Liban : recommandation française d’une « task force » internationale à Beyrouth

Le député français Gwendal Rouillard (c) présentant le 6 juillet ses conclusions au sujet de la crise libanaise aux membres de la commission. Capture d'écran vidéo fournie par le site de l'Assemblée nationale française
Le député français Gwendal Rouillard (c) présentant le 6 juillet ses conclusions au sujet de la crise libanaise aux membres de la commission. Capture d'écran vidéo fournie par le site de l'Assemblée nationale française
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Publié le Vendredi 09 juillet 2021

Liban : recommandation française d’une « task force » internationale à Beyrouth

  • La mission d’information sur la stabilité au Moyen-Orient relevant de la commission de la Défense du Parlement français a recommandé mardi l’installation urgente à Beyrouth d’une « task force » internationale sous l’égide des Nations Unies et de la BM
  • La commission qui a estimé que « le Liban d’antan n’existait plus » a dans ce cadre insisté sur l’importance des échéances électorales attendues en 2022

PARIS : « Nous recommandons l’installation urgente à Beyrouth d’une task force internationale sous l’égide des Nations Unies et de la Banque Mondiale afin d’amplifier les actions humanitaires et les actions en matière de développement », a urgé le député Gwendal Rouillard, présent aux côtés du député Phillipe Meyer, tous deux rapporteurs de la mission d’information sur la stabilité au Moyen-Orient qui a présenté le 6 juillet ses conclusions aux membres de la commission et préconisé, au sujet du Liban, une intervention rapide.

« Le Liban d’antan n’existe plus. Il est de la responsabilité de la France en particulier d’accompagner l’émergence du nouveau Liban dans le cadre de cette transition démocratique », a affirmé M. Rouillard, insistant sur « la nécessité d’encourager le gouvernement français, ses partenaires et les Nations Unies à garantir la tenue des élections législatives, municipales et présidentielles en 2022 pour permettre au peuple de s’exprimer librement ».

Cette déclaration intervient alors que les Libanais sont confrontés à des pénuries et à des hausses de prix en raison de l'une des pires crises économiques et financières au monde depuis les années 1850, selon la Banque mondiale.
En conséquence, la communauté internationale a exigé la mise en place d'un nouveau gouvernement avant toute aide financière à ce pays, mais depuis près d'un an, les hommes politiques libanais ne sont toujours pas parvenus à se mettre d'accord sur une nouvelle équipe.

« Incurie de la classe politique et mainmise du Hezbollah »

« Les manifestations de 2019 témoignaient déjà de la situation explosive dans laquelle se trouvait ce pays, caractérisée par l’incurie de sa classe politique, la corruption et la mainmise du Hezbollah », a souligné le député, regrettant une « crise bancaire et économique systémique basée sur l’attraction des capitaux, la rente et la stabilité de la livre. Mais la crise a été aggravée par l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Depuis, la situation empire, 50 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. La situation est telle que de plus en plus de Libanais n’arrivent plus à se nourrir y compris parmi les forces de sécurité intérieures (FSI) et l’armée », s’est-il inquiété.

« La conférence CEDRE et de Rome II en 2018 étaient conditionnées à la formation d’un gouvernement et la mise en œuvre de réformes structurelles. Aujourd’hui la classe politique libanaise est incapable d’initier de tels changements et la situation s’aggrave d’heure en heure à l’image des longues files d’attente aux stations-service », a déploré M. Rouillard. Dans ce contexte, la France a imposé en avril des sanctions en restreignant l'entrée sur son territoire de personnalités libanaises qu'elle juge responsables de la crise politique.

Le député français a toutefois estimé que le pays n’était « pas encore un État failli » dans la mesure où « deux institutions tiennent dans le pays, les FSI et l’armée ». Tout en mettant en garde que « les deux menacent de s’effondrer, des premières désertions ont été constatées déjà ». M.M Rouillard et Meyer ont dans ce cadre « encouragé la France et ses partenaires arabes et occidentaux à soutenir l’armée et les Forces de sécurité intérieure (FSI) afin d’éviter leur effondrement et de poursuivre leur montée en puissance opérationnelle face à Daech et aux autres menaces (trafics de drogue…) ».


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.