La Fed n'en démord pas: La forte inflation ne sera que temporaire

Jerome Powell, comme beaucoup d'économistes, continue d'anticiper une stabilisation de l'inflation à moyen-terme autour de 2%, cible de la Banque centrale. (Photo, AFP)
Jerome Powell, comme beaucoup d'économistes, continue d'anticiper une stabilisation de l'inflation à moyen-terme autour de 2%, cible de la Banque centrale. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 15 juillet 2021

La Fed n'en démord pas: La forte inflation ne sera que temporaire

  • Jerome Powell sera de nouveau interrogé jeudi, par les sénateurs cette fois
  • Pour lui, les importantes difficultés qu'ont certains employeurs à trouver des salariés devrait aussi s'atténuer dans les mois à venir

La très forte hausse des prix aux Etats-Unis suscite beaucoup d'inquiétudes, mais, a assuré le président de la Banque centrale américaine (Fed), cela ne marque pas le retour de la spirale inflationniste des années 1970, et la situation devrait se stabiliser d'ici plusieurs mois.

L'inflation "devrait rester élevée dans les prochains mois avant de ralentir", a dit Jerome Powell mercredi après-midi aux élus de la Chambre des représentants, lors de son audition semi-annuelle.

Car au-delà des chiffres, l'inquiétude est surtout que cette inflation s'installe durablement dans le paysage américain.

Si les perturbations mondiales d'approvisionnement ont fait grimper les prix de certains produits et services, cela "devrait s'inverser partiellement à mesure que les effets des goulets d'étranglement se dissipent", anticipe M. Powell.

Les prix de l'essence ont particulièrement augmenté, de même que ceux des voitures d'occasion, alors que les loueurs reconstituent leurs flottes et que la production de véhicules neufs est considérablement ralentie par la pénurie mondiale de semi-conducteurs.

"C'est juste le cocktail parfait, avec une forte demande et une faible offre", a souligné le patron de la Fed. "A moins que nous ne pensions qu'il va y avoir une pénurie de voitures d'occasion aux États-Unis pendant plusieurs années, nous devrions considérer cela comme temporaire".

Ses propos avaient rassuré Wall Street à l'ouverture mercredi matin, mais la Bourse de New York a clôturé en ordre dispersé.

Reprise complète

Le président de la puissante Réserve fédérale reste depuis des mois sur cette ligne, bien que la hausse des prix ait été, a-t-il reconnu, plus élevée et durable qu'initialement anticipé. L'inflation a atteint un niveau pas vu depuis 2008, +3,9% sur un an en mai selon l'indice PCE suivi par la Fed, +5,4% en juin selon l'indice CPI.

La comparaison est particulièrement défavorable avec les prix de l'année dernière, qui avaient plongé lorsque le monde se confinait. Cet effet va lui aussi s'atténuer, puisque les prix étaient doucement remontés en 2020 à partir de l'été.

Certains pensent même que le pic d'inflation sur un an a déjà été atteint.

Jerome Powell, comme beaucoup d'économistes, continue d'anticiper une stabilisation de l'inflation à moyen-terme autour de 2%, cible de la Banque centrale.

Il en faudra en tout cas plus à la Fed pour resserrer ses conditions monétaires: elle "continuera à apporter un soutien puissant à l'économie jusqu'à ce que la reprise soit complète", a-t-il averti, assurant que l'institution se tient "prête à ajuster la politique monétaire" si l'inflation devait persister à un niveau élevé.

L'ancien secrétaire au Trésor de Donald Trump, Steven Mnuchin, a lui estimé sur CNBC que la Fed devrait "prendre de l'avance sur la courbe (de l'inflation), pour ne pas terminer avec des taux d'intérêt de 4 ou 5% qui ralentiraient la reprise".

La Banque centrale avait, pour soutenir l'économie américaine face à la crise provoquée par le Covid-19, abaissé ses taux directeurs dans une fourchette de 0% à 0,25%, et achète chaque mois pour 120 milliards de dollars de bons du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires.

Plein emploi

Mais elle veut, avant d'agir, voir ses objectifs atteints dans deux domaines: l'inflation et l'emploi. Or, "les conditions sur le marché du travail ont continué à s'améliorer, mais le chemin reste long" avant de retrouver le plein emploi, a souligné Jerome Powell.

Il s'est toutefois montré confiant sur le retour à un taux de chômage de 3,5%, celui d'avant la crise. Ce taux s'élevait encore à 5,9% le mois dernier.

Pour lui, les importantes difficultés qu'ont certains employeurs à trouver des salariés, particulièrement pour les emplois les moins bien payés, devrait aussi s'atténuer dans les mois à venir.

"Ce sont des gens qui travaillaient en février 2020, ils veulent travailler (...), mais ils peuvent prendre un peu de temps supplémentaire dans de nombreux cas pour chercher un emploi qui paie mieux, ou qu'ils aiment mieux, ou (...) qui leur permet de travailler à domicile", a commenté Jerome Powell.

"On a du mal à faire correspondre les emplois et les personnes (...) mais je pense vraiment que, dans six mois, ils seront nombreux à avoir repris le travail et les salaires auront un peu augmenté pour les personnes au bas de l'échelle", a-t-il ajouté.

Jerome Powell sera de nouveau interrogé jeudi, par les sénateurs cette fois.


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
Short Url
  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée.