sir Tim Clark a parlé de la possibilité d'une fusion avec la compagnie aérienne rivale d'Abou Dhabi Etihad

DUBAΪ: Emirates tournera à plein régime d'ici l'été prochain alors que l'industrie aéronautique frappée par la pandémie connaît une « augmentation exceptionnelle » du nombre de passagers, déclare à Arab News Sir Tim Clark, le président de la compagnie aérienne. 

« À court terme, je pense que nous avons encore six mois de difficultés. Si vous me demandez ce que je pense de l'été 2022, je pense que ce sera complètement différent. Je suis assez confiant que l'année prochaine, nous aurons un scenario totalement différent, et que des compagnies aériennes comme Emirates se seront certainement complétement rétablies, bien que peut-être six mois plus tard que ce que nous avions initialement prévu », dit-il. 

« Une fois la pandémie terminée, il y aura un tsunami de demande de la part des personnes souhaitant voyager – qu'il s'agisse d'amis et de parents, de résidences secondaires, d'affaires, de loisirs – les multiples secteurs qui ont tous été supprimés au cours des 15 ou 16 derniers mois », ajoute Clark. 

 

Il a donné ses prévisions confiantes lors d'une interview sur Frankly Speaking, la série d'entretiens vidéo avec des décideurs politiques et des hommes d'affaires influents. 

Au cours d'une large discussion sur le transporteur basé à Dubaï et l'industrie mondiale de l'aviation, Clark a parlé de l'amélioration de la situation financière d'Emirates, qui a perdu 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) l'année dernière, ainsi que la possibilité d'une fusion avec la compagnie aérienne rivale d'Abou Dhabi Etihad. 

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Clark, qui travaille avec Emirates depuis trois décennies et demie, devait prendre sa retraite l'année dernière, mais a accepté de rester au poste le plus élevé pour faire face à la pandémie (Photo, AN)

Il a également discuté de l'avenir de l'avion A380, qui n'a pas pris l'air depuis que la pandémie a frappé l'année dernière, et a offert des conseils d'experts à l'Arabie saoudite alors que le Royaume envisage de lancer une deuxième compagnie aérienne internationale. 

 

Il était catégorique sur le fait que le modèle commercial d'Emirates – qui fournit une connectivité mondiale autour du hub de Dubaï pour un marché du transport aérien en constante augmentation – serait efficace « à perpétuité ». 

« Suggérez-vous que les gens ne voyageront pas, qu'ils ne voudront pas faire tout ce qu'ils faisaient avant la pandémie ? Êtes-vous en train de suggérer, comme beaucoup le font, que le fait que vous et moi discutions sur ces plateformes de vidéoconférence va supprimer le besoin de voyager pour affaires ? Les gens ne vont-ils pas voyager pour les vacances, pour les loisirs, pour rendre visite à des amis et à des parents pour toutes les raisons pour lesquelles les gens voyagent à travers la planète », a-t-il demandé. 

« Dubaï conservera et se réaffirmera en tant que super hub mondial. Ça va renforcer ça. L'aéroport va se consolider et nous aurons plus de villes sur le réseau d'ici trois à cinq ans. Alors gardez l’œil sur cet espace. 

Dubaï a eu raison de rouvrir son économie et sa compagnie aérienne l'année dernière alors même que la pandémie faisait rage dans le monde et que de nouveaux variants du virus faisaient leur apparition, insiste Clark. 

« Ils ont été les premiers acteurs, rappelez-vous, à imposer un confinement en avril et mai de l'année dernière. Ils ont été les premiers à admettre que les vaccins finiraient par régler le problème. Alors, ont-ils pris la bonne décision ? Oui, ils l’ont fait. La compagnie aérienne s'est adaptée assez rapidement comme elle l'a fait au ralentissement à la suite de l’apparition de nouveaux variants, mais encore une fois la ville (Dubaï), s'adaptera. Elle est connue pour sa malléabilité », souligne-t-il. 

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Au cours d'une large discussion sur le transporteur basé à Dubaï et l'industrie mondiale de l'aviation, Clark a parlé de l'amélioration de la situation financière d'Emirates, qui a perdu 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) l'année dernière, ainsi que la possibilité d'une fusion avec la compagnie aérienne rivale d'Abou Dhabi Etihad (Photo, AN)

Le marché américain du transport aérien sera le premier à afficher une augmentation significative, dit-il, suivi par l'Europe et le reste du monde, alors que les campagnes de vaccinations se poursuivent dans le monde et que le traitement médical de l'infection s'améliore. Mais il ignore quand les importantes routes aériennes du Royaume-Uni avec les Émirats arabes unis rouvriront sans quarantaine et autres restrictions qui ont laissé ce marché morose. 

« Mon point de vue a été exprimé avec véhémence auprès du gouvernement britannique et je sais que le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis s'est montré assez ferme à ce sujet. À mon avis, il n'y a pas de raison pour que les Émirats arabes unis figurent sur la liste rouge, d'autant plus que nous, le pays, sommes très au fait du problème », signale-t-il. 

Le Royaume-Uni a déclaré qu'il rouvrirait complètement son économie plus tard ce mois-ci, le 19 juillet, mais sans précision sur la reprise complète des vols avec les Émirats arabes unis. 

« Ils doivent bien sûr accepter que si leurs citoyens sont vaccinés et voyagent, la réciproque doit être valable. Je pense que les preuves suggèrent que probablement d'ici août, septembre, ils seront plus détendus concernant l'entrée et les voyages », précise-t-il. 

Clark espère également que d'ici l'automne, l'Arabie saoudite rouvrira les routes lucratives entre Dubaï et les centres d'affaires du Royaume, fermées en raison de précautions contre la pandémie. Il s'attendait à ce que l'exposition mondiale Expo 2020, qui débute à Dubaï en octobre, relance les activités de la compagnie aérienne. 

Il a prodigué des conseils aux décideurs politiques du Royaume alors qu'ils planifiaient le lancement d'une deuxième compagnie aérienne internationale aux côtés de Saudia. 

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Un Airbus A380-842 d'Emirates à l'aéroport international de Dubaï après qu'Emirates a suspendu toutes les opérations de passagers au milieu de la pandémie de coronavirus, le 24 mars 2020 (Photo, AFP)

« Avec un projet comme ça, vous devez trouver les personnes qui savent ce qu’elles font. Ils ont évidemment besoin d’une grande quantité d'argent pour faire avancer les choses, qu'ils ont j’en suis sûr, en Arabie saoudite. S'ils pensent qu'une compagnie aérienne supplémentaire, au modèle commercial légèrement différent, est nécessaire, je suis sûr qu'ils s’y mettront », déclare-t-il. 

Emirates a souffert financièrement pendant le confinement de la pandémie, qui a entièrement immobilisé sa flotte pendant deux mois avant une réouverture partielle l'été dernier. Mais Clark prévoit la fin des pertes « probablement d'ici un an ou deux », bien qu'il ne soit toujours pas clair si la compagnie aérienne aura besoin de plus de soutien du gouvernement de Dubaï en plus des 3,1 milliards de dollars qu'elle a déjà reçus. 

« C'est juste une supposition. Cela dépendra beaucoup de ce qui va se passer au cours des six et neuf mois prochains. Les dépenses en liquidités ont reculé et nous ne sommes pas dans une situation critique par rapport à ce chapitre pour le moment. Je suis convaincu à 100% que le gouvernement de Dubaï fera ce qu'il faut pour assurer la sécurité financière d'Emirates », dit-il. 

Les dommages financiers de la pandémie ont de nouveau soulevé la question d'une fusion entre Emirates et Etihad, mais Clark déclare que cette affaire est « bien au-dessus de son niveau de rémunération ». Il pense qu'il y aura plus de collaboration opérationnelle et en coulisses entre les deux compagnies aériennes, mais que cela n'implique pas une fusion à part entière, qui elle nécessiterait un accord entre les gouvernements de Dubaï et d'Abou Dhabi. 

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Emirates a souffert financièrement pendant le confinement de la pandémie, qui a entièrement immobilisé sa flotte pendant deux mois avant une réouverture partielle l'été dernier (Photo, AFP)

L'avion à fuselage large Airbus A380 était essentiel à l'expansion et à la rentabilité d'Emirates avant que la pandémie ne frappe, mais plus de 100 avions sont stationnés depuis l'année dernière. Il est prévu de remettre certains d’entre eux en service cet été, et Clark est confiant dans l'avenir à long terme de l'avion. 

Emirates vient de prendre livraison de deux nouveaux A380, et trois autres seront livrés en novembre, bien que le constructeur européen ait déclaré qu'il n’en fabriquerait plus. « Donc, avec le temps bien sûr, il est appelé à disparaitre, mais, en attendant, nous utiliserons cet avion, nous dépenserons de l'argent dessus, pour le remettre à neuf, pour améliorer le produit, le rendre encore plus attrayant, » dit-il. 

Clark, qui travaille avec Emirates depuis trois décennies et demie, devait prendre sa retraite l'année dernière, mais a accepté de rester au poste le plus élevé pour faire face à la pandémie. Il a refusé de préciser si une nouvelle date de départ avait été fixée. 

« J’ai un super groupe avec lequel je travaille, et ils sont avec moi depuis 20 ans. Donc l'actionnaire a beaucoup de choix. Ce n’est pas très important que je sois ici ou non », déclare-t-il. 

Il ajoute qu'il restera avec la compagnie aérienne à titre consultatif après sa démission de la présidence et qu'il aimerait se concentrer sur des activités caritatives telles que la Emirates Airline Foundation. Mais il n'a pas exclu un autre gros poste dans l'aviation mondiale. 

« Je ne dis pas que je ne le ferais pas si on me le demandait, mais je préférerais m'impliquer dans des secteurs autres que commerciaux », conclut Clark. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Pétrole en repli, Bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".

 


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".