Feux de forêts: les évacuations se poursuivent dans l'Ouest américain

Une photo satellite des feux de forêts prise par Maxar. (AFP PHOTO / SATELLITE IMAGE ©2020 MAXAR TECHNOLOGIES)
Une photo satellite des feux de forêts prise par Maxar. (AFP PHOTO / SATELLITE IMAGE ©2020 MAXAR TECHNOLOGIES)
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Publié le Jeudi 22 juillet 2021

Feux de forêts: les évacuations se poursuivent dans l'Ouest américain

  • Des milliers de résidents fuient mercredi les flammes dans l'ouest du Canada où quelques centaines de militaires vont être déployés pour combattre ces incendies particulièrement violents et précoces cette année
  • De l'autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, les pompiers combattent des brasiers si grands qu'ils génèrent désormais leur "propre climat", selon les experts

MONTREAL: Des milliers de résidents fuient mercredi les flammes dans l'ouest du Canada où quelques centaines de militaires vont être déployés pour combattre ces incendies particulièrement violents et précoces cette année.


"Ma nouvelle maison, c'est ma roulotte de vacances", raconte la responsable d'un district de cette province de l'Ouest, Margo Wagner, elle-même évacuée.


Il s'agit de la deuxième fois en quatre ans que sa résidence de Canim Lake, une région rurale au centre de la Colombie-Britannique, est menacée par un incendie.

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 De l'autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, les pompiers combattent des brasiers si grands qu'ils génèrent désormais leur "propre climat", selon les experts  (AFP PHOTO / SATELLITE IMAGE ©2020 MAXAR TECHNOLOGIES)


La province a décrété lundi l'état d'urgence devant l'avancée des feux de forêt et plus de 5.700 personnes sont visées par un ordre d'évacuation.


"Nous l'avons fait en 2017 et nous allons le refaire. Est-ce stressant? Est-ce angoissant? Absolument", dit-elle, sur un ton calme.


D'autres localités avoisinantes se préparent au pire puisque les conditions météorologiques (vent et temps chaud) ne vont donner aucun répit aux 3.180 pompiers déployés.


"Je vis à Ashcroft depuis près de 25 ans maintenant et je n'ai jamais rien vu de tel", a affirmé la maire Barbara Roden, dont la municipalité dans le centre de la province est en état d'alerte depuis le 14 juillet.


"C'est un rappel évident que les changements climatiques nous touchent sans cesse maintenant, qu'il s'agisse d'une saison des feux de forêt difficile, d'inondations ou encore du dôme de chaleur que nous avons connu", a soutenu le Premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan.


Les forces armées canadiennes s'apprêtent à déployer 350 militaires supplémentaires en Colombie-Britannique et 120 au Manitoba, une province du centre du pays aussi aux prises avec d'importants foyers, selon le porte-parole de la Défense nationale, John Nethercott. En Ontario, quelque 75 militaires prêtent main forte aux pompiers locaux.

L'incendie créé son propre climat 


De l'autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, les pompiers combattent des brasiers si grands qu'ils génèrent désormais leur "propre climat", selon les experts. Près de 80 immenses feux ravagent en ce moment des centaines de milliers d'hectares dans plusieurs Etats de l'Ouest.


Le plus impressionnant est toujours le "Bootleg Fire", dans l'Oregon, qui a brûlé en deux semaines l'équivalent de la ville de Los Angeles en végétation et forêts.

 

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     "L'incendie est si grand et il crée tellement d'énergie qu'il a commencé à générer son propre climat", a expliqué à l'AFP Marcus Kauffman du service de gestion des forêts de l'Etat. "Il créé sa propre foudre" et "s'auto-alimente". (AFP PHOTO / SATELLITE IMAGE ©2020 MAXAR TECHNOLOGIES)


"L'incendie est si grand et il crée tellement d'énergie qu'il a commencé à générer son propre climat", a expliqué à l'AFP Marcus Kauffman du service de gestion des forêts de l'Etat. "Il créé sa propre foudre" et "s'auto-alimente".


Mais les quelque 2.300 pompiers déployés sont "à la hauteur" et ont "sans aucun doute permis de protéger des centaines d'habitations" dans la zone, a assuré mercredi Ian Yocum, responsable de la gestion des incendies.

 

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Dans l'Etat voisin de Californie, plusieurs villages ont dû être évacués face à la progression des flammes du Dixie Fire. (AFP PHOTO / SATELLITE IMAGE ©2020 MAXAR TECHNOLOGIES).


Dans l'Etat voisin de Californie, plusieurs villages ont dû être évacués face à la progression des flammes du Dixie Fire, un incendie qui pourrait avoir été provoqué par la chute d'un arbre sur des lignes électriques d'un gros fournisseur d'électricité Pacific Gas and Electric (PG&E).


Cette compagnie avait déjà plaidé coupable d'avoir causé l'incendie le plus meurtrier de l'histoire récente de Californie, à cause de lignes défectueuses, tout proche de là où le Dixie Fire fait des ravages.


Et a fait part mercredi de son intention d'enterrer des milliers de kilomètres de lignes électriques, à commencer par celles situées dans des zones propices aux départs d'incendies pour éviter d'autres catastrophes.

 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.