Une université londonienne ciblée par des pirates informatiques iraniens, selon une société de cybersécurité

L’École des études orientales et africaines, Londres. (Wikimedia Commons)
L’École des études orientales et africaines, Londres. (Wikimedia Commons)
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Publié le Mardi 13 juillet 2021

Une université londonienne ciblée par des pirates informatiques iraniens, selon une société de cybersécurité

  • Les pirates se sont fait passer pour des universitaires de l’université de SOAS pour collecter des informations
  • «L’Iran a toujours été très focalisé sur les universitaires, les scientifiques, les professeurs et les diplomates», selon Sherrod DeGrippo, directrice principale de la recherche sur les menaces chez Proofpoint

LONDRES: Une société de cybersécurité a accusé des pirates informatiques iraniens de s’être fait passer pour des universitaires de l’université de SOAS (School of Oriental and African Studies) de Londres, afin de cibler des experts du Moyen-Orient.

Selon Proofpoint, les intrusions ont été initiées par le groupe Charming Kitten, également connu sous le nom de Phosphorus et APT35. Cette organisation mènerait régulièrement des tentatives de piratage pour le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), la force de guerre asymétrique de l’Iran.

Cette opération intervient alors que la Grande-Bretagne s’inquiète de plus en plus des cyberattaques menées par des États hostiles. Lindy Cameron, PDG du Centre national de cybersécurité (NCSC), a récemment prévenu que Téhéran cherchait à utiliser des cyberstratégies pour «saboter et voler» les institutions britanniques.

Les rapports du NCSC ont décrit en détail le risque spécifique que représente le cyberespionnage iranien pour les universités britanniques. Ses mises en garde se sont multipliées à la suite des efforts déployés par Téhéran en 2018 pour recueillir des données personnelles auprès du personnel universitaire, via de faux sites Web.

Le NCSC a indiqué être au courant de la dernière attaque de l’organisation iranienne. Les pirates informatiques se sont fait passer pour des universitaires de la SOAS dans de faux courriels, demandant à des professeurs, des journalistes et d’autres experts du Moyen-Orient, de participer à des conférences et à des discussions.

Après avoir échangé avec eux et gagné leur confiance, le groupe de pirates iraniens a envoyé les experts sur une fausse page Web qu’ils avaient ajoutée à une station de radio indépendante basée à la SOAS. Cette page invitait les experts à soumettre leurs données personnelles, y compris un mot de passe, pour avoir accès aux faux événements. Les informations recueillies par la cyberopération ont ensuite été utilisées pour accéder à d’autres sites, tels que les comptes de messagerie des experts.

Selon Proofpoint, le groupe iranien aurait également utilisé les numéros de portable collectés sur le site pour infecter des téléphones avec des logiciels malveillants. La société de cybersécurité a affirmé être au courant qu’une douzaine d’experts ont été visés, dont la plupart sont basés en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Cette opération prouve que les pirates informatiques soutenus par l’État iranien «sont vraiment de retour sur le siège», estime Sherrod DeGrippo, directrice principale de la recherche sur les menaces chez Proofpoint. «L’Iran a toujours été très focalisé sur les universitaires, les scientifiques, les professeurs et les diplomates. Cela montre simplement qu’ils poursuivent cet objectif, qui a probablement porté ses fruits par le passé.»

Dans un rapport publié mardi, Proofpoint précise que le groupe collecte des informations concernant la géopolitique et la politique étrangère, notamment sur le comportement des dissidents iraniens. La SOAS a assuré qu’aucune information personnelle provenant de ses systèmes n’avait été compromise lors de la cyberattaque.

«Dès que nous avons découvert le faux site, nous avons immédiatement remédié à la brèche, et nous l’avons signalée de la manière habituelle», a précisé l’université, qui dit avoir «pris des mesures pour améliorer davantage la protection de ses systèmes périphériques».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".