Affaire Pegasus: les révélations sur le logiciel-espion israélien suscitent l'indignation

Cette affaire "doit être vérifiée", a réagi hier la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mais si elle est avérée, "c'est complètement inacceptable". "La liberté de la presse est une valeur centrale de l'Union européenne", a-t-elle affirmé. (Photo, AFP)
Cette affaire "doit être vérifiée", a réagi hier la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mais si elle est avérée, "c'est complètement inacceptable". "La liberté de la presse est une valeur centrale de l'Union européenne", a-t-elle affirmé. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

Affaire Pegasus: les révélations sur le logiciel-espion israélien suscitent l'indignation

  • L'enquête publiée par un consortium de 17 médias internationaux, dont Le Monde ou le Washington Post, se fonde sur une liste obtenue par Amnesty et «Forbidden Stories»
  • La liste comprend les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise

PARIS : Des organisations de défense des droits humains, des médias, l'Union européenne et des gouvernements s'indignaient lundi des révélations sur l'espionnage à l'échelle mondiale de militants et de journalistes au moyen du logiciel Pegasus, conçu par l'entreprise israélienne NSO Group.

Introduit dans un smartphone, ce logiciel permet d'en récupérer les messages, photos, contacts et même d'écouter les appels de son propriétaire.

L'enquête qui renforce les soupçons pesant de longue date sur cette société, publiée dimanche par un consortium de 17 médias internationaux, se fonde sur une liste obtenue par le réseau basé en France Forbidden Stories ("histoires interdites") et l'ONG Amnesty International, comptant selon eux 50000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle.

La liste comprend les numéros d'au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d'entreprise, d'après l'analyse du consortium - comprenant les quotidiens français Le Monde, britannique The Guardian et américain The Washington Post - qui en a localisé beaucoup au Maroc ou au Mexique.

"Nous ne parlons pas ici juste de quelques Etats, mais d'une utilisation massive d'un logiciel espion par au moins une vingtaine de pays", a expliqué lundi la secrétaire générale d'Amnesty, Agnès Callamard, à la BBC radio.

"Il s'agit d'une attaque majeure contre le journalisme critique", a-t-elle souligné.

Mis en cause, le Maroc et la Hongrie ont catégoriquement démenti lundi le recours au logiciel Pegasus.

Le gouvernement marocain a dénoncé comme "mensongères" les informations selon lesquelles les services du royaume "ont infiltré les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères et de responsables d'organisations internationales à travers un logiciel informatique".

Et le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a assuré que "Le logiciel n'est pas utilisé" par les services de renseignements de son pays.

Cette affaire "doit être vérifiée", a réagi pour sa part la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mais si elle est avérée, "c'est complètement inacceptable".

"La liberté de la presse est une valeur centrale de l'Union européenne", a-t-elle affirmé.

La Haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet a réclamé lundi une meilleure "réglementation" du transfert et des technologies de surveillance. "Sans cadre règlementaire respectueux des droits de l'homme, il y a tout simplement trop de risques que ces outils soient détournés pour intimider les critiques et réduire au silence ceux qui contestent", a-t-elle souligné.

Fondée en 2011, NSO, régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, assure que son logiciel sert uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Le groupe NSO a de nouveau "nié fermement les fausses accusations portées" dans l'enquête du consortium de médias, selon lui "bourrée de suppositions erronées et de théories non corroborées". Il a précisé qu'il envisageait des poursuites en diffamation.

Le site d'information français Médiapart et l'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné ont annoncé lundi qu'ils allaient déposer des plaintes à Paris, après les informations indiquant que les téléphones de plusieurs de leurs journalistes avaient été espionnés par un service marocain, à l'aide de Pegasus.

Selon Médiapart, cet espionnage a coïncidé avec "la répression du journalisme indépendant au Maroc", notamment envers le journaliste d'investigation emprisonné Omar Radi. Amnesty International avait dénoncé en 2020 le piratage du téléphone d'Omar Radi par Pegasus.

Sur la liste décortiquée par le consortium de médias figure notamment le numéro du journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son inscription sur ce document. Des correspondants étrangers de plusieurs grands médias, dont le Wall Street Journal, CNN, France 24, El Pais, ou l'AFP en font aussi partie.

D'autres noms de personnalités apparaissant sur la liste - qui comprend notamment un chef d'Etat et deux chefs de gouvernement européens - seront divulgués dans les prochains jours.

Les journalistes du "projet Pegasus" ont rencontré une partie des détenteurs de ces numéros et ont récupéré 67 téléphones qui ont fait l'objet d'une expertise technique dans un laboratoire d'Amnesty International.

L'expertise a confirmé un piratage ou une tentative de piratage par le logiciel espion de NSO Group pour 37 appareils, dont 10 situés en Inde.

Au Mexique, des membres de la famille et le cardiologue du président Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) auraient été mis sur écoute entre 2016 et 2017, alors que ce dernier était chef de l'opposition, a révélé lundi le site Aristegui Noticias.

L'actuel président mexicain y avait échappé car il "n'utilisait apparemment pas de téléphone portable personnel" et faisait passer ses messages via des collaborateurs.

Cette analyse s'ajoute à une étude, menée en 2020, par le Citizen Lab de l'université de Toronto (Canada), qui avait confirmé la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de dizaines d'employés de la chaîne qatarie Al-Jazeera.

WhatsApp avait également reconnu en 2019 que certains de ses utilisateurs en Inde avaient été espionnés par ce logiciel.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.