Les ressources en eau de l'Iran sont en «faillite»

L'ancien vice-ministre iranien de l'Environnement, Kaveh Madani, est interviewé sur CNN au sujet de la pénurie d'eau en Iran. (Photo, capture d'écran vidéo)
L'ancien vice-ministre iranien de l'Environnement, Kaveh Madani, est interviewé sur CNN au sujet de la pénurie d'eau en Iran. (Photo, capture d'écran vidéo)
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Publié le Samedi 24 juillet 2021

Les ressources en eau de l'Iran sont en «faillite»

  • La mauvaise gestion est à blâmer et une grande partie des dommages est irréversible, selon le ministre en exil Kaveh Madani
  • Les journées de protestation contre les pénuries d'eau se sont rapidement transformées en manifestations anti-régime à travers le pays

LONDRES : L'Iran est «en faillite en eau» en raison d'années de mauvaise gestion par le régime, selon un membre en exil du ministère de l'Environnement de Téhéran. Il en résulte de graves pénuries d'eau qui ont déclenché des jours de troubles et de violence.

Le scientifique Kaveh Madani, ancien vice-ministre iranien de l'Environnement, a déclaré au journal The Times que toutes les sources d'eau s'assèchent, notamment les rivières, les réservoirs et les eaux souterraines.

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Des manifestants iraniens brûlent des pneus et du bois pour bloquer les routes alors qu'ils protestent contre les pénuries d'eau dans la province du Khouzestan, le 17 juillet 2021. (Photo, capture d'écran d'une vidéo partagée sur les réseaux sociaux)

L'effondrement de ces systèmes essentiels a même incité le guide suprême Ali Khamenei à admettre que les manifestants pourraient avoir raison. «Nous ne pouvons pas vraiment blâmer le peuple», a-t-il signalé à propos des milliers d'Iraniens qui sont descendus dans les rues de la province du Khouzestan ces derniers jours pour protester contre la pénurie d'eau potable. Au moins huit manifestants ont été tués dans la répression du régime contre les manifestations. Il a été rapporté qu'un policier a également été tué.

Selon Madani, qui vit maintenant aux États-Unis, la crise est causée par régime lui-même.

«Le système est en faillite lorsque la consommation dépasse la disponibilité d'eau renouvelable», a-t-il expliqué, ajoutant que des années de mauvaise gestion du régime sont à blâmer.

En particulier, a-t-il affirmé, la disponibilité de carburant bon marché s'est avérée plus une malédiction qu'une bénédiction dans son effet sur l'industrie de l'eau. Avec le coût d’une énergie si bas, une électricité bon marché a été utilisée pour pomper d'énormes quantités d'eau souterraine afin d’aider à développer le secteur agricole du pays.

Cela a eu un effet dévastateur sur les réserves d'eau. Les niveaux des eaux souterraines sont maintenant si bas qu'ils ont un effet observable depuis l'espace : la NASA a indiqué que la perte du poids de tant d'eau avait affecté le champ gravitationnel de la région.

De plus, depuis la Révolution iranienne de 1979, la République islamique a construit environ 600 barrages à travers le pays, en grande partie pour fournir de l'hydroélectricité aux quelque 80 millions d'habitants du pays. Cette énergie a un coût caché. Des experts ont déclaré au Times que les réservoirs des régions chaudes et arides de l'Iran perdent tellement d'eau par évaporation, environ 2 milliards de mètres cubes par mois, ce qui constitue une partie importante du problème.

Combinés à ce qui a été l'année la plus sèche depuis un demi-siècle, ces facteurs ont causé des dommages «irréversibles» aux infrastructures hydrauliques de l'Iran, selon Madani.

«L'Iran ne peut pas restituer complètement ses zones humides, ses nappes aquifères et ses rivières en peu de temps», a-t-il élucidé. «Donc, le régime doit admettre la faillite de l'eau et cesser de nier que de nombreux dommages sont devenus irréversibles».

Madani était un universitaire à l'Imperial College de Londres lorsqu'il a été recruté en 2017 pour être ministre adjoint du département iranien de l'Environnement. Cependant, sa nomination a offensé les éléments radicaux du régime et il a été arrêté par le Corps des gardiens de la révolution islamique, accusé d'espionnage et finalement contraint de quitter le pays.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.