L’EI revendique un attentat sanglant à Bagdad la veille de l'Aïd

Des Bagdadis allument des bougies sur les lieux du drame : le kamikaze a déclenché sa ceinture d'explosifs à l’heure où de nombreuses personnes se pressaient pour faire des courses à la veille de la plus importante fête musulmane, l'Aïd al-Adha. (Photo, AFP)
Des Bagdadis allument des bougies sur les lieux du drame : le kamikaze a déclenché sa ceinture d'explosifs à l’heure où de nombreuses personnes se pressaient pour faire des courses à la veille de la plus importante fête musulmane, l'Aïd al-Adha. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

L’EI revendique un attentat sanglant à Bagdad la veille de l'Aïd

  • L'explosion s'est produite lundi en fin d'après-midi sur un des marchés populaires de Sadr City, immense quartier chiite déshérité de l'est de la capitale irakienne
  • Sur son canal Telegram, l'EI a affirmé qu'un de ses kamikazes, Abu Hamza Al-Iraqi, avait déclenché sa ceinture d'explosifs, faisant plus de 30 morts et 35 blessés

BAGDAD : Une trentaine de personnes ont été tuées et des dizaines blessées lundi dans un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique sur un marché populaire d'une banlieue chiite de Bagdad, à la veille de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Dans un message publié quelques heures après l'attaque sur son canal Telegram, l'EI a affirmé qu'un de ses kamikazes, Abu Hamza Al-Iraqi, avait déclenché sa ceinture d'explosifs, faisant 30 morts et 35 blessés.

Il s'agit du deuxième attentat revendiqué par l'EI depuis le début de l'année dans la capitale irakienne, où deux kamikazes s'étaient fait exploser sur un marché de Bagdad, faisant 32 morts.

L'explosion s'est produite lundi en fin d'après-midi sur un des marchés populaires de Sadr City, immense quartier chiite déshérité de l'est de Bagdad, où de nombreuses personnes se pressaient pour faire des courses à la veille de la plus importante fête musulmane, l'Aïd al-Adha ou fête du Sacrifice.

Selon des sources sécuritaires et médicales, le bilan oscille entre 28 et 30 morts, dont une quinzaine de femmes et d'enfants, et entre 30 et 50 blessés.

Des morceaux de corps, des sandales jonchaient le sol au milieu des étals dévastés, et des traces de sang étaient visibles un peu partout, a constaté un photographe de l'AFP.

Sur place, les policiers et les équipes médico-légales interrogeaient des témoins, pendant que des habitants se recueillaient et allumaient des bougies sur les lieux du drame.

Auparavant, une vidéo postée sur les réseaux sociaux avait montré le chaos régnant quelques minutes après l'explosion: femmes et enfants s'enfuyant en criant, étals ravagés et commerçants sidérés.

Les blessés ont été transportés dans un hôpital de Sadr City, et le ministère de la Santé a promis de dégager des moyens pour aider les équipes médicales débordées.

Les réactions se sont multipliées après l'attentat.

Le président irakien Barham Saleh a dénoncé sur Twitter "un crime haineux et d'une cruauté sans précédent". "Ils ciblent nos civils à Sadr City à la veille de l'Aïd. Ils n'acceptent pas que les gens se réjouissent, même un instant", a-t-il condamné.

"Triste nuit de l'Aïd en Irak", a tweeté de son côté la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Irak.

Des Irakiens anonymes ont également exprimé leur douleur sur les réseaux sociaux. "Chaque fête de l'Aïd est une tragédie à Bagdad. Il nous est impossible de célébrer comme le reste de l'humanité", écrivait ainsi l'un d'entre eux.

Sur Twitter, le porte-parole de la coalition internationale antijihadiste, le colonel Wayne Marotto, a offert ses "condoléances aux familles dont les proches ont péri aujourd'hui dans l'attaque terroriste de Bagdad".

Il s'agit du premier attentat à Bagdad depuis janvier, revendiqué par l'EI, où 32 personnes avaient été tuées sur un marché du centre de la capitale. Un premier homme avait déclenché sa ceinture explosive et un deuxième avait fait détoner ses explosifs alors qu'un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes.

En mai, quatre attaques non revendiquées mais attribuées à l'EI avaient visé des militaires irakiens dans des villes proches de la capitale, faisant 18 morts.

L'EI, qui a contrôlé de vastes portions du territoire irakien entre 2014 et 2017, a été défait par les troupes irakiennes appuyées par une coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis.

Des cellules de cette organisation sont cependant toujours présentes dans le pays notamment dans les zones montagneuses et désertiques, et revendiquent des attaques ponctuelles.

Quelque 3500 soldats étrangers sont toujours stationnés en Irak, dont 2500 Américains.

Sadr City, proche banlieue populaire de Bagdad, est le fief des partisans du turbulent leader chiite Moqtada al-Sadr, dont l'influence est souvent déterminante dans la politique irakienne.

Il y a quelques jours, Moqtada al-Sadr a annoncé qu'il entendait boycotter les élections législatives prévues en octobre dans un pays miné par la gabegie et la défaillance des pouvoirs publics.

Cet attentat survient également quelques jours avant la prochaine visite aux Etats-Unis du Premier ministre Moustafa al-Kadhimi, qui sera reçu par le président américain Joe Biden le 26 juillet.


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet. (AFP)
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  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Ras Tanura: Incendie limité maîtrisé grâce à des débris de drones interceptés

Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
Vue générale de l'usine de production de pétrole de Ras Tannura, près de Dammam, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, le 27 décembre 2004. (AFP)
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  • Aucun blessé ni impact sur les approvisionnements n'ont été signalés après l'incendie limité à la raffinerie de Ras Tanura, selon une source officielle du ministère de l'Énergie
  • Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux

RIYAD: Une source officielle du ministère saoudien de l'énergie a déclaré qu'à 7h04 lundi, la raffinerie de pétrole de Ras Tanura a subi des dommages limités en raison de débris provenant de l'interception de deux drones dans son voisinage.

L'incident a provoqué un incendie limité, qui a été immédiatement maîtrisé par les équipes d'intervention d'urgence. Aucun blessé ni mort n'est à déplorer.

Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été arrêtées par mesure de précaution, sans impact sur l'approvisionnement en produits pétroliers des marchés locaux.


Le Hezbollah entraîne le Liban dans la guerre, 31 morts dans des frappes israéliennes massives

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  • Les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et le sud du pays ont jeté à nouveau des familles sur les routes dans le pays, sorti en novembre 2024 d'une guerre meurtrière avec Israël
  • Le mouvement armé chiite pro-iranien avait promis de "faire face à l'agression" américano-israélienne après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei

BEYROUTH: Des frappes israéliennes massives sur le Liban ont tué 31 personnes lundi, en riposte à une attaque du Hezbollah contre Israël en solidarité avec l'Iran, qui a entraîné le Liban dans le conflit régional.

Le chef de l'armée israélienne, le général Eyal Zamir, a affirmé que les frappes contre le Hezbollah pourraient durer de "nombreux jours". Israël a prévenu que que la formation pro-iranienne allait "payer le prix fort".

Les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et le sud du pays ont jeté à nouveau des familles sur les routes dans le pays, sorti en novembre 2024 d'une guerre meurtrière avec Israël.

Le mouvement armé chiite pro-iranien avait promis de "faire face à l'agression" américano-israélienne après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei.

Il a mis ses menaces à exécution, affirmant lundi avoir tiré des missiles et des drones vers la région de Haïfa (nord d'Israël), pour la première fois dans ce conflit, afin de "venger" le guide iranien.

Le président libanais Joseph Aoun a déploré "l'insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne (le) concernent pas", se joignant aux condamnations de cette attaque, qui intervient au moment même où la pression de Washington s'intensifiait sur Beyrouth pour remplir sa promesse de désarmer ce groupe.

Immeubles visés 

La riposte d'Israël ne s'est pas faite attendre: son armée a annoncé frapper des cibles à travers tout le pays et ordonné aux habitants d'une cinquantaine de villages d'évacuer.

Des journalistes de l'AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de 31 tués et 149 blessés dans un premier bilan des frappes sur la banlieue de la capitale et le sud.

Dans la banlieue sud de Beyrouth,, un photographe de l'AFP a vu deux immeubles dont les étages supérieurs ont été touchés, et l'un des appartements en feu.

L'équipe de l'AFP a vu des habitants de la banlieue fuir à la hâte leurs domiciles.

Un trafic important de véhicules transportant des familles, certains avec des matelas sur le toit, a ainsi convergé du sud du Liban vers la ville de Saïda sur le littoral.

L'armée israélienne a dit avoir visé plusieurs dirigeants du Hezbollah dans la région de Beyrouth, ainsi qu'un autre dans le sud du Liban.

"Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter", a écrit le général Rafi Milo, chef du commandement nord, dans un communiqué de l'armée israélienne sur Telegram, assurant que le mouvement allait "payer le prix fort" pour son soutien à Téhéran.

Il a précisé que d'importantes troupes avaient été déployées le long de la frontière et que d'autres pourraient suivre, excluant à ce stade une évacuation de la population du nord d'Israël, directement exposée à des tirs depuis le Liban.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des responsables, des quartiers généraux et des infrastructures" du Hezbollah.

"Axe de résistance" 

Le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël dans laquelle il s'était engagé unilatéralement en octobre 2023 pour soutenir le Hamas palestinien, son allié, en raison de la guerre à Gaza menée à la suite de l'attaque sanglante du 7-Octobre 2023.

Israël continue de le viser malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer. Samedi, peu avant le déclenchement de l'offensive contre l'Iran, Israël avait bombardé ce que son armée avait appelé des infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban.

Contrairement à juin dernier, lors des raids israéliens et américains sur l'Iran, le Hezbollah a décidé de s'impliquer, car il est directement concerné.

Outre le changement de pouvoir en Iran, Etats-Unis et Israël veulent anéantir avec leur offensive "l'axe de la résistance" de l'Iran qui s'appuie sur des forces alliées dans la région qu'il arme et qu'il finance: les groupes islamistes Hezbollah au Liban et Hamas à Gaza, les rebelles houthis au Yémen et les milices en Irak.

Dans un communiqué, le Hezbollah a dit avoir lancé "une salve de missiles et un essaim de drones" dans la nuit sur une position militaire au sud de Haïfa "en représailles au sang pur" du guide suprême iranien Ali Khamenei "et pour défendre le Liban et son peuple".

L'armée israélienne, de son côté, a affirmé avoir intercepté l'un des projectiles, tandis que d'autres sont tombés "dans des zones dégagées" sans faire ni victime ni dégât.

Environ trois heures avant la revendication des tirs par le Hezbollah, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé sur Telegram que le Hezbollah avait "attaqué Haïfa avec six missiles".

"Le Yémen entrera aussi dans la bataille dans quelques heures", ont ajouté les Gardiens.