Frankly speaking: «Il y aura un raz -de- marée de demandes de voyages» une fois la pandémie terminée

Le président de la compagnie aérienne Emirates, Tim Clark lors d'une interview sur Frankly Speaking (Capture d'écran)
Le président de la compagnie aérienne Emirates, Tim Clark lors d'une interview sur Frankly Speaking (Capture d'écran)
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Publié le Jeudi 31 mars 2022

Frankly speaking: «Il y aura un raz -de- marée de demandes de voyages» une fois la pandémie terminée

Le président de la compagnie aérienne Emirates, Tim Clark lors d'une interview sur Frankly Speaking (Capture d'écran)
  • Le directeur d'Emirates prévoit un rebond total d'ici l'été 2022, considérant le modèle commercial de la compagnie aérienne efficace à «perpétuité»
  • Sir Tim Clark a parlé de la possibilité d'une fusion avec la compagnie aérienne rivale d'Abou Dhabi Etihad

DUBAΪ: Emirates tournera à plein régime d'ici l'été prochain alors que l'industrie aéronautique frappée par la pandémie connaît une « augmentation exceptionnelle » du nombre de passagers, déclare à Arab News Sir Tim Clark, le président de la compagnie aérienne. 

« À court terme, je pense que nous avons encore six mois de difficultés. Si vous me demandez ce que je pense de l'été 2022, je pense que ce sera complètement différent. Je suis assez confiant que l'année prochaine, nous aurons un scenario totalement différent, et que des compagnies aériennes comme Emirates se seront certainement complétement rétablies, bien que peut-être six mois plus tard que ce que nous avions initialement prévu », dit-il. 

« Une fois la pandémie terminée, il y aura un tsunami de demande de la part des personnes souhaitant voyager – qu'il s'agisse d'amis et de parents, de résidences secondaires, d'affaires, de loisirs – les multiples secteurs qui ont tous été supprimés au cours des 15 ou 16 derniers mois », ajoute Clark. 

 

Il a donné ses prévisions confiantes lors d'une interview sur Frankly Speaking, la série d'entretiens vidéo avec des décideurs politiques et des hommes d'affaires influents. 

Au cours d'une large discussion sur le transporteur basé à Dubaï et l'industrie mondiale de l'aviation, Clark a parlé de l'amélioration de la situation financière d'Emirates, qui a perdu 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) l'année dernière, ainsi que la possibilité d'une fusion avec la compagnie aérienne rivale d'Abou Dhabi Etihad. 

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Clark, qui travaille avec Emirates depuis trois décennies et demie, devait prendre sa retraite l'année dernière, mais a accepté de rester au poste le plus élevé pour faire face à la pandémie (Photo, AN)

Il a également discuté de l'avenir de l'avion A380, qui n'a pas pris l'air depuis que la pandémie a frappé l'année dernière, et a offert des conseils d'experts à l'Arabie saoudite alors que le Royaume envisage de lancer une deuxième compagnie aérienne internationale. 

 

Il était catégorique sur le fait que le modèle commercial d'Emirates – qui fournit une connectivité mondiale autour du hub de Dubaï pour un marché du transport aérien en constante augmentation – serait efficace « à perpétuité ». 

« Suggérez-vous que les gens ne voyageront pas, qu'ils ne voudront pas faire tout ce qu'ils faisaient avant la pandémie ? Êtes-vous en train de suggérer, comme beaucoup le font, que le fait que vous et moi discutions sur ces plateformes de vidéoconférence va supprimer le besoin de voyager pour affaires ? Les gens ne vont-ils pas voyager pour les vacances, pour les loisirs, pour rendre visite à des amis et à des parents pour toutes les raisons pour lesquelles les gens voyagent à travers la planète », a-t-il demandé. 

« Dubaï conservera et se réaffirmera en tant que super hub mondial. Ça va renforcer ça. L'aéroport va se consolider et nous aurons plus de villes sur le réseau d'ici trois à cinq ans. Alors gardez l’œil sur cet espace. 

Dubaï a eu raison de rouvrir son économie et sa compagnie aérienne l'année dernière alors même que la pandémie faisait rage dans le monde et que de nouveaux variants du virus faisaient leur apparition, insiste Clark. 

« Ils ont été les premiers acteurs, rappelez-vous, à imposer un confinement en avril et mai de l'année dernière. Ils ont été les premiers à admettre que les vaccins finiraient par régler le problème. Alors, ont-ils pris la bonne décision ? Oui, ils l’ont fait. La compagnie aérienne s'est adaptée assez rapidement comme elle l'a fait au ralentissement à la suite de l’apparition de nouveaux variants, mais encore une fois la ville (Dubaï), s'adaptera. Elle est connue pour sa malléabilité », souligne-t-il. 

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Au cours d'une large discussion sur le transporteur basé à Dubaï et l'industrie mondiale de l'aviation, Clark a parlé de l'amélioration de la situation financière d'Emirates, qui a perdu 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) l'année dernière, ainsi que la possibilité d'une fusion avec la compagnie aérienne rivale d'Abou Dhabi Etihad (Photo, AN)

Le marché américain du transport aérien sera le premier à afficher une augmentation significative, dit-il, suivi par l'Europe et le reste du monde, alors que les campagnes de vaccinations se poursuivent dans le monde et que le traitement médical de l'infection s'améliore. Mais il ignore quand les importantes routes aériennes du Royaume-Uni avec les Émirats arabes unis rouvriront sans quarantaine et autres restrictions qui ont laissé ce marché morose. 

« Mon point de vue a été exprimé avec véhémence auprès du gouvernement britannique et je sais que le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis s'est montré assez ferme à ce sujet. À mon avis, il n'y a pas de raison pour que les Émirats arabes unis figurent sur la liste rouge, d'autant plus que nous, le pays, sommes très au fait du problème », signale-t-il. 

Le Royaume-Uni a déclaré qu'il rouvrirait complètement son économie plus tard ce mois-ci, le 19 juillet, mais sans précision sur la reprise complète des vols avec les Émirats arabes unis. 

« Ils doivent bien sûr accepter que si leurs citoyens sont vaccinés et voyagent, la réciproque doit être valable. Je pense que les preuves suggèrent que probablement d'ici août, septembre, ils seront plus détendus concernant l'entrée et les voyages », précise-t-il. 

Clark espère également que d'ici l'automne, l'Arabie saoudite rouvrira les routes lucratives entre Dubaï et les centres d'affaires du Royaume, fermées en raison de précautions contre la pandémie. Il s'attendait à ce que l'exposition mondiale Expo 2020, qui débute à Dubaï en octobre, relance les activités de la compagnie aérienne. 

Il a prodigué des conseils aux décideurs politiques du Royaume alors qu'ils planifiaient le lancement d'une deuxième compagnie aérienne internationale aux côtés de Saudia. 

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Un Airbus A380-842 d'Emirates à l'aéroport international de Dubaï après qu'Emirates a suspendu toutes les opérations de passagers au milieu de la pandémie de coronavirus, le 24 mars 2020 (Photo, AFP)

« Avec un projet comme ça, vous devez trouver les personnes qui savent ce qu’elles font. Ils ont évidemment besoin d’une grande quantité d'argent pour faire avancer les choses, qu'ils ont j’en suis sûr, en Arabie saoudite. S'ils pensent qu'une compagnie aérienne supplémentaire, au modèle commercial légèrement différent, est nécessaire, je suis sûr qu'ils s’y mettront », déclare-t-il. 

Emirates a souffert financièrement pendant le confinement de la pandémie, qui a entièrement immobilisé sa flotte pendant deux mois avant une réouverture partielle l'été dernier. Mais Clark prévoit la fin des pertes « probablement d'ici un an ou deux », bien qu'il ne soit toujours pas clair si la compagnie aérienne aura besoin de plus de soutien du gouvernement de Dubaï en plus des 3,1 milliards de dollars qu'elle a déjà reçus. 

« C'est juste une supposition. Cela dépendra beaucoup de ce qui va se passer au cours des six et neuf mois prochains. Les dépenses en liquidités ont reculé et nous ne sommes pas dans une situation critique par rapport à ce chapitre pour le moment. Je suis convaincu à 100% que le gouvernement de Dubaï fera ce qu'il faut pour assurer la sécurité financière d'Emirates », dit-il. 

Les dommages financiers de la pandémie ont de nouveau soulevé la question d'une fusion entre Emirates et Etihad, mais Clark déclare que cette affaire est « bien au-dessus de son niveau de rémunération ». Il pense qu'il y aura plus de collaboration opérationnelle et en coulisses entre les deux compagnies aériennes, mais que cela n'implique pas une fusion à part entière, qui elle nécessiterait un accord entre les gouvernements de Dubaï et d'Abou Dhabi. 

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Emirates a souffert financièrement pendant le confinement de la pandémie, qui a entièrement immobilisé sa flotte pendant deux mois avant une réouverture partielle l'été dernier (Photo, AFP)

L'avion à fuselage large Airbus A380 était essentiel à l'expansion et à la rentabilité d'Emirates avant que la pandémie ne frappe, mais plus de 100 avions sont stationnés depuis l'année dernière. Il est prévu de remettre certains d’entre eux en service cet été, et Clark est confiant dans l'avenir à long terme de l'avion. 

Emirates vient de prendre livraison de deux nouveaux A380, et trois autres seront livrés en novembre, bien que le constructeur européen ait déclaré qu'il n’en fabriquerait plus. « Donc, avec le temps bien sûr, il est appelé à disparaitre, mais, en attendant, nous utiliserons cet avion, nous dépenserons de l'argent dessus, pour le remettre à neuf, pour améliorer le produit, le rendre encore plus attrayant, » dit-il. 

Clark, qui travaille avec Emirates depuis trois décennies et demie, devait prendre sa retraite l'année dernière, mais a accepté de rester au poste le plus élevé pour faire face à la pandémie. Il a refusé de préciser si une nouvelle date de départ avait été fixée. 

« J’ai un super groupe avec lequel je travaille, et ils sont avec moi depuis 20 ans. Donc l'actionnaire a beaucoup de choix. Ce n’est pas très important que je sois ici ou non », déclare-t-il. 

Il ajoute qu'il restera avec la compagnie aérienne à titre consultatif après sa démission de la présidence et qu'il aimerait se concentrer sur des activités caritatives telles que la Emirates Airline Foundation. Mais il n'a pas exclu un autre gros poste dans l'aviation mondiale. 

« Je ne dis pas que je ne le ferais pas si on me le demandait, mais je préférerais m'impliquer dans des secteurs autres que commerciaux », conclut Clark. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


De la sécurité hydrique à l’IA, Vision Golfe trace la prochaine étape de la coopération France-GCC

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  • Vision Golfe 2026 a mis en lumière l’attention croissante portée par la France et les pays du Golfe à la résilience, à la souveraineté et à la compétitivité, par des discussions consacrées surtout à la sécurité hydrique et à l’intelligence artificielle
  • Au-delà des débats stratégiques, les nombreuses rencontres B2B et B2G ont souligné la volonté du forum de favoriser des partenariats concrets, des investissements et une coopération économique durable

PARIS: La résilience stratégique s’est imposée comme le thème central de la première journée de Vision Golfe 2026, qui a réuni à Paris des décideurs politiques français et du Golfe, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Placée sous le thème « De la coopération à la transformation », cette édition du forum a mis en avant une ambition commune : dépasser les relations économiques traditionnelles pour construire des partenariats plus profonds, capables de soutenir la compétitivité à long terme, une croissance durable et la souveraineté économique.

Le forum s’est ouvert avec les interventions de Louis Margueritte, directeur général de Business France, des ministres français Roland Lescure et Nicolas Forissier, ainsi que les allocutions de Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales chargé des affaires minières, et de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français. Tous ont souligné l’importance stratégique croissante de la coopération entre la France et les pays du Golfe dans des domaines allant de l’investissement et du développement industriel à la souveraineté économique et à la croissance de long terme.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, les ruptures technologiques et les pressions croissantes sur les ressources critiques, les discussions ont porté tout au long de la journée sur les moyens de renforcer la résilience grâce à la coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, des infrastructures et du capital humain. 

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Roland Lescure, ministre français de l’Économie. (Photo fournie)

Compétitivité économique et autonomie stratégique

Un thème récurrent a émergé au fil des échanges : le lien croissant entre compétitivité économique et autonomie stratégique.

Qu’il s’agisse des ressources critiques, des infrastructures numériques, des capacités industrielles ou des chaînes d’approvisionnement, les intervenants ont souligné que la résilience économique dépend de plus en plus de la capacité à réduire les vulnérabilités tout en préservant des partenariats internationaux solides.

La notion de souveraineté dépasse désormais les seules considérations de sécurité pour englober l’accès aux technologies, aux talents, aux financements et à des écosystèmes industriels résilients. 

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Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)

Cette vision élargie de la résilience a constitué le fil conducteur de plusieurs discussions de la journée.

Lors du panel intitulé « Sécurité hydrique, décarbonation et souveraineté : des stratégies intégrées pour une gestion circulaire des ressources », la question de l’eau s’est imposée comme un enjeu central des stratégies économiques.

Les échanges ont montré que la sécurité hydrique n’est plus perçue uniquement comme un défi environnemental ou infrastructurel, mais comme un pilier stratégique du développement économique, de la croissance industrielle, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique.

Le panel réunissait Abdullah Bin Tuwaym, directeur des transactions à la Saudi Water Partnership Company (SHARAKAT), Mohammed Al-Zuabi, directeur général de Marafiq, Luis de Lope, directeur général de SAUR International, et Iheb Triki, cofondateur et directeur général de Kumulus Water.

Les discussions ont porté sur l’évolution des partenariats public-privé, le financement des infrastructures durables, le rôle des technologies numériques dans la gestion des services publics et l’importance croissante de l’économie circulaire dans la gestion des ressources.

Les intervenants ont souligné que les pays du GCC ont fait de la sécurité hydrique une priorité stratégique nationale grâce à des investissements dans le dessalement, le traitement des eaux usées et les infrastructures de services publics avancées. L’attention se porte désormais davantage sur l’efficacité, la réutilisation de l’eau, les technologies décentralisées et le renforcement de la coopération public-privé afin de consolider la souveraineté des ressources à long terme.

Complémentarité des atouts de la France et du Golfe

Ces échanges ont illustré une prise de conscience plus large parmi les acteurs français et du Golfe : la sécurité des ressources est devenue une composante essentielle de la résilience économique.

Si l’eau symbolise le défi de la rareté, l’intelligence artificielle a été présentée comme l’une des plus grandes opportunités de croissance pour les années à venir.

Le panel « IA et technologies émergentes : construire un leadership franco-golfique dans la course mondiale à l’innovation » a examiné la manière dont les deux régions peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique mondial de plus en plus compétitif.

Les intervenants ont insisté sur le fait que l’IA n’est plus seulement une question d’innovation. Elle est devenue un facteur stratégique influençant la productivité, la compétitivité industrielle, les services publics et les capacités technologiques nationales.

Les discussions ont mis en évidence la complémentarité des atouts des deux régions. La France apporte des institutions de recherche de premier plan, un savoir-faire industriel et des écosystèmes d’innovation reconnus, tandis que les pays du Golfe disposent de stratégies nationales ambitieuses, d’importantes capacités d’investissement et d’une forte capacité de déploiement à grande échelle.

Selon les participants, un renforcement de la coopération permettrait d’accélérer l’innovation, d’attirer les talents et de consolider la souveraineté technologique à un moment où la compétition mondiale pour les technologies avancées s’intensifie.

La question de la résilience a également occupé une place importante lors du panel « Corridors stratégiques : renforcer la connectivité et la résilience dans la logistique mondiale », animé par Ali Itani, responsable d’Arab News France et Japon.

Réunissant Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président de la République française pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), Charles-Emmanuel de Beauregard (QNB), Alexandre Joseph (Bahri) et Poul Hestbaek (Folk Maritime Services Company), cette discussion a mis en lumière l’importance croissante des réseaux de transport et de logistique.

Les perturbations récentes du commerce mondial ont révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, poussant gouvernements et entreprises à repenser les flux de marchandises, d’énergie et de ressources stratégiques entre les régions.

Les intervenants ont souligné que les corridors de transport, les routes maritimes et les plateformes logistiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques au service de la sécurité économique et de la compétitivité.

Selon eux, le renforcement de la connectivité entre l’Europe et le Golfe sera essentiel pour soutenir les échanges commerciaux, les investissements et le développement industriel à venir.

Si les discussions ont largement porté sur les technologies, les infrastructures et les ressources, les intervenants ont rappelé à plusieurs reprises que la transformation de long terme repose avant tout sur le capital humain.

Les systèmes éducatifs, le développement des compétences et la formation professionnelle doivent évoluer pour répondre aux besoins d’économies en mutation rapide.

Les participants ont souligné l’importance de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents tout en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences.

Alors que la France et les pays du Golfe poursuivent d’ambitieuses stratégies de diversification économique, le capital humain apparaît comme un levier essentiel de compétitivité et d’innovation. 

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Des responsables politiques français et du Golfe, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs réunis à Paris à l’occasion de Vision Golfe 2026 pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. (Photo fournie)

Parallèlement aux sessions de conférence, une série de rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et institutions publiques (B2G) s’est tenue tout au long de la journée, renforçant la dimension concrète et opérationnelle du forum.

Si les discussions ont couvert des sujets aussi variés que la gestion de l’eau, l’intelligence artificielle, la logistique ou encore l’éducation, un même constat s’est imposé lors de cette première journée de Vision Golfe 2026 : la compétitivité économique de demain reposera sur des partenariats plus étroits dans les secteurs stratégiques.

À mesure que le forum se poursuit, l’attention devrait progressivement se déplacer de l’identification des priorités communes vers la mise en œuvre de projets, d’investissements et de collaborations capables de transformer ces ambitions en réalisations concrètes pour la France comme pour les pays du Golfe.


BMW révise à la baisse ses objectifs à cause du Moyen-Orient et du marché chinois

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
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  • Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt
  • Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment

BERLIN: Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé mardi revoir à la baisse ses objectifs pour 2026, en raison du conflit au Moyen-Orient et des difficultés sur le marché chinois, et a laissé entendre qu'il pourrait bientôt instaurer un plan d'économies.

Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt.

Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment.

La dégradation du marché automobile chinois s’est encore accélérée au deuxième trimestre, notamment pour les segments non électrique, note le constructeur.

De plus, les prix de l'énergie demeurent élevés, dans le sillon de la guerre en Iran, et la confiance des consommateurs dans le monde est en berne.

Ces deux effets pèseront "significativement" sur les résultats au deuxième trimestre, prévient le groupe.

Par ailleurs, BMW va "intensifier et accélérer ses initiatives en cours de réduction des coûts" via des mesures de restructuration, qui ne sont néanmoins pas détaillées.

Celles-ci entraîneront un "impact ponctuel négatif" au deuxième semestre et auront des effets sur les prochaines années, prévient le constructeur.

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains.

En mai, le patron de BMW Oliver Zipse notait une conséquence positive du conflit au Moyen-Orient sur l'activité: la hausse de la demande de véhicules électriques en Europe en réponse à la flambée du carburant.

Mais cela ne soulage pas pour autant l'industrie automobile allemande, pilier de la première économie européenne, qui est prise en tenaille entre la rude compétition chinoise et les droits de douane américains.


Carrefour s'engage à retirer 5.000 tonnes de plastique de ses rayons d'ici à 2030

Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
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  • Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références"
  • Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030

PARIS: Bouteilles réutilisables, recharges pour les produits d'hygiène... Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017.

Cette annonce survient dans "contexte de fortes tensions sur le prix et la disponibilité du plastique", dérivé du pétrole renchéri avec la guerre au Moyen-Orient, selon un communiqué du distributeur.

Le groupe compte ainsi économiser 5 millions d'euros qui seront réinvestis dans des baisses de prix pouvant aller jusqu'à 10%, est-il ajouté.

"La forte instabilité des marchés pétroliers et la hausse des éco-contributions (payées par les producteurs et distributeurs, NDLR) associées au prix des emballages ont entraîné une hausse de la tonne de plastique vierge de 50%", résume Carrefour.

Cinq actions sont prévues "dans des rayons" où le plastique reste "encore trop souvent la norme", avec l'objectif d"'initier une transformation complète" via de "nouveaux standards de marché", explique le groupe dirigé depuis 2017 par Alexandre Bompard.

Après de précédentes mesures de "déplastification" concernant les fruits et légumes, les piles, les ampoules et le textile, le distributeur promet de supprimer le suremballage plastique sur les lots promotionnels dès 2028 pour ses produits en marque propre et dès 2030 pour ceux des marques nationales.

Il entend réduire de 30% les emballages plastiques des produits d'hygiène et d'entretien "via le développement de format recharges en plastique recyclé, à un prix 10 à 20% moins cher" ou encore "de grands contenants", pour "2.000 tonnes de plastique" en moins.

Egalement au programme, un "emballage 100% papier" pour le papier hygiénique, pour une réduction de 1.500 tonnes.

Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références". Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030.

Enfin, de nouveaux emballages "associant boîte carton et fenêtre plastique" sont prévus pour les pâtisseries et viennoiseries "au rayon traditionnel".

Ces dernières semaines, des associations ont dénoncé l'omniprésence du plastique dans les supermarchés et leur recours encore trop faible à la consigne du verre pour réemploi.

Le gouvernement envisage par ailleurs la mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plastique pour recyclage, objet d'une réunion de concertation mardi.