Biden accuse les républicains de «saper» le droit de vote et d'«attaquer la démocratie»

Joe Biden a appelé mardi le Congrès à rétablir la «puissance initiale» d'une législation née du combat pour les droits civiques. (Photo, AFP)
Joe Biden a appelé mardi le Congrès à rétablir la «puissance initiale» d'une législation née du combat pour les droits civiques. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 14 juillet 2021

Biden accuse les républicains de «saper» le droit de vote et d'«attaquer la démocratie»

  • Les lois ou projets de loi visés par Joe Biden, sous prétexte de lutter contre la fraude, ont pour effet de compliquer l'accès aux urnes des minorités
  • Des dizaines d'élus démocrates ont quitté leur État en urgence lundi, afin d'empêcher l'adoption d'une loi voulue par la majorité républicaine au parlement texan

PHILADELPHIE: Il se savait attendu au tournant, notamment par les militants des droits civiques: Joe Biden a accusé mardi les républicains de mener une "attaque contre la démocratie" en essayant de "saper" le droit de vote, dans un discours énergique.

En toile de fond de cette intervention très attendue par les militants des droits civiques, des législations électorales restrictives qui se multiplient dans les États sous contrôle républicain.

C'est à Philadephie, la ville où la Déclaration d'indépendance et la Constitution américaine ont vu le jour, que le président démocrate a livré un discours particulièrement énergique, à défaut de pouvoir aujourd'hui contrer ces initiatives au plan fédéral.

"L'Amérique vit aujourd'hui (...) une tentative de saper et supprimer le droit de vote", a-t-il dit, dénonçant une "attaque contre la démocratie, une attaque contre la liberté".

Le président a même évoqué "l'épreuve la plus importante pour notre démocratie depuis la guerre de Sécession", au XIXème siècle.

Les lois ou projets de loi visés par Joe Biden, sous prétexte de lutter contre la fraude, ont pour effet de compliquer l'accès aux urnes des minorités, et en particulier des Afro-américains, qui historiquement votent davantage démocrate.

Depuis janvier, le processus s'est accéléré: 17 États ont adopté 28 lois électorales restrictives et des dizaines d'autres sont en cours d'examen, selon le Brennan Center for Justice.

Au Texas, un projet de législation vient de provoquer une crise politique ouverte.

Des dizaines d'élus démocrates ont quitté leur État en urgence lundi, afin d'empêcher l'adoption d'une loi voulue par la majorité républicaine au parlement texan.

«Grand mensonge»

Ce projet de loi texan, à l'instar de législations déjà adoptées en Géorgie et en Floride, interdit par exemple le vote en "drive-in" - où l'électeur dépose son bulletin depuis la fenêtre de sa voiture - ou instaure de nombreuses restrictions sur les horaires de vote et le vote par correspondance. 

L'accès au vote, sujet qui traverse la vie politique américaine depuis les grands mouvements pour les droits civiques des années 1950 et 1960, est revenu sur le devant de la scène depuis la dernière présidentielle.  

L'ex-président Donald Trump et ses partisans continuent en effet, sans la moindre preuve, à clamer que la victoire de Joe Biden est le résultat d'une fraude électorale massive.

Le président démocrate ne s'est d'ailleurs pas privé de critiquer au passage son prédécesseur, qui continue à revendiquer la victoire. 

"Un grand mensonge... Ce n'est que ça: un grand mensonge", a dit Joe Biden. "Aux États-Unis, quand on perd, on accepte le résultat, on respecte la constitution."

Si la bataille sur le droit de vote se joue à l'échelle des États, elle a aussi lieu devant la justice, à coups de recours et de jurisprudence.

La Cour suprême américaine a par exemple validé début juillet des réformes électorales controversées en Arizona.

Au plan fédéral, l'administration Biden n'a pour l'instant pas beaucoup de marge de manœuvre.

Le président a certes appelé à former une "coalition" des bonnes volontés et promis de renforcer les effectifs du ministère de la Justice, qui conteste devant les tribunaux les nouvelles législations restrictives.

Mais sur le plan législatif, les démocrates ont, pour l'instant, les mains liées.

Joe Biden a appelé mardi le Congrès à rétablir la "puissance initiale" d'une législation née du combat pour les droits civiques, le "Voting Rights Act" de 1965, peu à peu érodée en particulier par la jurisprudence de la Cour suprême.

Les sénateurs républicains bloquent toutefois jusqu'ici toute tentative législative en ce sens.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

Short Url
  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

Short Url
  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"