Les États-Unis ont abandonné Bagram en pleine nuit sans prévenir le nouveau commandant

Un soldat de l'armée nationale afghane (ANA) prend un selfie dans la base aérienne de Bagram après le départ des troupes américaines et de celles de l'Otan, à 70 kilomètres au nord de Kaboul, le 5 juillet 2021. (AFP)
Un soldat de l'armée nationale afghane (ANA) prend un selfie dans la base aérienne de Bagram après le départ des troupes américaines et de celles de l'Otan, à 70 kilomètres au nord de Kaboul, le 5 juillet 2021. (AFP)
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Publié le Mardi 06 juillet 2021

Les États-Unis ont abandonné Bagram en pleine nuit sans prévenir le nouveau commandant

  • Avant la prise de contrôle par l'armée afghane de l'aérodrome, ce dernier a été envahi par une petite armée de pillards qui a saccagé les baraquements
  • Les États-Unis ont laissé derrière eux 3,5 millions d’objets, dont des dizaines de milliers de bouteilles d'eau, de boissons énergétiques et de ces repas militaires tout prêts

BAGRAM (Afghanistan): Après l’avoir occupée pendant presque vingt ans, les États-Unis ont déserté la base aérienne de Bagram. Après avoir coupé l'électricité, ils se sont éclipsés dans la nuit sans avertir le nouveau commandant afghan. Ce dernier s'est aperçu du départ des Américains deux heures plus tard, selon des responsables militaires afghans.

Lundi, lorsqu’elle a montré la vaste base aérienne, l'armée afghane a donné un aperçu saisissant de l'endroit qui a constitué l'épicentre de la guerre américaine destinée à renverser les talibans et à pourchasser les membres d'Al-Qaïda responsables des attentats du 11 septembre 2001. 

Vendredi, les États-Unis ont annoncé qu’ils avaient intégralement évacué cette base – son plus grand aérodrome dans le pays – en vue d’un retrait définitif qui sera effectif à la fin du mois d'août, indique le Pentagone.

«Le bruit courait que les Américains avaient quitté Bagram, et c’est à 7 heures du matin que nous avons compris que cette rumeur était fondée et qu'ils avaient déjà quitté Bagram», confie le général Mir Asadallah Kohistani, le nouveau commandant de la base.

Le porte-parole de l'armée américaine, le colonel Sonny Leggett, n'a pas tenu compte des griefs précis formulés par un grand nombre des soldats afghans qui ont hérité de l'aérodrome abandonné. Il a préféré faire référence à une déclaration faite la semaine dernière.

La déclaration en question précisait que le transfert des responsabilités avait été engagé peu de temps après que le président américain, Joe Biden, eut annoncé, à la mi-avril, que les États-Unis allaient retirer leurs dernières troupes. Le colonel Leggett y précisait que les soldats américains avaient concerté leurs départs avec les dirigeants afghans.

Avant la prise de contrôle par l'armée afghane de cet aérodrome situé à environ une heure de route de la capitale de l’Afghanistan, Kaboul, le site avait été envahi par une petite armée de pillards qui ont saccagé les baraquements et fouillé dans les immenses tentes de stockage avant d’être expulsés, rapportent des militaires afghans.

«Au départ, nous nous sommes dit qu’il s’agissait peut-être de talibans», explique Abdel Raouf, qui est soldat depuis dix ans. Selon lui, les États-Unis les ont appelés de l'aéroport de Kaboul pour leur dire la chose suivante: «Nous sommes à l'aéroport de Kaboul.»

Le général Mir Asadallah Kohistani affirme que les forces de sécurité et de défense afghanes sont en mesure de protéger cette base solidement fortifiée en dépit des nombreuses victoires remportées par les talibans sur le champ de bataille. Par ailleurs, l'aérodrome abrite une prison où sont détenus près de 5 000 prisonniers, dont beaucoup sont soupçonnés d'être des talibans.

La dernière avancée des talibans intervient au moment où les dernières troupes américaines et les forces de l'Otan quittent le pays. En effet, la plupart des soldats de l'Otan sont discrètement partis la semaine dernière. Les derniers soldats américains y resteront probablement en attendant que l’accord sur la protection de l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul, qui sera probablement confié à la Turquie, soit conclu.

Dans le même temps, les districts du nord de l'Afghanistan tombent les uns après les autres aux mains des talibans. Lors de ces seuls deux derniers jours, des centaines de soldats afghans ont traversé la frontière pour se réfugier au Tadjikistan plutôt que de combattre les insurgés.

«Au combat, on fait parfois un pas en avant et d'autres en arrière», explique M. Kohistani, selon qui l'armée afghane change de stratégie pour se focaliser sur les districts sensibles. Le général affirme qu'ils reconquerront ces postes dans les prochains jours, sans préciser de quelle manière ils s’y prendront.

On a pu découvrir lundi dernier une installation énorme, de la taille d'une petite ville, que seuls les États-Unis et l'Otan auront utilisée. Le site est d’une dimension impressionnante, avec des routes qui se faufilent entre ses baraquements, et ses bâtiments qui ressemblent à des hangars. On y trouve deux pistes et plus de cent espaces de stationnement pour avions de chasse appelés «revêtements» en raison des murs antisouffle qui protègent chaque avion. L’une des deux pistes, longue de 3 660 mètres, a été construite en 2006. Elle comprend un salon destiné aux passagers, un hôpital de cinquante lits ainsi que des tentes gigantesques, de la taille d'un hangar, chargées de matériel et de meubles.

D'après M. Kohistani, les États-Unis ont laissé derrière eux 3,5 millions d’objets intégralement répertoriés par les soldats américains qui ont quitté l'aéroport. Il s'agit, entre autres, de dizaines de milliers de bouteilles d'eau, de boissons énergétiques et de ces repas militaires tout prêts appelés «MRE» (Meals Ready-to-eat).

«Ces 3,5 millions articles sont essentiellement des objets de petite taille comme des téléphones, des poignées de porte, les fenêtres et les portes de toutes les casernes», explique-t-il.

Parmi les biens les plus importants abandonnés sur place, il y a des milliers de véhicules civils, dont beaucoup sont sans clé de contact, et des centaines de véhicules blindés. Selon M. Kohistani, les troupes américaines ont également laissé derrière elles des armes légères avec leurs munitions; toutefois, elles ont emporté les armes lourdes. Les munitions qui correspondaient aux armes emportées ont été détruites par les Américains avant leur départ.

Les soldats afghans qui déambulaient lundi dans cette base – autrefois  le siège de près de 100 000 soldats américains – ont critiqué la façon dont les Américains ont quitté Bagram, dans la nuit, sans prévenir les soldats afghans chargés de patrouiller le périmètre.

«En une nuit, ils ont abandonné la bonne volonté qui les animait depuis vingt ans. Ils sont partis en pleine nuit, sans prévenir les soldats afghans qui patrouillaient dans la région», déplore le soldat afghan Naematullah, qui a demandé à ce qu’on ne mentionne que son nom.

Dans les vingt minutes qui ont suivi le départ discret des Américains, vendredi dernier, le courant électrique a été coupé et la base plongée dans l'obscurité, raconte Raouf, soldat depuis dix ans, qui a également servi dans les bastions talibans dans les provinces de Helmand et de Kandahar. 

Cette obscurité inattendue a alerté la petite armée de pillards, ajoute-t-il. Ils sont entrés par le Nord, ont franchi la première barrière, ont saccagé les bâtiments et ont chargé dans des camions tout ce qui n'était pas cloué au sol.

Lundi, les soldats afghans ramassaient encore des piles d'ordures, parmi lesquelles on trouvait les bouteilles d'eau, les canettes et les boissons énergétiques vides que les pillards avaient laissées derrière eux trois jours après le départ des Américains.

De son côté, M. Kohistani rappelle que, si l'engagement des États-Unis et de l'Otan en Afghanistan depuis près de vingt ans est louable, le moment est venu pour les Afghans de prendre les choses en main.

«Nous devons résoudre nos problèmes. Nous sommes responsables de la sécurité de notre pays et nous devons le reconstruire de nos propres mains», affirme-t-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.

 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.