Chypre: un navire turc tire en direction de gardes-côtes chypriotes

Cette photo prise le 13 avril 2021 depuis la ville portuaire méridionale de Chypre, Larnaca, montre un voilier passant près du navire de forage "Tungsten Explorer", utilisé par le consortium Total-Eni. (Photo, AFP)
Cette photo prise le 13 avril 2021 depuis la ville portuaire méridionale de Chypre, Larnaca, montre un voilier passant près du navire de forage "Tungsten Explorer", utilisé par le consortium Total-Eni. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 16 juillet 2021

Chypre: un navire turc tire en direction de gardes-côtes chypriotes

  • Cet incident survient à quelques jours de la visite du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN)
  • Les tirs se sont produits vers 03H30 (00H30 GMT) à quelque 11 milles nautiques (environ 20 km) du petit port de pêche de Kato Pyrgos

NICOSIE : Un navire turc a tiré vendredi des coups de semonce en direction d'un bateau des gardes-côtes chypriotes menant une opération contre l'immigration clandestine depuis la Turquie au large de la côte nord de l'île divisée, sur fonds de tensions croissantes entre Nicosie et Ankara.

Cet incident survient à quelques jours de la visite du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN). Celle-ci doit marquer le 47e anniversaire de l'invasion turc du tiers nord de l'île méditerranéenne en 1974, en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient la rattacher à la Grèce. 

Les tirs se sont produits vers 03H30 (00H30 GMT) à quelque 11 milles nautiques (environ 20 km) du petit port de pêche de Kato Pyrgos, juste à l'ouest de la ligne de démarcation surveillée par l'ONU et séparant la RTCN de la République de Chypre, membre de l'UE, a indiqué l'agence de presse chypriote CNA.

L'incident souligne le récent "comportement agressif" de la Turquie à l'égard de Chypre, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Marios Pelekanos, à la télévision d'Etat. "Il n'y avait jamais eu d'incident de cette nature", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'avait pas fait de blessés.

Des sources diplomatiques turques contactées par l'AFP ont elles démenti tout tir depuis un bateau turc ou de la RTCN contre un patrouilleur chypriote-grec.

Outre les tensions autour de la division de l'île, l'immigration clandestine vers Chypre, membre du bloc européen situé le plus à l'Est, est également un sujet épineux entre Nicosie et Ankara. D'après les autorités chypriotes, la plupart des migrants clandestins arrivent de la RTCN par la zone tampon.

« Etat d'urgence »

Nicosie a intensifié ses patrouilles tant sur terre qu'en mer Méditerranée depuis que le gouvernement a déclaré "l'état d'urgence" en mai face à un afflux de migrants syriens qui a inondé ses centres d'accueil.

Réagissant à l'incident survenu dans la nuit, le porte-parole de la police chypriote, Christos Andreou, a déclaré que le patrouilleur menait dans ses eaux territoriales une opération de surveillance contre l'immigration clandestine depuis la Turquie, quand il a été approché par le navire turc en provenance du nord de l'île. 

"L'équipage de trois membres du patrouilleur, voyant les intentions des gardes-côtes turcs, a tenté d'éviter tout incident et s'est dirigé vers le port de pêche de Kato Pyrgos", a indiqué M. Andreou.

"A une distance de 4 milles nautiques (environ 7 km du port), le patrouilleur a reçu des coups de semonce des gardes-côtes turcs. Puis, les gardes-côtes turcs qui étaient proches des côtes (chypriotes) sont repartis en direction des territoires occupés" par la RTCN, a-t-il poursuivi.

Le mandat de l'ONU, qui n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat, ne s'étend pas aux eaux territoriales de Chypre.

« Situation extrêmement difficile »

Mardi, le président Recep Tayyip Erdogan doit se rendre à Varosha, ville-symbole de la division de Chypre, située au sud-est. La cité balnéaire, fuie par ses habitants chypriotes-grecs en 1974 est devenue une ville-fantôme, zone militaire sous contrôle direct d'Ankara, inaccessible derrière les barbelés.

Les autorités chypriotes-turques, soutenues par la Turquie, souhaitent la reconnaissance de deux Etats indépendants et égaux sur l'île. Les Chypriotes-grecs eux veulent la réunification de l'île sous forme d'Etat fédéral.

Les négociations sont au point mort depuis 2017. En avril, une tentative de relance des pourparlers organisée par l'ONU s'est soldée par un échec.

Chypre a aussi demandé l'aide de l'UE pour lutter contre les flux de migrants clandestins depuis la Turquie avant qu'ils n'atteignent l'île.

"Malgré les énormes efforts déployés par les autorités chypriotes pour gérer les flux migratoires disproportionnés, nous sommes toujours dans une situation extrêmement difficile", avait déclaré en juin le ministre de l'Intérieur, Nicos Nouris.

Selon lui, la division de l'île le long d'une ligne de cessez-le-feu de 180 km "créé des conditions uniques pour le développement de l'immigration clandestine". 

 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.