L’incidence du conflit israélo-palestinien sur la modération de contenu en ligne

La montée en puissance des hostilités a été accompagnée d’une répression numérique contre les Palestiniens et leurs partisans sur les réseaux sociaux. (Middle East Eye)
La montée en puissance des hostilités a été accompagnée d’une répression numérique contre les Palestiniens et leurs partisans sur les réseaux sociaux. (Middle East Eye)
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Publié le Mercredi 14 juillet 2021

L’incidence du conflit israélo-palestinien sur la modération de contenu en ligne

  • Tout au long du mois de mai, le Centre arabe pour l’avancement des réseaux sociaux (7amleh) a documenté plus de 700 violations des droits numériques des Palestiniens
  • La suppression de contenu palestinien a augmenté à la fin de 2016 et ne fait que croître depuis

LONDRES: Au début du mois de mai, le monde a été témoin d’une recrudescence de la violence commise par l’armée israélienne contre les Palestiniens. Des milliers de publications, partagées sur les réseaux sociaux, ont fait le tour du monde.

Tout au long du mois, le Centre arabe pour l’avancement des réseaux sociaux (7amleh) a documenté plus de 700 violations des droits numériques des Palestiniens, dont 500 entre le 6 et le 19 mai.

L’armée, soutenue par le gouvernement israélien, a mené des attaques contre Gaza et les Palestiniens d’autres villes. Elle a également expulsé des Palestiniens de quartiers de Jérusalem, notamment Cheikh Jarrah et Silwan.

La montée en puissance des hostilités a été accompagnée d’une répression numérique contre les Palestiniens et leurs partisans sur les réseaux sociaux. Facebook, Instagram et Twitter ont été accusés de supprimer des publications montrant les agressions israéliennes dans le pays.

Les données de 7amleh montrent qu’Instagram est responsable de 50% des violations. La plate-forme a supprimé les publications et les stories publiques sur la Palestine, tout comme le contenu archivé, publié par le passé ou uniquement accessible à l’utilisateur individuel.

Nadim Nachif, directeur de 7amleh, a déclaré à Arab News: «À mesure que les attaques israéliennes contre Cheikh Jarrah – quartier de Jérusalem-Est –, la bande de Gaza et l’intégralité de la population palestinienne en Israël et dans les territoires occupés s’intensifiaient, les gens se sont tournés vers les réseaux sociaux pour documenter les violations des droits de l’homme.»

Il a également relevé une augmentation considérable de la censure du contenu propalestinien.

7amleh a également documenté des violations sur Facebook – maison-mère des réseaux sociaux Instagram et WhatsApp – qui a supprimé ou désactivé les comptes de plusieurs journalistes couvrant la violence à l’intérieur des territoires occupés.

Le rapport de 7amleh sur les violations des droits numériques a documenté 179 cas, y compris l’accès limité aux comptes (37%), la suppression de contenu (31%) et la désactivation de comptes (23%).

Les violations comprennent la dissimulation de mots spécifiques comme #Al_Aqsa, qui était en tête des hashtags les plus utilisés aux alentours du 7 mai.

Cependant, Facebook a déclaré à Arab News que les violations découlaient uniquement de raisons techniques et non politiques. «Plusieurs problèmes ont empêché les utilisateurs de partager des publications sur nos applications, y compris un bug technique qui a eu une incidence sur les stories à travers le monde, ainsi qu’une erreur qui a temporairement restreint l’accès au contenu vers lequel renvoie le hashtag #Al_Aqsa», explique un porte-parole de Facebook.

«Bien que les deux incidents aient rapidement été réglés, ils n’auraient pas dû se produire au départ. Nous tenons à nous excuser auprès de tous ceux qui se sont sentis incapables d’attirer l’attention sur des événements importants ou qui ont pensé qu’il s’agissait d’une répression délibérée. Nous n’avons jamais eu l’intention de le faire et ne chercherons jamais à faire taire quelconque communauté ou à passer sous silence une opinion donnée.»

Dans un webinaire intitulé «Occupation numérique: les répercussions de la modération médiatique en Palestine», Mona Chtaya, la responsable locale du plaidoyer, a affirmé que Facebook et d’autres réseaux sociaux ne s’adaptaient pas au contexte palestinien.

Selon Chtaya, de nombreuses publications comportant le mot «Hamas» avaient été supprimées, même si elles étaient adressées contre l’organisation.

«Certaines publications comprenant des mots qui n’ont rien à voir avec les attaques israéliennes ont également été supprimées, comme chahid (martyr) et muqawamah (résistance)», a-t-elle ajouté.

En ce qui concerne la politique de Facebook dans ce contexte-là, le porte-parole a souligné que le réseau social n’autorisait pas la présence d’organisations dangereuses sur ses applications et que tout contenu «louant, soutenant ou représentant ces groupes» était supprimé.

Cependant, la plate-forme «permet aux utilisateurs de faire allusion à ces organisations, dans le cadre d’une discussion neutre ou pour dénoncer leurs actes, mais il faut que le contexte soit bien clair pour les évaluateurs de contenu».

Selon Nachif, la censure du contenu palestinien n’est pas très récente. 7amleh documente les violations des droits numériques des Palestiniens depuis sa création en 2013.

Palestine Legal, une organisation dont la mission est de protéger les droits civils et constitutionnels des personnes vivant aux États-Unis et s’exprimant en faveur de la liberté palestinienne, a documenté plus de 1 700 cas de censure de contenu palestinien aux États-Unis entre 2014 et 2020. 

Achraf Zeitoun, ancien responsable des politiques officielles pour le Moyen-Orient, la Turquie et l’Afrique chez Netflix et Facebook, a pris la parole lors du même webinaire sur l’occupation numérique: «La raison pour laquelle les utilisateurs font face à un volume important de censure et de suppression de contenu est la quantité considérable de publications en faveur de la cause palestinienne sur les réseaux sociaux.»

La suppression de contenu palestinien a augmenté à la fin de 2016 et ne fait que croître depuis. Elle est étroitement liée à l’augmentation du nombre de militants palestiniens sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram.

«Cela a alerté le gouvernement israélien. On assiste alors à une approche systématique qui vise à entrer en contact avec les entreprises technologiques, à comprendre leurs règles et à essayer de faire pression sur elles pour plaider en faveur de nouvelles restrictions qui conduiront à la censure des récits palestiniens.»

En 2017, YouTube, la plate-forme vidéo de Google, a supprimé des milliers de vidéos documentant les atrocités commises par le régime syrien contre les civils, sous prétexte qu’un système automatisé avait été conçu pour détecter le contenu extrémiste.

Cependant, certains groupes ont affirmé que les algorithmes interdisaient l’accès aux vidéos pour éviter qu’elles soient utilisées comme preuves au cas où des poursuites seraient engagées contre le régime syrien pour crimes de guerre.

Le porte-parole de Facebook a signalé que, lors du conflit récent, la plate-forme avait mobilisé une équipe entière formée de personnes parlant arabe et hébreu pour surveiller la situation et supprimer les contenus nuisibles.

Selon 7amleh, les efforts déployés par les réseaux sociaux pour limiter les potentielles violations des droits numériques des utilisateurs étaient importants mais n’ont cependant pas fait long feu.

«Les réseaux sociaux doivent être tout à fait transparents quant au processus de développement de leurs politiques de modération de contenu et rendre ces dernières accessibles aux utilisateurs dans les moindres détails», a ajouté Nachif. 

Il a conclu en appelant les réseaux sociaux à également faire preuve de transparence en ce qui concerne les demandes de suppression formulées par les gouvernements tout en continuant de se conformer aux principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme de l’ONU, qui «veillent à ce que les entreprises ne portent pas atteinte aux droits de l’homme et au droit international dans leur activité».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.