Première détection claire d'un disque pouvant former une lune autour d'une planète

Il faudra encore bien des observations, et des instruments plus puissants, pour comprendre exactement le processus à l’œuvre. (Photo, AFP)
Il faudra encore bien des observations, et des instruments plus puissants, pour comprendre exactement le processus à l’œuvre. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 juillet 2021

Première détection claire d'un disque pouvant former une lune autour d'une planète

  • Les astronomes savaient depuis 2006 que l'étoile PDS 70 était ceinturée d'un très large disque de matière, mais les limites de leurs instruments leur laissaient juste supposer la présence d'au moins une planète entre l'étoile et le disque
  • Ces observations vont permettre de mettre à l'épreuve les théories sur la formation des planètes géantes gazeuses, comme Jupiter ou Saturne, et de leurs satellites

PARIS : Un disque de gaz et de poussière ceinturant une planète hors de notre système solaire: cette observation par des astronomes, la première sans équivoque, va permettre d'aider à vérifier les théories sur la formation des planètes et des lunes.

C'est l'aboutissement d'une quête entamée en 2018 avec la découverte de PDS 70b, une jeune planète en formation proche de l'étoile PDS 70. Son système est très proche du nôtre, à "seulement" 370 années-lumière, dans la constellation du Centaure.

L'année suivante, des astronomes y détectent pour la première fois un disque de gaz et de poussière ceinturant une deuxième planète, PDS 70c, découverte avec le Très grand télescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO). 

En combinant ces observations avec celles qu'ils ont réalisées avec le radiotélescope ALMA, les scientifiques supposent alors que le disque de matière permet la formation de lunes autour de la planète PDS 70c.

Aujourd'hui, de nouvelles observations réalisées avec ALMA "présentent la détection claire d'un disque dans lequel des satellites pourraient se former", déclare Myriam Benisty, astronome à l'Université de Grenoble et principale auteure d'une étude sur le sujet parue jeudi, dans The Astrophysical Journal Letter. 

Entre l'étoile et le disque

Les astronomes savaient depuis 2006 que l'étoile PDS 70 était ceinturée d'un très large disque de matière, mais les limites de leurs instruments leur laissaient juste supposer la présence d'au moins une planète entre l'étoile et le disque.

Les deux planètes qui y ont été découvertes ont un grand intérêt car elles appartiennent à un système stellaire juvénile. Leur étoile, PDS 70, n'a qu'environ 5,4 millions d'années. Par comparaison, notre Soleil est un grand vieillard, avec plus de 4,6 milliards d'années au compteur. 

"Plus de 4 000 exoplanètes (des planètes existant en dehors de notre système solaire) ont été identifiées à ce jour, mais elles ont toutes été détectées dans des systèmes matures", explique l'astronome Miriam Keppler, chercheuse à l'Institut d'Astronomie Max Planck, co-auteure de l'étude. C'est elle qui avait découvert PDS 70b en 2018. 

Avec sa compagne PDS 70c, ces deux planètes "sont les deux seules exoplanètes détectées à ce jour qui sont encore au stade de leur formation", explique-t-elle dans le communiqué de l'ESO.

Les astronomes étudient beaucoup d'autres exoplanètes, à peine plus âgées, "qui ont plutôt entre 10 et 30 millions d'années", indique à à l'AFP l'astronome Anthony Boccaletti, de l'Observatoire de Paris-PSL. "Mais la formation d'une planète se fait très vite, dans les premiers millions d’années". 

Lunes en orbite

Ces géantes gazeuses, comme Jupiter, ont une masse au moins égale à cette dernière. Le disque de matière qui entoure PDS 70c en contient suffisamment pour former l'équivalent de trois de notre Lune. Jupiter, qui est bien plus vieille, compte quatre lunes, et des dizaines de plus petits satellites.

Question de génération, explique Myriam Benisty, qui range PDS 70 dans l'adolescence: "C'est un système avec beaucoup de matière d’origine de la formation stellaire, mais une fois que le disque va se dissiper, il y aura peut-être des collisions, et tout un bazar avant d’aboutir à un système bien rangé comme le nôtre".

Ces observations vont permettre de mettre à l'épreuve les théories sur la formation des planètes géantes gazeuses, comme Jupiter ou Saturne, et de leurs satellites.  

On suppose qu'elles se forment dans les disques de poussière et de gaz qui ceinturent les jeunes étoiles. Elles peuvent alors être elle-mêmes ceinturées par un disque de poussière et de gaz qui alimente leur formation. Et c'est dans ce disque que peuvent être formées les lunes en orbite autour de planètes géantes gazeuses.

Il faudra encore bien des observations, et des instruments plus puissants, pour comprendre exactement le processus à l’œuvre. Car PDS 70 recèle sans doute encore bien des surprises. "On a des indices que potentiellement il y aurait d’autres planètes dans le disque externe de l’étoile", indique par exemple Mme Benisty. 


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.