Au Liban, les familles dépensent cinq fois le salaire minimum pour se nourrir

Le 24 mars 2021, une volontaire distribue de la nourriture aux personnes dans le besoin dans le quartier Mar Mikhael de Beyrouth, qui a été durement touché par l'explosion du port l'année dernière. ANWAR AMRO / AFP
Le 24 mars 2021, une volontaire distribue de la nourriture aux personnes dans le besoin dans le quartier Mar Mikhael de Beyrouth, qui a été durement touché par l'explosion du port l'année dernière. ANWAR AMRO / AFP
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Publié le Mercredi 21 juillet 2021

Au Liban, les familles dépensent cinq fois le salaire minimum pour se nourrir

  • Depuis le début de la crise à l'automne 2019, la monnaie locale a perdu plus de 90% de sa valeur par rapport au dollar sur le marché noir
  • Le salaire minimum au Liban s'élève 675.000 livres. Cela représentait auparavant 450 dollars par mois mais à peine 30 dollars aujourd'hui

BEYROUTH : Les ménages au Liban dépensent désormais cinq fois le salaire minimum pour leurs seuls besoins alimentaires, selon un rapport publié mercredi, sur fond d'une inflation galopante dans ce pays en plein effondrement économique. 

Depuis le début de la crise à l'automne 2019, la monnaie locale a perdu plus de 90% de sa valeur par rapport au dollar sur le marché noir, faisant fondre le pouvoir d'achat et propulsant les prix à des pics inédits. 

"Le budget d'un ménage alloué uniquement à la nourriture est d'environ cinq fois le salaire minimum", a estimé mercredi l'Observatoire de la crise de l'Université américaine de Beyrouth en se basant sur les prix moyens atteints en juillet.  

Hormis les dépenses d'eau, d'électricité et de gaz domestique, également en forte hausse en raison d'une levée partielle des subventions, une famille de cinq personnes dépense aujourd'hui plus de 3,5 millions de livres libanaises par mois pour la nourriture, a indiqué l'Observatoire.

Le salaire minimum au Liban s'élève 675.000 livres. Cela représentait auparavant 450 dollars par mois mais à peine 30 dollars aujourd'hui. Plus de la moitié de la population vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté.

Selon l'Observatoire, le coût des aliments a bondi de 700% au cours des deux dernières années, et pourrait augmenter davantage alors que les prix ne cessent de battre des records.  

"Le prix d'un panier alimentaire de base a augmenté de plus de 50% en moins d'un mois", indique l'étude.  

La situation est "très, très alarmante", a mis en garde le chef de l'Observatoire, Nasser Yassine. "Nous assistons désormais à une augmentation exponentielle (des prix) sur une courte période de temps", a-t-il dit à l'AFP.  

La flambée actuelle des prix découle de la chute record de la livre mais serait aussi liée aux craintes des commerçants de perdre leurs marges dans un contexte de forte volatilité, explique-t-il. 

Le Liban a progressivement cessé de subventionner plusieurs produits de base ces dernières semaines, faisant bondir les prix du carburant et des médicaments. 

A court de devises étrangères, le pays peine à importer suffisamment de fioul pour faire fonctionner ses centrales électriques, provoquant des rationnements de courant pouvant atteindre 23 heures par jour.

L'effondrement général est accentué par l'inertie des dirigeants, le pays étant sans gouvernement depuis onze mois.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.