«Masam», le projet saoudien de déminage qui sauve la vie des Yéménites

Le projet saoudien de déminage des explosifs souterrains (Masam) à travers tout le pays va permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles, selon le directeur du projet (Photo, fournie par Masam)..
Le projet saoudien de déminage des explosifs souterrains (Masam) à travers tout le pays va permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles, selon le directeur du projet (Photo, fournie par Masam)..
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Publié le Mardi 04 avril 2023

«Masam», le projet saoudien de déminage qui sauve la vie des Yéménites

  • Les Houthis ciblent les civils en plantant des mines en forme de pierres et en jouets pour enfants dans les villages, les terres agricoles, les écoles, sur les routes et dans les parcs
  • La plupart des mines terrestres récupérées par les équipes de Masam sont fabriquées localement, tandis que d'autres proviennent d'Iran

AL-MUKALLA: Le projet saoudien de déminage (Masam) à travers tout le pays « va permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles », selon le directeur du projet Oussama Al-Gosaibi qui a déclaré que les Houthis, soutenus par l'Iran, avaient planté des dizaines de milliers de mines au Yémen depuis la prise de contrôle de Sanaa à la fin de 2014.

Il a ajouté que les ingénieurs de déminage du projet travaillaient aussi dur que possible pour nettoyer le terrain avant que les civils ne soient touchés. « Il s'agit en fait d'une course contre la montre. », a déclaré Al-Gosaibi à Arab News.

Masam, qui a été créé mi-2018 par le Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salman (KS Relief), vise à débarrasser le Yémen des mines et des engins explosifs. Il forme des ingénieurs de déminage locaux et leur fournit des machines à la pointe de la technologie, en aidant également les victimes des mines anti-personnel.

En juin, KS Relief avait  prolongé d'un an le contrat de Masam pour un coût de 30 millions de dollars.

Al-Gosaibi a affirmé que le projet comptait 32 équipes de déminage. Ils ont traité plus de 180000 mines terrestres, antipersonnel et antichars ainsi que d'autres engins explosifs depuis 2018. Leur action a couvert une superficie de plus de 13 millions de mètres carrés dans les provinces de Marib, Jawf, Shabwa, Taiz, Lahj, Dhale, Hodeidah et Saada.

Par rapport à d'autres pays comme le Liban, où Al-Gosaibi et ses équipes ont également travaillé, une mission de déminage au Yémen est plus dangereuse et ardue. Cela a coûté à Masam la vie de 21 ingénieurs.

« La milice houthie a massivement et sans discrimination installé des mines dans tous les zones », a-t-il déclaré. « Nous récupérons des mines dans des zones purement civiles. Nous les retirons des écoles, des maisons, des fermes, des routes, des terrains de jeux pour enfants et des pâturages. »

Les chiffres recueillis par Masam et le projet de données sur les lieux et les événements des conflits armés, basé aux États-Unis, montrent que les Houthis ont planté environ un million de mines terrestres dans les zones contestées et même dans les zones sous leur contrôle.

« Même si nous tenons à sécuriser et à nettoyer le plus grand nombre de zones minées, les milices posent toujours des mines dans les zones sous leur contrôle. »

Des groupes locaux et internationaux de défense des droits de l'homme affirment que des centaines de civils yéménites ont été tués au cours des cinq dernières années.

Masam a déclaré que les dernières victimes des mines terrestres houthistes étaient deux personnes qui ont été tuées lundi dans la province centrale d'Al-Bayda.

Les médias locaux ont récemment rapporté que des familles entières avaient été tuées à Jawf lorsque des véhicules roulaient sur des mines terrestres posées par des Houthis.

« Les victimes des mines terrestres se comptent par milliers, principalement des enfants et des femmes, et cette effusion de sang ne s'arrêtera que lorsque le Yémen sera entièrement protégé des mines terrestres. Cela reste notre objectif principal », a déclaré Al-Gosaibi.

La plupart des mines terrestres récupérées par les équipes de Masam sont fabriquées localement, tandis que d'autres proviennent d'Iran.

Al-Gosaibi a accusé les Houthis de cibler des civils en plantant des mines terrestres déguisées en pierres et en jouets pour enfants dans les villages, les terres agricoles, les écoles, les routes et les parcs.

Cependant, des milliers de Yéménites qui ont fui les combats dans leurs villages d’origine ont pu rentrer chez eux grâce aux efforts du projet. « En sécurisant ces zones, nous avons aidé des milliers de personnes déplacées à retourner en toute sécurité dans leurs maisons, leurs fermes et leurs écoles », a déclaré Al-Gosaibi.

Les responsables du déminage yéménites ont salué le rôle de Masam en aidant le pays à se débarrasser des mines terrestres et en fournissant aux équipes locales de déminage du savoir et du matériel adéquat.

« Masam est un grand projet survenu au bon moment », a déclaré le major général Ameen Saleh Al-Aqeli, directeur du Yémen Executive Mine Action Center (YEMAC), à Arab News. « Il a réalisé un excellent travail en un temps record. Le nombre de victimes de mines terrestres aurait été beaucoup plus élevé si Masam n'était pas venu au Yémen. Il a sauvé la vie d’un grand nombre Yéménites.

Le YEMAC a reçu le soutien du gouvernement saoudien et d'autres donateurs internationaux qui l'ont aidé à se tenir debout pendant la guerre.

Al-Aqeli a attribué le nombre élevé de victimes civiles à l’amplitude des mines terrestres posées par les Houthis et au manque de sensibilisation de la population, car de nombreux Yéménites déplacés étaient rentrés à la hâte dans les zones libérées avant que les équipes de déminage ne terminent leurs missions.

« En raison de la pauvreté et de la faim, de nombreuses personnes ne tiennent pas compte de nos mises en garde contre le retour dans leurs maisons. Alors ils causent un désastre pour eux-mêmes et pour les autres quand ils reviennent » a conclu Al-Aqeli.

 

 


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.


Les Etats-Unis appellent leurs citoyens à "envisager de quitter" le Moyen-Orient

En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
En Jordanie, les ressortissants américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment ciblées par des missiles iraniens. (Photo d'archive/AFP)
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  • Les ambassades américaines au Moyen-Orient appellent leurs ressortissants à se tenir prêts à quitter la région face au risque d’une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
  • Malgré des discussions sur une désescalade, les tensions restent vives, Donald Trump menaçant de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que Téhéran avertit d’une riposte contre tout pays soutenant les États-Unis

DUBAI: Les ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force.

L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi.

Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert.

Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région.

"Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d'escalade", indique une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth.

Les messages invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales.

"Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte.

- "Imprévisible" -

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l'abri antiaérien le plus proche. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé.

"Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades.

Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque.

L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région.

Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique au coeur des tensions et verrouillé par Téhéran.

La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.