La tempête Elsa quitte Cuba, direction la Floride

Un grand arc-en-ciel orne le ciel de La Havane après le passage d'Elsa. La tempête tropicale a quitté Cuba lundi soir, laissant dans son sillage de fortes pluies mais sans provoquer de grands dégâts sur l'île. (Photo, AFP)
Un grand arc-en-ciel orne le ciel de La Havane après le passage d'Elsa. La tempête tropicale a quitté Cuba lundi soir, laissant dans son sillage de fortes pluies mais sans provoquer de grands dégâts sur l'île. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 06 juillet 2021

La tempête Elsa quitte Cuba, direction la Floride

  • Les centres météorologiques cubain et US ont dû collaborer, malgré les tensions diplomatiques, le sujet étant considéré comme relevant de la sécurité nationale
  • Plus de 100000 personnes ont été évacuées en lieu sûr, une tâche compliquée par la pandémie, surtout que le pays est confronté à un fort rebond des nouveaux cas

LA HAVANE : La tempête tropicale Elsa a quitté Cuba lundi soir, laissant dans son sillage de fortes pluies mais sans provoquer de grands dégâts sur l'île, et se dirigeait vers la Floride après avoir fait trois morts dans les Caraïbes pendant le week-end.

Vers 21H00 (01H00 GMT), la tempête regagnait la mer au niveau du village de Santa Cruz, dans la province de Mayabeque, près de La Havane, après avoir traversé l'île du sud au nord pendant sept heures, a annoncé l'Institut national de météorologie de Cuba (Insmet).

Avec "des vents soutenus allant jusqu'à 85 km/h", elle "se dirige au nord-ouest à une vitesse de 20 km/h", a précisé le Centre national des ouragans (NHC) des Etats-Unis.

La Havane et ses habitants s'étaient préparés aux pluies et aux possibles inondations, qui se faisaient toujours attendre lundi soir: les commerces de la capitale avaient fermé à la mi-journée et les transports publics avaient été suspendus, les déplacements de véhicules privés étant également interdits, sauf ceux de la défense civile ou des secours.

Certains habitants avaient mis à l'abri leurs meubles, surtout ceux vivant en rez-de-chaussée ou sur le Malecon, le célèbre boulevard côtier de La Havane risquant d'être inondé, selon des images à la télévision et sur internet.

Après avoir fait trois morts en République Dominicaine et à Sainte-Lucie, Elsa a touché Cuba à 14H00 (18H00 GMT) au niveau du parc national Ciénaga de Zapata, dans la région de Matanzas (ouest), selon le NHC.

Par précaution, plus de 100000 personnes --principalement dans les zones basses ou côtières-- ont été évacuées en lieu sûr, une tâche compliquée par la pandémie de coronavirus car Cuba est confronté à un fort rebond du nombre des nouveaux cas.

"La protection contre Elsa ne signifie pas baisser la garde contre le Covid-19", a déclaré lundi le Premier ministre Manuel Marrero, selon le journal télévisé.

Cuba, jusque-là peu touché par la maladie, a vu le nombre des cas grimper ces dernières semaines pour arriver à un total de 207322, dont 1372 morts, pour 11,2 millions d'habitants.

Selon les experts de l'Insmet, la tempête est accompagnée d'une énorme masse de nuages menaçant de provoquer des précipitations intenses dans l'ouest et le centre de Cuba durant les prochaines 48 heures.

Le danger étant que ces pluies tomberaient sur des sols déjà saturés par les précipitations estivales des jours précédents, ce qui pourrait engendrer des inondations.

Selon la télévision, le village de Jibacoa, dans le massif montagneux de Manicaragua (province de Villa Clara, centre), a été coupé de tout accès extérieur en raison des pluies mais dans l'ensemble la tempête n'a pas provoqué de gros dégâts sur l'île.

Renforcement attendu en Floride

A l'inverse, cette eau tombée du ciel a permis de remplir certains réservoirs du pays qui, entre dimanche et lundi, ont reçu "un supplément de 68 millions de mètres cubes", a indiqué Argelio Fernandez, expert de l'Institut national des ressources hydrauliques (INRH).

"Dans le cas de La Havane, cela nous arrange (qu'il pleuve), tant que ce ne sont pas des pluies trop fortes qui génèrent des inondations", a-t-il dit.

En s'éloignant de Cuba, Elsa doit se déplacer dans la nuit de lundi à mardi dans le Golfe du Mexique. Le NHC a mis en garde contre son "renforcement" attendu, mettant en garde contre une possible "marée cyclonique sur la côte ouest de la Floride" avec un "risque d'inondations" au cours des prochaines 48 heures.

"Des tornades sont possibles mardi dans le sud et la péninsule de la Floride", a-t-il indiqué.

Le cap vers les Etats-Unis d'Elsa est habituel pour les ouragans qui passent par Cuba entre le 1er juin et le 30 novembre, la saison traditionnelle de ces tempêtes dans l'Atlantique.

Cela a poussé les centres météorologiques des deux pays à collaborer et à échanger des informations, malgré les tensions diplomatiques entre Washington et La Havane, le sujet étant considéré comme relevant de la sécurité nationale.


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
Short Url
  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Short Url
  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.

 

 


Guerre au Moyen-Orient: prochaine réunion des chefs de diplomatie du Pakistan, Arabie saoudite, Turquie et Egypte

Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais. (AFP)
Short Url
  • Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions"
  • Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion

ISLAMABAD: Les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, Arabie saoudite, Egypte et Turquie se réuniront dimanche et lundi à Islamabad pour évoquer la guerre au Moyen-Orient, a annoncé samedi le gouvernement pakistanais.

Conservant des liens tant avec l'Iran qu'avec les Etats-Unis, de même que de nombreux contacts avec les pays du Golfe, le Pakistan est apparu ces derniers jours comme un possible facilitateur de négociations entre les deux camps de la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a un mois.

Les chefs de la diplomatie de ces pays, à l'invitation du Pakistanais Ishaq Dar, se rencontreront "à Islamabad les 29 et 30 mars" pour tenir "des discussions approfondies sur une série de sujets, y compris les efforts visant à réduire les tensions dans la région", a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ils doivent également rencontrer le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif. Celui-ci s'est entretenu plus d'une heure samedi avec le président iranien Massoud Pezeshkian, dans le cadre de la préparation de cette réunion, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale pakistanaise. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty est arrivé à Islamabad samedi.

Selon la présidence iranienne, M. Pezeshkian a a salué les efforts de médiation d’Islamabad et "a remercié le Pakistan pour ses efforts de médiation visant à stopper l’agression contre la République islamique".

Les deux hommes s'étaient déjà entretenus ces dernières semaines à propos du conflit et de l'intermédiation du Pakistan.

"J’ai réitéré la ferme condamnation par le Pakistan de la poursuite des attaques israéliennes contre l’Iran, y compris les frappes récentes visant les infrastructures civiles, et j’ai exprimé la solidarité du Pakistan avec le vaillant peuple iranien", a écrit sur X. M. Sharif à propos de son appel au président iranien.

"Je l’ai informé des efforts diplomatiques en cours du Pakistan — impliquant les États-Unis ainsi que des pays frères du Golfe et du monde islamique — afin de faciliter le dialogue et la désescalade", a-t-il ajouté.

L’Égypte a confirmé la tenue des discussions de dimanche et lundi.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait évoqué dès vendredi la possibilité d'une réunion des quatre chefs de diplomatie.

"Initialement, nous avions prévu de tenir cette réunion en Turquie (...) entre la Turquie, le Pakistan, l'Égypte et l'Arabie saoudite. Cependant, nos homologues pakistanais étant tenus de rester dans leur pays, nous avons déplacé la réunion au Pakistan. Il est possible que nous nous y réunissions ce week-end", avait-il déclaré sur la chaîne privée turque A Haber.

Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions" avec les Etats-Unis, les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse à un plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'émissaire américain Steve Witkoff a affirmé vendredi espérer que des réunions entre l'Iran et Washington se dérouleraient dans la semaine afin de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.