Avec «Un héros», le retour aux sources gagnant d'Asghar Farhadi

Asghar Farhadi a accédé à la célébrité grâce à «Une séparation» (2011) chronique d'un divorce et d'une fillette ballotée entre ses deux parents. (Photo, AFP)
Asghar Farhadi a accédé à la célébrité grâce à «Une séparation» (2011) chronique d'un divorce et d'une fillette ballotée entre ses deux parents. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 15 juillet 2021

Avec «Un héros», le retour aux sources gagnant d'Asghar Farhadi

  • Critique des réseaux sociaux, de la peine de mort, du système carcéral, de la bureaucratie...
  • Le film dénonce les rouages d'une société iranienne qui empêche ses citoyens d'avancer

CANNES : Après son excursion espagnole avec "Everybobdy knows", le réalisateur iranien Asghar Farhadi, revient en compétition à Cannes avec "Un héros", l'histoire d'une rédemption empêchée par une société iranienne rongée par la méfiance et la manipulation.

Après deux expériences internationales - "Le passé" (2013) et Everybody knows" (2018) - qui n'ont pas convaincu la critique, le cinéaste revient dans son pays et à ses thèmes de prédilection : le recensement des maux qui rendent l'émancipation et le bonheur en société impossibles, avec un nouveau long-métrage de deux heures.

Le film raconte l'histoire de Rahim, emprisonné pour dettes à la suite d'une plainte de son ex-beau-frère. Par un coup du destin, il se voit proposer par sa compagne de rembourser son prêt avec les pièces d’or d’un sac qu’elle a trouvé dans la rue. 

Tenté, Rahim est finalement rattrapé par sa conscience et va tout faire pour retrouver la propriétaire du sac. Informé de son geste, le directeur de la prison, qui cherche à faire oublier la vague de suicides dans la prison, va médiatiser l'affaire. 

Seulement voilà, le héros et sa famille vont être rattrapés par les réseaux sociaux qui mettent en doute la véracité de l'histoire. En quelques instants, Rahim passe du statut de héros à menteur. 

Critique des réseaux sociaux, de la peine de mort, du système carcéral, de la bureaucratie... Le film dénonce les rouages d'une société iranienne qui empêche ses citoyens, dont Rahim, d'avancer.

"Il y a deux façons d'aborder ces thèmes: ou on critique de façon directe, ou on examine et critique la société" à travers une histoire. "Pour certains, critiquer la société ne veut pas dire critiquer le système. Or, tout est lié", a-t-il ajouté lors de la conférence de presse de présentation du film. 

"Je ne suis pas quelqu'un qui va s'exprimer à travers des brûlots. Je préfère susciter la réflexion, le questionnement à travers mes films. C'est mon choix, c'est le mode d'expression que j'ai choisi", a-t-il aussi dit, assurant au passage que son film n'était pas une critique des réseaux sociaux. 

Asghar Farhadi a accédé à la célébrité grâce à "Une séparation" (2011) chronique d'un divorce et d'une fillette ballotée entre ses deux parents, le film a reçu une moisson de récompenses, dont l'Oscar et le Golden Globe du Meilleur film en langue étrangère, le César du Meilleur film étranger et l'Ours d'Or du Festival de Berlin.


Alicia Keys se produira à l'Expo 2020 de Dubaï

La lauréate de 15 Grammy Awards donnera à ses fans un aperçu de son nouveau double album, Keys. (AFP)
La lauréate de 15 Grammy Awards donnera à ses fans un aperçu de son nouveau double album, Keys. (AFP)
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  • La star américaine se produira à Dubaï dans le cadre d’Infinite Nights le 10 décembre et y présentera son nouvel album, Keys
  • D’autres vedettes arabes se sont produites dans les spectacles Infinite Nights, comme le chanteur irakien Kadhem Saher et les stars libanaises Nancy Ajram et Ragheb Alama

DUBAÏ: La  vedette américaine Alicia Keys sera la première artiste internationale à se produire dans le cadre d’Infinite Nights de l'Expo 2020 Dubaï le 10 décembre, ont annoncé vendredi les organisateurs.
La lauréate de 15 Grammy Awards donnera à ses fans un aperçu de son nouveau double album, Keys. 
«Chanter à Infinite Nights, de l'Expo 2020 Dubaï, sera une expérience tellement incroyable», a affirmé Keys dans un communiqué. «Je suis tellement enthousiaste à l’idée de partager ce spectacle vraiment spécial, magnifique et unique, à la veille de la sortie de mon nouvel album.»

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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«"Keys" vous engage à laisser de côté tout ce qui vous retient et à briser les cloisons invisibles au-dessus de vous! L’album reflète parfaitement les valeurs de l'Expo. J'ai hâte de libérer ce nouvel univers avec vous», a-t-elle déclaré.
Le spectacle sera diffusé en direct pour les fans du monde entier sur www.virtualexpodubai.com et disponible sur plusieurs chaînes, y compris Expo TV sur YouTube et Facebook.
Loubna Haroun, vice-présidente de Moment-Makers, qui invite les vedettes invitées à l'Expo 2020, a indiqué dans un communiqué qu’après «l'incroyable succès de nos artistes arabes en octobre et novembre, nous sommes ravis de présenter Alicia Keys à l'Expo 2020».

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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«L’Expo 2020 et Alicia partagent la conviction que la créativité et la diversité doivent être célébrées, que chacun a la possibilité de réaliser ses rêves et de briller. Nous attendons avec impatience un spectacle qui réjouit et enchante notre public», a-t-elle ajouté.
Infinite Nights est une série d'événements qui se déroulent jusqu'au 31 mars et accueillent les visiteurs pour célébrer la créativité humaine, l'innovation, le progrès et la culture.
Parmi les célébrités arabes qui ont participé jusqu'ici au spectacle, figurent le chanteur irakien Kadhem Saher et les stars libanaises Nancy Ajram et Ragheb Alama.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Rio: Le «carnaval du siècle» aura-t-il lieu?

Un ouvrier de l'école de samba de Viradouro prépare des coiffes au quartier général du groupe, à la Cidade do Samba (Ville de Samba), où sont fabriqués les costumes et les chars pour le carnaval de Rio, en vue du carnaval de 2022 à Rio de Janeiro, Brésil, le 12 novembre, 2021.(Mauro Pimentel/AFP)
Un ouvrier de l'école de samba de Viradouro prépare des coiffes au quartier général du groupe, à la Cidade do Samba (Ville de Samba), où sont fabriqués les costumes et les chars pour le carnaval de Rio, en vue du carnaval de 2022 à Rio de Janeiro, Brésil, le 12 novembre, 2021.(Mauro Pimentel/AFP)
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  • Les écoles de samba de Rio de Janeiro ont repris leurs répétitions pour le carnaval que tous espèrent grandiose
  • En attendant le verdict, les écoles de samba continuent de travailler d'arrache-pied pour fabriquer à temps des milliers de costumes, et surtout les chars monumentaux

RIO DE JANEIRO, Brésil : Les corps couverts de paillettes se trémoussent au rythme frénétique des percussions: les écoles de samba de Rio de Janeiro ont repris leurs répétitions pour le carnaval que tous espèrent grandiose - si le Covid ne vient pas de nouveau empêcher la fête, comme l'an dernier.

Après une attente de deux ans, les Cariocas s'apprêtent à célébrer fin février leur plus grand carnaval depuis un siècle.

"Rio est une ville de culture. La samba fait partie de notre vie, comme le foot ou la plage", explique Moacyr da Silva Pinto, dit "maître Ciça", régisseur des percussions de l'école Unidos do Viradouro.

Cet homme de 65 ans au visage émacié dirige une cinquantaine de percussionnistes par de grands gestes de la main, un sifflet pendu au cou.

Plusieurs dizaines de membres de Viradouro chantent, dansent et s'enlacent sur la piste, montrant sans retenue -et pour la plupart sans masque- à quel point ils sont heureux de se retrouver.

"C'est un cri de liberté, une joie sans fin, de pouvoir enlever ces masques, d'être vacciné", confie Leonina Gabriel, 35 ans.

Viradouro avait été sacrée championne de la dernière édition, en 2020, au terme de deux nuits de défilés lors desquelles 12 écoles de samba sont notées sur différents critères comme l'harmonie, la qualité des chars ou le thème choisi.

Les autorités locales ont conditionné la tenue du carnaval, du 25 février au 1er mars, à la situation épidémiologique, qui s'est nettement améliorée grâce à l'avancée de la vaccination.

Mais le maire Eduardo Paes, qui avait déclaré il y a deux mois qu'il serait "ridicule" d'imposer des gestes barrière durant les festivités, est désormais plus prudent.

"Si les conditions sont réunies, le carnaval aura lieu. Sinon, il n'aura pas lieu", a-t-il admis auprès de l'hebdomadaire Veja.

- Le plus grand carnaval depuis 1919 -

En attendant le verdict, les écoles de samba continuent de travailler d'arrache-pied pour fabriquer à temps des milliers de costumes, et surtout les chars monumentaux hauts comme des immeubles de plusieurs étages.

Charpentiers, soudeurs, stylistes, costumières: des dizaines de petites mains s'activent dans les grands hangars de la Cité de la Samba, dans la zone portuaire de Rio, où chaque école dispose d'un espace pour préparer son défilé, dans le plus grand secret.

"Le carnaval de Rio est une grande industrie qui fait vivre de nombreuses familles", explique l'architecte Marcus Ferreira, un des directeurs de la création de Viradouro.

C'est le cas notamment de Simone dos Santos, 46 ans, cheffe des costumières, qui a dû trouver des petits boulots pour joindre les deux bouts après l'annulation des dernières festivités.

"La pandémie a été un rude coup pour ceux qui dédient leur vie au carnaval", déplore-t-elle, rappelant qu'elle travaille dans ce secteur depuis qu'elle a 20 ans.

Viradouro a justement choisi pour thème le carnaval de 1919, vécu comme une sorte de catharsis pour fêter la fin de l'épidémie de grippe espagnole, qui avait fait entre 50 et 100 millions de morts à travers le monde.

À l'époque, les écoles de samba n'existaient pas encore, mais les chroniqueurs font état d'une ferveur populaire inégalée.

"Le monde s'est arrêté (à cause du Covid-19), mais nous, les Brésiliens, nous sommes des guerriers et nous avons vaincu. C'est ce que nous montrerons, avec le plus grand carnaval depuis 1919", assure maître Ciça.

- Sans restriction? -

Au-delà des défilés du sambodrome, la fête aura lieu aussi dans les rues, avec plus de 500 "blocos", cortèges délurés de millions de cariocas et de touristes qui dansent du matin au soir et où alcool coule à flots.

Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui avait déjà critqué les excès du carnaval avant la pandémie, a affirmé jeudi que, si ça ne tenait qu'à lui, "il n'y aurait pas de carnaval".

Plus de 60% des Brésiliens ont reçu deux doses de vaccin, une proportion encore insuffisante pour les spécialistes, pour qui la nouvelle vague de contaminations en Europe doit servir d'avertissement.

Pour Mariângela Simão, spécialiste brésilienne chargée de l'accès aux médicaments à l'OMS, l'idée d'un retour du carnaval est "préoccupante".


Le Goncourt des Lycéens couronne Clara Dupont-Monod pour son roman sur le handicap

Clara Dupont-Monod a reçu le prix à Paris au ministère de l’Education nationale. (Photo, AFP)
Clara Dupont-Monod a reçu le prix à Paris au ministère de l’Education nationale. (Photo, AFP)
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  • Publié chez Stock, «S'adapter» a été élu dès le premier tour de scrutin, avec 8 voix sur 13, parmi les cinq romans finalistes
  • Dans ce roman, déjà consacré par le Prix Femina, l'éditrice et journaliste de 48 ans imagine une fratrie bouleversée par l'arrivée d'un enfant handicapé

RENNES : Un roman qui "laisse une trace lumineuse": Le Goncourt des Lycéens 2021 a récompensé jeudi Clara Dupont-Monod pour "S'adapter", un roman sensible qui raconte l'arrivée d'un enfant handicapé dans une fratrie.

Publié chez Stock, "S'adapter" a été élu dès le premier tour de scrutin, avec 8 voix sur 13, parmi les cinq romans finalistes, ont précisé les jeunes jurés de la 34e édition du Prix coorganisé par le ministère de l'Education nationale et la Fnac, et annoncé à Rennes.

Dans ce roman, déjà consacré par le Prix Femina, l'éditrice et journaliste de 48 ans imagine une fratrie bouleversée par l'arrivée d'un enfant handicapé.

"Je suis vraiment très émue. C'est un peu comme s'ils accueillaient un peu cette fratrie qui a dû s'adapter, je suis vraiment très émue", a réagi par téléphone Clara Dupont-Monod, des  sanglots dans la voix.

"Ce roman nous a séduits par sa justesse, sa douceur, sa poésie, il laisse une trace lumineuse qui ouvre les portes de la tolérance face au handicap. Merci", a déclaré la présidente du jury Nour Benkhabeche, élève de seconde à l'Ecole européenne de Bruxelles IV.

Les jurés n'ont pas eu de difficultés à se décider. Avec 8 voix sur 13 au premier tour, "cela s'est fait assez rapidement", a indiqué Nour Benkhabeche, 17 ans. "Il y a une certaine douceur, une certaine sensibilité et un thème qui s'inscrit tellement dans la société: le handicap, c'est un sujet dont on ne parle pas assez. On a trouvé que c'était joliment fait, un très beau livre, lumineux, pas du tout sombre, qui donnait un peu d'espoir vers l'avenir", a argumenté la lycéenne.

"Ce roman m'a beaucoup plu. C'est vrai qu'il est très intéressant, il nous a tous touchés et méritait d'être élu", a indiqué Rachel Bulka, 16 ans, élève au lycée Massena à Lille et membre du jury, interrogée par l'AFP.

«Porter haut» le handicap

Le livre permet aussi de voir "comment cela se passe avec l'administration", avec aussi "les différents points de vue d'une fratrie". "L'écriture est très pure et les descriptions sont magnifiques", a souligné la jeune Lilloise, "très heureuse" d'avoir été embarquée dans cette aventure littéraire. "Cela m'a permis de faire de nombreuses rencontres avec d'autres lycéens en France".

Selon Benjamin Lefebres, 15 ans, membre du jury et élève au lycée Pierre Bourdieu à Toulouse, le roman de Clara Dupont-Monod "a permis de porter haut un thème souvent tu. Et plein de beaux messages qui sont livrés dedans et ne sont pas assez explorés". Sur la question du handicap ? La société ne fait "pas assez", il y "trop de pages de dossiers à remplir", selon le jeune Toulousain.

"S'adapter", qui était aussi en lice pour le prix Goncourt, en est à sa troisième récompense après le Femina et le Prix des lecteurs de Landerneau.

Chaque année depuis la création du Goncourt des Lycéens en 1988, environ 2.000 lycéens de toute la France participent au choix du lauréat qui clôt la saison des prix littéraires.

Au départ, les 14 romans sélectionnés pour le Prix Goncourt, grand frère du Goncourt des Lycéens, étaient en lice. Cinq figuraient dans la sélection finale: Clara Dupont-Monod, Anne Berest, La carte postale (éd. Grasset), Patrice Franceschi, S'il n'en reste qu'une (éd. Grasset), Lilia Hassaine, Soleil amer (éd. Gallimard) et "Le Voyage dans l'Est" (éd. Flammarion) de Christine Angot.

En 2020, le Prix Goncourt des Lycéens avait été attribué à l'écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal pour son roman Les impatientes (éditions Emmanuelle Collas). Les délibérations s'étaient tenues en distanciel et visio-conférences, à cause de la pandémie de Covid.