PEKIN: Pékin a fait savoir mercredi que sa coopération avec Washington en matière de climat dépendra de "la bonne santé globale" des relations bilatérales, au lendemain d'un appel de l'envoyé spécial américain sur le climat John Kerry lui demandant de réduire rapidement ses émissions de gaz à effet de serre.
"Je tiens à souligner que la coopération entre la Chine et les Etats-Unis dans des domaines spécifiques est étroitement liée à la bonne santé globale des relations sino-américaines", a déclaré devant la presse Zhao Lijian, un porte-parole de la diplomatie chinoise.
"Les Etats-Unis ne doivent pas vouloir interférer dans les affaires internes de la Chine au détriment des intérêts de la Chine, tout en demandant la compréhension et le soutien de la Chine sur des questions bilatérales et mondiales", a-t-il ajouté.
L'administration du président américain Joe Biden affirme vouloir continuer à coopérer avec Pékin sur les grands défis mondiaux comme la lutte contre le réchauffement climatique, la gestion de la crise sanitaire ou les sujets liés au désarmement. Les tensions sino-américaines se sont accrues ces derniers mois, avec des différends sur le bilan de Pékin en matière de droits de l'homme et sa gestion initiale de la crise du coronavirus.
La numéro deux du département d'Etat américain, Wendy Sherman, doit se rendre à Tianjin (nord) dimanche et lundi pour rencontrer des dirigeants chinois, devenant la diplomate de plus haut rang du gouvernement Biden à se rendre en Chine.
La vice-secrétaire d'Etat va notamment s'entretenir avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, "dans le cadre des efforts en cours de la part des Etats-Unis pour avoir des échanges francs" afin de "promouvoir les intérêts et valeurs américains tout en gérant de manière responsable la relation", a déclaré mercredi le département d'Etat.
Jusqu'ici, seul John Kerry s'était rendu en Chine depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier.
M. Kerry, qui s'était rendu en avril à Shanghai, a appelé mardi la Chine à faire preuve de "leadership" face à la crise climatique et à coopérer avec les Etats-Unis.
"Il n'y a simplement pas moyen, mathématiquement ou idéologiquement, de résoudre la crise climatique sans la totale coopération et le leadership d'un pays" qui est aujourd'hui le plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, a-t-il dit à Londres.
"Sans réduction suffisante de la part de la Chine" de ces émissions, il serait "fondamentalement impossible" d'atteindre l'objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré, a-t-il insisté.
"Ce n'est pas un mystère que la Chine et les Etats-Unis ont de nombreuses divergences" mais la "coopération climatique est la seule manière d'échapper au pacte suicidaire mutuel actuel du monde", a encore dit M. Kerry.
Le Royaume-Uni accueillera en novembre, à Glasgow (Ecosse) la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26).







